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Attentat contre le Rainbow Warrior.L'attentat du Rainbow Warrior...
Le Rainbow Warrior, navire amiral de Greenpeace a déjà une belle histoire à son actif. Il a été la pièce maîtresse des campagnes contre les baleiniers, l'immersion des déchets radioactifs, le massacre des phoques gris... En 1983, en pleine guerre froide, il pénètre dans les eaux interdites de Sibérie pour documenter le massacre des baleines grises. En 1985, le Rainbow Warrior appareille pour l'atoll de Rongelap, dans le Pacifique-Sud. A la suite d'essais nucléaires américains effectués de 1946 à 1956, des poussières radioactives ont recouvert Rongelap. Les répercutions sur la population locale sont désastreuses : cancers, leucémies, malformations génitales en nombre très élevé. Au cours de l'opération "Exode" Greenpeace évacue toute la population de Rongelap vers l'île de Mejato. Après avoir pris soin de ces premiers "réfugiés de l'environnement", le Rainbow Warrior cingle alors vers Auckland, d'où il doit repartir vers le site nucléaire français de Mururoa. Le 10 juillet 1985, deux explosions secouent la coque du navire alors qu'il mouillait dans le port d'Auckland. Le Rainbow s'enfonce dans les eaux du port. Fernando Pereira, tragiquement décedé dans l'attentat contre le Rainbow Warrior. Fernando Pereira, photographe et compagnon de Greenpeace, trouve la mort dans l'attentat. Le sabotage est évident. Les faux époux Turenge, qui sont en fait le Capitaine Prieur et le commandant Mafart agents des services secrets, sont rapidement arrêtés. Dans les semaines qui suivent, les preuves contre le gouvernement français s'accumulent. Sous la pression internationale, celui-ci finit par reconnaître les faits. Le bateau a bien été coulé par les services secrets français qui ont agi sur ordre, probablement du Président Mitterrand... Charles Hernu, ministre de la défense du gouvernement Mauroy démissionne. La tragédie a mis en lumière, dans le monde entier, le combat de Greenpeace, lui donnant encore plus de force et de détermination pour poursuivre ses missions. En France cependant, une campagne de désinformation est orchestrée avec vigueur par les autorités. Il s'agit de faire passer la France pour une victime, l'agresseur n'étant autre que Greenpeace, organisation étrangère probablement manipulée par des intérêts ennemis... La manipulation est efficace et la suspicion entretenue coupe l'organisation du soutien de son public. Le bureau français de Greenpeace est contraint de fermer ses portes en 1987 et les rouvrira deux ans plus tard. Bébés phoques.
La chasse aux bébés phoques.
Depuis 1980 environ, le gouvernement d'Ottawa accorde aux pêcheurs canadiens environ 325000 prises annuelles sur des phoques âgés d'au moins 12 jours, donc comprenant des bébés phoques. La saison de pêche est ouverte durant 7 mois, du 15 novembre au 15 mai et fait vivre de 12 à 15000 familles canadiennes. La chasse trouve son paroxysme fin mars le long du littoral des Iles-de-la-Madeleine et de l'Ile-du-Prince-Edouard, et en avril au large de Terre-Neuve (Newfoundland). Les médias ne manquent jamais cette occasion pour violemment critiquer cette chasse et dénoncer cette barbarie en manchette de leux journaux, écrits, télévisés ou sur le web. Après l'embargo plus ou moins réussi sur la fourrure blanche des bébés phoques dont la chasse cruelle révolta le public, les chasseurs se sont rabattus sur la fourrure argentée des phoques qui plaît beaucoup aux Russes et aux Chinois mais que les Occidentaux - mis à part quelques Canadiens - refusent d'acheter. Les Canadiens osent appeller cette activité, le "développement durable" - le terme est à la mode - sous prétexte qu'il régulerait les stocks de morue et représenterait un "apport socio-économique", dixit le Ministère Pêche et Océan du Canada.
Evidemment, le point essentiel est que ce massacre légalisé rapporte beaucoup d'argent : 58$ Canadien par peau et en hausse de 18% par rapport à l'an passé, soit un chiffre d'affaire de près 19 millions de dollars canadien chaque année !
Le contrôle, si l'on peut dire, s'établit par garde-côte interposé et à bonne distance sans trop s'occuper des détails pour ne pas envenimer une situation passablement houleuse entre chasseurs et défenseurs des animaux. Bien qu'il y ait des quotas, 975000 prises réparties sur 3 ans jusqu'en 2003, on constate en pratique qu'ils ne sont pas respectés et généralement dépassés de 10% : le Canada tue sanguinairement 30000 bébés phoques chaque année en violation avec leurs propres lois !
Mais ce n'est pas terminé. En novembre 2005, de nouvelles propositions ont été débattues. A l'avenir, les pêcheurs-chasseurs espèrent porter les quotas entre 1.25 et 1.75 millions de prises sur 5 ans... soit une augmentation pratiquement du simple au double ! Sale temps pour les phoques. Ca c'est la réalité.
Dire que l'on massacre les bébés phoques d'une manière sauvage, n'est donc pas de l'intox mais de l'info. Ce massacre légalisé est bassement fondé sur le gain immédiat que peut rapporter cette ressource; le lucre, le plus grand maux de la terre.
Voyons à présent quels arguments nous pouvons opposer au Gouvernement canadien et aux chasseurs de phoques. Ce ne sera pas bien difficile.
Arguments opposés à la chasse au phoque.
Le fait que la chasse au phoque nourrit pendant 7 mois quelques 15000 familles de pêcheurs (en hausse) est un fait économique certain dont il faut tenir compte, mais le Gouvernement devrait également dire que les revenus de cette chasse contribuent à moins de 1 % de l’économie de la province de Terre-Neuve. Cette chasse ne représente donc qu'un très maigre revenu complémentaire qui ressemble plus à une opportunité financière, un passe-temps morbide, qu'à un réel besoin.
Le Gouvernement canadien oublie également de préciser que si les prises doivent être âgées de plus de 12 jours, sous-entendant qu'il doit y avoir des adultes, en pratique la chasse trouve son paroxysme fin mars-début avril, à une époque où tous les jeunes phoques sont encore bébés. Les prises comprennent donc pour l'essentiel des jeunes de moins de 3 mois et la moitié sont des bébés de moins d'un mois; leur fourrure est plus belle, plus souple et se vend plus cher !
Mais pire que cela, les phoques sont censés être tués d'un seul coup d'hakapik. Sur le terrain, certains agonissent durant des heures et se traînent sur la neige vers un abri inexistant et 40% des poques sont écorchés vifs ! Les chasseurs n'ont soi-disant pas le temps de s'apitoyer sur leur métier mais ils prennent 7 mois pour exécuter scrupuleusement leur sale contrat !
Suite au tollé général que provoqua le massacre sanguinaire des bébé phoques à fourrure blanche, le Canada ne massacre plus (officiellement) les bébés de cette espèce depuis 1983. En revanche il massacre un plus grand nombre de bébés phoques gris à fourrure argentée ! Ils en massacrent en fait plus aujourd'hui qu'ils n'en ont tué depuis des centaines d'années à coup de gourdin et d'hakapiks !
Cette chasse n'a rien à voir non plus avec un soi-disant développement durable qu'évoquent les autorités. On a pas dû lire les mêmes articles car aucun chercheur ne voit en quoi cette chasse contribuerait aux besoins des populations et préserverait la nature pour les générations futures... Nous pouvons nous nourrir de bien des façons et de manière bien plus civilisée et personne ne dépend de la survie des troupeaux de phoques ! Bien sûr, les Inuits chassent le phoque et le font très bien depuis des générations. Cela n'a jamais offusqué personne et tout le monde leur laisse cette liberté. Mais le pratiquer avec la violence que l'on sait par des pêcheurs canadiens et à une telle échelle du chef d'une nation dite civilisée, là on se trompe de combat et cela ne fait plus plaisir à personne; la viande à un goût amer et la fourrure pique aux entournures.
A lire: Sauver les bébés phoques
Les campagnes de l'IFAW
Argumenter que cette chasse contribuerait à restaurer les stocks de morue ne justifie pas ce commerce, car l'argument est réfuté scientifiquement. Il n'existe pas d'étude systématique de la population de phoques et encore moins de leur mode d'alimentation ou de la façon dont ils interféreraient avec les activités de pêcherie.
En fait, le Canada se retranche derrière l'aspect commercial de cette chasse qui reste l'argument fort de leur défense. En effet, actuellement le commerce de la fourrure de phoque est tolérée en Europe et permise en Russie, en Chine et dans beaucoup de pays du monde car les espèces concernées ne sont pas menacées d'extinction et ne sont donc pas listées en Annexe I de la CITES ni même sur la Liste Rouge de l'IUCN.
Toutefois, aux Etats-Unis, la loi sur la Protection des Mammifères Marins (Marine Mammal Protection Act) stipule clairement qu'il est illégal de tuer des mammifères marins ou de faire le commerce des produits dérivés. Les diplomates européens éprouvent donc quelques difficultés sur le plan légal pour opposer des arguments valables à cette chasse.
Aussi, pour préciser le cadre soi-disant scientifique de cette chasse mais reconnaissant son caractère caduque avancé par le Canada, les députés Mark Watts, Catherine Stihler et Phillip Whitehead siégeant au Parlement Européen ont pris cette question au sérieux et ont déposé un texte le 20 octobre 2003 qui devrait être discuté en Commission aussitôt que les signatures exigées seront été réunies. Ils demandent que le Conseil International pour l'Exploration de la Mer (ICES) et le Groupe des spécialistes du phoque de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature et de ses ressources (IUCN) étudient "les conditions des populations de phoques dans les eaux européennes et leurs interactions éventuelles avec le secteur de la pêche". Ils réclament notamment que la Commission récolte "toutes les données nécessaires sur les dommages causés par les phoques aux engins de pêche et sur les captures imputables aux phoques dans les eaux européennes ainsi que sur les effets des activités de pêche sur les populations de phoques." Connaissant le contexte, cela sous-entend bien que les arguments canadiens ne sont pas vraiment pris au sérieux par les Européens, ni par personne.
Il existe bien six millions de phoques et cela représente effectivement une population en développement. Les troupeaux sont riches et peuvent supporter une "ponction régulatrice" annuelle. Mais contrairement à ce que dit le porte-parole du Ministère, il reconnaît lui-même dans la dernière ligne de la FAQ de son site Internet que "les scientifiques sont incapables de dire avec certitude quelle quantité de poissons sont consommés par les phoques".
Dire en public qu'ils mangent des morues au point d'affamer les Canadiens ou déchirent les filets de pêche n'est donc pas fondé. Si tous les filets de pêche abîmés en cours d'exploitation devaient conduire à l'extermination des poissons de grande taille responsables de ces dégâts, il n'y aurait plus de marché aux poissons !
Le Gouvernement canadien oublie également de citer d'autres arguments économiques qui leur sont défavorables. Son attitude n'est donc pas très objective et on sent très bien qu'il est mal à l'aise quand il évoque cette chasse qui n'est justifiée que par le profit qu'elle génère mais aucune nécessité réelle.
Par exemple, il ne peut pas ignorer que cette chasse est une arme à double tranchant - tant qu'un gourdin ou un pic à glace puisse en avoir - car elle renforce l'idée que le commerce international de produits dérivés d'animaux sauvages est un trafic légal. En supportant la chasse au phoque, le Gouvernement canadien ne se rend pas compte qu'il supporte les trafiquants ! Mais pour cela, il faudrait que les autorités sortent de leur hibernation et se rendent compte dans quel monde on vit réellement, un village global où trafiquants et braconniers sont aussi communs que les faux dollars.
Le Gouvernement canadien a-t-il conscience de son attitude orgueilleuse et à double sens ? Suite aux pétitions qu'il reçoit des quatre coins du monde depuis des décennies, il en est bien conscient mais il se voile la face. Il tente d'expliquer sur son site Internet qu'il fait tout cela pour le bien être général. Jamais aucun commerçant n'aura fait autant de publicité pour cette pêche que le Ministère canadien !
Enfin, la région de Terre-Neuve s'est acquise au fil des années une réputation de haut-lieu de la recherche scientifique (en matière d'écologie, de glaciologie, de géologie, etc) et est une destination touristique de première plan pour les amateurs de neige et de nature. Or sur le plan économique, une chasse qui est aussi mal vue sur la scène internationale ne peut rien apporter de positif à ce territoire que l'on juge de plus en plus comme une terre fréquentée par des sauvages.
Maintenir cette chasse en l'état est donc justifiée sur des bases faussées sur bien des plans. Tous les arguments avancés par le Gouvernement canadien en mal d'explication sont donc caduques car en réalité les chasseurs comme les autorités concernées par ce commerce veulent simplement tirer profit d'une opportunité sans se soucier le moins du monde de considérations écologiques et du tollé de protestations qu'ils provoquent dans la communauté internationale.
S'il vous fallait une dernière preuve du parti-pris des autorités en cette matière, vérifiez la source des articles en faveur de cette chasse. Vous constaterez qu'elle est exclusivement supportée par des Canadiens, journalistes ou politiques, pour ne citer que Louis-Gilles Francoeur du magazine canadien "Devoir"... Plus étonnant, la seule association écologique qui supporte cette chasse est le.... WWF Canada, au point de désinformer le public ! Aucune autre nation civilisée, aucun journaliste étranger, aucune association pour ne citer que Greenpeace, ne comprend l'attitude de ces gens ni ce massacre légalisé.
Mais jusqu'à nouvel ordre, rien ne change. Chaque année à l'automne des hordes de bateaux arrivent du continent et la tension monte dans les troupeaux de phoques... Chaque année, à chaque naissance, c'est la même hécatombe; les bébés phoques succombent au même enfer... les chasseurs blessent à mort et tuent des bébés phoques qui ne peuvent même pas se défendre, laissant derrière eux une banquise sanguinolante. Dans de telles conditions, il n'est pas étonnant que certaines personnes se détournent des hommes et préfèrent vivre avec les animaux...
Mais le massacre ne se limite pas au Canada. Dans un autre contexte, la situation est identique au Japon, où chaque année plus de 20000 dauphins, marsouins et petites baleines sont tués pour leur viande. Idem aux îles Féroé (Danemark) où chaque année plus de 1600 dauphins et globicéphales sont massacrés dans un bain de sang pour le simple folklore ! Et ces gens se disent civilisés, membres d'une Europe qui prône la protection de la nature ! Je regrette, mais si c'est ça votre "civilisation" respectant soi-disant la nature, comptez sur les écologistes pour être votre épine dans le pied ! Si le législateur n'agit pas, les actions coup de poing des écologistes ne sont pas prêtes de s'arrêter...
Ceci dit, ne perdons pas notre énergie en vaines joutes oratoires et arrêtons cette liste macabre car elle est longue et nous comprenons tous bien où se situe le problème... Agissez plutôt, car ces animaux sont sans défense et le massacre injustifié.
Vers Mars...
Habitabilité et énergie. Après avoir découvert des traces de stratification similaires à un phénomène de sédimentation près du site d'Opportunity, tout porte à croire que certains endroits de la surface martienne présentent des traces minéralogiques compatibles avec des zones inondées ou périodiquement submergées par les flots. Mais quels sont les autres ingrédients nécessaires pour supporter l'idée que cette surface était jadis habitable ? Cette question demeurant sans réponse, les microbiologistes doivent partir d'une expérience plus simple : de quelle manière un microbe résistant vivant sur Terre survivrait-il aujourd'hui sur Mars ? Par vraiment très bien, pensent la plupart des microbiologistes. Pourquoi ? En raison de la multitude des contraintes martiennes : les problèmes de basses températures, basses pressions, l'important rayonnement ultraviolet et le manque d'énergie (solaire et "géo"thermique) constituent les divers facteurs à surmonter à quiconque voudrait aujourd'hui survivre sur Mars, même si "aujourd'hui" est considéré comme une période qui s'étend sur les derniers dix millions d'années de l'histoire météorologique martienne.
Comparé à la température moyenne de la Terre qui est de 15°C au sol, la température moyenne de Mars est de -53°C et elle descend à -130°C à 30 km d'altitude contre -42°C sur Terre. Mars est un désert sec et glacé. Bien qu'occasionnellement la température dépasse le point de congélation dans les régions équatoriales où se sont posées les sondes Spirit et Opportunity, la plupart des processus biologiques nécessitent un seuil de température bien plus chaud. Si Mars était habitable par le passé, son climat devait être plus humide et plus chaud car aujourd'hui il est hostile à la plupart des bactéries (E. Coli par exemple) et même aux formes de vie résistantes vivant sur Terre. Selon S.Nedell, J.Pollack, M.Walter et D.Des Marais, Mars disposait bien dans le passé d'une atmosphère dense et chaude.
Des microbes plus résistants: Chroococcidiopsis et Desulfotomaculum. Quel genre d'organisme terrestre pourrait survivre dans l'environnement inhospitalier pour ne pas dire hostile de Mars ? La cyanobactérie Chroococcidiopsis est capable de survivre dans des conditions hostiles où ses consoeurs trépassent : sous des climats désertiques glacés, dans des milieux hypersalins ainsi qu'en présence d'une quantité toxique de gaz carbonique pour l'homme. Si le projet du terraforming de Mars se concrétise un jour, nous pourrions l'utiliser car elle pourrait survivre sur Mars à l'abri des rayons ultraviolets du Soleil et assurer la photosynthèse, transformant progressivement l'atmosphère de gaz carbonique en oxygène en l'espace de quelques milliers d'années. Mais cela n'est qu'une solution pour l'avenir. Si nous identifions une source d'eau sur Mars, le problème immédiat qui se pose est celui de la faible pression atmosphérique (elle représente 1% de la pression terrestre au niveau de la mer) et le fait qu'elle soit irrespirable. Aujourd'hui, un microbe déposé sur le sol de Mars se déssécherait rapidement et gèlerait en quelques heures. Il ne survivrait que s'il serait capable d'hiberner durant la mauvaise saison à l'abri des UV destructeurs en attendant que le climat se radoucisse avec l'arrivée de l'été. Le candidat idéal serait un microbe ou des spores (corpuscules reproductrices des végétaux et de certains protistes) capables d'hiberner durant de longues périodes où dès que le climat deviendrait inhospitalier.
Les scientifiques intrigués par les traces d'eau découvertes près du site d'Opportunity se sont demandés si des bactéries en forme de spores et sulfo-réductrices, ne pouvaient pas offrir un nouveau modèle d'organisme que pourraient rechercher la prochaine génération de chasseurs de microbes martiens ? Selon Benton Clark, un membre vétéran des équipes scientifiques qui ont travaillé sur les échantillons de Viking et MER, un tel candidat pourrait survivre à l'inhospitalité martienne dont les rigueurs climatiques sont fatales aux microbes. Pour Clark, qui travaille aujourd'hui chez Lockheed Martin à Denver, l'organisme favori est le Desulfotomaculum, une spore qui peut vivre près des roches soufrées. Depuis 1965, lorsque ce type de spore fut découverte et classifiée, sa biologie offrit quelques uns des meilleurs exemples d'adaptation aux milieux extrêmes. Vivant dans l'obscurité lorsqu'elle développe ses spores quand le temps devient froid ou trop sec, cet organisme très résistant constitue un excellent modèle qui devrait être sérieusement considéré par les scientifiques planétaires à l'avenir.
Pour découvrir quel peut-être ce processus, nous devons déterminer quel est, sur Terre, la quantité d'énergie solaire généralement nécessaire pour assurer la survie des organismes riches en chlorophylle ? Et de la même manière sous quelles conditions un microbe peut-il survivre protégé sous la terre ou à l'ombre d'un rocher ? Survivre en l'absence directe de rayonnement solaire pourrait en effet être la norme sur Mars.
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Survivre dans le permafrost.
C'était une fois l'homme. (Lèver de Soleil)
L'animation suspendue.
Au cours des conférences qui se sont tenues en 2002 suite à la mission Mars Odyssey, l'exobiologiste Gene D. McDonald et ses collègues du JPL se sont interrogés sur les possibilités de vie sur Mars dans les conditions actuelles. Ils démontrèrent que certains acides aminés telle l'acide aspartique pouvait servir d'horloge biologique et aider les scientifiques à déterminer si la vie a existé sur Mars, et même si elle survit encore dans le permafrost (pergélisol). McDonald réintroduisit l'idée d'animation suspendue, un concept connut depuis longtemps des auteurs de science-fiction. De quoi s'agit-il ?
McDonald et ses collègues tentent d'apporter la preuve que des organismes unicellulaires comme les bactéries, les archaéens ou les champignons (fungi) sont capables de réparer les dommages cellulaires durant des dizaines de milliers d'années et peut être plus longtemps encore, après avoir été congelés et qu'ils soient devenus aussi dur que de l'acier.
Si cette découverte est confirmée elle étend les biotopes froids susceptibles d'abriter des formes de vie bien au-delà des espérances les plus optimistes. Non seulement la vie serait possible sur les exoplanètes froides mais également dans le sous-sol des régions polaires ou des cratères glacés qui ne voient jamais la lumière du jour.
Le permafrost représente la couche de terre ou de roche superficielle qui ne dégèle jamais. Il peut contenir jusqu'à 30% de glace ou pas de glace du tout. Le permafrost est surtout étudié dans le cadre du réchauffement global de la planète.
On en trouve dans toutes les régions polaires, dans les montagnes de Suède, en Norvège, dans toute la Sibérie, au nord du Canada, en Alaska et bien sûr en Arctique et en Antarctique. Située en général assez profondément sous la couche de neige fraîche et de glace, la couche de permafrost peut atteindre plusieurs mètres d'épaisseur et présente généralement une température inférieure à -10°C. Le sol étant gelé en permanence, même en été, pratiquement aucun organisme ne peut survivre sous un tel régime. Mais bien que les conditions de survie soient extrêmes, elles n'empêchent pas une certaine activité biologique. Les créatures que l'on rencontre en ces lieux sont pour la plupart des colonies d'unicellulaires, des bactéries que le froid ne rebute pas.
Nous savons depuis environ un siècle que les organismes peuvent survivre dans le permafrost de Sibérie. On ignore exactement comment ils survivent mais il apparaît que même dans le permafrost, leurs facultés métaboliques ne sont pas totalement suspendues.
Terre & Réchauffement Climatique.
Dans ce milieu, si tous les processus vivants semblent s'être arrêtés, figés par le froid, certains organismes restent animés d'un léger souffle de vie. On a découvert que des organismes prisonniers de la terre gelée continuaient à être bombardé de rayonnement émis par des éléments présents dans la terre elle-même et y survivaient. On parle d'animation suspendue plutôt que de stase, car dans le premier cas toutes les fonctions biologiques ne sont pas interrompues contrairement à la stase chère à nos écrivains de science-fiction.
Nous savons par ailleurs qu'au-dessus de la température du 0° absolu (-273.15°C), toutes les molécules vibrent légèrement. Ainsi, les molécules d'ADN et toutes les autres macromolécules essentielles à la vie continuent à s'animer et de supporter une faible activité afin de conserver l'intégrité de la cellule. En effet, si les organismes veulent survivre durant de longues périodes de temps, ils doivent trouver un moyen pour maintenir un minimum d'activité cellulaire afin d'entretenir la cellule et éviter qu'elle ne périsse en raison d'un manque d'entretien.
McDonald pense qu'il existe dans le permafrost Sibérien des organismes qui ont été enterrés puis congelés voici des dizaines ou des centaines de milliers d'années et dont l'activité métabolique est jugée inactive. Dans ce contexte, il s'est alors demandé comment réagirait la cellule face aux dommages occasionnés par le rayonnement ? Ces cellules seraient-elles encore capables d'éliminer leurs déchets, de réparer les brins d'ADN ou une paroi cellulaire endommagée par exemple ? Quelle quantité de radiation une cellule congelée peut-être encore supporter ?
Pour répondre à ces questions, il faut trouver un marqueur biologique temporel capable d'identifier le taux auquel se manifeste un changement moléculaire.
Nous savons par exemple que les acides aminés sont des molécules asymétriques, elles sont soit lévogyres (L) soit dextrogyres (D). Au-dessus d'un certain seuil de température, toute molécule d'acide aminé peut spontanément passer d'une forme dextrogyre en lévogyre et vice versa au cours d'un processus appelé la racémisation. Quelle que soit la concentration initiale d'un acide aminé donné dans un milieu, au bout d'un certain temps, un équilibre va s'établir et on découvrira que le milieu contient un nombre approximativement égal des deux espèces d'acides aminés.
La vitesse de ce processus varie en fonction des acides aminés, de la température ainsi que d'autres paramètres environnementaux. Pratiquement, cette vitesse varie de quelques heures dans une eau acide bouillonnante à plusieurs milliards d'années dans une couche sédimentaire sèche et froide.
Nous avons expliqué dans un autre article consacré à la chiralité, que ce processus qui se produit de manière tout à fait ordinaire en chimie est incompatible avec la biologie. En effet, les protéines qui bâtissent les organismes vivants sont incapables de construire quoi que ce soit si elles sont constituées d'acides aminés dextrogyres, la forme D. Toutefois, les réactions chimiques produisent continuellement et sans discernement les deux énantiomères. La nature a donc fait en sorte que les organismes disposent d'enzymes capables de différencier les deux formes d'acides aminés et débarrassent la cellule des formes dextrogyres qui pourraient lui être fatale (sauf pour certaines fonctions bien spécifiques comme l'hélice de l'ADN ou la paroi cellulaire qui a conservé des acides aminés dextrogyres).
Ces enzymes sont si efficaces que dans un organisme vivant, la quantité d'acides aminés dextrogyres est pratiquement nulle et ce rapport L/D se maintient de manière stable.
Ce processus peut donc servir d'horloge biologique pour dater l'âge de la mort des cellules présentant une activité moléculaire suspendue suite à la congélation. Dès l'instant où le processus de réparation cellulaire s'interrompt, l'horloge se met en route et la quantité d'acides aminés dextrogyres commence à augmenter. C'est cette méthode qu'a utilisé McDonald et son équipe pour étudier la racémisation des acides aminés présents dans les organismes prisonniers du permafrost Sibérien.
Ainsi, si nous connaissons la température du milieu et si on peut mesurer le taux de racémisation de l'acide aminé le plus rapide, l'acide aspartique par exemple, cet élément devient un marqueur biologique très efficace. Son horloge peut facilement être calibrée avec du carbone-14 dont le taux de radioactivité décroît de manière bien déterminée dès la mort de l'individu concerné.
Actuellement, grâce à cette horloge d'acide aminé on a découvert que les échantillons avaient été continuellement refroidit à une température de -19°C. Or la température actuelle du permafrost Sibérien est de -13 à -11°C seulement. Exprimés en température, ces 6 à 8 degrés d'écart signifient que le permafrost contenait jadis moins d'acide aspartique dextrogyre qu'aujourd'hui. Comment expliquer ce changement ?
S'il y a moins d'acide aspartique dextrogyre que prévu en l'absence d'activité biologique, la seule explication logique est que les organismes se sont débarrassés de ces acides aminés dextrogyres. Soit les enzymes ont convertit les acides aminés D en L ou les ont brisés pour les recycler dans d'autres molécules.
Cette sorte de "maintenance" moléculaire peut s'entretenir de deux manières. Première possibilité, le permafrost s'est réchauffé périodiquement, décongelant les organismes gelés. Mais des recherches indépendantes ont montré que les échantillons de permafrost ne présentaient qu'une très faible activité moléculaire. Deuxième possibilité, les organismes ont continué à éliminer l'acide aspartique dextrogyre, même aux températures du permafrost. Ce processus aurait été ralenti mais il est stable. En corollaire, si les organismes ont été capables d'assurer ce travail pour l'acide aspartique, McDonald suggère qu'ils auraient tout aussi bien pu assurer ce travail pour l'ADN et d'autres biomolécules essentielles. Toutefois cela reste à démontrer. McDonald estime que les organismes vivants dans le permafrost peuvent assurer cet entretien moléculaire durant plus de 30000 ans. Bien qu'il ne puisse encore le prouver, il pense que durant cette période il n'y a pour ainsi dire pas de division cellulaire et pratiquement aucun déchet du métabolisme. La population de cellules est donc fondamentalement la même que celle qui fut piégée à l'époque où le permafrost s'est formé.
Fonte et fragilité de la Banquise.
Mais comment ces créatures résistent-elles au froid quand on sait qu'au moment de la congélation, l'eau quitte la cellule par osmose, les traces éventuelles se glacent, augmentent de volume et détruisent par conséquent l'organisme ? De plus, pour les animaux supérieurs, sans respiration et sans flux sanguin, la mort est la seule issue envisageable. Pourtant nous avons vu à propos de la faculté d'adaptation que divers organismes, y compris des reptiles survivent aux grands froids.
Plusieurs méthodes existent en effet pour éviter que l'organisme ne dépérisse. La plus simple est d'évacuer toute l'eau et les fluides contenus dans la cellule avant la congélation. L'organisme peut accumuler des sucres puis se déshydrate avant de passer dans une sorte d'état d'hibernation qui durera autant de temps que nécessaire, parfois des milliers d'années. Mais durant cette période l'animal est quasiment inerte et son métabolisme est réduit au stricte minimum; seul le cerveau présente encore une activité électrique. Quand il s'agit d'une bactérie on peut la juger inerte. C'est cette méthode que les scientifiques utilisent en cryogénie, lorsqu'ils veulent conserver des organismes par -40°C sans affecter leur fonctions vitales.
Si l'organisme veut rester actif, il peut également se protéger du froid en accumulant du sucre (glycol, saccharose) ou des protéines antigel pour abaisser le seuil de congélation. Cette méthode est la plus utilisée et permet aux organismes, y compris à de petits vertébrés, de résister aux températures du permafrost, les liquides cellulaires restant fluides jusqu'à -8 ou -16°C.
De manière générale on constate donc qu'il existe des créatures capables de survivre sous les rigueurs du permafrost et qu'il s'agit d'un milieu loin d'être privé de vie malgré les apparences.
Le permafrost martien.
A l'heure actuelle, très peu d'articles ont été écrit sur la relation entre ce phénomène et ses conséquences exobiologiques pourtant évidentes. Les seules et rares études concernant ces questions sont entreprises par Imre Friedmann, écologiste microbien et astrobiologiste au centre Ames de la NASA. Complété par les découvertes de Gene McDonald, ces travaux permettront un jour aux explorateurs qui poseront le pied sur Mars de mettre en pratique une méthode leur permettant de tracer l'activité microbienne dans le permafrost martien, comme par exemple sous les grandes étendues de pack aujourd'hui recouvertes de sable découvertes près du site de Elysium Planitia en 2005.
Selon Friedmann, l'horloge d'acide aminé pourrait permettre de déterminer si la vie a existé sur Mars ou même si des organismes vivants survivent encore de nos jours dans le permafrost martien.
Seule difficulté, nous ne connaîtrons pas le résultat d'ici demain. Pour cela, nous devons aller sur Mars, forer la surface pour atteindre le permafrost et ramener un échantillon pour analyse. Il ne s'agit donc pas d'un projet que l'on pourrait planifier pour l'année prochaine. Techniquement parlant, la préparation d'une telle mission peut durer dix ans et devrait tirer avantage des toutes dernières découvertes de l'exploration de Mars.
Forer le sol de Mars serait une grande première car jusqu'à présent les robots Viking et autre Opportunity se sont contentés de ramasser un peu de sable ou de polir quelques roches à la recherche d'activité organique de surface ou de traces fossilisées. Un forage constituerait une nouvelle étape et serait d'autant plus intéressant que sous la pression atmosphérique actuelle, Mars ne peut pas conserver d'eau sous forme liquide en surface. En revanche, à grande profondeur sous la surface, nous pourrions rencontrer des conditions environnementales propices au développement d'une vie rudimentaire. Bien sûr c'est un pari incertain, mais il est défendable sur le plan scientifique et mérite de faire l'objet d'une future mission spatiale vers la planète Rouge.
Friedmann considère que le permafrost martien constitue l'endroit idéal pour trouver une forme de vie sur Mars. Seul inconvénient, pour que la vie ait survécu, même dans un état d'animation suspendue, les organismes ont dû survivre beaucoup plus longtemps sur Mars que sur Terre. Et cela ajoute une contrainte très négative à notre équation.
En Sibérie par exemple, le permafrost existe depuis trois millions d'années environ. Sur Mars, la vie, si jamais elle exista, s'est figée il y a plus de trois milliards d'années. On parle ici de milliards d'années ! Cela fait une énorme différence entre les conditions terrestres et les conditions martiennes. Cela dit, il n'est pas impossible de trouver une forme de vie bactérienne, peut-être pas en surface, mais plutôt dans les profondeurs de Mars.
Projets à venir.
A l'heure actuelle Gene McDonald s'intéresse au permafrost d'Alaska et espère explorer plus profondément le permafrost de Sibérie. Avec son équipe, il développe également divers instruments qui permettront de mesurer les rapports des acides aminés D/L sur Mars, à partir d'un lander ou d'une rover.
Nous comptions également beaucoup sur la mission Mars lander mais elle fut perdue en 1999. Elle était équipée de moyens de forage et devait remonter des échantillons de permafrost - à la condition que le lander atterrisse en un lieu contenant du permafrost, ce qui n'était pas certain.
Reste actuellement la nouvelle mission américaine vers Mars organisée en coopération avec l'Europe planifiée vers 2014 avec le retour éventuel d'échantillons en 2016, en attendant de poser des hommes sur la planète Rouge.
C'est une grosse mission et onéreuse de surcroît car le retour d'un vaisseau implique une logistique grosso modo deux fois plus importante qu'un "simple" amarsissage avec des risques beaucoup plus élevés que doivent anticiper les ingénieurs.
Royaume des glaces, (Pôle Nord)
Sur le plan théorique, aux températures du permafrost il reste beaucoup de choses à comprendre comme le fait de savoir comment les organismes maintiennent un taux constant de rapport d'acides aminés, comment fonctionnent les enzymes qui attirent l'oxygène et ceux qui ne s'en servent pas pour assurer les réparations cellulaires, etc. Actuellement, on ignore précisément quels sont les enzymes concernés par ce processus. Il peut s'agir du même enzyme que celui qui est utilisé à plus haute température, comme il peut s'agir d'un enzyme différent, qui a évolué au cours du temps pour s'adapter à son environnement. Il y a là tout une Terra Incognita très intéressante à explorer. En corollaire, si nous comprenons les mécanismes qui permettent à ces organismes de survivre au gel, les scientifiques pourront mieux préserver les transplants humains. Pour les exobiologistes, cela étend la zone habitable vers les contrées glacées.
Terre & vie. (Notre planète)
La Bioastronomie.
Définition de la vie:
Pour comprendre notre spécificité et avant de rechercher les origines de la vie sur Terre et ailleurs dans l'univers, nous devons d'abord définir ce qu'elle représente. Qu'est ce que la vie ?
Beaucoup de philosophes et de biologistes ont disserté sur la question sans vraiment apporter de réponse convaincante jusqu’au XIXeme siècle. On reconnaît la vie quand on la voit, dit-on quelquefois. Cet argument à l’emporte-pièce est insuffisant car rien ne la définit sur le plan biologique ou thermodynamique.
Nous allons découvrir qu'une bonne définition de la vie fait autant référence à la théorie de l'information qu'aux lois fondamentales de la biologie.
On peut dire que la vie se manifeste lorsque le sujet transforme de l’énergie, métabolise et excrète. Or une usine, une automobile ou un ordinateur effectue ces opérations mais nous ne les considérons pas comme des êtres vivants. On peut ajouter que le sujet doit se situer loin de l’équilibre. Mais la manifestation d’un éclair ou une réaction chimique auto-entretenue est bel et bien une réaction se déroulant en dehors de l’équilibre thermodynamique mais elle n’est toujours pas un être vivant. Qu’est donc la vie ?
Il existe une définition biologique de la vie : "un organisme est dit vivant lorsqu'il échange de la matière et de l'énergie avec son environnement en conservant son autonomie, lorsqu'il se reproduit et évolue par sélection naturelle". Mais cette définition est encore insuffisante.
Entre une pierre inerte et un organisme, un cristal en phase de croissance paraît vivant : il grandit et est capable de choisir des éléments de sa nature afin de ne pas créer d’impuretés, pourtant ce n’est qu’un minéral, il n’est pas vivant.
A l’inverse, une mule est bien vivante, mais incapable d'avoir une descendance. Un virus informatique peut se multiplier en contaminant des programmes comme son équivalent biologique infecte une cellule, mais mérite-t-il pour autant le qualificatif d’organisme ?
Grâce à l'informatique, les chercheurs disposent d'un outil puissant capable de simuler les fonctions du vivant et ils incorporent dans leurs programmes tant de paramètres qu'ils peuvent reproduire des organismes virtuels : des colonies de fourmis, l'évolution d'un oeuf d'escargot ou la croissance des plantes.
Si le robot musicien de l'Exposition de Tsukuba (Japon, 1989) ou la créature de Mary Shelley "Frankenstein" semblent tout aussi vivants que vous et moi, il manque à ces créatures humanoïdes fantasques ou ces robots, une combinaison subtile qui gouverne tous les processus du vivant : le hasard. La vie évolue en effet dans le temps et met en jeu une infinité de paramètres, ce qui la rend apparemment imprévisible.
Tous les organismes vivent selon un "ordre aléatoire" qui assure leur stabilité, tout en leur permettant de réagir à l'environnement. C'est la faculté d'adaptation, l'apprentissage. Sans ordre, le monde plongerait dans l'anarchie; sans hasard - et nous verrons en cosmologie qu'il n'est pas "innocent" - il n'y aurait pas d'évolution. Toutefois tous les programmes informatiques, même s'ils paraissent capables de réagir à des situations imprévues ou de prendre des décisions, sont créés en fonction d'un but précis. Nous relevons là une ambiguïté. Tout comme au Moyen-Age les vitalistes affirmaient que la finalité de l'homme était à l'image de Dieu (principe anthropique), un organisme vivant n'est pas pour autant une machine.
La Terre change: Terre & réchauffement climatique.
On peut aussi considérer que l'être est dit vivant lorsqu'il suit une évolution; comme la survie, la conservation de l'espèce. Cela nous permet de proposer une définition de la vie qui se dégage de tout anthropocentrisme, sans finalité particulière, ni morale. A la définition précédente il faut ajouter que "la matière est capable de s'auto-organiser sans être programmée".
Cette organisation est le plus souvent régit par un programme génétique, une série d’instructions permettant de réaliser les réactions métaboliques indispensables au fonctionnement de la cellule et de l'organisme si elles vivent en communauté. L'androïde ne fait donc pas partie de cette catégorie même s'il est aujourd'hui capable de réagir à son environnement sans instructions déterminées. Nous nuancerons toutefois cette affirmation lorsque nous aborderons le thème des différentes formes de vie possibles.
Le Professeur Christian de Duve de l'Université Catholique de Louvain (UCL/CIP), prix Nobel de Médecine ,définit la vie par sa structure physique. Partant d'un ordre particulièrement diversifié de l'arbre de l'évolution (l'arbre phylogénique divisé en branches, classes et ordres), les statistiques sur le classement moléculaire du génome des êtres vivants - ou du moins d'une partie des gènes qui le composent - prouvent que nous descendons tous d'un tronc commun où nous trouvons la première cellule : la cellule eucaryote, dont le noyau est séparé du cytoplasme.
Cet être vivant se décompose en 3 parties :
- Une membrane perméable qui le sépare du monde extérieur,
- Un matériel génétique qui préside à l'auto-réplication,
- Des protéines qui assurent le travail et dont la conformation spatiale est très importante.
Ces définitions de la vie s’appliquent parfaitement aux organismes unicellulaires, des bactéries aux paramécies. Leur agilité à se déplacer, leur mode de reproduction sont autant de signes de leur vivacité. Mais durant l’étonnante division cellulaire d’un embryon humain il en va tout autrement. Prémices d’un organisme pluricellulaire, la question se pose à nouveau de savoir à quel stade de son évolution peut-on parler d’organisme vivant ? En laissant à d’autres le soin de répondre au problème éthique, on constate que la réponse n’est plus aussi simple que tout à l’heure. Les yeux rivés à l’oculaire d’un microscope, on observe de nombreuses divisions cellulaires, pourtant il n’y a toujours qu’un seul organisme.
Mission Apolo (Lune)
Cette répartition des rôles a pour conséquence de déléguer à l’organisme certaines fonctions physiologiques, telle la respiration, la digestion, l’excrétion, etc., autant de fonctions vitales dont toutes les cellules ont besoin pour se développer.
On peut donc en conclure que du plus frêle arbrisseau au plus grand mammifère, la vie n’est pas contenue dans la cellule, mais dans l’organisme tout entier. L’individu en soit n’existe plus. C'est à ce point vrai qu'au stade initial pratiquement toutes les cellules peuvent assurer n'importe quelle fonction de l'organisme. Que l'individu adulte vienne à disparaître, d’autres cellules spécialisées prendront sa place pour assurer la survie de l’ensemble. Des millions de cellules meurent ainsi chaque jour dans le corps humain dans notre plus grande indifférence. Mais si l’organisme meurt ce sont toutes les cellules qui subiront la même loi universelle...
On peut enfin définir la vie, non pas sur le plan organique mais d’un point de vue spirituel, conforme en cela aux conceptions philosophiques de certains courants de pensées ou doctrines.
Les adeptes du principe anthropique par exemple considèrent que la vie représente avant tout notre conscience, qu’elle soit à l’image d’un être supérieur (principe anthropique fort) ou des lois de la nature qui orientent l’évolution vers la complexité croissante (principe anthropique faible).
A ce stade du discours on découvre que la vie ne peut plus se définir à partir des mêmes principes. Il est même probable que notre recherche d’une définition précise est utopique, chaque stade de l’évolution définissant ses propres règles, la vie apparaissant en fait graduellement dans des systèmes de plus en plus évolués. Le cailloux est inerte, le cristal grandit et se définit par sa pureté, les argiles ont des capacités de mémorisation et de chaînage, les protéines assurent le travail de la cellule, les virus ont des capacités de reproduction, les protozoaires sont autonomes et les métazoaires sont organisés.
Nous considérons que la vie ne concerne que les organismes les plus élevés dans cette évolution. Mais en voulant donner une étiquette à chaque maillon de cette chaîne continue, en cherchant une définition exacte de la vie, en considérant uniquement ses extrêmes ou en arrêtant arbitrairement ses propriétés, on se trouvera à un stade ou un autre face à des confusions et entravés dans les paradoxes du langage. Une bonne définition de la vie doit approcher ce concept d’un point de vue plus général en observant les propriétés et le comportement de la matière et la façon dont elle a progressivement gravit les différents échelons de la complexité.
L’objet du dossier sur la bioastronomie sera d’essayer de comprendre comment la première cellule est apparue, si elle est apparue sur la Terre ou ailleurs dans l’univers. Nous devrons pour cela également définir ce qu’est une cellule et quelles sont ses propriétés, ses avantages et ses points faibles. La biologie moléculaire et la biochimie nous conduiront ainsi jusqu’aux briques du code génétique. Lorsque nous aurons des éléments de solutions nous tâcherons de savoir quels avantages ont-elles gagné à vivre en communauté. L’expérience de Miller, les principes de la thermodynamique et la théorie de Darwin seront les mots-clés de nos discussions. Notre pôle d’intérêt se portera enfin sur l’efficacité des fonctions de cet organisme en observant comment la vie s’est adaptée dans les milieux extrêmes. Si nous parvenons à comprendre ces différents mécanismes, nous pourrons peut-être élucider le mystère de la vie et proposer quelques idées sur son évolution extraterrestre.
Couple & violence.
(Photos parues en presse)
Un mal de société:
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Le rapport Henrion.
A la demande du Secrétariat d’Etat français à la Santé et aux Handicapés, un groupe d’experts placés sous la présidence du Pr Roger Henrion, a publié en 2001 un rapport sur la violence conjugale. Ce rapport est toujours d'actualité et mérite une deuxième lecture.
La mission des experts était de recenser les données existantes sur la violence à l’encontre des femmes, évaluer l’impact des violences sur la santé physique et mentale des victimes, présenter des propositions visant à améliorer l’information et la formation des médecins à ce problème, et favoriser une prise en charge rapide et efficace des victimes. Et de fait, cette étude a servi de référence et de point de départ à de nombreuses actions du gouvernement, d'associations privées et d'ONG tant en France, en Belgique qu'ailleurs en Europe.
En 2001, cette étude concluait qu'en France une femmes interrogée sur dix était victime de violences conjugales. Aujourd'hui, cela concerne une femme européenne sur cinq !
Etat d'un mal de société.
Qui n'a pas connu dans son entourage une femme, jeune ou pensionnée, pauvre ou riche, dont le poignet était bandé ou portant des signes d'ecchymoses au visage ou sur le bras et prétendant maladroitement, parfois en présence de son mari, avoir cogné une porte, glissé sur le carrelage ou s'être blessée en jardinant. Quelques mois plus tard, vous appreniez qu'elle avait divorcé.
Et de fait, il ne faut pas chercher très loin pour vérifier l'étendue de ce mal de société. Sur cinq femmes âgées de plus de 40 ans vivant dans mon entourage, deux ont été victimes de violences conjugales au cours des dix dernières années. Heureusement pourrait-on dire dans leur cas, les violences n'ont duré que quelques mois, la femme ayant de suite quitté son époux ou inversement. Depuis, elles ont divorcé, mais contraintes et forcées, car elles aimaient leur mari...
D'un autre côté, quel est l'homme énervé par une attitude ou des paroles qui n'a jamais été violent au cours d'une dispute, jetant des objets ou tapant peut-être sur un mur ou sur un divan plutôt que sur sa compagne, ou la secouant pour ne pas la frapper. Au mieux il a pris la porte, au pire, vous connaissez la suite. Ce sont autant de signes annonciateurs de violence conjugale qu'il faut de suite canaliser et maîtriser.
Sans contrôle, cette violence gratuite à des conséquences insoupçonnées. Un tel acte place les victimes dans une situation psychologique stressante et conflictuelle, partagées entre amour et haine, union et séparation, vie de couple et solitude, mari et enfant, etc, à laquelle s'ajoute parfois des problèmes socio-économiques (problèmes de santé, problèmes administratifs, perte de revenu, etc) qui ne rendent pas la décision plus facile.
La victime se pose en effet la question de savoir si elle doit rester et continuer à endurer cette violence et subir ce stress au quotidien pour préserver son couple, ses enfants, son "bien-être" et parfois sa seule ressource financière, ou tout plaquer mais pour se retrouver seule et peut-être à la rue si elle ne travaille pas, avec toutes les tracasseries administratives à la clé.
Le divorce est l'événement le plus redouté des couples après la mort d'un proche, suivi par la perte de son travail. La violence conjugale est devenue un problème de société qui est encore trop souvent tabou, raison pour laquelle nous devons en parler pour délier les langues et sensibiliser tous les acteurs, les agresseurs potentiels, les victimes mais également les médecins à cette problématique, afin de les aider à reconnaître les événements pouvant déclencher des violences congugales et les symptômes qui en résultent.
Des séquelles physiques et psychologiques.
La violence physique sur les femmes se traduit régulièrement par des contusions, ecchymoses, hématomes et fractures, le plus souvent dues à des coups portés à main nue et touchant principalement le visage, le crâne, le cou et les extrémités. Le rapport Henrion souligne aussi que "les violences physiques ne sont jamais isolées. Elles sont accompagnées d’injures, de menaces et précèdent le plus souvent des rapports sexuels forcés". Ainsi, "l’état de tension, peur et angoisse dans lequel les femmes maltraitées sont maintenues par leur agresseur peuvent produire différentes formes de troubles psychiques" : troubles émotionnels, psychosomatiques, dépression, troubles du sommeil, de l’alimentation...
Les enfants aussi sont victimes.
Dans près de 70 % des cas, ces actes de violence se déroulent devant les enfants, et ils les concernent directement dans 10 % des cas, avec des séquelles physiques et psychologiques comparables à celles observées chez leur mère.
Comme le précisent les rapporteurs, "la violence dont l’enfant est témoin a les mêmes effets sur lui que s’il en était victime [et] ses enfants sont susceptibles de reproduire la violence, seul modèle de communication qu’ils connaissent"...
Et de fait, dans la plupart des cas, un cercle vicieux s'installe d'une génération à l'autre. Les enfants à naître aussi sont concernés, et les rapporteurs considèrent la grossesse comme une période particulièrement exposée aux violences conjugales.
En effet, parfois le mari ne reconnaît plus sa femme, ne souhaite pas cet enfant ou cette vie de famille, tandis que la femme de son côté, peut également parfois délaisser son mari pour s'occuper un peu plus d'elle-même ou change de caractère ou d'attitude envers lui.
Un enfant qui est issu d'une précédente union peut également être la source de conflits, et d'autant plus s'il est capricieux ou manque d'éducation.
Sans être violentes, ces attitudes parfois inconscientes peuvent déclencher des révoltes chez l'homme qui se sent "piégé", ignoré, rejeté ou est incapable d'assumer la situation, autant de sources de conflits qui peuvent se traduire par des agressions verbales ou physiques.
Profil des hommes agressifs.
La majorité des agresseurs sont alcooliques (85 à 95 % des cas selon le rapport Henrion, mais cette statistique tombe de 54 % à 12 % dans d’autres études). Il s’agit pour la plupart d’impulsifs agressifs, de psychopathes ou de pervers (15 à 25 %) ou encore des hommes victimes d’abus durant l’enfance.
Quand ils sont agressifs, ces hommes ne s'en prennent pas seulement à leur femme mais également à leurs enfants. Plusieurs facteurs favorisent le développement de l'agressivité. "Quelle que soit la personnalité de l’agresseur, certains facteurs sont reconnus comme déclenchants : la jalousie, la séparation, le divorce, la mise au chômage récente du partenaire, la précarité, la grossesse, la naissance d’un enfant", précise le rapport.
Les milieux défavorisés représentent 52 % des cas de violence. Cela signifie également que les classes plus aisées sont pratiquement autant concernées. Cette violence s’observe également chez les cadres, notamment parmi "les hommes autoritaires, investis de fonctions de commandement".
Un manque de dialogue.
De façon générale, comme dans toute vie de couple, la violence ou la rupture du couple trouve souvent son origine dans le passé et la culture des partenaires, le manque de dialogue étant la premier facteur annonciateur de conflits potentiels.
En effet, au lieu d'aplanir les conflits en cherchant une solution et éventuellement un compromis, chacun garde pour soi les griefs ou les remarques qu'il porte à l'encontre de son partenaire de crainte de sa réaction, de le décevoir ou de le perdre.
Mais agir ainsi est pire que la franchise. Car en ne s'ouvrant pas à l'autre et en refusant le dialogue, les deux partenaires s'orientent tout droit dans une voie sans issue, le premier observant et analysant de manière critique son partenaire, le second imaginant que tout va bien, jusqu'au jour où le couple éclate.
A l'inverse, faire constamment des remarques désobligeante à son partenaire signifie également qu'ils ne s'accordent pas ensemble et que sans changement d'attitude de part et d'autre, ils ne sont vraisemblablement pas fait pour vivre ensemble. Dans ce cas, autant s'arrêter tout de suite que de subir ou faire subir cette violence déguisée et risquer un affrontement.
Preuve d'une meilleure sensibilisation du public au problème de la violence conjugale, au cours de la période 1990-2000, le nombre de consultations médicales pour violence a triplé et il a doublé entre 2001 et 2007.
Du fait que les jeunes adultes notamment sont mieux informés qu'hier, les femmes se décident de plus en plus tôt à parler, mais certains blocages existent encore, dus notamment aux traditions, à la culture, au manque de formation des médecins et à la peur de porter plainte par crainte des représailles ou par crainte de se retrouver sans ressources lorsqu'elles ne travaillent pas.
Ces blocages ont été pris en considération dans les "dix actions prioritaires à mettre en œuvre rapidement", demandées par les rapporteurs.
Quand la Terre était chaude.
La Terre, un miracle de vie.
La vie thermophile et hyperthermophile (I)
Au cours des cinquantes dernières années les biologistes ont découvert des lieux sur Terre dont la température était jugée intolérable et dans lesquels pourtant vivaient et prospéraient des colonies d'organismes unicellulaires. Parmi ces biotopes extrêmes se trouvent les fumeurs abyssales et les sources hydrothermales. Mais si ces milieux étaient plongés entre 100 et 400°C, on ne connaissait aucun organisme survivant entre au-delà de 80°C.
Aujourd'hui on ne peut plus affirmer que la vie est impossible dans un liquide en ébullition. Jusqu'à présent la forme de vie extrême hyperthermophile était le microbe Pyrolobus fumarii qui survit près des volcans par une température de 113°C.
Le 15 août 2003 le magazine Science annonça que Derek Lovley et Kazem Kashefi de l'université de Massachusetts à Amherst avaient découvert un nouvel organisme capable de survivre dans un milieu plongé à une température de 121°C. Son nom était tout trouvé : "Strain 121", la souche d'un nouveau type d'organisme hyperthermophile ("souche" se traduisant en anglais par "strain").
Cette découverte était intéressante à plus d'un titre car non seulement elle reculait la limite des températures tolérables pour la vie mais elle apportait des arguments aux paléobiochimistes qui pensaient que la Terre avait abrité la vie très peu de temps après sa formation, à une époque où la température en surface, tant sur les continents que dans les lagons dépassait largement 100°C.
Cette découverte permettait également d'envisager d'éventuelles formes de vie extraterrestres capables par exemple de survivre dans des environnements volcaniques ou aux abords de lacs de souffre en ébullition ou des geysers.
La vie selon Strain 121
Strain 121 est une cellule sans noyau, à membrane simple, d'environ 2 microns de diamètre qui ressemble à une petite balle de tennis remplie de cytoplasme et couverte d'une douzaine de poils ressemblant à des flagelles.
Elle vit dans le monde obscur et bouillonnant des évents hydrothermaux sous-marins. Réchauffée par le magma passant juste sous l'écorce terrestre, l'eau bouillante jaillit des évents à travers les failles du plancher océanique. La pression dépassant 240 bars, l'eau ne se transforme pas en vapeur mais sa température à la sortie des évents est proche de 400°C !
Cette réaction demande un médiateur sous la forme d'ions de fer entre le glucose et le récepteur, l'électron. Ce médiateur est en fait toxique pour l'homme. Derek Lovley a découvert une bactérie, Rhodoferrax ferrireducens, "fonctionnant" sans ce médiateur et offrant un rendement de 80%. La réaction
est la suivante: C6H12O6 + 6 H2O è 6CO2 + 24H+ + 24e-
Ainsi, en lui fournissant un peu d'eau sucrée avec un taux constant de glucose, cette bactérie se met à produire de l'électricité !
Si Strain 121 survit entre 85 et 121°C dans un milieu de culture dépourvu d'oxygène, Pyrolobus fumarii, son challenger, lui, trépasse. Après avoir passé une heure dans un stérilisateur autoclave à 121°C, seul 1% de la colonie survécu et aucune cellule ne parut viable.
Pour pouvoir croître et se développer à 121°C, Stain 121 semble donc disposer d'une propriété remarquable qu'aucun autre organisme ne dispose.
Plus étonnant encore, les chercheurs ont observé que non seulement Strain 121 survivait au processus de stérilisation mais sa population doublait sous ce régime en l'espace de 24 heures ! Bien que les chercheurs n'aient pas observé de croissance au-delà de cette température, des milieux de culture qui avaient passé deux heures à 130°C continuaient à croître quand on les transposaient sous un climat plus frais à 103°C.
Si aujourd'hui les descendantes des bactéries ancestrales vivent encore dans des environnements extrêmes comme les sources d'eau chaude de Yellowstone, d'Islande ou d'Idaho, on peut en conclure que les eaux et les surfaces continentales de la Terre primitive devaient être beaucoup plus chaudes à l'époque où la vie apparut.
2eme partie
Les découvertes de la paléobiochimie.
Les découvertes de la paléobiochimie (II)
C'est dans cette atmosphère chaude et humide des temps préhistoriques que la paléobiochimie peut nous apporter quelques éclaircissements sur les premiers signes de vie.
Cette science pluridisciplinaire assez jeune permet aux géologues, aux biologistes et aux chimistes d'étudier et d'identifier les structures primitives découvertes dans les roches et d'élucider les mécanismes des réactions chimiques. En complément, le séquençage de l'ADN et la révolution génomique alliée aux découvertes de la bioastronomie ont permis aux astrobiologistes de se joindre à cette aventure. Tel est le champ d'étude et les principaux acteurs de la paléobiochimie.
Des chercheurs experts en paléobiochimie de l'université de Floride ont tenté de reconstruire les protéines utilisées par les bactéries primitives à partir du tronc commun aux protéines modernes. Leur résultat démontre que ces molécules sont le plus stable et fonctionnent à une température comprise entre 54 et 65°C. Il s'agit donc d'entités thermophiles tolérant beaucoup mieux la chaleur des sources chaudes que la plupart des formes de vie actuelles.
Cette découverte alimente le débat sur la température de la Terre primitive à l'époque de l'apparition de la vie et focalise un peu plus l'attention des scientifiques sur les conditions de vie extraterrestres.
Comme nous l'avons fait sur Mars, on ne pourra plus déposer une sonde n'importe où sur la surface d'une planète à la recherche de traces de vie. Ces expériences nous donnent une meilleure idée des endroits potentiels où la vie aurait pu se développer et des endroits que les robots d'exploration de surface devraient explorer en priorité. La vie serait apparue sur Terre voici 3.8 milliards d'années d'une manière que l'on ignore. La vie était là, primitive, mais personne ne sait si elle est apparue spontanément dans l'eau au fil des réactions thermodynamiques ou si l'eau fut contaminée par une comète ou une météorite. Le débat est ouvert, mais étant donné que la plupart des traces de cette époque reculée sont très rares et fragiles, ces quelques pages d'histoire sont fragmentaires et il est très très difficile de trancher la question.
Concernant la température qui régnait sur notre planète à cette époque, on ne peut qu'établir des simulations à partir de la concentration des différents gaz atmosphériques et leur effet sur la température.
Ces simulations tentent à démontrer que l'atmosphère primitive de la Terre était chaude et d'autres indices tendent à démontrer que la Terre traversa plusieurs périodes chaudes à l'époque du Précambrien (entre 4.5 milliards et 480 millions d'années d'ici). Mais d'autres données impliqueraient que la Terre connut à cette époque de très sévères glaciations, la plus sévère étant la glaciation Varangienne voici 600 millions d'années. Cette théorie de la "Terre Boule de neige" (Snowball Earth) est renforcée par la découverte de gouttes de tillites libérées par les glaciers aux quatre coins du monde. Cela signifie qu'à l'époque où la Pangée ne formait qu'un seul bloc continental, la glace devait recouvrir la totalité du monde au point que les océans étaient gelés. L'auteur de cette théorie, Paul F.Hoffman, géologue à l'Université d'Harvard, a étudié les strates géologiques laissées par les glaciers qui se situaient sur l'équateur à cette époque et conclut que la Terre était beaucoup plus froide qu'aujourd'hui. On constate que durant plusieurs milliards d'années la température de la Terre oscilla entre un optimum chaud et une glaciation. Entre 2.5 milliards et 600 millions d'années d'ici la Terre connu au moins deux glaciations sévères dont les répercutions furent catastrophiques sur les premières formes de vie.
Ces indices sont essentiellement apportés par l'étude minéralogique. Ainsi que l'a réalisé Stanley Miller, nous pouvons également étudier cette question d'un point de vue chimique, en essayant de recréer les formes de vie primitives et tester leur capacité à survivre et prospérer sous différents régimes de température et de concentrations de gaz.
Cette approche très créative permet aux scientifiques de remonter non pas de quelques dizaines de millions d'années en arrière comme l'ont fait les scénaristes de Jurassic Park, mais carrément en plein milieu du Précambrien, il y a plusieurs milliards d'années.
La théorie de la Terre boule de neige explique également l'explosion du Cambrien qui survint juste après. Il y a deux milliards d'années environ sont apparus les premiers noyaux cellulaires protégés du monde extérieur par une membrane. Durant la glaciation qui se produisit un milliard d'années plus tard, les cellules eucaryotes ne se sont pas développées au-delà du stade des protozoaires et des algues filamenteuses. L'emprisonnement des biotopes sous la glace fut le frein de cette évolution.
En dépit des conditions climatiques extrêmes qui ont pu "élaguer" l'arbre de la vie eucaryote à l'époque de la glaciation Varangienne, quelque 11 phyla d'animaux ont émergé durant l'étroite fenêtre des temps géologiques durant laquelle la Terre connu un optimum glaciaire avec un radoucissement du climat. Un isolément génétique prolongé et la pression intrinsèque de la sélection naturelle pourraient être responsables de cette explosion de nouvelles formes de vie au Cambrien.
Grâce aux simulations informatiques et des expériences de laboratoire, on peut aujourd'hui reconstruire l'histoire de la Terre comme on retrace l'évolution d'une langue au cours des âges. A la place des mots et des sons, les scientifiques juxtaposent les acides aminés ayant donné naissance à différentes variétés de protéines pour tenter de reconstruire les séquences des premiers acides aminés.
Eric Gaucher de l'université de Floride publia le 18 septembre 2003 dans le magazine Nature une étude faite à partir de 55 bactéries modernes desquelles il avait extrait une protéine appelée le facteur d'élongation EF-Tu. Il faut savoir que la synthèse des protéines se divise en trois étapes : l'élongation au cours de laquelle la protéine reconnaît le codon, forme la liaison peptidique et assure la translocation du ribosome; la deuxième étape est l'initialisation du processus et la troisième étape libère une nouvelle chaîne polypeptidique.
Afin de reconstruire l'ancienne protéine, Gaucher et son collègue Benner séquencèrent chaque protéine grâce à une analyse informatique et en ont extrait les séquences communes à tous ces acides aminés. Le résultat fut une représentation de la protéine ancestrale. Restait à la ressusciter dans le monde réel afin qu'elle fabrique cette protéine. Gaucher et Benner l'incorporèrent dans le matériel génétique d'Escherichia coli, une bactérie très connue des laborantins et fidèle ouvrière de notre intestin, afin que cette bactérie exprime ce gène. Ensuite la protéine fut extraite, purifiée et sa stabilité thermique fut mesurée.
En faisant varier la température ambiante, Gaucher et Benner constatèrent qu'entre 55 et 65°C la protéine assurait le mieux sa tâche de transcription et de traduction génétique. A plus haute température, la protéine ancestrale se désagrégeait.
Cette découverte n'implique pas que la Terre entière présentait une température de l'ordre de 60°C il y a milliard d'années d'ici, mais plutôt que des bactéries dont les gênes ont survécu et ont été incorporés dans nos bactéries modernes descendent d'organismes qui proliféraient à cette température. "Pourquoi cela fut-il un succès, demeure un mystère", avoue Gaucher. "Pour certaines raisons dit-il, les bactéries thermophiles vivant à 55-65°C avaient fait des innovations permettant à leur descendants de conquérir toute la planète au dépend des autres espèces vivant probablement dans d'autres environnements. Et c'est cela qui est le plus étonnant".
Un monde plongé dans une température ambiante de 60°C est génétiquement comparable à ce qu'endure un microbe moderne comme Pyrolobus fumarii qui vit sur le volcan du Stromboli ou de l'Etna par près de 113°C. Pyrolobus est un hyperthermophile comme le sont Thermotoga maritime et Aquifex aeolicus présentés ci-dessus qui se développent à une température de 85 et 96°C. Ceux deux dernières espèces sont à la racine de la branche bactérienne de l'arbre universel de la vie tel que l'a imaginé Carl Woese. Ces créatures tentent à confirmer que l'ancêtre commun des formes de vie modernes fut un organisme hyperthermophile.
Ainsi que nous l'avons dit, la plupart des hyperthermophiles vivent près des évents hydrothermaux. Ce sont des environnements très spécialisés contenant beaucoup de petites niches écologiques qui ne survivent que dans une étroite marge de températures. Un organisme adapté à vivre à 80°C peut mourir si on le déplace de quelques mètres où la température n'est plus que de 60°C. Ces microbes ont développé des biomolécules uniques capables de s'adapter et de stabiliser les fluctuations très importantes de température. Les expériences conduites sur la protéine du facteur d'élongation (FE) de Thermotoga ont démontré que cette molécule était optimisée pour fonctionner entre 50 et 85°C.
Le danger est bien réel, et il est la!!
Baleines, les laisserons-nous vivre?!
Changements climatiques.
L'océan et ses habitants seront affectés de manière irréversible par les effets du réchauffement mondial et des changements climatiques. Les scientifiques expliquent que le réchauffement de la planète augmente les températures de l'eau de la mer, va augmenter le niveau des mers et des océans et modifier les courants océaniques.
L'inlandsis de l'Antarctique orientale.
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