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Attentat contre le Rainbow Warrior.

 

L'attentat du Rainbow Warrior...

 

 

 

 


Le Rainbow Warrior, navire amiral de Greenpeace a déjà une belle histoire à son actif. Il a été la pièce maîtresse des campagnes contre les baleiniers, l'immersion des déchets radioactifs, le massacre des phoques gris... En 1983, en pleine guerre froide, il pénètre dans les eaux interdites de Sibérie pour documenter le massacre des baleines grises. En 1985, le Rainbow Warrior appareille pour l'atoll de Rongelap, dans le Pacifique-Sud. A la suite d'essais nucléaires américains effectués de 1946 à 1956, des poussières radioactives ont recouvert Rongelap. Les répercutions sur la population locale sont désastreuses : cancers, leucémies, malformations génitales en nombre très élevé. Au cours de l'opération "Exode" Greenpeace évacue toute la population de Rongelap vers l'île de Mejato.

Après avoir pris soin de ces premiers "réfugiés de l'environnement", le Rainbow Warrior cingle alors vers Auckland, d'où il doit repartir vers le site nucléaire français de Mururoa. Le 10 juillet 1985, deux explosions secouent la coque du navire alors qu'il mouillait dans le port d'Auckland. Le Rainbow s'enfonce dans les eaux du port.


Fernando Pereira, tragiquement décedé dans l'attentat contre le Rainbow Warrior.

Fernando Pereira, photographe et compagnon de Greenpeace, trouve la mort dans l'attentat. Le sabotage est évident. Les faux époux Turenge, qui sont en fait le Capitaine Prieur et le commandant Mafart agents des services secrets, sont rapidement arrêtés. Dans les semaines qui suivent, les preuves contre le gouvernement français s'accumulent.

Sous la pression internationale, celui-ci finit par reconnaître les faits. Le bateau a bien été coulé par les services secrets français qui ont agi sur ordre, probablement du Président Mitterrand... Charles Hernu, ministre de la défense du gouvernement Mauroy démissionne. La tragédie a mis en lumière, dans le monde entier, le combat de Greenpeace, lui donnant encore plus de force et de détermination pour poursuivre ses missions. En France cependant, une campagne de désinformation est orchestrée avec vigueur par les autorités. Il s'agit de faire passer la France pour une victime, l'agresseur n'étant autre que Greenpeace, organisation étrangère probablement manipulée par des intérêts ennemis... La manipulation est efficace et la suspicion entretenue coupe l'organisation du soutien de son public. Le bureau français de Greenpeace est contraint de fermer ses portes en 1987 et les rouvrira deux ans plus tard.

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Bébés phoques.

 

La chasse aux bébés phoques.

 

 

 

 

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Dauphins.

Depuis 1980 environ, le gouvernement d'Ottawa accorde aux pêcheurs canadiens environ 325000 prises annuelles sur des phoques âgés d'au moins 12 jours, donc comprenant des bébés phoques. La saison de pêche est ouverte durant 7 mois, du 15 novembre au 15 mai et fait vivre de 12 à 15000 familles canadiennes. La chasse trouve son paroxysme fin mars le long du littoral des Iles-de-la-Madeleine et de l'Ile-du-Prince-Edouard, et en avril au large de Terre-Neuve (Newfoundland). Les médias ne manquent jamais cette occasion pour violemment critiquer cette chasse et dénoncer cette barbarie en manchette de leux journaux, écrits, télévisés ou sur le web.
Cette chasse aux bébés phoques à grande échelle fait depuis des années l'objet de violentes protestations de la part de la communauté internationale qui ne supporte pas cette chasse sanguinaire et injustifiée qui se fait de manière très violente, à coups de gourdins et d'hakapiks, une sorte de "pic à glace".
Six espèces de phoques sont concernés par ce massacre : le phoque du Groenland, le phoque à capuchon, le phoque gris, le phoque annelé, le phoque barbu et le phoque commun dont la population globale dépasse 6 millions d'individus.
Non seulement les phoques perdent leurs territoires de reproduction en raison du réchauffement climatique (la banquise disparaît et les bébés phoques se noient) mais la chasse cruelle organisée par le Canada réduit chaque année leur population de quelques pourcents. Discutons deux minutes de cette chasse car elle émeut le public et les autorités Européennes à juste titre.

Après l'embargo plus ou moins réussi sur la fourrure blanche des bébés phoques dont la chasse cruelle révolta le public, les chasseurs se sont rabattus sur la fourrure argentée des phoques qui plaît beaucoup aux Russes et aux Chinois mais que les Occidentaux - mis à part quelques Canadiens - refusent d'acheter. Les Canadiens osent appeller cette activité, le "développement durable" - le terme est à la mode - sous prétexte qu'il régulerait les stocks de morue et représenterait un "apport socio-économique", dixit le Ministère Pêche et Océan du Canada.
Evidemment, le point essentiel est que ce massacre légalisé rapporte beaucoup d'argent : 58$ Canadien par peau et en hausse de 18% par rapport à l'an passé, soit un chiffre d'affaire de près 19 millions de dollars canadien chaque année !
Le contrôle, si l'on peut dire, s'établit par garde-côte interposé et à bonne distance sans trop s'occuper des détails pour ne pas envenimer une situation passablement houleuse entre chasseurs et défenseurs des animaux.
 
 
 
 
 
 
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Bébé phoque.
 
Bien qu'il y ait des quotas, 975000 prises réparties sur 3 ans jusqu'en 2003, on constate en pratique qu'ils ne sont pas respectés et généralement dépassés de 10% : le Canada tue sanguinairement 30000 bébés phoques chaque année en violation avec leurs propres lois !
Mais ce n'est pas terminé. En novembre 2005, de nouvelles propositions ont été débattues. A l'avenir, les pêcheurs-chasseurs espèrent porter les quotas entre 1.25  et 1.75 millions de prises sur 5 ans... soit une augmentation pratiquement du simple au double ! Sale temps pour les phoques. Ca c'est la réalité.
Dire que l'on massacre les bébés phoques d'une manière sauvage, n'est donc pas de l'intox mais de l'info. Ce massacre légalisé est bassement fondé sur le gain immédiat que peut rapporter cette ressource; le lucre, le plus grand maux de la terre.
Voyons à présent quels arguments nous pouvons opposer au Gouvernement canadien et aux chasseurs de phoques. Ce ne sera pas bien difficile.
 
 
 
 
 
 
Phoque
Phoque sur la banquise.
 
Arguments opposés à la chasse au phoque.
Le fait que la chasse au phoque nourrit pendant 7 mois quelques 15000 familles de pêcheurs (en hausse) est un fait économique certain dont il faut tenir compte, mais le Gouvernement devrait également dire que les revenus de cette chasse contribuent à moins de 1 % de l’économie de la province de Terre-Neuve. Cette chasse ne représente donc qu'un très maigre revenu complémentaire qui ressemble plus à une opportunité financière, un passe-temps morbide, qu'à un réel besoin.

 

Le Gouvernement canadien oublie également de préciser que si les prises doivent être âgées de plus de 12 jours, sous-entendant qu'il doit y avoir des adultes, en pratique la chasse trouve son paroxysme fin mars-début avril, à une époque où tous les jeunes phoques sont encore bébés. Les prises comprennent donc pour l'essentiel des jeunes de moins de 3 mois et la moitié sont des bébés de moins d'un mois; leur fourrure est plus belle, plus souple et se vend plus cher !
Mais pire que cela, les phoques sont censés être tués d'un seul coup d'hakapik. Sur le terrain, certains agonissent durant des heures et se traînent sur la neige vers un abri inexistant et 40% des poques sont écorchés vifs ! Les chasseurs n'ont soi-disant pas le temps de s'apitoyer sur leur métier mais ils prennent 7 mois pour exécuter scrupuleusement leur sale contrat !
Suite au tollé général que provoqua le massacre sanguinaire des bébé phoques à fourrure blanche, le Canada ne massacre plus (officiellement) les bébés de cette espèce depuis 1983. En revanche il massacre un plus grand nombre de bébés phoques gris à fourrure argentée ! Ils en massacrent en fait plus aujourd'hui qu'ils n'en ont tué depuis des centaines d'années à coup de gourdin et d'hakapiks !
Cette chasse n'a rien à voir non plus avec un soi-disant développement durable qu'évoquent les autorités. On a pas dû lire les mêmes articles car aucun chercheur ne voit en quoi cette chasse contribuerait aux besoins des populations et préserverait la nature pour les générations futures... Nous pouvons nous nourrir de bien des façons et de manière bien plus civilisée et personne ne dépend de la survie des troupeaux de phoques ! Bien sûr, les Inuits chassent le phoque et le font très bien depuis des générations. Cela n'a jamais offusqué personne et tout le monde leur laisse cette liberté. Mais le pratiquer avec la violence que l'on sait par des pêcheurs canadiens et à une telle échelle du chef d'une nation dite civilisée, là on se trompe de combat et cela ne fait plus plaisir à personne; la viande à un goût amer et la fourrure pique aux entournures.
                               A lire: Sauver les bébés phoques
                                    Les campagnes de l'IFAW
 
 
 
Foca
Phoque.
 
Argumenter que cette chasse contribuerait à restaurer les stocks de morue ne justifie pas ce commerce, car l'argument est réfuté scientifiquement. Il n'existe pas d'étude systématique de la population de phoques et encore moins de leur mode d'alimentation ou de la façon dont ils interféreraient avec les activités de pêcherie.
En fait, le Canada se retranche derrière l'aspect commercial de cette chasse qui reste l'argument fort de leur défense. En effet, actuellement le commerce de la fourrure de phoque est tolérée en Europe et permise en Russie, en Chine et dans beaucoup de pays du monde car les espèces concernées ne sont pas menacées d'extinction et ne sont donc pas listées en Annexe I de la CITES ni même sur la Liste Rouge de l'IUCN.
Toutefois, aux Etats-Unis, la loi sur la Protection des Mammifères Marins (Marine Mammal Protection Act) stipule clairement qu'il est illégal de tuer des mammifères marins ou de faire le commerce des produits dérivés. Les diplomates européens éprouvent donc quelques difficultés sur le plan légal pour opposer des arguments valables à cette chasse.
Aussi, pour préciser le cadre soi-disant scientifique de cette chasse mais reconnaissant son caractère caduque avancé par le Canada, les députés Mark Watts, Catherine Stihler et Phillip Whitehead siégeant au Parlement Européen ont pris cette question au sérieux et ont déposé un texte le 20 octobre 2003 qui devrait être discuté en Commission aussitôt que les signatures exigées seront été réunies. Ils demandent que le Conseil International pour l'Exploration de la Mer (ICES) et le Groupe des spécialistes du phoque de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature et de ses ressources (IUCN) étudient "les conditions des populations de phoques dans les eaux européennes et leurs interactions éventuelles avec le secteur de la pêche". Ils réclament notamment que la Commission récolte "toutes les données nécessaires sur les dommages causés par les phoques aux engins de pêche et sur les captures imputables aux phoques dans les eaux européennes ainsi que sur les effets des activités de pêche sur les populations de phoques." Connaissant le contexte, cela sous-entend bien que les arguments canadiens ne sont pas vraiment pris au sérieux par les Européens, ni par personne.
 
 
 
 
 
 
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Massacre de petites baleines.
 
Il existe bien six millions de phoques et cela représente effectivement une population en développement. Les troupeaux sont riches et peuvent supporter une "ponction régulatrice" annuelle. Mais contrairement à ce que dit le porte-parole du Ministère, il reconnaît lui-même dans la dernière ligne de la FAQ de son site Internet que "les scientifiques sont incapables de dire avec certitude quelle quantité de poissons sont consommés par les phoques".
Dire en public qu'ils mangent des morues au point d'affamer les Canadiens ou déchirent les filets de pêche n'est donc pas fondé. Si tous les filets de pêche abîmés en cours d'exploitation devaient conduire à l'extermination des poissons de grande taille responsables de ces dégâts, il n'y aurait plus de marché aux poissons !
Le Gouvernement canadien oublie également de citer d'autres arguments économiques qui leur sont défavorables. Son attitude n'est donc pas très objective et on sent très bien qu'il est mal à l'aise quand il évoque cette chasse qui n'est justifiée que par le profit qu'elle génère mais aucune nécessité réelle.
Par exemple, il ne peut pas ignorer que cette chasse est une arme à double tranchant - tant qu'un gourdin ou un pic à glace puisse en avoir - car elle renforce l'idée que le commerce international de produits dérivés d'animaux sauvages est un trafic légal. En supportant la chasse au phoque, le Gouvernement canadien ne se rend pas compte qu'il supporte les trafiquants ! Mais pour cela, il faudrait que les autorités sortent de leur hibernation et se rendent compte dans quel monde on vit réellement, un village global où trafiquants et braconniers sont aussi communs que les faux dollars.
 
 
 
 
 
Amor & Fidelidad
Pinguin Empereur (amoureux)
 
Le Gouvernement canadien a-t-il conscience de son attitude orgueilleuse et à double sens ? Suite aux pétitions qu'il reçoit des quatre coins du monde depuis des décennies, il en est bien conscient mais il se voile la face. Il tente d'expliquer sur son site Internet qu'il fait tout cela pour le bien être général. Jamais aucun commerçant n'aura fait autant de publicité pour cette pêche que le Ministère canadien !
Enfin, la région de Terre-Neuve s'est acquise au fil des années une réputation de haut-lieu de la recherche scientifique (en matière d'écologie, de glaciologie, de géologie, etc) et est une destination touristique de première plan pour les amateurs de neige et de nature. Or sur le plan économique, une chasse qui est aussi mal vue sur la scène internationale ne peut rien apporter de positif à ce territoire que l'on juge de plus en plus comme une terre fréquentée par des sauvages.
Maintenir cette chasse en l'état est donc justifiée sur des bases faussées sur bien des plans. Tous les arguments avancés par le Gouvernement canadien en mal d'explication sont donc caduques car en réalité les chasseurs comme les autorités concernées par ce commerce veulent simplement tirer profit d'une opportunité sans se soucier le moins du monde de considérations écologiques et du tollé de protestations qu'ils provoquent dans la communauté internationale.
S'il vous fallait une dernière preuve du parti-pris des autorités en cette matière, vérifiez la source des articles en faveur de cette chasse. Vous constaterez qu'elle est exclusivement supportée par des Canadiens, journalistes ou politiques, pour ne citer que Louis-Gilles Francoeur du magazine canadien "Devoir"... Plus étonnant, la seule association écologique qui supporte cette chasse est le.... WWF Canada, au point de désinformer le public ! Aucune autre nation civilisée, aucun journaliste étranger, aucune association pour ne citer que Greenpeace, ne comprend l'attitude de ces gens ni ce massacre légalisé.

 

 

Mais jusqu'à nouvel ordre, rien ne change. Chaque année à l'automne des hordes de bateaux arrivent du continent et la tension monte dans les troupeaux de phoques... Chaque année, à chaque naissance, c'est la même hécatombe; les bébés phoques succombent au même enfer... les chasseurs blessent à mort et tuent des bébés phoques qui ne peuvent même pas se défendre, laissant derrière eux une banquise sanguinolante.  Dans de telles conditions, il n'est pas étonnant que certaines personnes se détournent des hommes et préfèrent vivre avec les animaux...
Mais le massacre ne se limite pas au Canada. Dans un autre contexte, la situation est identique au Japon, où chaque année plus de 20000 dauphins, marsouins et petites baleines sont tués pour leur viande. Idem aux îles Féroé (Danemark) où chaque année plus de 1600 dauphins et globicéphales sont massacrés dans un bain de sang pour le simple folklore ! Et ces gens se disent civilisés, membres d'une Europe qui prône la protection de la nature ! Je regrette, mais si c'est ça votre "civilisation" respectant soi-disant la nature, comptez sur les écologistes pour être votre épine dans le pied ! Si le législateur n'agit pas, les actions coup de poing des écologistes ne sont pas prêtes de s'arrêter...
Ceci dit, ne perdons pas notre énergie en vaines joutes oratoires et arrêtons cette liste macabre car elle est longue et nous comprenons tous bien où se situe le problème... Agissez plutôt, car ces animaux sont sans défense et le massacre injustifié.

 

 Greenpeace

Vers Mars...

 

Traces d'eau à la surface de Mars.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mars & océans
Mars & Océans.

 

L'eau et la vie (I)

Les missions spatiales vers la planète Rouge ont démontré que par le passé la surface de Mars avait été localement érodée par un liquide. En effet, un peu partout sur Mars on découvre des méandres asséchés, des ravines, des deltas et des vallées de débâcle. On ignore encore si c'est bien de l'eau qui a formé ces structures mais de plus en plus d'indices tendent à confirmer cette hypothèse.

La plupart des géologues et exobiologistes pensent qu'il y a environ un milliard d'années Mars était en partie recouverte d'eau : on y trouvait des oueds, des fleuves, des lacs et peut-être des océans.

Aujourd'hui la surface de Mars est asséchée mais l'eau pourrait encore exister dans le sous-sol, à plusieurs kilomètres de profondeur, non pas sous forme de nappes phréatiques mais plutôt emprisonnée des roches à l'image d'une éponge gorgée d'eau comme cela ne produit également sur Terre.

Marte 

Planète Mars. 


Grâce aux missions Mars Exploration Rover (MER), depuis 2004 les sondes Spirit et Opportunity ont permis de compléter le grand puzzle martien. L'eau n'est qu'une pièce de ce puzzle car le projet d'envergure que visent les scientifiques est de démontrer que la vie s'est développée à la surface de Mars.

Pour parvenir à cette conclusion, depuis l'exploration de Mars par la sonde Viking 1 en 1976, les chercheurs sont sur les traces de tout marqueur minéral ou biologique leur apportant des indices allant dans ce sens.
Plusieurs chercheurs dont Rocco Mancinelli de l'Institut SETI considèrent que les éléments biogéniques fondamentaux mais également secondaires existent à la surface de Mars. Le premier facteur qui nous permettrait de déterminer si la vie est apparue sur Mars est de savoir si de l'eau liquide a coulé sur sa surface suffisamment longtemps. L'histoire de l'eau se trouve aujourd'hui dans l'étude minéralogique des roches martiennes. Aujourd'hui la plupart des scientifiques ont le sentiment qu'il leur manque quelques pièces seulement pour compléter leur puzzle. Ainsi la découverte de grande quantité de soufre (jusqu'à 40% de sels de soufre) près du site d'atterrissage d'Opportunity à Meridiani Planum suggère à Steve Squyres, principal investigateur de la mission MER, que de l'eau fut impliquée dans le processus.

 

 

 

 

 

Marte surcos
Tracés d'eau sur Mars.

 

Habitabilité et énergie.

Après avoir découvert des traces de stratification similaires à un phénomène de sédimentation près du site d'Opportunity, tout porte à croire que certains endroits de la surface martienne présentent des traces minéralogiques compatibles avec des zones inondées ou périodiquement submergées par les flots. Mais quels sont les autres ingrédients nécessaires pour supporter l'idée que cette surface était jadis habitable ?

Cette question demeurant sans réponse, les microbiologistes doivent partir d'une expérience plus simple : de quelle manière un microbe résistant vivant sur Terre survivrait-il aujourd'hui sur Mars ? Par vraiment très bien, pensent la plupart des microbiologistes. Pourquoi ? En raison de la multitude des contraintes martiennes : les problèmes de basses températures, basses pressions, l'important rayonnement ultraviolet et le manque d'énergie (solaire et "géo"thermique) constituent les divers facteurs à surmonter à quiconque voudrait aujourd'hui survivre sur Mars, même si "aujourd'hui" est considéré comme une période qui s'étend sur les derniers dix millions d'années de l'histoire météorologique martienne.

 

Comparé à la température moyenne de la Terre qui est de 15°C au sol, la température moyenne de Mars est de -53°C et elle descend à -130°C à 30 km d'altitude contre -42°C sur Terre. Mars est un désert sec et glacé. Bien qu'occasionnellement la température dépasse le point de congélation dans les régions équatoriales où se sont posées les sondes Spirit et Opportunity, la plupart des processus biologiques nécessitent un seuil de température bien plus chaud. Si Mars était habitable par le passé, son climat devait être plus humide et plus chaud car aujourd'hui il est hostile à la plupart des bactéries (E. Coli par exemple) et même aux formes de vie résistantes vivant sur Terre. Selon S.Nedell, J.Pollack, M.Walter et D.Des Marais, Mars disposait bien dans le passé d'une atmosphère dense et chaude.

 

 

Des microbes plus résistants: Chroococcidiopsis et Desulfotomaculum.

Quel genre d'organisme terrestre pourrait survivre dans l'environnement inhospitalier pour ne pas dire hostile de Mars ? La cyanobactérie Chroococcidiopsis est capable de survivre dans des conditions hostiles où ses consoeurs trépassent : sous des climats désertiques glacés, dans des milieux hypersalins ainsi qu'en présence d'une quantité toxique de gaz carbonique pour l'homme. Si le projet du terraforming de Mars se concrétise un jour, nous pourrions l'utiliser car elle pourrait survivre sur Mars à l'abri des rayons ultraviolets du Soleil et assurer la photosynthèse, transformant progressivement l'atmosphère de gaz carbonique en oxygène en l'espace de quelques milliers d'années. Mais cela n'est qu'une solution pour l'avenir.

Si nous identifions une source d'eau sur Mars, le problème immédiat qui se pose est celui de la faible pression atmosphérique (elle représente 1% de la pression terrestre au niveau de la mer) et le fait qu'elle soit irrespirable. Aujourd'hui, un microbe déposé sur le sol de Mars se déssécherait rapidement et gèlerait en quelques heures. Il ne survivrait que s'il serait capable d'hiberner durant la mauvaise saison à l'abri des UV destructeurs en attendant que le climat se radoucisse avec l'arrivée de l'été. Le candidat idéal serait un microbe ou des spores (corpuscules reproductrices des végétaux et de certains protistes) capables d'hiberner durant de longues périodes où dès que le climat deviendrait inhospitalier.

 

 

 

 

 

 

Traces d'eau sur Mars (fictif)
Océans sur Mars.
 

 

 Les scientifiques intrigués par les traces d'eau découvertes près du site d'Opportunity se sont demandés si des bactéries en forme de spores et sulfo-réductrices, ne pouvaient pas offrir un nouveau modèle d'organisme que pourraient rechercher la prochaine génération de chasseurs de microbes martiens ?

Selon Benton Clark, un membre vétéran des équipes scientifiques qui ont travaillé sur les échantillons de Viking et MER, un tel candidat pourrait survivre à l'inhospitalité martienne dont les rigueurs climatiques sont fatales aux microbes. Pour Clark, qui travaille aujourd'hui chez Lockheed Martin à Denver, l'organisme favori est le Desulfotomaculum, une spore qui peut vivre près des roches soufrées.

Depuis 1965, lorsque ce type de spore fut découverte et classifiée, sa biologie offrit quelques uns des meilleurs exemples d'adaptation aux milieux extrêmes. Vivant dans l'obscurité lorsqu'elle développe ses spores quand le temps devient froid ou trop sec, cet organisme très résistant constitue un excellent modèle qui devrait être sérieusement considéré par les scientifiques planétaires à l'avenir.

 

 

Luna & Marte
Mars et Lune.

Indépendance de l'énergie solaire.
Au sens large le nom Desulfotomaculum signifie une "saucisse" qui réduit les composants du soufre. Il s'agit d'un organisme tubulaire, le mot latin "tomaculum" signifiant "saucisse". Desulfotomaculum est une cellule anaérobie; elle vit donc sans oxygène. Sur Terre on la trouve dans la terre, dans l'eau, dans les régions géothermiques ainsi que dans l'intestin des insectes et des animaux ruminants. Son cycle de vie dépend de la réduction des composés soufrés comme le sulfate de magnésium en hydrogène sulfuré.
Ainsi que nous l'avons expliqué à propos de la
faculté d'adaptation, les microbes métabolisant le soufre utilisent une forme très primitive de production d'énergie : leur action chimique est tout aussi importante que celle de leur habitat immédiat. A partir de ce que nous savons des conditions de vie primitives sur Terre, cet environnement fut probablement chaud et irradié d'intenses rayonnements ultraviolets solaires (UV). L'atmosphère était réductrice et des éléments comme l'hydrogène sulfuré constituaient probablement l'une des source d'énergie inorganiques disponibles. Sur Terre certaines espèces de Desulfotomaculum sont adaptées à une température de 30-37°C mais selon leur milieu de culture la vingtaine d'espèces de Desulfotomaculum que nous connaissons peuvent vivrent à d'autres températures.
Sur une planète froide et sèche éloignée du Soleil, toute chose capable d'assurer un quelconque métabolisme peut également produire de l'énergie d'une autre manière qu'en utilisant la photosynthèse.

Pour découvrir quel peut-être ce processus, nous devons déterminer quel est, sur Terre, la quantité d'énergie solaire généralement nécessaire pour assurer la survie des organismes riches en chlorophylle ? Et de la même manière sous quelles conditions un microbe peut-il survivre protégé sous la terre ou à l'ombre d'un rocher ? Survivre en l'absence directe de rayonnement solaire pourrait en effet être la norme sur Mars.
Selon Clark, "Desulfotomaculum a uniquement besoin d'un peu d'hydrogène mais le soufre constitue sa principale source d'énergie. Il peut vivre indépendamment du Soleil. Cet organisme est passionnant parce qu'il forme également des spores, et peut donc hiberner durant la mauvaise saison en attendant l'été".
"Non seulement poursuit-il, nous pourrions découvrir des traces fossilisées mais également des résidus chimiques de son existence. Il apparaît par exemple que le soufre constitue l'un des traceurs qui répond assez bien au fractionnement isotopique. Lorsque les organismes vivants traitent le soufre, ils tendent à séparer les isotopes d'une manière différente des processus géologiques ou minéralogiques... Aussi il existe deux méthodes pour découvrir ces traces : l'organique et l'isotopique. Pour effectuer une analyse isotopique, il est probable que les échantillons devront être ramenés sur Terre".

 

 

 

niebla en Marte
Brouillard sur Mars.

Préserver la vie.
Le géologue américain John Grotzinger du MIT s'est occupé de cette question et a cherché à savoir de quelle manière on pourrait organiser une future mission vers Mars sur base d'une stratégie biologique globale. Si la sonde Opportunity a réussi à atterrir près d'un affleurement, peut-on envisager qu'une future mission martienne recherche des traces de vie fossilisées ?
Répondre à cette question est très facile. Sur Terre, où se trouve la seule expérience à notre disposition, il est très rare que l'on découvre des fossiles préservés dans d'anciennes roches. Etant donné que sur Mars nous effectuons cette recherche à distance, nous devons optimiser les conditions de travail et préserver le gisement.

Depuis le début de la mission Opportunity, Andrew Knoll, paléontologue à l'université d'Harvard et membre de l'équipe scientifique de MER considère que "la vrai question que nous devons garder à l'esprit quand nous pensons à Meridiani est la suivante : Quelles signatures, si jamais nous en trouvons, seraient préservées aujourd'hui dans les roches diagénétiquement stables ? Si de l'eau est présente à la surface de Mars durant 100 ans tous les 10 millions d'années, ce n'est pas très intéressant sur le plan biologique. Par contre si elle est présente depuis 10 millions d'années, cela devient très intéressant".
Il faut en fait se préoccuper de la préservation des échantillons. Dans les années 1980 les micro-paléontologues eurent une cuisante déception à ce sujet. Ils avaient découvert dans l'
Est de l'Inde un fossile remontant à 3.8 milliards d'années, mais ne s'étant pas entouré de toutes les précautions nécessaires pour le préserver, l'échantillon se désintégra, empêchant toute analyse. Ainsi que le rappelle Grotzinger, "Si quelque chose était là, les conditions peuvent être idéales pour préserver cette capsule temporelle, mais c'est un défi... Nous devons être extrêmement prudent en interprétant ces résultats à ce stade".

 

 

 

 

 

 

agua en Marte
  De l'eau sur Mars.

Les traces d'eau.
Début 2004, la sonde d'exploration Opportunity découvrit des indices probants selon lesquels d'importantes quantité d'eau furent présentes à au moins un endroit de la surface de Mars. Selon Steve Squyres, principal investigateur de la mission MER, l'affleurement asséché situé près du site d'atterrissage de Meridiani Planum présente des roches qui "furent au moins une fois submergées par de l'eau liquide". Cet indice suggère que quelque part dans le passé de Mars, l'eau était présente en quantité suffisante pour rendre cette région "apte à supporter la vie telle que nous la connaissons".
La confirmation du rôle de l'eau fut l'aboutissement d'une série de mesures détaillées effectuées sur le rocher El Capitan qui fait partie d'un vaste affleurement. Tant les images microscopiques que les mesures spectrales ont révélé des éléments chimiques et minéralogiques spécifiques qui ont convaincu les scientifiques du rôle historique de l'eau dans cette région.

Mais Squyres s'opposa à cette explication. Bien que l'affleurement lui paraisse "sans aucun doute" avoir été altéré par de l'eau ayant percolé à travers la roche, il n'est pas persuadé que l'eau ait joué un rôle dans sa formation initiale.
Les petites sphérules que les anglo-saxons appellent des "myrtilles" en raison de leur structure et leur couleur, et qui sont enfouies dans l'affleurement fournissent un premier indice selon lequel l'eau a transformé la roche. Sur Terre, nous savons que des sphérules similaires précipitent en présence d'eau. On peut même en retrouver dans les grottes humides.
Un second indice concerne le soufre détecté à la surface des roches. La présence de minéraux soufrés dans une roche est souvent l'indice que cette roche fut altérée par l'eau. Enfin, les strates visibles dans la structure rocheuse suggèrent que l'eau aurait pu être impliquée dans la formation initiale de l'affleurement.


volcan marte
Volcan & flux d'un liquide.

De nouvelles données.
Tous ces indices sont extrêmement attirants pour le chercheur pressé de conclure que l'eau a joué un rôle majeur sur Mars. Mais nous devons tempérer notre ardeur car tous ces phénomènes peuvent également s'expliquer par des processus volcaniques dans lesquels l'eau ne joue aucun rôle.
Dans un effort commun d'éclaircir la question, les scientifiques ont ordonné à Opportunity de gratter la surface d'El Capitan à deux endroits différents pour ensuite analyser les endroits protégés au microscope et aux spectromètres Mössbauer et APXS.
Les images microscopiques ont révélé que les couches rocheuses n'avaient pas été déformées d'aucune manière par la présence des sphérules. Ceci ajouté aux autres indices conduisent les scientifiques à la conclusion que les sphérules sont des concrétions. On en retrouve également éparpillées sur le sable près de Meridiani planum.

Selon Squyres, "les concrétions se sont formées lorsqu'il y avait de l'eau dans la roche, le calcaire dissout dans l'eau ayant précipité. Au cours de ce processus, le calcaire s'accumula autour d'un nucleus pour former graduellement un petit objet sphérique". Si les sphérules n'avaient pas été des concrétions, les strates situées au-dessus et en-dessous d'elles auraient été déformées.

 

 

 

 

 

 

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Marineris Valley

Les images microscopiques ont également fourni d'autres indices visuels d'une altération par l'eau. A travers toute la roche on découvre de très petits trous, de petites cavités (des "vugs") de la taille et de la forme d'une pièce de monnaie. Leur motif et leur distribution sont familiers des géologues. Des formations similaires sont communes sur Terre. Elles apparaissent lorsque de l'eau percole et dépose de petits cristaux - de gypse par exemple - dans les cavités rocheuses, et parfois par la suite lorsque les conditions environnementales changent et que le matériel de surface s'érode et se dissout.

 

Dernier chapitre

Le soufre et l'eau salée

Vers Mars...

 
Traces d'eau à la surface de Mars.

 

 

 

 

 

Mars & océans
Mars & océans.

Le soufre et l'eau salée (II)
Parmi les découvertes les plus importantes de la mission MER il y eut les données minéralogiques récoltées par les deux spectromètres fixés sur le bras robot d'Opportunity.
Lorsque le spectromètre à particule alpha et rayons X (APXS fonctionnant avec du Curium-244) se plongea dans l'ombre des trous forés par le RAT (Rock Abrasion Tool) d'Opportunity, il détecta "une énorme quantité de soufre", rapporta Squyres. Trop dit-il, pour s'expliquer par un autre mécanisme que celui de l'eau qui seule peut engendrer un tel apport de sels soufrés. "C'est le signe révélateur de l'eau liquide" conclut-il.

Pour Benton Clark de l'équipe scientifique MER, "Nous interprétons ce soufre comme un réel composant soufré. Et le sel auquel nous pensons est probablement le sulfate de magnésie". Cet élément peut se trouver dans toute droguerie : ce sont les fameux sels anglais ou sels d'Epsom (sulfate de magnésium). Ce minéral est présent sur Mars, vraisemblablement sous forme de kiesérite (MgSO4 H2O), connu comme fertilisant, une forme évidemment déshydratée de ce sel.

Le spectromètre Mössbauer d'Opportunity confirma la présence de soufre lorsqu'il détecta de la jarosite.
Ce minerai est une hydrate de fer soufré; il se forme dans l'interaction du fer, du soufre et de l'eau. "Parce qu'il s'agit d'une hydrate soufrée, nous dit Squyres, vous devez avoir de l'eau alentour pour le fabriquer". Bien que l'élément est rare sur Terre, certains scientifiques prédisent qu'on pourrait en trouver sur Mars.

 


 

Traces d'eau sur Mars (fictif)
Océans sur Mars.

Questions ouvertes.
La combinaison de ces différents indices conduit l'équipe scientifique de MER à conclure avec confiance que l'eau a bel et bien altéré les roches et a donné naissance à la Corniche d'Opportunity (tel est le nom donné à l'affleurement). Mais ces découvertes d'altération par de l'eau n'impliquent pas nécessairement que la surface martienne était plus chaude et plus humide qu'aujourd'hui, ni plus que de l'eau liquide ait jamais été présente à la surface de Mars. De l'eau liquide a pu percoler à travers la roche, et dans le sous-sol, même lorsque la surface de Mars était gelée et son atmosphère trop mince pour conserver de l'eau liquide dans un état stable au-dessus du sol.
Aucune de ces découvertes ne révèle d'information sur l'époque à laquelle ces altérations eurent lieu ou durant combien de temps. Selon Squyres, répondre à ces questions nécessitera sans doute de ramener ces échantillons sur Terre, où ils pourront être étudiés avec des instruments de laboratoire plus sophistiqués que ceux à notre disposition sur Mars.

 Parmi les données les plus significatives, aucune ne fournit de preuve formelle que la structure rocheuse fut originellement formée par l'action de l'eau. Certains membres de l'équipe MER spéculent et considèrent que tout l'affleurement consiste en un empilement de sédiments salés qui se sont évaporés et qui se sont déposés lorsque le fond de cette ancienne mer ou de ce lac s'est asséché.
Pour renforcer cette hypothèse, Clark note que la concentration total de sels à certains endroits d'El Capitan peut atteindre 40%, une salinité bien plus élevée que celle de nos mers terrestres (3.5% en moyenne avec un record de 27.5% dans la mer Morte).
Sur Terre, la seule manière d'obtenir une telle concentration de sel (chlorure de sodium) est qu'il soit dissout dans l'eau de mer et d'attendre que l'eau s'évapore comme on le fait dans les marais salants.
Le chlore et le brome détectés dans El Capitan supportent également l'idée que l'affleurement s'est formé par évaporation. Deux formes géologiques d'apparence bien distinctes sont visibles dans les roches d'El Capitan. Des analyses ont confirmé qu'elles différaient également par leur composition. Le soufre est présent en plus forte concentration dans la partie supérieure, dans une roche baptisée Guadalupe. La plus forte concentration de brome et de chlore se trouve d'un autre côté, dans la roche baptisée McKittrick, située dans la partie inférieure.


 

Luna y Marte
Lune et Mars.

C'est ce que les scientifiques dénomment une "séquence d'évaporation". Selon Clark, elle se produit lorsque vous êtes en présence d'eau salée qui précipite à mesure l'eau s'évapore. "Chaque type de sel va précipiter à une époque bien déterminée à un niveau particulier".
Mais il y a un défaut dans cette idée. Selon Squyres, il est difficile de trouver à ce stade des recherches un bassin bien délimité dans lequel l'eau aurait pu être confinée. Mais la topographie de la région de Meridiani a pu également subir des transformations depuis que l'affleurement s'est formé. Aussi dit-il, "Je ne pense pas que l'absence de bassin visible soit un argument majeur allant contre l'idée que ces roches aient baignées dans de l'eau liquide". Mais tous les chercheurs sont également d'accord pour considérer que la réponse ne leur appartient pas encore.

Rappelons à ceux qui douteraient que l'on puisse découvrir du sel sur une autre planète que la Terre, que les chercheurs du centre JSC de la NASA ont déjà récolté plusieurs météorites contenant des cristaux de sel extraterrestres : ils en ont trouvé dans Monahans, une lithoïde tombée au Texas, Nakhla qui tomba en Egypte ainsi que dans quelques autres plus récemment. Voici une image microscopique de ces cristaux de sel. L'eau martienne fut-elle jadis de l'eau de mer ?... Seul l'avenir le dira.

 

 

 

niebla en Marte
Brouillard sur Mars.

La Dernière Chance et le Bol de Myrtilles.

Pouvoir répondre à la question de savoir si de l'eau liquide a existé sur Mars est l'une des priorités de la mission d'Opportunity. S'il s'avère que l'affleurement est une colonne évaporée, ses implications scientifiques peuvent nous conduire très loin. Cela signifierait que de l'eau liquide a existé sous une forme stable à la surface de la planète, que Mars fut à une époque de son passé, plus chaude et plus humide qu'elle n'est aujourd'hui.

John Grotzinger, de l'équipe scientifique MER avait l'espoir qu'Opportunity répondrait à ces questions en atteigant le rocher " Last Chance" situé à l'extrémité droite de l'affleurement. En effet, les images panoramiques indiquaient que ce rocher présentait des strates différemment inclinées connues sous le vocable de litières ou d'enrochements croisés (cross-beddings).

Ces strates apparaissent typiquement dans des couches de sédiments déposées par l'eau, résultant du va et vient des vagues à travers un lac ou sur le lit d'une rivière. Ces vagues se déplacent lentement, à des vitesses comprises entre 10 et 40 cm/sec (moins de 1.5 km/h) selon Grotzinger. Néanmoins, ces strates peuvent également se former lorsque des sédiments sont déplacés par la force du vent ou par les gaz issus d'évents volcaniques. En examinant les strates de "Last Chance" au microscope, les scientifiques espèrent être en mesure d'isoler une hypothèse plutôt qu'une autre.

 

Après avoir étudié "Last Chance", Opportunity se dirigea vers la limite occidentale de l'affleurement pour tenter d'en savoir plus sur la composition des fameuses sphérules. Il existe en effet à cet endroit une petite dépression dans la roche que l'on baptisa le "Bol de Myrtilles" (Blueberry Bowl) car il est rempli de toutes petites sphères. Elles sont ferreuses et riches en hématite. A ce jour il est difficile de savoir si c'est le vent, l'eau ou un impact  météoritique qui a rassemblé toutes ces petites billes à cet endroit. L'hypothèse d'une percolation d'eau à travers des roches poreuses semble retenue par le JPL.

S'il apparaissait que cette zone contient des concrétions, on pourrait sérieusement imaginer que toute la région a peut-être baigné dans de l'eau salée et a subit le ressac des vagues.

L'une des cinq zones riches en sphérules est appelée "Neopolitain" parce qu'elle se trouve au point de contact de trois types de sol différents. Une partie sombre bordant une zone plus claire se trouve près de l'empreinte laissée par les airbags de la rover qui recouvre encore un autre type de roche. La partie sombre recouvre une zone de fines particules de sable et présente des caractéristiques basaltiques. Certains endroits contiennent des vésicules formées par le refroidissement de la lave. La partie claire appelée "vanille" contient de nombreuses sphérules et de fines particules transportées par le vent.

La question est maintenant de savoir si les "myrtilles" sont jonchées à travers toute la plaine, entre les cratères Eagle et Endurance distants de 700 mètres.

Pour le Dr. Ray Arvidson de l'Université de Washington, si nous faisons l'hypothèse qu'il existait à cet endroit un océan peu profond, nous avons besoin d'une plus large perspective pour apprécier son histoire. La région de Meridiani planum présente les caractéristiques d'un environnement marin, bien qu'il soit très acide (rappelons que dans le cratère Eagle la concentration en sels et acide atteint 40%, semblable aux sels d'Epsom ou au sulfate de magnésium). Dans ce cadre si l'équipe MER pouvait trouver une paroi verticale et analyser ses différentes couches, on en apprendrait beaucoup plus sur le passé géologique de cette région. Ceci clôturera la première phase de la mission d'Opportunity.

 

 

agua en Marte
Tracés d'eau sur Mars.


L'hématite.
La grande région de Terra Meridiani (3°S à 0°N de latitude et 352°E à 1°E de longitude) s'étend sur des milliers de kilomètres dans la région équatoriale de Mars. C'est une zone rocheuse qui peut être comparée aux terres de l'Utah ou du nord de l'Arizona. Ce patchwork de régions claires et sombres semble avoir subit tous les phénomènes météorologiques et géologiques : du volcanisme, de la sédimentation, l'érosion par les vents, et elle dû faire partie de l'écorce historique primitive de Mars. Mais elle est remarquablement exempte de cratères ce qui intrigua les scientifiques se demandant quelle force avait pu former cette région ? La relative absence de cratères d'impacts récents laisse à penser que cette région est relativement jeune.

Plus intéressant encore, Terra Meridiani est riche d'un minerai cristallin gris, l'hématite. Considéré comme l'une des découvertes majeures de la mission Mars Global Surveyor, l'hématite se concentre principalement autour de Terra Meridiani. Sur Terre, l'hématite est presque toujours associée à de l'eau ayant filtrée à travers le sol lui donnant ces proportions uniques de matière cristalline. Mais dans certains échantillons terrestres (Chili et Mexique), des fluides riches en fer peuvent également donner naissance à des dépôts similaires à ceux découverts sur Mars, même en l'absence d'eau. Selon Brian Hynek de l'université Washington de St.Louis, ce minerai a pu se former par oxydation (rouille) des flots de lave, suivi d'une précipitation et d'une sédimentation par des flots fluides beaucoup plus tard.
Ce n'est que lorsque Opportunity commença à gravir les parois du cratère dans lequel il atterrit qu'il put explorer les champs d'hématite qui avaient attiré les scientifiques dans Meridiani planum. L'équipe de MER espère toujours découvrir si l'hématite, qui est plus jeune que l'affleurement, a également une "histoire d'eau" à nous raconter, et quelle peut être sa relation avec la Corniche d'Opportunity.

 

 

atmosfera Marte
Atmosphère de Mars.

Pour Squyres, "c'est le premier rocher que nous avons découvert en ouvrant les yeux, et il est juste à 10 mètres de l'endroit où la sonde a atterrit. Or il peut y avoir de bien plus belles choses alentour. Aussi si nous prenons plaisir à travailler sur chaque centimètre de cet affleurement, nous allons également aller voir plus loin pour découvrir d'autres choses."
Le 3 mai 2004, au 94eme sol de la mission MER, après avoir progressé durant 6 semaines dans une morne plaine, Opportunity atteignait le versant ouest du cratère Endurance. Il offrait une paroi assez raide plongeant plusieurs mètres en contre-bas. Endurance est composé de la même matière que la Corniche analysée quelques temps plus tôt par Opportunity.
Actuellement le détecteur infrarouge a révélé que le cratère Endurance était riche en hématite. Ses versants sont constitués de basalte, d'origine volcanique, mais qui a très bien put être réduit en grains sous l'effet de l'érosion et être redéposé ensuite par l'action du vent ou de l'eau. Enfin les crêtes du cratère sont couvertes de poussière martienne.

 

 

volcan marte
Volcan et flux d'un liquide.

Cet endroit est très intéressant à explorer car il permet d'étudier différents niveaux géologiques et de remonter certainement à plusieurs millions d'années dans le passé de Mars. Toutefois pour élaborer l'histoire géologique complète de Meridiani Planum et établir sa relation avec les autres régions martiennes, les scientifiques devront attendre les prochaines missions martiennes.
L'un des objectifs de ces futures missions d'exploration sera de rechercher des traces de vie qui auraient put exister, ou existent peut-être encore, sur Mars. Nous savons déjà que l'idée selon laquelle Mars fut habitable est plausible. Selon Squyres, "si cette interprétation est correcte, la région de la Corniche d'Opportunity pourrait même avoir préservé quelques traces d'organismes vivants".
Les découvertes d'Opportunity font de Meridiani Planum un lieu privilégié où pourraient être conduites les futures recherches exobiologiques in situ. Cet endroit est également bien situé pour rechercher des roches qui seront ultérieurement ramenées sur Terre pour analyse. Outre la mission du lander Phénix qui devrait atterrir près du Pôle Nord de Mars en 2008, la NASA planifie actuellement une nouvelle mission vers Mars en 2014 et le retour d'échantillons en 2016.

 

Vers Mars...

 

Mars, un monde froid et sec.

 

 

 

 

Marte
Planète Mars.

Gelée blanche, glace et permafrost (I)
Parmi les dizaines de missions spatiales parties explorer la planète Rouge, Mars Global Surveyor (MGS) est sans conteste la plus importante de toutes par sa longévité et la quantité de données qu'elle continue de récolter. Après avoir parcouru environ 750 millions de kilomètres en l'espace de 300 jours à une vitesse moyenne de 28.9 km/s, MGS atteignit l'orbite de Mars le 11 septembre 1997. Depuis cette date la sonde Orbiter n'a jamais cessé de transmettre des données aux scientifiques grâce au réseau du DSN.
Au cours de sa mission cartographique, bouclant une orbite autour de Mars toutes les 118 minutes à 378 km d'altitude, l'Orbiter révéla d'importants changements saisonniers tant à l'échelle globale que locale.
Pendant que les robots de surface Sojourner, Spirit et Opportunity cherchaient de l'
eau, MGS permettait aux planétologues de découvrir de quelle manière Mars changeait de visage à mesure que le sable transformait son paysage en été et se couvrait de givre en hiver. Le phénomène subissant de loin le plus de changements est l'apparition du givre.
En hiver ou au petit matin, lorsque la température est la plus basse et frise avec les -125°C, tous les endroits abrités du vent, le fond des canyons et les parois supérieures des cratères se couvrent de givre. Cette gelée blanche présente une chimie complexe faite de glace de dioxyde de carbone (glace carbonique) et de traces d'eau glacée.

 

 

agua en Marte
Traces d'eau sur Mars.

C'est en fait essentiellement de la "neige sèche" comme celle que l'on retrouve dans nos extincteurs. Par les températures glaciales régnant sur Mars, le gaz carbonique présent dans l'atmosphère devient solide, précipite sur le sol et se sublime partiellement en raison de la faible pression de l'air (6 mb). Ce processus dépend de la température et évolue en fonction des saisons.
Un phénomène frappant se manifeste lors de la "débacle" du printemps dans la région de Sisyphi Cavi présentée ci-dessous. C'est une plaine partiellement effondrée d'une bonne centaine de kilomètre de largeur découverte par la sonde Viking Orbiter et qui se situe sur les contreforts du pôle Sud par 0° de longitude et 71°S. En hiver certaines pentes sont recouvertes de glace carbonique sur plus d'un kilomètre de largeur.

Au début du printemps, en même temps que la calotte polaire se sublime sous la chaleur du Soleil et commence à rétrécir, on aperçoit les premières échancrures sombres dans les pentes.
En plein milieu de l'été tout le givre a disparu, révélant d'immenses coulées (gullies) sombres tandis que le sable plus ancien, exposé aux rayons UV du Soleil depuis 10 ou 20 ans prend une teinte claire.
Ces traces de givre hivernal alternant avec des zones sombres sont familières des géologues et des personnes qui passent leurs vacances de Pâques à la montagne.

 

 

mars-lac-glace
Présence de glace sur Mars.

En effet, ce que nous observons sur Mars sous forme de pyramides alternativement claires et sombres ressemble très fort à ce qu'on découvre par exemple sur les pentes des Alpes ou sur les reliefs Antarctique au printemps. Sous la chaleur du Soleil, les reliefs sont cisellés ci et là d'immenses traînées sombres et blanches comme le montrent très bien ces photographies ci dessus et dessous. L'eau s'écoule au milieu des zones sombres.
Le gel saisonnier peut égalment accentuer les motifs poligonaux que l'on observe près du Pôle Sud.
A certaines occasions ces motifs resemblent au plain d'une ville aux artères éclairées d'un ville vue de nuit d'altitude.

Sur Terre de tels motifs polygonaux suggèrent la présence de glace sous la surface. On ignore si la même chose se produit sur Mars. Ce qui est par contre certain c'est que le givre saisonnier accentue l'apparence des polygones du fait que la glace subsiste plus longtemps dans les fissures que dans les plaines adjacentes.
Les scientifiques pensent, sans que cela ne soit encore prouvé, que ces structures polygonales se forment au cours d'un processus de congélation-dégel de l'eau sur une épaisseur de quelques mètres sous la surface de Mars.


 

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Robot sur Mars.

Depuis des siècles les astronomes savent que Mars possède des calottes polaires mais jusqu'au milieu du XXeme siècle les tentatives d'analyse chimique suggérèrent que la calotte du pôle Nord était composée d'eau glacée, tandis que celle du pôle Sud semblait constituer de glace carbonique.
Les dernières missions spatiales ont nuancé ces relevés, suggérant que la calotte polaire Sud, persistant toute l'année, pouvait être constituée d'un mélange de glace carbonique et d'eau glacée.
La surface de Mars est constituée d'un permafrost, de l'eau glacée mélangée à la terre martienne qui, en se solidifiant aux basses températures martiennes devient aussi dur que la pierre. C'est l'une des raisons pour laquelle l'eau glacée n'avait pas été détectée jusqu'à présent par les nombreuses missions antérieures, car la "terre" avec laquelle elle est mélangée ne réfléchit pas beaucoup la lumière et apparaît donc sombre, contrairement aux régions couvertes de glaces qui peuvent réfléchir jusqu'à 85% de la lumière incidente.
Selon les données récemment acquises par la mission Mars Express, les géologues ont divisé la région du pôle Sud en trois parties:
- La première est constituée par la calotte polaire elle-même, faite à 85% de glace carbonique et de 15% d'eau glacée.
- La deuxième partie comprend les escarpements et les pentes raides couverts presque entièrement d'eau glacée qui glisse des pôles vers les plaines avoisinantes.
- La troisième partie, plus inattendue, comprend les vastes champs de permafrost qui s'étendent jusqu'à des dizaines de kilomètres des escarpements.
Pour les scientifiques la saison martienne hivernale est la plus intéressante car dans les régions polaires des deux hémisphères le gaz carbonique présent dans l'atmosphère précipite et recouvre les pôles, décuplant leur dimension et emprisonnant l'eau glacée.


 

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Marineris Valley.(Mars)

Par leur altitude et leurs formes distinctes assez facilement identifiables, les champs de dunes sont également très intéressants à observer car les jeux de lumière font ressortir les zones brillantes couvertes de givre comme en témoignent les trois photographies présentées ci-dessus.

2eme partie

Mars, sèche de naissance.

Vers Mars...

 

Mars, un monde froid et sec.

 

 

 

 

Marte
Planète Mars.

Mars, sèche de naissance (II)
Par bien des aspects le désert glacé de Mars ressemble au désert d'Arabie, la vie et la chaleur en moins ; ici il est envahi de dunes de sables dans lesquelles se produisent de temps en temps des avalanches et des tourbillons magnétisés de poussières, là on découvre des gorges et des plateaux couverts de cailloux.
Même la manière dont les avalanches de sable se produisent rappelle celles d'Arabie. Comme sur Terre, leurs traces sont identifiées par de longs sillons sombres en éventail.

Les rovers Spirit et Opportunity de la mission MER qui explorent la surface de Mars depuis 2004, ont toutefois révélé que la géographie martienne était encore plus sèche que le désert terrestre le plus sec, celui d'Atacama au Chili. Même le givre blanc de surface et les brumes matinales ne peuvent cacher le fait que Mars est un désert excessivement sec.
Malgré la présence des calottes polaires et probablement de poches d'eau liquide sous la surface, comparée à ce qui existe sur Terre, la quantité d'eau existant sur Mars correspond à une larme comparée au vaste réservoir terrestre. Pourquoi Mars est-elle donc si sèche ?
Nous avons vu à propos de la genèse du système solaire que les planètes telluriques se sont formées par l'accumulation de planétésimaux renfermant beaucoup de gaz. Si la Terre et Mars sont faites de la même poussière d'étoiles, elles auraient dû naître avec la même proportion d'eau. Or la Terre est couverte à 71% d'océans et Mars s'est transformée en désert tandis que toute son eau peut se recueillir avec une cuillère à thé.


 

Marte surcos
Traces sur Mars.

Scénario de la naissance de Mars.
De nombreux planétologues et en particulier Jonathan Lunine du JPL pensent que Mars fut par le passé couverte d'eau à l'image de la Terre - sa surface en témoigne - mais qu'elle perdit ses océans en raison de sa faible masse, valant à peine 10% de celle de la Terre. C'est l'explication que nous avons déjà proposé précédemment. Ce phénomène, combiné à une faible atmosphère aurait permis à la plus grande partie de l'eau martienne de s'évaporer dans l'espace.

 

Mais selon une étude récente conduite par Jonathan Lunine, la planète Rouge était déjà sèche au début de sa formation. En compagnie de John Chambers, Alessandro Morbidelli, et Laurie Leshin, Lunine publia en 2003 une étude dans le journal Icarus dans laquelle ils avancent l'hypothèse que Mars était à l'origine un "embryon de planète", un planétésimal.
Ce corps était en fait un gros astéroïde peut-être aussi massif que Mercure ou Mars. Il préexistait dans la Ceinture des astéroïdes qui, avec le temps s'est dispersée dans le système solaire, s'étendant entre 0.5 et 4 U.A. du Soleil. Aujourd'hui la Ceinture principale se trouve grosso-modo entre 2 et 4 U.A., entre Mars (1.5 U.A.) et Jupiter (2.5 UA.).
 
 
 
 
 
niebla en Marte
Brouillard sur Mars.
 
Comme beaucoup de petits corps, Mars aurait grandit par accrétion d'astéroïdes et de comètes. La Terre, plus massive, se serait principalement formée par l'accrétion de planétésimaux dans une suite de processus d'accrétion-fusion. Ceci est le scénario classique.
Selon Lunine, par chance si l'on peut dire, Mars n'a pas été percutée par d'immenses astéroïdes comme le fut la Terre - le côté chanceux dans sa malchance. Mais Mars fut frappée par beaucoup plus de petits corps parce qu'ils étaient plus nombreux dans ces parages à cette époque très chaotique.
Actuellement la Terre réside à 1 U.A. ou 149.6 millions de km du Soleil. Lunine et son équipe pensent que les planétésimaux résidant sur cette orbite ne pouvaient pas accumuler beaucoup d'eau. Au cours de l'évolution des protoplanètes, le disque planétaire qui entourait le jeune Soleil était très chaud. Tout composé portant de l'eau n'aurait pas pu subsister dans le disque à 1 U.A. de distance. C'est la raison pour laquelle Lunine émet une autre hypothèse pour expliquer l'état actuel de la Terre et celui de Mars.
Puisque Mars est plus éloignée du Soleil que la Terre, et donc plus proche de la zone froide et alors plus "humide" de la Ceinture d'astéroïdes, il aurait été logique que Mars ait été pourvue dès sa naissance de plus d'eau que la Terre. Selon Lunine, certains planétésimaux saturés d'eau auraient percuté la Terre et participé à la première phase de dégazage. Mars a probablement accumulé à cette époque entre 6 et 27% de la masse des océans terrestres (27% de 1.5 ×1021 kg). Mais d'où proviendrait cette eau ?
Selon Lunine, 90% des planétésimaux ayant formé la Terre se situaient dans la région de 1.U.A., et donc sèche, tandis que les 10% restants se trouvaient à 2.5 U.A. et au-delà. Les planétésimaux situés à ces distances n'ont pas apporté beaucoup d'eau à la Terre, pas plus que les petits astéroïdes qui s'y trouvaient. Au mieux, Lunine considère que 15% de l'eau terrestre proviendrait des comètes.
 
Pendant ce temps Mars eut la mauvaise chance de naître sous la forme d'un simple bloc rocheux comme la majorité des astéroïdes.
Dans le jeu des collisions, Mars a finalement reçu un peu d'eau au cours de sa formation, mais après que son noyau se soit formé et ait atteint sa masse actuelle.
Selon le scénario mis au point par Lunine, Jupiter aurait également acquis sa masse actuelle à cette époque. La gravité de Jupiter aurait soit attirée les astéroïdes proches soit les aurait éjectés vers l'extérieur. Le proto-Mars se serait ainsi échappé de l'emprise de Jupiter par un effet de fronde gravitationnelle, mais il fut bombardé par les astéroïdes situés à la limite extérieure de la Ceinture.
 
Selon Lunine, les impacts des petits astéroïdes et des comètes auraient constitués la dernière "couche de vernis" qui apporta l'eau sur Mars, par opposition avec la Terre où l'eau aurait été amenée par les collisions successives avec des planétésimaux de la taille de Mercure au cours d'une période qui se serait étalée sur plusieurs dizaines de millions d'années.
Bien que Mars ne se forme pas dans leur modèle informatique, les scientifiques pensent que ce scénario peut refléter la nature chaotique de la formation des planètes, où les déplacements des planétésimaux et des astéroïdes sont imprévisibles et les solutions possibles très nombreuses.
 
 
 
 
 
Marte superficie
Sur le sol de Mars.
 
 
Selon Alan Boss du Carnegie Institution de Washington "il y a tellement de phénomènes aléatoires dans la formation du système solaire que parvenir à former une planète comme Mars qui, à l'inverse de la Terre, n'a pas accrétée beaucoup de planétésimaux riches en eau est un événement tout à fait plausible. Ce scénario peut nous aider à comprendre pourquoi un monde comme Mars est aussi pauvre en eau aujourd'hui".
De telles différences physiques entre les planètes peuvent aussi survenir parmi les exoplanètes intérieures en orbite autour de la centaine de systèmes exoplanétaires que nous avons découvert jusqu'à aujourd'hui. Toutes ces exoplanètes sont des planètes géantes mais il est plus que probable que des exoplanètes de la taille de Terre ou même de Mars doivent graviter autour de ces étoiles, même si nous ne possédons pas encore la technologie pour les détecter.
Si les planètes telluriques se sont formées par collision avec des planétésimaux tandis que d'autres corps se sont formés suite à l'impact de comètes et d'astéroïdes, dans ce cas les planètes gravitant autour des ces étoiles peuvent contenir différentes quantités d'eau. Pour Lunine, le temps qu'il a fallut pour former les planètes géantes dans chacun de ces sytèmes exoplanétaire a dû jouer un grand rôle dans ce processus, tout comme Jupiter a influencé le caractère de notre système solaire.
 
 
 
 
 
atmosfera Marte
Atmosphère de Mars.
 
Mars aurait toujours été froide et sèche.
Lunine et des scientifiques de l'Université de Washington étudient actuellement les effets de la variation de la quantité d'eau sur les exoplanètes. Dans ce cadre, les résultats de la mission MER des rovers Spirit et Opportunity ainsi que les données orbitales de l'Orbiter MGS et de la sonde Mars Express sont très intéressants.
On attribue généralement à la Planète Rouge un passé chaud et humide, conséquence d'un effet de serre plus ou moins éphémère. Nous avons tenté de démontrer que cette explication est aujourd'hui vacillante. De nouveaux faits viennent renforcer la théorie selon laquelle Mars connut un passé froid et sec.
 
 
 
 
 
volcan marte
Volcans sur mars.
 
MARSIS, SHARAD et OMEGA.
Les missions Odyssey, MER et Mars Express ont déterminé quelle quantité d'eau existe actuellement sur Mars afin de fournir une meilleure estimation des contraintes qui ont pesé par le passé sur l'abondance de l'eau sur la planète Rouge. Les résultats du radar MARSIS et son successeur SHARAD sont très instructifs dans ce cadre.
MARSIS est un radar embarqué à bord de la sonde orbitale Mars Express qui est capable de scruter le sous-sol martien sur 5 km de profondeur à la recherche d'eau et de glace. De son côté l'agence spatiale italienne planifia une mission radar appelée SHARAD qui fut embarquée en 2005 à bord de la sonde orbitale Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) qui procéda à l'analyse superficielle du sous-sol martien au-delà d'un mètre de profondeur. MARSIS, bien qu'explorant les profondeurs de Mars présente une résolution inférieure à celle de SHARAD.
En juillet 2007, le magazine NewScientist a repris une information publiée dans Nature (448, p31 et 60) rapportant que des observations avec le spectromètre OMEGA de la sonde Mars Express montrent qu'il n'y aurait pas eu assez de CO2 pour permettre le réchauffement de l'atmosphère la planète Rouge. La présence de méthane, autre gaz à effet de serre, en quantité suffisante semble également exclue. Mars serait donc restée constamment froide et sèche même si l'un ou l'autre impact majeur a pu modifier brièvement ces conditions.
En revanche, ainsi que nous l'avons dit, les différentes sondes spatiales ont confirmé qu'il a 15% d'eau glacée (-63°C en moyenne) au Pôle Sud de Mars et bien plus dans la calotte polaire boréale. Par extrapolation des mesures faites au Pôle Sud à toute la surface, l'ESA estime que la quantité d'eau est équivalente à une couche liquide de 11 mètres d'épaisseur recouvrant toute la planète.
A partir de ses résultats, les planétologues espèrent comprendre un peu mieux ce qui s'est passé sur Mars et de quelles manières peuvent évoluer les écosystèmes extraterrestres.
 

Le Permafrost.

 

Survivre dans le permafrost.

 

 

 

 

Lever de Soleil & Mer
C'était une fois l'homme. (Lèver de Soleil)

L'animation suspendue.

Au cours des conférences qui se sont tenues en 2002 suite à la mission Mars Odyssey, l'exobiologiste Gene D. McDonald et ses collègues du JPL se sont interrogés sur les possibilités de vie sur Mars dans les conditions actuelles. Ils démontrèrent que certains acides aminés telle l'acide aspartique pouvait servir d'horloge biologique et aider les scientifiques à déterminer si la vie a existé sur Mars, et même si elle survit encore dans le permafrost (pergélisol). McDonald réintroduisit l'idée d'animation suspendue, un concept connut depuis longtemps des auteurs de science-fiction. De quoi s'agit-il ?

McDonald et ses collègues tentent d'apporter la preuve que des organismes unicellulaires comme les bactéries, les archaéens ou les champignons (fungi) sont capables de réparer les dommages cellulaires durant des dizaines de milliers d'années et peut être plus longtemps encore, après avoir été congelés et qu'ils soient devenus aussi dur que de l'acier.
Si cette découverte est confirmée elle étend les biotopes froids susceptibles d'abriter des formes de vie bien au-delà des espérances les plus optimistes. Non seulement la vie serait possible sur les exoplanètes froides mais également dans le sous-sol des régions polaires ou des cratères glacés qui ne voient jamais la lumière du jour.
Le permafrost représente la couche de terre ou de roche superficielle qui ne dégèle jamais. Il peut contenir jusqu'à 30% de glace ou pas de glace du tout. Le permafrost est surtout étudié dans le cadre du réchauffement global de la planète.

On en trouve dans toutes les régions polaires, dans les montagnes de Suède, en Norvège, dans toute la Sibérie, au nord du Canada, en Alaska et bien sûr en Arctique et en Antarctique. Située en général assez profondément sous la couche de neige fraîche et de glace, la couche de permafrost peut atteindre plusieurs mètres d'épaisseur et présente généralement une température inférieure à -10°C. Le sol étant gelé en permanence, même en été, pratiquement aucun organisme ne peut survivre sous un tel régime. Mais bien que les conditions de survie soient extrêmes, elles n'empêchent pas une certaine activité biologique. Les créatures que l'on rencontre en ces lieux sont pour la plupart des colonies d'unicellulaires, des bactéries que le froid ne rebute pas.
Nous savons depuis environ un siècle que les organismes peuvent survivre dans le permafrost de Sibérie. On ignore exactement comment ils survivent mais il apparaît que même dans le permafrost, leurs facultés métaboliques ne sont pas totalement suspendues.

 

 

Tierra recalentamiento
Terre & Réchauffement Climatique.

Dans ce milieu, si tous les processus vivants semblent s'être arrêtés, figés par le froid, certains organismes restent animés d'un léger souffle de vie. On a découvert que des organismes prisonniers de la terre gelée continuaient à être bombardé de rayonnement émis par des éléments présents dans la terre elle-même et y survivaient. On parle d'animation suspendue plutôt que de stase, car dans le premier cas toutes les fonctions biologiques ne sont pas interrompues contrairement à la stase chère à nos écrivains de science-fiction.

Nous savons par ailleurs qu'au-dessus de la température du 0° absolu (-273.15°C), toutes les molécules vibrent légèrement. Ainsi, les molécules d'ADN et toutes les autres macromolécules essentielles à la vie continuent à s'animer et de supporter une faible activité afin de conserver l'intégrité de la cellule. En effet, si les organismes veulent survivre durant de longues périodes de temps, ils doivent trouver un moyen pour maintenir un minimum d'activité cellulaire afin d'entretenir la cellule et éviter qu'elle ne périsse en raison d'un manque d'entretien.
McDonald pense qu'il existe dans le permafrost Sibérien des organismes qui ont été enterrés puis congelés voici des dizaines ou des centaines de milliers d'années et dont l'activité métabolique est jugée inactive. Dans ce contexte, il s'est alors demandé comment réagirait la cellule face aux dommages occasionnés par le rayonnement ? Ces cellules seraient-elles encore capables d'éliminer leurs déchets, de réparer les brins d'ADN ou une paroi cellulaire endommagée par exemple ? Quelle quantité de radiation une cellule congelée peut-être encore supporter ?

Pour répondre à ces questions, il faut trouver un marqueur biologique temporel capable d'identifier le taux auquel se manifeste un changement moléculaire.

 

 

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Scandinavie. (Permafrost)

Nous savons par exemple que les acides aminés sont des molécules asymétriques, elles sont soit lévogyres (L) soit dextrogyres (D). Au-dessus d'un certain seuil de température, toute molécule d'acide aminé peut spontanément passer d'une forme dextrogyre en lévogyre et vice versa au cours d'un processus appelé la racémisation. Quelle que soit la concentration initiale d'un acide aminé donné dans un milieu, au bout d'un certain temps, un équilibre va s'établir et on découvrira que le milieu contient un nombre approximativement égal des deux espèces d'acides aminés.
La vitesse de ce processus varie en fonction des acides aminés, de la température ainsi que d'autres paramètres environnementaux. Pratiquement, cette vitesse varie de quelques heures dans une eau acide bouillonnante à plusieurs milliards d'années dans une couche sédimentaire sèche et froide.

Nous avons expliqué dans un autre article consacré à la chiralité, que ce processus qui se produit de manière tout à fait ordinaire en chimie est incompatible avec la biologie. En effet, les protéines qui bâtissent les organismes vivants sont incapables de construire quoi que ce soit si elles sont constituées d'acides aminés dextrogyres, la forme D. Toutefois, les réactions chimiques produisent continuellement et sans discernement les deux énantiomères. La nature a donc fait en sorte que les organismes disposent d'enzymes capables de différencier les deux formes d'acides aminés et débarrassent la cellule des formes dextrogyres qui pourraient lui être fatale (sauf pour certaines fonctions bien spécifiques comme l'hélice de l'ADN ou la paroi cellulaire qui a conservé des acides aminés dextrogyres).
Ces enzymes sont si efficaces que dans un organisme vivant, la quantité d'acides aminés dextrogyres est pratiquement nulle et ce rapport L/D se maintient de manière stable.

 

 

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Permafrost. (Manitoba)

Ce processus peut donc servir d'horloge biologique pour dater l'âge de la mort des cellules présentant une activité moléculaire suspendue suite à la congélation. Dès l'instant où le processus de réparation cellulaire s'interrompt, l'horloge se met en route et la quantité d'acides aminés dextrogyres commence à augmenter. C'est cette méthode qu'a utilisé McDonald et son équipe pour étudier la racémisation des acides aminés présents dans les organismes prisonniers du permafrost Sibérien.
Ainsi, si nous connaissons la température du milieu et si on peut mesurer le taux de racémisation de l'acide aminé le plus rapide, l'acide aspartique par exemple, cet élément devient un marqueur biologique très efficace. Son horloge peut facilement être calibrée avec du carbone-14 dont le taux de radioactivité décroît de manière bien déterminée dès la mort de l'individu concerné.
Actuellement, grâce à cette horloge d'acide aminé on a découvert que les échantillons avaient été continuellement refroidit à une température de -19°C. Or la température actuelle du permafrost Sibérien est de -13 à -11°C seulement. Exprimés en température, ces 6 à 8 degrés d'écart signifient que le permafrost contenait jadis moins d'acide aspartique dextrogyre qu'aujourd'hui. Comment expliquer ce changement ?
S'il y a moins d'acide aspartique dextrogyre que prévu en l'absence d'activité biologique, la seule explication logique est que les organismes se sont débarrassés de ces acides aminés dextrogyres. Soit les enzymes ont convertit les acides aminés D en L ou les ont brisés pour les recycler dans d'autres molécules.

Cette sorte de "maintenance" moléculaire peut s'entretenir de deux manières. Première possibilité, le permafrost s'est réchauffé périodiquement, décongelant les organismes gelés. Mais des recherches indépendantes ont montré que les échantillons de permafrost ne présentaient qu'une très faible activité moléculaire. Deuxième possibilité, les organismes ont continué à éliminer l'acide aspartique dextrogyre, même aux températures du permafrost. Ce processus aurait été ralenti mais il est stable. En corollaire, si les organismes ont été capables d'assurer ce travail pour l'acide aspartique, McDonald suggère qu'ils auraient tout aussi bien pu assurer ce travail pour l'ADN et d'autres biomolécules essentielles. Toutefois cela reste à démontrer. McDonald estime que les organismes vivants dans le permafrost peuvent assurer cet entretien moléculaire durant plus de 30000 ans. Bien qu'il ne puisse encore le prouver, il pense que durant cette période il n'y a pour ainsi dire pas de division cellulaire et pratiquement aucun déchet du métabolisme. La population de cellules est donc fondamentalement la même que celle qui fut piégée à l'époque où le permafrost s'est formé.

 

 

Banquisa deshielo
Fonte et fragilité de la Banquise.

Mais comment ces créatures résistent-elles au froid quand on sait qu'au moment de la congélation, l'eau quitte la cellule par osmose, les traces éventuelles se glacent, augmentent de volume et détruisent par conséquent l'organisme ? De plus, pour les animaux supérieurs, sans respiration et sans flux sanguin, la mort est la seule issue envisageable. Pourtant nous avons vu à propos de la faculté d'adaptation que divers organismes, y compris des reptiles survivent aux grands froids.
Plusieurs méthodes existent en effet pour éviter que l'organisme ne dépérisse. La plus simple est d'évacuer toute l'eau et les fluides contenus dans la cellule avant la congélation. L'organisme peut accumuler des sucres puis se déshydrate avant de passer dans une sorte d'état d'hibernation qui durera autant de temps que nécessaire, parfois des milliers d'années. Mais durant cette période l'animal est quasiment inerte et son métabolisme est réduit au stricte minimum; seul le cerveau présente encore une activité électrique. Quand il s'agit d'une bactérie on peut la juger inerte. C'est cette méthode que les scientifiques utilisent en cryogénie, lorsqu'ils veulent conserver des organismes par -40°C sans affecter leur fonctions vitales.

Si l'organisme veut rester actif, il peut également se protéger du froid en accumulant du sucre (glycol, saccharose) ou des protéines antigel pour abaisser le seuil de congélation. Cette méthode est la plus utilisée et permet aux organismes, y compris à de petits vertébrés, de résister aux températures du permafrost, les liquides cellulaires restant fluides jusqu'à -8 ou -16°C.
De manière générale on constate donc qu'il existe des créatures capables de survivre sous les rigueurs du permafrost et qu'il s'agit d'un milieu loin d'être privé de vie malgré les apparences.

 

 

Marte
Planète Mars.

Le permafrost martien.

A l'heure actuelle, très peu d'articles ont été écrit sur la relation entre ce phénomène et ses conséquences exobiologiques pourtant évidentes. Les seules et rares études concernant ces questions sont entreprises par Imre Friedmann, écologiste microbien et astrobiologiste au centre Ames de la NASA. Complété par les découvertes de Gene McDonald, ces travaux permettront un jour aux explorateurs qui poseront le pied sur Mars de mettre en pratique une méthode leur permettant de tracer l'activité microbienne dans le permafrost martien, comme par exemple sous les grandes étendues de pack aujourd'hui recouvertes de sable découvertes près du site de Elysium Planitia en 2005.

Selon Friedmann, l'horloge d'acide aminé pourrait permettre de déterminer si la vie a existé sur Mars ou même si des organismes vivants survivent encore de nos jours dans le permafrost martien.
Seule difficulté, nous ne connaîtrons pas le résultat d'ici demain. Pour cela, nous devons aller sur Mars, forer la surface pour atteindre le permafrost et ramener un échantillon pour analyse. Il ne s'agit donc pas d'un projet que l'on pourrait planifier pour l'année prochaine. Techniquement parlant, la préparation d'une telle mission peut durer dix ans et devrait tirer avantage des toutes dernières découvertes de l'exploration de Mars.

 

 

atmosfera Marte
Superficie de Mars.

Forer le sol de Mars serait une grande première car jusqu'à présent les robots Viking et autre Opportunity se sont contentés de ramasser un peu de sable ou de polir quelques roches à la recherche d'activité organique de surface ou de traces fossilisées. Un forage constituerait une nouvelle étape et serait d'autant plus intéressant que sous la pression atmosphérique actuelle, Mars ne peut pas conserver d'eau sous forme liquide en surface. En revanche, à grande profondeur sous la surface, nous pourrions rencontrer des conditions environnementales propices au développement d'une vie rudimentaire. Bien sûr c'est un pari incertain, mais il est défendable sur le plan scientifique et mérite de faire l'objet d'une future mission spatiale vers la planète Rouge.
Friedmann considère que le permafrost martien constitue l'endroit idéal pour trouver une forme de vie sur Mars. Seul inconvénient, pour que la vie ait survécu, même dans un état d'animation suspendue, les organismes ont dû survivre beaucoup plus longtemps sur Mars que sur Terre. Et cela ajoute une contrainte très négative à notre équation.

En Sibérie par exemple, le permafrost existe depuis trois millions d'années environ. Sur Mars, la vie, si jamais elle exista, s'est figée il y a plus de trois milliards d'années. On parle ici de milliards d'années ! Cela fait une énorme différence entre les conditions terrestres et les conditions martiennes. Cela dit, il n'est pas impossible de trouver une forme de vie bactérienne, peut-être pas en surface, mais plutôt dans les profondeurs de Mars.

 

 

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Robot sur Mars.

Projets à venir.

A l'heure actuelle Gene McDonald s'intéresse au permafrost d'Alaska et espère explorer plus profondément le permafrost de Sibérie. Avec son équipe, il développe également divers instruments qui permettront de mesurer les rapports des acides aminés D/L sur Mars, à partir d'un lander ou d'une rover.
Nous comptions également beaucoup sur la mission
Mars lander mais elle fut perdue en 1999. Elle était équipée de moyens de forage et devait remonter des échantillons de permafrost - à la condition que le lander atterrisse en un lieu contenant du permafrost, ce qui n'était pas certain.

Reste actuellement la nouvelle mission américaine vers Mars organisée en coopération avec l'Europe planifiée vers 2014 avec le retour éventuel d'échantillons en 2016, en attendant de poser des hommes sur la planète Rouge.
C'est une grosse mission et onéreuse de surcroît car le retour d'un vaisseau implique une logistique grosso modo deux fois plus importante qu'un "simple" amarsissage avec des risques beaucoup plus élevés que doivent anticiper les ingénieurs.

 

 

Paysage polair
Royaume des glaces, (Pôle Nord)

Sur le plan théorique, aux températures du permafrost il reste beaucoup de choses à comprendre comme le fait de savoir comment les organismes maintiennent un taux constant de rapport d'acides aminés, comment fonctionnent les enzymes qui attirent l'oxygène et ceux qui ne s'en servent pas pour assurer les réparations cellulaires, etc. Actuellement, on ignore précisément quels sont les enzymes concernés par ce processus. Il peut s'agir du même enzyme que celui qui est utilisé à plus haute température, comme il peut s'agir d'un enzyme différent, qui a évolué au cours du temps pour s'adapter à son environnement. Il y a là tout une Terra Incognita très intéressante à explorer. En corollaire, si nous comprenons les mécanismes qui permettent à ces organismes de survivre au gel, les scientifiques pourront mieux préserver les transplants humains. Pour les exobiologistes, cela étend la zone habitable vers les contrées glacées.

D'ou vient la vie??

 

Terre & vie. (Notre planète)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tierra
La Terre, notre planète.

 

La Bioastronomie.

 

Définition de la vie:

Pour comprendre notre spécificité et avant de rechercher les origines de la vie sur Terre et ailleurs dans l'univers, nous devons d'abord définir ce qu'elle représente. Qu'est ce que la vie ?

Beaucoup de philosophes et de biologistes ont disserté sur la question sans vraiment apporter de réponse convaincante jusqu’au XIXeme siècle. On reconnaît la vie quand on la voit, dit-on quelquefois. Cet argument à l’emporte-pièce est insuffisant car rien ne la définit sur le plan biologique ou thermodynamique.

Nous allons découvrir qu'une bonne définition de la vie fait autant référence à la théorie de l'information qu'aux lois fondamentales de la biologie.

 

On peut dire que la vie se manifeste lorsque le sujet transforme de l’énergie, métabolise et excrète. Or une usine, une automobile ou un ordinateur effectue ces opérations mais nous ne les considérons pas comme des êtres vivants. On peut ajouter que le sujet doit se situer loin de l’équilibre. Mais la manifestation d’un éclair ou une réaction chimique auto-entretenue est bel et bien une réaction se déroulant en dehors de l’équilibre thermodynamique mais elle n’est toujours pas un être vivant. Qu’est donc la vie ?

Il existe une définition biologique de la vie : "un organisme est dit vivant lorsqu'il échange de la matière et de l'énergie avec son environnement en conservant son autonomie, lorsqu'il se reproduit et évolue par sélection naturelle". Mais cette définition est encore insuffisante.

Entre une pierre inerte et un organisme, un cristal en phase de croissance paraît vivant : il grandit et est capable de choisir des éléments de sa nature afin de ne pas créer d’impuretés, pourtant ce n’est qu’un minéral, il n’est pas vivant.

A l’inverse, une mule est bien vivante, mais incapable d'avoir une descendance. Un virus informatique peut se multiplier en contaminant des programmes comme son équivalent biologique infecte une cellule, mais mérite-t-il pour autant le qualificatif d’organisme ?

Grâce à l'informatique, les chercheurs disposent d'un outil puissant capable de simuler les fonctions du vivant et ils incorporent dans leurs programmes tant de paramètres qu'ils peuvent reproduire des organismes virtuels : des colonies de fourmis, l'évolution d'un oeuf d'escargot ou la croissance des plantes.

 

Si le robot musicien de l'Exposition de Tsukuba (Japon, 1989) ou la créature de Mary Shelley "Frankenstein" semblent tout aussi vivants que vous et moi, il manque à ces créatures humanoïdes fantasques ou ces robots, une combinaison subtile qui gouverne tous les processus du vivant : le hasard. La vie évolue en effet dans le temps et met en jeu une infinité de paramètres, ce qui la rend apparemment imprévisible.

Tous les organismes vivent selon un "ordre aléatoire" qui assure leur stabilité, tout en leur permettant de réagir à l'environnement. C'est la faculté d'adaptation, l'apprentissage. Sans ordre, le monde plongerait dans l'anarchie; sans hasard - et nous verrons en cosmologie qu'il n'est pas "innocent" - il n'y aurait pas d'évolution. Toutefois tous les programmes informatiques, même s'ils paraissent capables de réagir à des situations imprévues ou de prendre des décisions, sont créés en fonction d'un but précis. Nous relevons là une ambiguïté. Tout comme au Moyen-Age les vitalistes affirmaient que la finalité de l'homme était à l'image de Dieu (principe anthropique), un organisme vivant n'est pas pour autant une machine.

 

 

 

 

 

La TierraTierra recalentamiento

La Terre change:    Terre & réchauffement climatique.

 

On peut aussi considérer que l'être est dit vivant lorsqu'il suit une évolution; comme la survie, la conservation de l'espèce. Cela nous permet de proposer une définition de la vie qui se dégage de tout anthropocentrisme, sans finalité particulière, ni morale. A la définition précédente il faut ajouter que "la matière est capable de s'auto-organiser sans être programmée".

Cette organisation est le plus souvent régit par un programme génétique, une série d’instructions permettant de réaliser les réactions métaboliques indispensables au fonctionnement de la cellule et de l'organisme si elles vivent en communauté. L'androïde ne fait donc pas partie de cette catégorie même s'il est aujourd'hui capable de réagir à son environnement sans instructions déterminées. Nous nuancerons toutefois cette affirmation lorsque nous aborderons le thème des différentes formes de vie possibles.

Le Professeur Christian de Duve de l'Université Catholique de Louvain (UCL/CIP), prix Nobel de Médecine ,définit la vie par sa structure physique. Partant d'un ordre particulièrement diversifié de l'arbre de l'évolution (l'arbre phylogénique divisé en branches, classes et ordres), les statistiques sur le classement moléculaire du génome des êtres vivants - ou du moins d'une partie des gènes qui le composent - prouvent que nous descendons tous d'un tronc commun où nous trouvons la première cellule : la cellule eucaryote, dont le noyau est séparé du cytoplasme.

Cet être vivant se décompose en 3 parties :

- Une membrane perméable qui le sépare du monde extérieur,

- Un matériel génétique qui préside à l'auto-réplication,

- Des protéines qui assurent le travail et dont la conformation spatiale est très importante.

Ces définitions de la vie s’appliquent parfaitement aux organismes unicellulaires, des bactéries aux paramécies. Leur agilité à se déplacer, leur mode de reproduction sont autant de signes de leur vivacité. Mais durant l’étonnante division cellulaire d’un embryon humain il en va tout autrement. Prémices d’un organisme pluricellulaire, la question se pose à nouveau de savoir à quel stade de son évolution peut-on parler d’organisme vivant ? En laissant à d’autres le soin de répondre au problème éthique, on constate que la réponse n’est plus aussi simple que tout à l’heure. Les yeux rivés à l’oculaire d’un microscope, on observe de nombreuses divisions cellulaires, pourtant il n’y a toujours qu’un seul organisme.

 

 

 

 

Luna (Apolo)

Mission Apolo (Lune)

Cette répartition des rôles a pour conséquence de déléguer à l’organisme certaines fonctions physiologiques, telle la respiration, la digestion, l’excrétion, etc., autant de fonctions vitales dont toutes les cellules ont besoin pour se développer.

On peut donc en conclure que du plus frêle arbrisseau au plus grand mammifère, la vie n’est pas contenue dans la cellule, mais dans l’organisme tout entier. L’individu en soit n’existe plus. C'est à ce point vrai qu'au stade initial pratiquement toutes les cellules peuvent assurer n'importe quelle fonction de l'organisme. Que l'individu adulte vienne à disparaître, d’autres cellules spécialisées prendront sa place pour assurer la survie de l’ensemble. Des millions de cellules meurent ainsi chaque jour dans le corps humain dans notre plus grande indifférence. Mais si l’organisme meurt ce sont toutes les cellules qui subiront la même loi universelle...

On peut enfin définir la vie, non pas sur le plan organique mais d’un point de vue spirituel, conforme en cela aux conceptions philosophiques de certains courants de pensées ou doctrines.
Les adeptes du principe anthropique par exemple considèrent que la vie représente avant tout notre conscience, qu’elle soit à l’image d’un être supérieur (principe anthropique fort) ou des lois de la nature qui orientent l’évolution vers la complexité croissante (principe anthropique faible).
A ce stade du discours on découvre que la vie ne peut plus se définir à partir des mêmes principes. Il est même probable que notre recherche d’une définition précise est utopique, chaque stade de l’évolution définissant ses propres règles, la vie apparaissant en fait graduellement dans des systèmes de plus en plus évolués. Le cailloux est inerte, le cristal grandit et se définit par sa pureté, les argiles ont des capacités de mémorisation et de chaînage, les protéines assurent le travail de la cellule, les virus ont des capacités de reproduction, les protozoaires sont autonomes et les métazoaires sont organisés.
Nous considérons que la vie ne concerne que les organismes les plus élevés dans cette évolution. Mais en voulant donner une étiquette à chaque maillon de cette chaîne continue, en cherchant une définition exacte de la vie, en considérant uniquement ses extrêmes ou en arrêtant arbitrairement ses propriétés, on se trouvera à un stade ou un autre face à des confusions et entravés dans les paradoxes du langage. Une bonne définition de la vie doit approcher ce concept d’un point de vue plus général en observant les propriétés et le comportement de la matière et la façon dont elle a progressivement gravit les différents échelons de la complexité.
L’objet du dossier sur la bioastronomie sera d’essayer de comprendre comment la première cellule est apparue, si elle est apparue sur la Terre ou ailleurs dans l’univers. Nous devrons pour cela également définir ce qu’est une cellule et quelles sont ses propriétés, ses avantages et ses points faibles. La biologie moléculaire et la biochimie nous conduiront ainsi jusqu’aux briques du code génétique. Lorsque nous aurons des éléments de solutions nous tâcherons de savoir quels avantages ont-elles gagné à vivre en communauté. L’expérience de Miller, les principes de la thermodynamique et la théorie de Darwin seront les mots-clés de nos discussions. Notre pôle d’intérêt se portera enfin sur l’efficacité des fonctions de cet organisme en observant comment la vie s’est adaptée dans les milieux extrêmes. Si nous parvenons à comprendre ces différents mécanismes, nous pourrons peut-être élucider le mystère de la vie et proposer quelques idées sur son évolution extraterrestre.

 

Un mal de société...

 

Couple & violence.
(Photos parues en presse)

 

 

 

 

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La Rupture. (Film)

Un mal de société:

 

Pour beaucoup d’entre nous, la violence conjugale est un épiphénomène qui se limite à de la violence physique occasionnelle sans conséquences ou qui ne prend en compte que des situations extrêmes. Or, les innombrables plaintes des victimes et de nombreuses enquêtes scientifiques démontrent qu'elle peut prendre différentes formes banalisées et touche beaucoup de femmes et dans toutes les classes sociales. Loin des préjugés, voici un rapport scientifique sur la question, actualisé de données européennes. 

Le rapport Henrion.

A la demande du Secrétariat d’Etat français à la Santé et aux Handicapés, un groupe d’experts placés sous la présidence du Pr Roger Henrion, a publié en 2001 un rapport sur la violence conjugale. Ce rapport est toujours d'actualité et mérite une deuxième lecture.

La mission des experts était de recenser les données existantes sur la violence à l’encontre des femmes, évaluer l’impact des violences sur la santé physique et mentale des victimes, présenter des propositions visant à améliorer l’information et la formation des médecins à ce problème, et favoriser une prise en charge rapide et efficace des victimes. Et de fait, cette étude a servi de référence et de point de départ à de nombreuses actions du gouvernement, d'associations privées et d'ONG tant en France, en Belgique qu'ailleurs en Europe.

 

En 2001, cette étude concluait qu'en France une femmes interrogée sur dix était victime de violences conjugales. Aujourd'hui, cela concerne une femme européenne sur cinq !

Etat d'un mal de société.

Qui n'a pas connu dans son entourage une femme, jeune ou pensionnée, pauvre ou riche, dont le poignet était bandé ou portant des signes d'ecchymoses au visage ou sur le bras et prétendant maladroitement, parfois en présence de son mari, avoir cogné une porte, glissé sur le carrelage ou s'être blessée en jardinant. Quelques mois plus tard, vous appreniez qu'elle avait divorcé.

 

Et de fait, il ne faut pas chercher très loin pour vérifier l'étendue de ce mal de société. Sur cinq femmes âgées de plus de 40 ans vivant dans mon entourage, deux ont été victimes de violences conjugales au cours des dix dernières années. Heureusement pourrait-on dire dans leur cas, les violences n'ont duré que quelques mois, la femme ayant de suite quitté son époux ou inversement. Depuis, elles ont divorcé, mais contraintes et forcées, car elles aimaient leur mari...

D'un autre côté, quel est l'homme énervé par une attitude ou des paroles qui n'a jamais été violent au cours d'une dispute, jetant des objets ou tapant peut-être sur un mur ou sur un divan plutôt que sur sa compagne, ou la secouant pour ne pas la frapper. Au mieux il a pris la porte, au pire, vous connaissez la suite. Ce sont autant de signes annonciateurs de violence conjugale qu'il faut de suite canaliser et maîtriser.

 

 

 

 

 

Eva longoria & tony parker
Eva llongoria & Tony Parker.

 

Sans contrôle, cette violence gratuite à des conséquences insoupçonnées. Un tel acte place les victimes dans une situation psychologique stressante et conflictuelle, partagées entre amour et haine, union et séparation, vie de couple et solitude, mari et enfant, etc, à laquelle s'ajoute parfois des problèmes socio-économiques (problèmes de santé, problèmes administratifs, perte de revenu, etc) qui ne rendent pas la décision plus facile.

 

La victime se pose en effet la question de savoir si elle doit rester et continuer à endurer cette violence et subir ce stress au quotidien pour préserver son couple, ses enfants, son "bien-être" et parfois sa seule ressource financière, ou tout plaquer mais pour se retrouver seule et peut-être à la rue si elle ne travaille pas, avec toutes les tracasseries administratives à la clé.

Le divorce est l'événement le plus redouté des couples après la mort d'un proche, suivi par la perte de son travail. La violence conjugale est devenue un problème de société qui est encore trop souvent tabou, raison pour laquelle nous devons en parler pour délier les langues et sensibiliser tous les acteurs, les agresseurs potentiels, les victimes mais également les médecins à cette problématique, afin de les aider à reconnaître les événements pouvant déclencher des violences congugales et les symptômes qui en résultent.

Des séquelles physiques et psychologiques.

 

La violence physique sur les femmes se traduit régulièrement par des contusions, ecchymoses, hématomes et fractures, le plus souvent dues à des coups portés à main nue et touchant principalement le visage, le crâne, le cou et les extrémités. Le rapport Henrion souligne aussi que "les violences physiques ne sont jamais isolées. Elles sont accompagnées d’injures, de menaces et précèdent le plus souvent des rapports sexuels forcés". Ainsi, "l’état de tension, peur et angoisse dans lequel les femmes maltraitées sont maintenues par leur agresseur peuvent produire différentes formes de troubles psychiques" : troubles émotionnels, psychosomatiques, dépression, troubles du sommeil, de l’alimentation...

 

 

 

 

 

David Beckham
David Beckham.

 

 

Les enfants aussi sont victimes.

Dans près de 70 % des cas, ces actes de violence se déroulent devant les enfants, et ils les concernent directement dans 10 % des cas, avec des séquelles physiques et psychologiques comparables à celles observées chez leur mère.

Comme le précisent les rapporteurs, "la violence dont l’enfant est témoin a les mêmes effets sur lui que s’il en était victime [et] ses enfants sont susceptibles de reproduire la violence, seul modèle de communication qu’ils connaissent"...

Et de fait, dans la plupart des cas, un cercle vicieux s'installe d'une génération à l'autre. Les enfants à naître aussi sont concernés, et les rapporteurs considèrent la grossesse comme une période particulièrement exposée aux violences conjugales.

 

En effet, parfois le mari ne reconnaît plus sa femme, ne souhaite pas cet enfant ou cette vie de famille, tandis que la femme de son côté, peut également parfois délaisser son mari pour s'occuper un peu plus d'elle-même ou change de caractère ou d'attitude envers lui.

Un enfant qui est issu d'une précédente union peut également être la source de conflits, et d'autant plus s'il est capricieux ou manque d'éducation.

Sans être violentes, ces attitudes parfois inconscientes peuvent déclencher des révoltes chez l'homme qui se sent "piégé", ignoré, rejeté ou est incapable d'assumer la situation, autant de sources de conflits qui peuvent se traduire par des agressions verbales ou physiques.

Profil des hommes agressifs.

 

 

 

 

 

R. Williams discretement
R. Williams. Discretement

 

La majorité des agresseurs sont alcooliques (85 à 95 % des cas selon le rapport Henrion, mais cette statistique tombe de 54 % à 12 % dans d’autres études). Il s’agit pour la plupart d’impulsifs agressifs, de psychopathes ou de pervers (15 à 25 %) ou encore des hommes victimes d’abus durant l’enfance.

Quand ils sont agressifs, ces hommes ne s'en prennent pas seulement à leur femme mais également à leurs enfants. Plusieurs facteurs favorisent le développement de l'agressivité. "Quelle que soit la personnalité de l’agresseur, certains facteurs sont reconnus comme déclenchants : la jalousie, la séparation, le divorce, la mise au chômage récente du partenaire, la précarité, la grossesse, la naissance d’un enfant", précise le rapport.

 

Les milieux défavorisés représentent 52 % des cas de violence. Cela signifie également que les classes plus aisées sont pratiquement autant concernées. Cette violence s’observe également chez les cadres, notamment parmi "les hommes autoritaires, investis de fonctions de commandement".

Un manque de dialogue.

De façon générale, comme dans toute vie de couple, la violence ou la rupture du couple trouve souvent son origine dans le passé et la culture des partenaires, le manque de dialogue étant la premier facteur annonciateur de conflits potentiels.

En effet, au lieu d'aplanir les conflits en cherchant une solution et éventuellement un compromis, chacun garde pour soi les griefs ou les remarques qu'il porte à l'encontre de son partenaire de crainte de sa réaction, de le décevoir ou de le perdre.

Mais agir ainsi est pire que la franchise. Car en ne s'ouvrant pas à l'autre et en refusant le dialogue, les deux partenaires s'orientent tout droit dans une voie sans issue, le premier observant et analysant de manière critique son partenaire, le second imaginant que tout va bien, jusqu'au jour où le couple éclate.

 

A l'inverse, faire constamment des remarques désobligeante à son partenaire signifie également qu'ils ne s'accordent pas ensemble et que sans changement d'attitude de part et d'autre, ils ne sont vraisemblablement pas fait pour vivre ensemble. Dans ce cas, autant s'arrêter tout de suite que de subir ou faire subir cette violence déguisée et risquer un affrontement.

Preuve d'une meilleure sensibilisation du public au problème de la violence conjugale, au cours de la période 1990-2000, le nombre de consultations médicales pour violence a triplé et il a doublé entre 2001 et 2007.

Du fait que les jeunes adultes notamment sont mieux informés qu'hier, les femmes se décident de plus en plus tôt à parler, mais certains blocages existent encore, dus notamment aux traditions, à la culture, au manque de formation des médecins et à la peur de porter plainte par crainte des représailles ou par crainte de se retrouver sans ressources lorsqu'elles ne travaillent pas.

 

 

 

 

 

Penelope Cruz & Bono
Penelope Cruz & Bono.

 

Ces blocages ont été pris en considération dans les "dix actions prioritaires à mettre en œuvre rapidement", demandées par les rapporteurs.

 

 

La Terre, modél ou exception d'une vie?


Quand la Terre était chaude.

 

 

 

 

La Tierra, el milagro de la vida
La Terre, un miracle de vie.

La vie thermophile et hyperthermophile (I)

Au cours des cinquantes dernières années les biologistes ont découvert des lieux sur Terre dont la température était jugée intolérable et dans lesquels pourtant vivaient et prospéraient des colonies d'organismes unicellulaires. Parmi ces biotopes extrêmes se trouvent les fumeurs abyssales et les sources hydrothermales. Mais si ces milieux étaient plongés entre 100 et 400°C, on ne connaissait aucun organisme survivant entre au-delà de 80°C.
Aujourd'hui on ne peut plus affirmer que la vie est impossible dans un liquide en ébullition. Jusqu'à présent la forme de vie extrême hyperthermophile était le microbe Pyrolobus fumarii qui survit près des volcans par une température de 113°C.
Le 15 août 2003 le magazine Science annonça que Derek Lovley et Kazem Kashefi de l'université de Massachusetts à Amherst avaient découvert un nouvel organisme capable de survivre dans un milieu plongé à une température de 121°C. Son nom était tout trouvé : "Strain 121", la souche d'un nouveau type d'organisme hyperthermophile ("souche" se traduisant en anglais par "strain").

Cette découverte était intéressante à plus d'un titre car non seulement elle reculait la limite des températures tolérables pour la vie mais elle apportait des arguments aux paléobiochimistes qui pensaient que la Terre avait abrité la vie très peu de temps après sa formation, à une époque où la température en surface, tant sur les continents que dans les lagons dépassait largement 100°C.
Cette découverte permettait également d'envisager d'éventuelles formes de vie extraterrestres capables par exemple de survivre dans des environnements volcaniques ou aux abords de lacs de souffre en ébullition ou des geysers.

 

 

Volcan
Éruption volcanique.

La vie selon Strain 121
Strain 121 est une cellule sans noyau, à membrane simple, d'environ 2 microns de diamètre qui ressemble à une petite balle de tennis remplie de cytoplasme et couverte d'une douzaine de poils ressemblant à des flagelles.
Elle vit dans le monde obscur et bouillonnant des évents hydrothermaux sous-marins. Réchauffée par le magma passant juste sous l'écorce terrestre, l'eau bouillante jaillit des évents à travers les failles du plancher océanique. La pression dépassant 240 bars, l'eau ne se transforme pas en vapeur mais sa température à la sortie des évents est proche de 400°C !

L'échantillon remonté par Lovley et Kashefi a été collecté à environ 322 km au large de Puget Sound (le coin N-O des Etats-Unis) à 2400 m de profondeur sur la dorsale de Juan de Fuca dans l'océan Pacifique. L'Ecole d'Océanographie de l'Université de Washington, avec le parrainage du programme Life in Extreme Environments de la NSF, y conduit des recherches sur la vie extrême sous la direction du biologiste et océanographe John Baross. Cet endroit contient trois ou quatre cheminées qui libèrent en permanence des fumeurs noires toxiques dans lesquelles se mêlent de l'hydrogène et des composés riches en minéraux (fer, soufre, etc).
Alors que la mer avoisinante baigne par une température de 2°C seulement, Strain 121 et les autres animalcules (vers Riftia, crustacés et bivalves) vivent et se reproduisent dans une mer en ébullition qui ferait suffoquer, intoxiquerait, brûlerait et écraserait la plupart des organismes vivants inadaptés à ce milieu. Plus étonnant encore, sous 80°C Strain 121 passe à l'état de veille, comme d'autres passent en état d'hibernation quand le climat se refroidit ou lorsque l'eau vient à manquer !
Cette souche appartient en fait à la famille des archaea, des microbes ancestraux unicellulaires proches des bactéries, mais qui n'en sont pas encore réellement. En 2001, on avait déjà découvert des archéobactéries thermophiles et méthanogènes dans les sources chaudes des montagnes de Beaverhead dans l'Idaho supportant des températures de 58°C mais cette nouvelle espèce hyperthermophile est vraiment étonnante, comme toutes les bactéries ancestrales.
 
 
 
 
 
 
Rayos
Orage et éclairs.
 
 
Si on se base sur la température, nous pouvons classer les organismes en quatre catégories : les Psychrophiles (< 20°C), les Mésophiles (20-40°C), les Thermophiles (40-80°C) et les Hyperthermophiles (80-121°C). En complément certains d'entre eux peuvent supporter des rayonnements ionisants, le froid et le vide de l'espace, les très hautes pressions ou un milieu salin, alcalin et/ou acide.
Un biotope typique qu'affectionnent les archéobactéries et certaines eubactéries est celui du célèbre parc national américain de Yellowstone, la plus vaste zone tempérée volcanique actuellement en activité sur Terre.
Ce parc qui reçoit annuellement près de 3 millions de visiteurs est également fréquenté par plusieurs espèces d'archéobactéries et de cyanobactéries thermophiles qui se développent dans les bassins volcaniques multicolores aux eaux chaudes et vaporeuses.
Selon Lovley et ses collègues biologistes, Strain 121 appartient à l'un des premiers embranchements d'archéobactérie. Elle respire des oxydes de fer pour transformer sa nourriture en énergie et rejette de la magnétite comme nous consommons de l'oxygène pour oxyder nos aliments, transformer les sucres en énergie et nous rejetons du gaz carbonique.
Dans le premier cas le processus peut se dérouler en l'absence de toute lumière, ce qui étend son biotope à tous les mondes cavernicoles, souterrains et sous-marins chauds.
La présence de vastes dépôts de magnétites au fond des océans, signes d'un sous-produit du métabolisme (respiration) de certaines archéobactéries et l'abondance du fer sur Terre durant la phase prébiotique conduisent Lovley et Kashefi à penser que la réaction redox (réduction-oxydation) et en particulier le transport d'électrons vers les ions fer a probablement été la première forme de respiration microbienne à une époque où la Terre était un monde chaud et abritait les premières formes de vie hyperthermophiles.
 
 
 
 
 
 
Triton
Triton.
 
Leur conclusion demande un mot d'explication et conduit en fait à une autre découverte, encore plus étonnante. A l'image des bactéries Geobacter qu'étudie Derek Lovley, certaines archéobactéries sont capables de produire du courant qui n'est autre qu'un déplacement d'électrons. En dégradant le glucose en présence d'eau et d'ions Fe III pour former du gaz carbonique, des ions Fe II et des protons, la réaction rédox produit des électrons. Le rendement est de l'ordre de 10%. La réaction est la suivante:
C6H12O6 + 6 H2O + 24 Fe(III) è 6CO2 + 24H+ + 24e-

Cette réaction demande un médiateur sous la forme d'ions de fer entre le glucose et le récepteur, l'électron. Ce médiateur est en fait toxique pour l'homme. Derek Lovley a découvert une bactérie, Rhodoferrax ferrireducens, "fonctionnant" sans ce médiateur et offrant un rendement de 80%. La réaction
est la suivante:
C6H12O6 + 6 H2O è 6CO2 + 24H+ + 24e-

Ainsi, en lui fournissant un peu d'eau sucrée avec un taux constant de glucose, cette bactérie se met à produire de l'électricité !
Si Strain 121 survit entre 85 et 121°C dans un milieu de culture dépourvu d'oxygène, Pyrolobus fumarii, son challenger, lui, trépasse. Après avoir passé une heure dans un stérilisateur autoclave à 121°C, seul 1% de la colonie survécu et aucune cellule ne parut viable.
Pour pouvoir croître et se développer à 121°C, Stain 121 semble donc disposer d'une propriété remarquable qu'aucun autre organisme ne dispose.
Plus étonnant encore, les chercheurs ont observé que non seulement Strain 121 survivait au processus de stérilisation mais sa population doublait sous ce régime en l'espace de 24 heures ! Bien que les chercheurs n'aient pas observé de croissance au-delà de cette température, des milieux de culture qui avaient passé deux heures à 130°C continuaient à croître quand on les transposaient sous un climat plus frais à 103°C.

 

 

Luna y Polo Norte
Soleil, Terre et Lune.

Si aujourd'hui les descendantes des bactéries ancestrales vivent encore dans des environnements extrêmes comme les sources d'eau chaude de Yellowstone, d'Islande ou d'Idaho, on peut en conclure que les eaux et les surfaces continentales de la Terre primitive devaient être beaucoup plus chaudes à l'époque où la vie apparut.

 

 

2eme partie

Les découvertes de la paléobiochimie.

La Terre, modél ou exception d'une vie?

 
Quand la Terre était chaude.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Tierra, el milagro de la vida
La Terre, un miracle de vie.

Les découvertes de la paléobiochimie (II)

C'est dans cette atmosphère chaude et humide des temps préhistoriques que la paléobiochimie peut nous apporter quelques éclaircissements sur les premiers signes de vie.
Cette science pluridisciplinaire assez jeune permet aux géologues, aux biologistes et aux chimistes d'étudier et d'identifier les structures primitives découvertes dans les roches et d'élucider les mécanismes des réactions chimiques. En complément, le séquençage de l'ADN et la révolution génomique alliée aux découvertes de la bioastronomie ont permis aux astrobiologistes de se joindre à cette aventure. Tel est le champ d'étude et les principaux acteurs de la paléobiochimie.

Des chercheurs experts en paléobiochimie de l'université de Floride ont tenté de reconstruire les protéines utilisées par les bactéries primitives à partir du tronc commun aux protéines modernes. Leur résultat démontre que ces molécules sont le plus stable et fonctionnent à une température comprise entre 54 et 65°C. Il s'agit donc d'entités thermophiles tolérant beaucoup mieux la chaleur des sources chaudes que la plupart des formes de vie actuelles.
Cette découverte alimente le débat sur la température de la Terre primitive à l'époque de l'apparition de la vie et focalise un peu plus l'attention des scientifiques sur les conditions de vie extraterrestres.

Comme nous l'avons fait sur Mars, on ne pourra plus déposer une sonde n'importe où sur la surface d'une planète à la recherche de traces de vie. Ces expériences nous donnent une meilleure idée des endroits potentiels où la vie aurait pu se développer et des endroits que les robots d'exploration de surface devraient explorer en priorité. La vie serait apparue sur Terre voici 3.8 milliards d'années d'une manière que l'on ignore. La vie était là, primitive, mais personne ne sait si elle est apparue spontanément dans l'eau au fil des réactions thermodynamiques ou si l'eau fut contaminée par une comète ou une météorite. Le débat est ouvert, mais étant donné que la plupart des traces de cette époque reculée sont très rares et fragiles, ces quelques pages d'histoire sont fragmentaires et il est très très difficile de trancher la question.
Concernant la température qui régnait sur notre planète à cette époque, on ne peut qu'établir des simulations à partir de la concentration des différents gaz atmosphériques et leur effet sur la température.

 

 

Erupción volcanica
Éruption volcanique.

Ces simulations tentent à démontrer que l'atmosphère primitive de la Terre était chaude et d'autres indices tendent à démontrer que la Terre traversa plusieurs périodes chaudes à l'époque du Précambrien (entre 4.5 milliards et 480 millions d'années d'ici). Mais d'autres données impliqueraient que la Terre connut à cette époque de très sévères glaciations, la plus sévère étant la glaciation Varangienne voici 600 millions d'années. Cette théorie de la "Terre Boule de neige" (Snowball Earth) est renforcée par la découverte de gouttes de tillites libérées par les glaciers aux quatre coins du monde. Cela signifie qu'à l'époque où la Pangée ne formait qu'un seul bloc continental, la glace devait recouvrir la totalité du monde au point que les océans étaient gelés. L'auteur de cette théorie, Paul F.Hoffman, géologue à l'Université d'Harvard, a étudié les strates géologiques laissées par les glaciers qui se situaient sur l'équateur à cette époque et conclut que la Terre était beaucoup plus froide qu'aujourd'hui. On constate que durant plusieurs milliards d'années la température de la Terre oscilla entre un optimum chaud et une glaciation. Entre 2.5 milliards et 600 millions d'années d'ici la Terre connu au moins deux glaciations sévères dont les répercutions furent catastrophiques sur les premières formes de vie.

Ces indices sont essentiellement apportés par l'étude minéralogique. Ainsi que l'a réalisé Stanley Miller, nous pouvons également étudier cette question d'un point de vue chimique, en essayant de recréer les formes de vie primitives et tester leur capacité à survivre et prospérer sous différents régimes de température et de concentrations de gaz.
Cette approche très créative permet aux scientifiques de remonter non pas de quelques dizaines de millions d'années en arrière comme l'ont fait les scénaristes de Jurassic Park, mais carrément en plein milieu du Précambrien, il y a plusieurs milliards d'années.

 

 

Tormenta
Orage et éclairs.

La théorie de la Terre boule de neige explique également l'explosion du Cambrien qui survint juste après. Il y a deux milliards d'années environ sont apparus les premiers noyaux cellulaires protégés du monde extérieur par une membrane. Durant la glaciation qui se produisit un milliard d'années plus tard, les cellules eucaryotes ne se sont pas développées au-delà du stade des protozoaires et des algues filamenteuses. L'emprisonnement des biotopes sous la glace fut le frein de cette évolution.
En dépit des conditions climatiques extrêmes qui ont pu "élaguer" l'arbre de la vie eucaryote à l'époque de la glaciation Varangienne, quelque 11 phyla d'animaux ont émergé durant l'étroite fenêtre des temps géologiques durant laquelle la Terre connu un optimum glaciaire avec un radoucissement du climat. Un isolément génétique prolongé et la pression intrinsèque de la sélection naturelle pourraient être responsables de cette explosion de nouvelles formes de vie au Cambrien.

Grâce aux simulations informatiques et des expériences de laboratoire, on peut aujourd'hui reconstruire l'histoire de la Terre comme on retrace l'évolution d'une langue au cours des âges. A la place des mots et des sons, les scientifiques juxtaposent les acides aminés ayant donné naissance à différentes variétés de protéines pour tenter de reconstruire les séquences des premiers acides aminés.
Eric Gaucher de l'université de Floride publia le 18 septembre 2003 dans le magazine Nature une étude faite à partir de 55 bactéries modernes desquelles il avait extrait une protéine appelée le facteur d'élongation EF-Tu. Il faut savoir que la synthèse des protéines se divise en trois étapes : l'élongation au cours de laquelle la protéine reconnaît le codon, forme la liaison peptidique et assure la translocation du ribosome; la deuxième étape est l'initialisation du processus et la troisième étape libère une nouvelle chaîne polypeptidique.

Afin de reconstruire l'ancienne protéine, Gaucher et son collègue Benner séquencèrent chaque protéine grâce à une analyse informatique et en ont extrait les séquences communes à tous ces acides aminés. Le résultat fut une représentation de la protéine ancestrale. Restait à la ressusciter dans le monde réel afin qu'elle fabrique cette protéine. Gaucher et Benner l'incorporèrent dans le matériel génétique d'Escherichia coli, une bactérie très connue des laborantins et fidèle ouvrière de notre intestin, afin que cette bactérie exprime ce gène. Ensuite la protéine fut extraite, purifiée et sa stabilité thermique fut mesurée.
En faisant varier la température ambiante, Gaucher et Benner constatèrent qu'entre 55 et 65°C la protéine assurait le mieux sa tâche de transcription et de traduction génétique. A plus haute température, la protéine ancestrale se désagrégeait.
Cette découverte n'implique pas que la Terre entière présentait une température de l'ordre de 60°C il y a milliard d'années d'ici, mais plutôt que des bactéries dont les gênes ont survécu et ont été incorporés dans nos bactéries modernes descendent d'organismes qui proliféraient à cette température. "Pourquoi cela fut-il un succès, demeure un mystère", avoue Gaucher. "Pour certaines raisons dit-il, les bactéries thermophiles vivant à 55-65°C avaient fait des innovations permettant à leur descendants de conquérir toute la planète au dépend des autres espèces vivant probablement dans d'autres environnements. Et c'est cela qui est le plus étonnant".

 

 

Luz Ceniciente (Eclipse)
Eclipse de Soleil.

Un monde plongé dans une température ambiante de 60°C est génétiquement comparable à ce qu'endure un microbe moderne comme Pyrolobus fumarii qui vit sur le volcan du Stromboli ou de l'Etna par près de 113°C. Pyrolobus est un hyperthermophile comme le sont Thermotoga maritime et Aquifex aeolicus présentés ci-dessus qui se développent à une température de 85 et 96°C. Ceux deux dernières espèces sont à la racine de la branche bactérienne de l'arbre universel de la vie tel que l'a imaginé Carl Woese. Ces créatures tentent à confirmer que l'ancêtre commun des formes de vie modernes fut un organisme hyperthermophile.
Ainsi que nous l'avons dit, la plupart des hyperthermophiles vivent près des évents hydrothermaux. Ce sont des environnements très spécialisés contenant beaucoup de petites niches écologiques qui ne survivent que dans une étroite marge de températures. Un organisme adapté à vivre à 80°C peut mourir si on le déplace de quelques mètres où la température n'est plus que de 60°C. Ces microbes ont développé des biomolécules uniques capables de s'adapter et de stabiliser les fluctuations très importantes de température. Les expériences conduites sur la protéine du facteur d'élongation (FE) de Thermotoga ont démontré que cette molécule était optimisée pour fonctionner entre 50 et 85°C.

 
D'un autre côté comparé à la protéine FD moderne d'un hyperthermophile, la gamme de température optimale assurant la stabilité de la protéine FE d'un mésophile comme Escherichia coli ou d'un thermophile comme Thermus est beaucoup plus étroite. Leur capacité à travailler diminue significativement lorsque ces bactéries s'écartent de leur température optimale de croissance qui se situe respectivement à une température de 40°C et de 70°C.
Aussi, adaptées à leur habitant hydrothermal et peu soumises à la pression de la sélection naturelle, les bactéries modernes appréciant la chaleur sont différentes de leurs ancêtres. Etant donné l'étroite marge de températures optimales qu'elles supportent aujourd'hui, la protéine FE ancestrale de Pyrolobus n'est plus similaire à sa descendante.
Toutefois, les protéines FE ancestrales sont probablement comparables à celles des organismes modernes vivant dans les sources chaudes, comme Thermus qui se développe dans le parc national de Yellowstone ou dans les eaux du lac Tanganyika entre 50 et 88°C.
 
Reste une question en suspend, par quel mécanisme survit une protéine thermophile et comment évite-t-elle d'être dénaturée, de cuire ou de coaguler sous la chaleur?
Dame Nature n'a pas toujours de solution miracle mais use souvent d'astuces pour contourner ses problèmes. En l'occurrence la stabilité d'une protéine implique un juste équilibre entre la nécessité évidente d'assurer une activité fonctionnelle et la possibilité de recycler la protéine quand elle n'est plus nécessaire. Dénaturer et casser des protéines requiert de l'énergie. Plus la force qui maintient les protéines ensemble est élevée, plus l'organisme doit consommer d'énergie pour briser les forces de liaison moléculaires.
Etant donné que la plupart des protéines sont optimisées pour travailler à la même température que leur organisme hôte, la sélection naturelle a trouvé un compromis entre la stabilité des protéines et leur dénaturation.
En fait les organismes ont inventé plusieurs manières d'éviter que la chaleur ne brise ou dénature les protéines. La plus commune est d'augmenter les forces qui maintiennent la cohésion de la macromolécule : il s'agit des interactions hydrophobes, des forces de van der Waals et différentes liaisons chimiques. Certains espèces hyperthermophiles utilisent également des protéines chaperons qui demeurent à proximité de la cellule et participent au repliage des protéines qui ont été dénaturées, la configuration spatiale d'une molécule étant la clé de son fonctionnement.
 
 
 
 
 
 
Vénus (vue du pôle nord)
Vénus, l'exemple?
 
Rappelons que si l'homme est capable d'endurer le froid et dans une moindre mesure les grosses chaleurs, il est "optimisé" pour fonctionner entre 15 et 20°C où il ne présente quasiment aucun signe d'effort pour maintenir sa chaleur interne et son activité métabolique (pas de "chair de poule" ni de sueur), avec une température corporelle qu'il maintient aux alentours de 37.2°C. Mais il n'y parvient pas seul. C'est au prix d'un effort coopératif de tout un système vasculaire, respiratoire et nerveux, bref en collaboration avec tout un organisme très complexe constitué de dizaines d'organes et de milliards de cellules. C'est plus d'un milliard d'années d'évolution qui nous sépare de ces archéobactéries et des protéines ancestrales...
 

Océans & Vie.

 

Le danger est bien réel, et il est la!!

 

 

 

 

ballena
Baleines, les laisserons-nous vivre?!

Changements climatiques.

L'océan et ses habitants seront affectés de manière irréversible par les effets du réchauffement mondial et des changements climatiques. Les scientifiques expliquent que le réchauffement de la planète augmente les températures de l'eau de la mer, va augmenter le niveau des mers et des océans et modifier les courants océaniques.


 

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Disparition de la Banquise.

Courants océaniques.

Les eaux de nos océans sont en mouvement perpétuel, tirées par les marées et poussées par les vagues, et circulent lentement autour du monde mues par la force de la circulation thermohaline. Ce transporteur est alimenté par les variations de température et de salinité de l'eau, et l'un de ses éléments les plus connus, le Gulf Stream, offre à l'Europe son climat relativement doux.
Outre le fait qu'il conserve à l'Europe sa douceur et qu'il joue un rôle important dans le climat mondial, ce transporteur garantit le bien-être des nutriments du fond de l'océan et accroît l'absorption océanique de dioxyde de carbone.


 


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Banquise fondue...

Comment les choses pourraient-elles aller plus mal?

Il est inquiétant de constater que, selon de récentes études, le ralentissement de la circulation des eaux est déjà amorcé au-dessus de la grande dorsale océanique Écosse-Groenland. Et alors que le transporteur semble avoir fonctionné de manière plutôt fiable au cours des derniers milliers d'années, un examen des noyaux de glace provenant du Groenland et d'Antarctique indique que cela n'a pas toujours été le cas. Dans un passé plus lointain, les changements de circulation des eaux ont été associés à un changement climatique brutal.
En d'autres termes, la dilution de la salinité de l'océan, liée à la fonte des glaces arctiques (comme l'inlandsis groenlandais), et/ou l'augmentation des précipitations peuvent s'inverser, ralentir ou détourner le transporteur. Ce refroidissement dramatique pourrait impliquer de graves perturbations de l'agriculture et du climat européen et influencer d'autres courants marins et les températures sur toute la planète.


 


Mer de Weddell2
Mer de weddell.

Augmentation du niveau de la mer.

Une augmentation moyenne mondiale du niveau de la mer de 9 à 88 cm est attendue au cours de cent prochaines années et est provoquée par les gaz à effets de serre que nous avons émis à ce jour et les émissions futures probables. Ceci se produira à peu près dans les mêmes proportions suite à la fonte des glaces et à l'expansion thermique des océans (l'eau connaît une expansion en se réchauffant).

Même cette prévision relativement modeste d'augmentation du niveau de la mer entraînera des ravages. L'inondation des côtes et les dégâts causés par les tempêtes, l'érosion du littoral, la contamination par l'eau salé des ressources en eau douce, les régions agricoles, l'inondation des terres humides côtières et des cordons d'îles, ainsi qu'une hausse de la salinité des estuaires sont des conséquences réelles d'une élévation même faible du niveau de la mer. Certaines villes et villages côtiers dont l'altitude est très faible seront également touchés. Les ressources stratégiques pour les populations insulaires et côtières comme les plages, l'eau douce, les pêcheries, les récifs de corail et les atolls, ainsi que l'habitat de la faune sont également en danger.

 


Iceberg
Iceberg détaché.

L'inlandsis de l'Antarctique orientale.

Il y a quatre ans à peine, il était couramment admis que l'inlandsis de l'Antarctique orientale était stable mais la fonte inattendue de la région a conduit les scientifiques à revoir cette hypothèse.

En 2002, les 500 milliards de tonnes de la banquise Larsen B, qui recouvrait une zone équivalente à deux fois la superficie de la métropole londonienne, se sont désintégrés en moins d'un mois. Ceci n'a pas directement fait augmenter le niveau de la mer car cette banquise flottait déjà mais elle s'est révélée être un rappel dramatique des effets du réchauffement de la région.
Puis, en 2005, le British Antarctic Survey a publié des résultats selon lesquels 87 % des glaciers de la péninsule antarctique ont reculé au cours de 50 dernières années. Ces cinq dernières années, les glaciers en recul ont perdu en moyenne 50 mètres par an.
L'inlandsis de l'Antarctique orientale pourrait contribuer à une augmentation de six mètres supplémentaires du niveau de la mer. Bien que les risques soient considérés comme faibles dans le Troisième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, de récentes études donnent de nouvelles preuves d'une perte massive de glace provenant de la banquise.

L'intégralité de l'inlandsis antarctique contient assez d'eau pour faire augmenter le niveau mondial des mers de 62 mètres.


 

Groenland
Le groenland font.

Les glaciers groenlandais.

En juillet 2005, des scientifiques embarqués sur l'Arctic Sunrise, un bateau de Greenpeace, ont fait une découverte étonnante : la preuve que les glaciers du Groenland fondent à un rythme sans précédent. Ce n'est qu'une preuve de plus que le changement climatique n'est plus à venir mais qu'il est à notre porte et, si vous vivez dans une ville côtière, ce n'est plus qu'une façon de parler.

Les résultats indiquent que le glacier Kangerdlugssuaq situé sur la côte est du Groenland pourrait être l'un des glaciers enregistrant le recul le plus rapide au monde avec une vitesse de près de 14 kilomètres par an. Ces mesures ont été effectuées en utilisant des méthodes de mesure GPS de haute précision. En outre, le glacier a, contre toute attente, reculé d'environ cinq kilomètres depuis 2001 après être demeuré stable pendant les 40 dernières années.
L'inlandsis du Groenland renferme jusqu'à 6 % des ressources en eau douce de la planète et il fond plus rapidement que prévu. Si le Groenland devait fondre totalement, les océans au niveau mondial enregistreraient une hausse d'environ six mètres. Même les mesures d'augmentation de 1,2 à 1,5 mètre du niveau de la mer signifieraient que des endroits comme New York, Amsterdam, Venise et le Bangladesh connaîtront des inondations dans les zones les plus basses.
Le recul alarmant du glacier Kangerdlugssuaq suggère que l'intégralité de l'inlandsis groenlandais pourrait fondre bien plus rapidement que ce qu'on croyait jusqu'à présent. Toutes les prévisions scientifiques actuelles concernant le réchauffement mondial se sont basées sur des rythmes de fonte plus lents. Cette nouvelle preuve laisse entrevoir que la menace de réchauffement mondial est bien plus sérieuse et plus urgente que ce qu'on pensait jusque là.


 


Groenlandia
Groenland.

Perte de l'habitat.

Les hausses de température influent sur tout le réseau alimentaire marin. Par exemple, le phytoplancton, qui nourrit les petits crustacés, y compris le krill, pousse sous la banquise. Un recul de la banquise implique une réduction du krill, qui lui nourrit de nombreuses espèces de baleine, y compris les grandes baleines.

Les baleines et les dauphins s'échouent lorsque les températures augmentent. Les grandes baleines risquent également de perdre leurs bassins d'alimentation, dans l'Océan antarctique, en raison de la fonte et de l'effondrement des plates-formes de glace.
Des espèces entières d'animaux et de poissons marins sont directement en danger lorsque la température augmente : elles ne peuvent tout simplement pas survivre dans des eaux plus chaudes. Par exemple, le nombre de pingouins parmi certaines populations a chuté de 33 % dans certaines parties de l'Antarctique car leur habitat a en partie disparu.

L'augmentation de la survenance de maladies chez les animaux marins est, à part de la pollution de la Planète, également liée à la hausse de la température des océans.

 

 

                              http://oceans.greenpeace.org/fr/