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    Notre Planète.

     
    Trop de bois illégaux dans l'U.E.
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Cataratas Iguazú
    Chutes de l'Iguazú.

    Selon un nouveau rapport du WWF, l’UE a importé en 2006 près d’un cinquième de ses bois - soit 16 % à 19 % de ses importations - de sources illégales ou suspectes ; les principaux pays d’origine étant la Russie, l’Indonésie et la Chine. Le WWF demande en conséquence que l’UE adopte de façon urgente une législation ferme et efficace pour éviter que l’importation de bois illégal se perpétue. Il portera cette requête qu’il juge prioritaire pendant la Présidence Française de l’UE qui s’est entamée le 1er juillet 08.

    En 2006, l’Union européenne a importé entre 26,5 et 31 millions de stères de bois et produits forestiers d’origine illégale, ce qui équivaut à la quantité totale de bois exploité en Pologne cette même année. Au total, 23 % des produits forestiers importés d’Europe de l’Est, 40 % de ceux importés d’Asie du Sud-Est, 30 % de ceux d’Amérique latine et 36 % à 56 % de ceux d’Afrique proviennent de sources illégales ou suspectes.
     
     
     

    Rivière Sunnamary Guyane F.
    Rivière Sunnamary (G Française)

    Le cas de la France est préoccupant. Elle occupe la sixième place des importateurs de bois et produits forestiers d’origine illégale en Europe. Les sources d’importation sont les suivantes : Chine ; Indonésie (1/3 des exportations illégales de pulpe à papier) mais aussi Afrique Centrale (un quart des exportations de bois de sources illégales ou suspectes du Congo et la moitié de celles du Gabon).
    « L’abattage illégal des arbres détruit la fonction protectrice des forêts, accroissant ainsi les risques de catastrophes naturelles telles que les inondations et les glissements de terrain et conduit à la déforestation qui est l’une des principales causes du changement climatique. Et ce n’es pas tout, il tire également les prix du bois vers le bas, causant des préjudices financiers importants aux Etats, et aux communautés locales, » a déclaré Emmanuelle Neyroumande, responsable Forêts au WWF-France. « Il est nécessaire de prendre des mesures fermes à l’échelle de l’UE afin de protéger ce qu’il reste des forêts mondiales et de préserver notre propre avenir. »

    L’étude met en lumière l’inefficacité de l’actuel schéma d’octroi de licence de
    FLEGT (Application de la réglementation, gouvernance et échanges commerciaux dans le domaine forestier) au niveau de l’UE. Même si tous les accords de partenariat volontaires négociés en ce moment par l’UE dans le cadre de FLEGT étaient conclus, environ 90 % de bois illégal continuerait à arriver sur les marchés européens. Pourquoi ? De nombreux produits fabriqués à partir de bois illégaux (par exemple des meubles et d’autres produits transformés à base de bois ou du papier) échappent à la réglementation FLEGT. De plus, aucune négociation de ce type n’est prévue avec des pays tels que la Russie ou la Chine qui sont des sources importantes de bois illégal. Or quelles sont les dix routes principales du commerce de bois illégaux ?

     


    Reserve d'Una
    Reserve d'Una (Brésil)

    Le principal exportateur est la Russie, avec 10,4 millions de stères de bois d’origine illégale ou suspecte transférés vers les pays de l’UE en 2006. Près de la moitié de ce bois est arrivé sur le marché européen par la Finlande où il a été transformé en pulpe et en papier, puis exporté vers les autres pays de l’UE. Tandis que l’Indonésie occupe la seconde place, la Chine est récemment devenue un acteur majeur en triplant ses exportations vers l’UE de produits issus du bois et du papier entre 2003 et 2006. Or, 32 % de celles-ci sont suspectes et pourraient avoir une origine illégale. Parallèlement, la Chine importe la plus grande part de son bois de régions dites à haut risque telles que l’extrême orient de la Russie, le sud-est asiatique et l’Afrique, ce qui laisse à douter fortement de l’origine légale du bois.

    Face à l’urgence, le WWF demande instamment l’introduction d’une législation communautaire visant à garantir que seul des bois légaux soient vendus sur le marché européen. Les exportateurs devront prouver l’origine et la légalité du bois et des pénalités seront introduites pour toute violation. La Commission européenne devrait
    faire une proposition à ce sujet dans les prochains mois.
     

    Notre Planète.

     
    L'acidification des océans.
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Emissions humaines de dioxyde de carbone et acidification des océans
    Océans acidifiés.

    Les émissions humaines de dioxyde de carbone, outre l’augmentation de la charge de l’atmosphère en gaz à effet de serre qu’elles provoquent, ont pour conséquence d’altérer la chimie de l’océan, le berceau de la vie sur Terre.

    Les conséquences économiques et écologiques sont difficiles à prédire, mais seront probablement très néfastes, avertit une équipe de chimistes océanographes dans le numéro du 4 juillet de la revue Science. Stopper les changements déjà enclenchés demanderait probablement des réductions plus sévères et plus contraignantes que celles actuellement proposées dans le cadre du changement climatique.

     


    Spain
    Spain.

    L’article, dont le principal auteur est Richard Zeebe, de l’Université de Hawaï, relève que les océans ont absorbé environ 40% du dioxyde de carbone (CO²) émis par les humains au cours des deux décennies passées. Cela a ralenti le réchauffement climatique, mais à coût élevé : le dioxyde carbone supplémentaire a causé une modification du pH moyen des eaux de surface océaniques (une mesure de l’acidité de l’eau) de 0,1 unité comparé aux niveaux pré-industriels. Dépendant du taux et de l’ampleur des émissions futures, le pH de l’océan pourrait avoir diminué de 0,35 unité au milieu du 21ème siècle.

    L’acidification en cours est nuisible aux organismes marins. Les expériences ont montré que des changements aussi faibles que 0,2 – 0,3 unité pouvaient affecter l’aptitude des organismes clés marins tels que les coraux et certains planctons à calcifier leurs squelettes, lesquels sont faits de minéraux de carbonate sensibles au pH. De vastes régions de l’océan sont exposées au dépassement de ces niveaux de changement de pH à l’horizon du milieu du siècle. Ces régions comprennent les habitats récifaux tels que la Grande Barrière de Corail d’Australie.

     
     
     
     
     
    Saliente
    Lever de soleil (Spain)

    De surcroît, la plupart des organismes marins vivent dans les eaux de surface ensoleillées de l’océan, qui sont aussi les eaux les plus vulnérables à l’acidification induite par le CO² au cours du siècle avec la poursuite des émissions. Afin d’empêcher le pH des eaux de surface de diminuer de plus de 0,2 unité, les émissions de dioxyde de carbone devraient être réduites immédiatement.

    La réponse chimique de l’océan à des niveaux plus élevés de dioxyde de carbone est relativement prédictible. La réponse biologique est cependant plus incertaine. L‘on sait certes que l’acidification affecte les coraux et d’autres organismes, mais les chercheurs ne disposent pas de données expérimentales permettant d’évaluer la quantité des espèces susceptibles d’être atteintes. Il est dès lors impossible de prédire comment le phénomène sans précédent d’acidification en cours affectera des écosystèmes entiers. Le pH de l’océan et la chimie des carbonates ont été remarquablement stables pendant des millions d’années, bien plus stables que la température.

     


    Baleine à bosse
    Baleines à bosse.

    Il est urgent de considérer, outre les effets climatiques, les effets chimiques des émissions de CO², sous peine d’ignorer une crise imminente et potentiellement sévère. Alors que le doublement du CO² atmosphérique pourrait être considéré comme un objectif pertinent pour des buts climatiques, un tel niveau pourrait signifier la fin des récifs coralliens et d’autres ressources marines précieuses. Cela signifie qu’il est nécessaire de travailler beaucoup plus dur à la baisse des émissions de CO².
     

    Océans, Déchets & Pollution...

     

    Le Tourbillon D'ordures...

     

     

     

    maree-noire-cote
    Marée Noire (France)

    La raison même pour laquelle les objets en plastique s'avèrent si utiles pour les consommateurs, à savoir leur durabilité et leur stabilité, constitue un problème pour les environnements marins. Environ 100 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dont environ 10 % finissent dans la mer. Près de 20 % de ces déchets proviennent des bateaux et des plates-formes, le reste venant des terres.

    Promenez-vous sur une plage, n'importe où dans le monde, et vous verrez de nombreux sacs de plastique rejetés par la mer, bouteilles et jerricanes, cuves en plastique, emballages en polystyrène expansé, morceaux de mousse de polyuréthane, morceaux de filets de pêche en polypropylène et morceaux de cordes jetés. Avec les cônes de signalisation routière, les briquets jetables, les pneus et les brosses à dents, ces objets ont été jetés négligemment sur la terre ou dans la mer et ont été rejetés sur les côtes par le vent et la marée.

    Ces objets plus imposants sont les signes visibles d'un problème bien plus important. Ces objets d'une certaine taille ne se décomposent pas contrairement aux matériaux naturels. En mer ou sur les côtes, l'influence du soleil, l'action des vagues et l'abrasion mécanique ne font que les déchiqueter lentement en particules plus petites.

    Une bouteille d'un litre peut être réduite en fragments assez petits pour en laisser un sur chaque kilomètre de plage dans le monde. Ces petites particules sont liées par de petits galets de plastique, qui sont la forme sous laquelle de nombreux nouveaux plastiques sont commercialisés et qui peuvent être perdus en mer par baril ou même par conteneur complet. Ces " anémones de mer " des temps modernes ont été mises au jour, non seulement de par les énormes quantités retirées des plages par des bénévoles très impliqués mais également par le fait qu'elles semblent s'accumuler dans les zone maritimes où les vents et les courants sont faibles.
     
     
     
     
     

    epave-cessna-bahamas
    Epave cessna (Bahamas)

    La " poubelle asiatique "

    La circulation océanique subtropicale du Pacifique Nord couvre une large zone du Pacifique dans laquelle les eaux circulent dans le sens des aiguilles d'une montre, dans une lente spirale. Les vents sont faibles. Les courants ont tendance à entraîner tout matériau flottant vers le centre peu dynamique de la spirale. Il n'y a que peu d'îles sur lesquelles les matériaux flottants peuvent s'échouer. Ils demeurent donc dans le tourbillon, en quantités incroyables estimées à six kilos de plastique par kilo de plancton naturel. L'équivalent d'une zone correspondant à la superficie du Texas tournoie lentement comme une horloge. Ce tourbillon a également été surnommé le " Chemin de la poubelle asiatique " ou le " Tourbillon d'ordures ".

    Cela ne serait peut-être pas un si grand problème si le plastique n'avait pas d'effets délétères. Ces grands objets sont consommés par les oiseaux marins et d'autres animaux qui les prennent pour des proies. De nombreux oiseaux et leurs poussins ont été retrouvés morts, l'estomac rempli d'objets en plastique de taille moyenne comme des bouchons de bouteille, des briquets et des ballons. L'estomac et les intestins d'une tortue retrouvée morte à Hawaï contenaient plus de mille morceaux de plastique. On a estimé à plus d'un million les oiseaux marins et à un millier les mammifères marins et les tortues de mer tués chaque année par l'ingestion de plastiques ou captifs des déchets.

    Les animaux se retrouvent coincés dans des filets et des lignes mis au rebut. Même les animaux aussi minuscules que des méduses se retrouvent pris dans des filaments de plastique ou mangent les petites particules de plastique qui flottent dans l'eau.
     
     
     
     
     
     
    Philippines dechets
    Philippines (dechets).

    Éponge chimique

    Il y a quand même un côté positif dans ce désastre. Les plastiques peuvent agir comme une sorte " d'éponge chimique ". Ils peuvent concentrer de nombreux polluants parmi les plus dangereux retrouvés dans les océans du monde entier : les polluants organiques persistants (POP). Ainsi, tout animal qui avale ces débris de plastique ingère aussi ces polluants hautement toxiques.

    Le tourbillon du Pacifique Nord fait partie des cinq grands tourbillons océaniques et il est possible que ce problème de Tourbillon d'ordures soit également présent dans les autres océans. La mer des Sargasses est bien connue pour sa zone à faible circulation dans l'Atlantique où les recherches ont démontré de fortes concentrations de particules de plastique dans l'eau.

     

     

    le-mot-trash-ordures-epel
    Le mot 'trash' (= ordures)

    Les auto-stoppeurs des océans

    Les plastiques flottant peuvent également affecter les écosystèmes marins de manière surprenante en offrant une surface accueillante aux organismes et en leur permettant d'y vivre. Ces plantes et ces animaux peuvent alors être transportés sur des objets en plastique bien loin de leur habitat normal. Ces auto-stoppeurs des océans peuvent alors envahir de nouveaux habitats et devenir d'éventuelles espèces nuisibles.

    Évidemment, tous les plastiques ne flottent pas. En réalité, environ 70 % des plastiques jetés coulent au fond de l'océan. En mer du Nord, des scientifiques néerlandais ont décompté environ 110 morceaux de détritus par kilomètre carré de plancher océanique, 600 000 tonnes rien que dans la mer du Nord. Ces plastiques peuvent joncher le fond de la mer et anéantir la vie marine qui s'y trouve.

    Le problème des débris de plastique fait partie des questions à traiter d'urgence. Au niveau personnel, nous pouvons tous agir en évitant les plastiques en faisant nos courses et en jetant nos déchets de manière responsable. Évidemment, il est nécessaire que les propriétaires de bateaux et les armateurs, les plates-formes offshore et les exploitants de bateaux de pêche soient plus conscients des conséquences de l'élimination irresponsable des objets en plastique.
     


              Plastiques courants à usage unique                                                                                                         
        Type        Utilisations   
        Polyéthylène téréphtalate (PET)        Bouteilles pour boissons, bocaux alimentaires, bouteilles d’huile alimentaire, film d’emballage transparent, flacons de détergents.    
        Polyéthylène haute densité (PEHD)        Sacs de sortie de caisse, sacs de congélation, bouteilles de lait et de crème fraîche, flacons de shampoing, flacons de nettoyants ménagers et détergents, bidons d'huile moteur, film.   
        Chlorure de polyvinyle (PVC)        Bouteilles d’eau, bouteilles d'assaisonnement salade, flacons de détergents, bouteilles d'huile alimentaire, flacons de shampoing, flacons de bain de bouche, films d’emballage alimentaire, emballages transparents, poches à sang et cathéters, emballages divers.   
        Polyéthylène basse densité (PEBD)        Film étirable, sacs alimentaires, opercules pour récipients alimentaires, sacs poubelle, housses pour vêtements, tubes plastique, film plastique noir, emballages industriels, sacs de plantation.   
        Polypropylène (PP)        Contenants alimentaires, emballages pour snacks, pailles alimentaires, bouchons à vis, bagages, filets de pêche, seringues jetables, pièces pour l’automobile, sacs, meubles.   
        Polystyrène (PS)        Contenants alimentaires, coques plastiques, produits en mousse de polystyrène, barquettes pour la viande, ustensiles alimentaires, contenants pour vente de produits alimentaires à emporter, emballages de protection.   
        Autres, en général des composites        Emballages alimentaires.   
     
                                                                                             www.DefendonsLesOceans.org
     
     
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    Les limites de la vie...

     

    Quelles sont les limites de la vie?!





    Quelles sont les limites de la vie ?
    Radio-telescopes.

    Depuis la célèbre expérience de la "soupe primitive", réalisée à Chicago en 1953 par Stanley Miller, le processus d’apparition et de développement de le vie ne cesse de révéler son infinie richesse et sa complexité étonnante.

    Des scientifiques ont pu récemment mettre en évidence la présence de vie microbienne dans un sédiment profond daté de 3,5 millions d’années et soumis à une température de 55°C. Sachant que la couche sédimentaire peut atteindre jusqu’à 10 km d’épaisseur, l’abondance de la vie microbienne souterraine serait telle que 10 % du carbone organique et les deux tiers des procaryotes pourraient être contenus dans les sédiments marins.



     

    Tierra recalentamiento
    Terre & récauffement climatique.

    Une étude publiée dans Science présente les premières preuves de vie procaryote dans des échantillons de sédiments marins situés à une profondeur de 1 626 m sous la surface du sédiment, datés de 111 millions d’années et soumis à une température de 60 à 100°C. L’observation de l’abondance des cellules en division, de l’intégrité de la paroi cellulaire des microorganismes et la présence de séquences d’ARNr 16S originales affiliées à des Archaea thermophiles (Thermococcales) confirment l’existence d’une biosphère profonde et chaude constituée de micro-organismes endémiques. Il semble que cet écosystème profond, composé de procaryotes affiliés à des méthanotrophes (ANME), pourrait être alimenté par des composés d’origine thermogénique comme le méthane et l’hydrogène.

    En 1977, de nouvelles formes de vies surprenantes, non liées à la photosynthèse, avaient déjà été découvertes : à 2500 m de fond sous l’océan, près de sources hydrothermales chaudes. Il s’agit d’étonnants vers tubulaires, les riftia, qui supportent une pression de 250 atmosphères, des températures de plusieurs centaines de degrés et vivent dans un environnement acide et riche en gaz toxiques.

    Un nouvel écosystème a été par ailleurs découvert en 2005 sous la calotte glaciaire Antarctique, dans les fonds marins, à 850 mètres de profondeur. C’est ainsi qu’ils ont eu la surprise de voir que des bactéries et des coquillages peuplaient cet endroit peu propice à la vie. Plus récemment, des bactéries ont été identifiées encore plus profondément dans la glace de l’Antarctique, à plus de 3 km de profondeur !



     

    La Tierra, el milagro de la vida
    La Terre, notre Planète.

    Mais si la vie est partout sur Terre, y compris dans les endroits où règnent les conditions les plus extrêmes, elle est également présente, à l’état latent, dans l’espace. Depuis 1965, plus de 140 molécules ont été découvertes dans l’espace, à l’intérieur de nuages interstellaires et dans des enveloppes autour d’étoiles et une grande partie de ces molécules est organique. Les astronomes ont ainsi détecté la molécule à 8 atomes du sucre glycolaldehyde à l’intérieur du nuage Sagittarius B2. Ces nuages qui s’étendent sur plusieurs années-lumière sont la matière brute à partir de la laquelle se forment des étoiles et le système planétaire susceptible de les entourer. Ce n’est pas la première fois que du sucre est détecté dans l’espace mais cette nouvelle découverte prouve que le sucre existe à une température extrêmement basse seulement 8 degrés au-dessus de l’absolu zéro.
    En mars 2008, une équipe franco-australienne a détecté pour la première fois une molécule proche chimiquement d’un acide aminé : l’aminoacétonitrile.
    Cette découverte est d’autant plus spectaculaire que la molécule est probablement un précurseur direct de la glycine, acide aminé essentiel et élément constitutif de la vie.

    Depuis quelques semaines, la sonde ultra-sophistiquée Phoenix Lander utilise son bras robotisé pour creuser le sol jusqu’aux couches d’eau gelée. La sonde est en train d’analyser la nature du permafrost martien, en cherchant notamment des molécules de carbone et d’hydrogène essentielles à la vie. Mais la mission la plus prometteuse, totalement dédiée à la recherche de vie martienne est Exo-Mars, un projet de l’Agence spatiale européenne (ESA), avec un robot équipé d’une foreuse et d’un microscope, de détecteurs d’acides aminés. Ce robot devrait atteindre Mars en 2015 et pourrait nous réserver bien des surprises !
    Mais même si on ne trouve pas de vie sur Mars, cela ne signifie pas qu’en dehors de notre système solaire la vie n’existe pas sur d’autres planètes. En un peu plus de 15 ans, plus de 250 planètes extrasolaires ont été découvertes et en avril 2007, de
    la vapeur d’eau a été découverte pour la première fois dans l’atmosphère d’une exoplanète.



     

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    Exoplanète Hd 209458

    Enfin, il y a quelques jours, des scientifiques européens ont découvert trois "super-Terres" en orbite autour d’une étoile relativement proche de nous, et de deux autres systèmes solaires dotés de petites exoplanètes. Ces découvertes suggèrent que les exoplanètes ayant des caractéristiques voisines de celles de la Terre sont peut-être en réalité courantes dans l’univers.

    Vers 2025, la mission "Darwin", encadrée par l’Agence spatiale européenne sera en mesure d’analyser directement la lumière des planètes pour en déduire des informations sur la composition chimique de l’atmosphère et en déduire la présence possible de la vie.

    Nous savons à présent que la vie peut naître, se développer et perdurer dans des conditions extrêmement hostiles et que ses capacités d’adaptation sont absolument prodigieuses. Aujourd’hui, aucun scientifique ne se hasarderait plus à fixer des limites aux conditions nécessaires à l’apparition, à l’essor et à la complexification de la vie et il y a donc fort à parier que, dans les décennies à venir, nous découvrions de nouvelles formes de vie inattendues sur notre planète et peut être, ce qui serait encore plus extraordinaire, des traces de vie sur d’autres planètes.




     

    Image
    Protoplanete devant son soleil.

    Nous devrions enfin, au cours des prochaines décennies, savoir si la vie est finalement relativement banale dans l’Univers. Si tel est le cas, la vie n’est-t-elle, comme l’écrivait Jacques Monod, il y a 40 ans, que le "produit du hasard et de la nécessité" ou faut-il intégrer le phénomène vivant à la question troublante et très débattue de l’ajustement fin des constantes physiques fondamentales de l’Univers qui semblent être réglées de telle manière que l’apparition de la vie soit probable?
    !

     

    Le comportement...

    La philosophie des sciences.

     

     

     

     

     

    puesta de sol
    Coucher de Soleil.

    Le paradigme du comportement.  

    Avant d’étudier les principes directeurs de la pensée et la philosophie des sciences, essayons de dégager les principes de l’intelligence. Ils nous aideront à saisir toute la complexité de notre démarche.

    Commençons par nous demander comment peut-on définir un comportement "intelligent", peut-on le subdiviser en actions élémentaires, en règles fondamentales ?

    Grâce à la biologie et à l’étude du comportement nous savons que la vie consiste en une adaptation permanente de l’organisme et de son écosystème.

     

    Cette biosphère assure une symbiose entre toutes les espèces, un flux d’actions réciproques s’établissant entre les êtres vivants et leurs besoins. Le philosophe F.Paulhan parle de "connaissance du système" global, comme d’autres parlent "d’intelligence organique" à propos des fleurs. Mais adaptation n’est pas synonyme d’intelligence. Un mécanisme aussi complexe et autonome soit-il ne peut faire de choix ou apporter de solution à son problème. Réagir à une sensation ou à un besoin peut être un acte réflexe. Quand la dionée se referme sur un insecte, il n’y a aucune prise de conscience, la chose ne pense pas et ne connaît pas l’objet qu’elle sent. Nous avons déjà analysé ce sujet dans le dossier consacré à l’évolution des systèmes vivants. Mais alors qu’est-ce que l’intelligence?

     

    Notre pouvoir déductif est-il la preuve d’une intelligence ? Observer, interpréter, agir. En étudiant l’activité cérébrale de l’homme, on se rend compte que ce comportement logique complexe semble obéir à un paradigme. Au XVIIeme siècle Descartes avait déjà fait la remarque suivante dans ses Méditations : "Mais que suis-je donc ? Une chose qui pense. Qu’est-ce que cela ? Une chose qui doute, entend, conçoit, affirme, nie, qui imagine aussi, et qui sent […] ; ce qui n’est précisément rien d’autre que penser". Par le cogito, Descartes avait la certitude du sujet pensant. Mais ce sentiment a-t-il un fondement scientifique ? Le retrouve-t-on ailleurs dans la nature ?

     

     

     

     

     

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    Ville futuriste.

    Le biologiste cybernéticien voit dans l’activité de tout être vivant capable d’actions élaborées - ce qui inclut tous les êtres "vivants" y compris les robots calculant plutôt que réfléchissant et leurs homologues humanoïdes - l’organisation d’une structure de délibération : discuter d’abord puis agir. En observant les résultats d’une mission qui est confiée à cet être imaginaire, tout semble indiquer qu’à partir des informations qu’il récolte sur le monde extérieur il peut construire son plan d’actions.

     

    Grâce à des algorithmes capables de gérer l’information brute et la mémoriser, il peut en déduire un ensemble d’informations, lesquelles l’aideront à planifier sa prochaine tâche. Si les informations qu’il a recueillies sont contradictoires, la délibération d’une solution permettra de juger quel résultat est le plus approprié en fonction de l’expérience ou des données acquises. Ce paradigme est celui de l’architecture élaborée.

    Chacun de nous est d’accord pour considérer cette démarche comme une caractéristique de l’intelligence très aboutie chez l’être humain. Et de fait, ce scénario fut accepté par la communauté scientifique dès les années 1950. Mais depuis la fin des années 1980 un autre paradigme du comportement traduit l’intelligence en terme d’architecture réactive : agir puis réagir, mais sans discuter.

    Pour le roboticien le résultat de la mission ne dépend pas de la délibération des actions à prendre. Toutes les activités sont menées de front, en parallèle : notre explorateur fait un pas, il évite un obstacle, il trouve un objet, il le classe. Dans ce mécanisme aucun cycle n’est réservé au jugement. Pour combiner ces activités indépendantes les unes des autres et éviter des situations qui pourraient s’avérer dommageables, notre explorateur devra réagir en fonction des situations. S’il s’aperçoit qu’il vient de créer un court-circuit, il prendra le temps de changer le fusible endommagé ; voyant un précipice, il réagira en neutralisant le pas qui lui serait fatal. La logique est du genre "si ceci arrive alors je fais cela".

     

    Nous savons tous qu’une telle démarche, guidée plus par les sens que par l’intelligence diront certains est très rapide dans son exécution puisqu’elle ne prend plus le temps de délibérer. Elle réagit immédiatement. Mais est-elle bien applicable aux comportements complexes de l’intelligence humaine ? Il est vrai que pour un observateur extérieur au monde terrestre, a priori rien ne permet de considérer nos activités comme le résultat d’une architecture élaborée plutôt que réactive. Le roboticien américain Rodney A.Brooks du MIT Artificial Intelligence Laboratory soutient en tous cas cette thèse en créant des animalcules électroniques capables de missions élaborées dans un environnement hostile, telle la sonde Sojourner qui explora la surface de Mars en 1997. Il s’apprête en effet à envoyer des colonies de fourmis-robots sur Mars ou dans les laboratoires industriels.

     

     

     

     

     

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    Combat ou invasion?!.

     Brooks et ses collègues considèrent que l’architecture élaborée est une sorte de diplomatie désuète car elle est basée sur un travail séquentiel. Les informations sont recueillies par des détecteurs, elles sont interprétées et si aucun conflit ne surgit une action est entreprise. En cas de doute ou d’erreur, un système très hiérarchisé délibère en fonction du but poursuivi et entame une démarche visant à corriger la planification des actions ultérieures. Ce mécanisme requiert une grande consommation d’énergie et les délibérations ne sont jamais rapides.

     

    L’architecture réactive à l’inverse agit de tous côtés simultanément. Elle ne prend pas le temps de délibérer mais réagit en situation. Cette architecture est très économe et très peu sophistiquée. Aussi simples qu’elles soient, les fourmis-robots de Brooks peuvent développer une activité complexe sans concevoir explicitement ce qu’elles font.

    Mais tous les chercheurs en Intelligence Artificielle ne partagent pas l’avis de Brooks et de ses élèves. Thomas M.Mitchell de Carnegie Mellon considère que les travaux de Brooks "sont très séduisants mais contiennent de très mauvaises idées". A ses yeux, l’architecture réactive est plus adaptée à la construction de thermostats que des agents intelligents. Si les inférences, logiques sont supposées déduire toute chose à partir d’une contradiction, certains paradoxes mettent en évidence un véritable problème pour l’Intelligence Artificielle.

     

    Mitchell reprend l’exemple d’inférence logique citée par le philosophe Bertrand Russell : "Le barbier rase chaque homme qui ne le fait pas lui-même. Qui rase le barbier ?". Ce prédicat reflète la parfaite logique mais il réduit en même temps l’apparente perfection des règles mathématiques. En fait le système n’est pas paradoxal, mais il est incomplet. La phrase de Russell peut manifestement être vrai mais impossible à prouver en termes formels. Nous reviendrons sur ce paradoxe de l’inférence lorsque nous discuterons des travaux de Kurt Gödel.

    Brooks parle d’ "intelligence sans raison". A travers ses travaux il cherche le sens des mots "le système connaît quelque chose". Cela signifie-t-il que le robot doit se comporter de façon à ne pas cogner les murs ou doit-il disposer d’une quelconque représentation explicite des structures qu’il appréhende?

    Comme on le constate l'intelligence est loin d'être un concept simple à formuler surtout lorsqu'on essaye de l'associer à une structure artificielle telle un robot.

     

     

     

     

     

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    Massacre...

     Il peut sembler naïf de parler en termes de propositions logiques et d’inférences mais tous les programmes ne doivent pas être représentés en termes de logique explicite. Il est évident que la logique se caractérise par sa grande précision et par son pouvoir de décision lorsque survient une contradiction. Mais le temps de déterminer la véracité d’une proposition logique est antinomique avec la rapidité d’exécution. Dans ces conditions, l’élégance de la logique doit faire place à son efficacité. C’est la raison pour laquelle les mobiles de Brooks ne calculent rien mais agissent.

    Bien sûr tous les robots ne sont pas réglés sur ce concept. D’autres projets donnent les moyens aux robots de planifier leurs actions et même de planifier leur planning. Etant donné que les ressources des ordinateurs – tout comme celles de l’homme – ne sont pas infinies, Herbet A.Simon considère que les machines ne pourront jamais qu’exercer une "rationalité limitée".

     

    Pour sa part Yaser S.Abu-Mostafa de Caltech développe des systèmes informatiques qui apprennent par eux-mêmes. Il s’attaque aux problèmes de la reconnaissance des formes, des réseaux neuronaux, du neuromorphisme, de la théorie de l’information et de la complexité informatique. 

    Travaillant avec les banquiers et les industriels, Abu-Mostafa essaye de mettre au point des machines capables tout à la fois de résoudre des problèmes structurés, ne requérant aucun exemple, et des problèmes aléatoires, totalement indéfinis et dont les solutions dépendent entièrement des cas d’écoles et de l’apprentissage. Si l’ordinateur manque d’informations pour résoudre son problème, il suffit de lui proposer quelques données en rapport avec celui-ci. Le système mémorisera l’information et apprendra à en tenir compte à l’avenir. Ce genre de suggestion va de la simple observation d’un objet sous différents angles à une expertise complexe.

     

    On voit donc que les cas d’école et le "drill" qu’on fait subir à certains systèmes neuronaux sont essentiels pour qu’ils puissent choisir seuls les valeurs des paramètres libres le jour où surgira un problème. Grâce à ces suggestions, qui déterminent non seulement l’orientation que doit prendre l’algorithme de recherche, mais également la précision des itérations et des mesures en un temps raisonnable, le système mémorisera des centaines de cas réels qui lui permettront d’affiner ses paramètres internes, et il finira par reproduire de mieux en mieux la fonction pour laquelle il a été programmé. Ainsi, face à un nouveau problème, le système pourra extrapoler une solution à partir de son "expérience" et pourra "rationnellement" - ou plutôt logiquement avec un certain degré de certitude, prédire le comportement de son sujet.

     

     

     

     

     

    Ezaro

    Ezaro (Incendié)

     L’Intelligence Artificielle n’en est qu’à ses balbutiements et il est à parier que les tartines tomberont encore longtemps du côté confiture. Les travaux de Brooks, Minsky, Abu-Mostafa, Honda et consorts sont très instructifs pour comprendre notre comportement. Mais la relation qui existe entre notre perception sensible et sa représentation interne est tellement ardue qu’il est trop tôt aujourd’hui pour créer un modèle consistant et logique du monde extérieur.

    Quant à déduire que nous percevons le monde à travers les yeux d'une fourmi-robot ou d'un humanoïde est un pas que nous ne pouvons pas encore franchir. Comme nous ne pouvons pas affirmer que l’homme délibère toujours sa solution. Dans l’avenir il est probable que la méthode déductive conditionnera toujours l’exécution d’une action, mais pour conserver notre autonomie peut-être devrons-nous dans un lointain futur éviter toute délibération et réagir rapidement en fonction de l’environnement. Ou à l'inverse, dans le froid glacial de l'espace nos actions seront peut-être ralenties. Dans tous les cas ce nouveau paradigme nous offre l’occasion d’une critique du discours scientifique et mérite d’être étudié.

     

     

     

     

     

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    Bain de sang...

    Voila seul un très, tres petit et infime aperçu de  ce que l'homme est-il aussi capable d'y faire... Changer l'eau de l'ocean en sang...
    (Le Guerrier Celtique)