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Un autre type de vie?!

 

De la génération spontanée à l'évolution chimique.

 

 

 

 

puesta de Sol
Coucher de Soleil.

La génération spontanée.
L'idée que la vie puisse émerger du monde inerte est vieille comme le monde. Les civilisations antiques croyaient que les pucerons sortaient des bambous, et que la boue pouvait engendrer des vers ou des grenouilles. Cette théorie de la génération spontanée, due à Aristote, traversera le moyen âge et sera encore évoquée à la Renaissance.
Au XVII e siècle, un médecin flamand, Van Helmont, tente de prouver scientifiquement le bien fondé de la
génération spontanée. Helmont mélange des grains de blé avec une chemise souillée de sueur humaine et après 21 jours d'incubation, obtient ... des souris ! Sorties du néant, ces dernières prouvaient de manière irréfutable que le monde de l'inanimé pouvait laisser place au monde du vivant. Dans cette expérience et dans celles qui suivront, la croyance en une génération spontanée sera souvent due à une mauvaise interprétation d'observations réelles.

La théorie de la génération spontanée sera égratignée pour la première fois par Francesco Redi, qui prouve en 1668 que l'apparition d'asticots sur un morceau de viande en putréfaction n'a pas lieu si l'on prend soin de recouvrir les bocaux d'une fine mousseline. Après la découverte des micro-organismes par Antony Van Leeuwenhoek, la génération spontanée réduit son domaine d'influence et tend à se restreindre au monde microscopique. De nombreux savants de renoms comme Buffon adhérent à l'idée que les animalcules qui grouillent dans la moindre goutte d'eau se forment spontanément. John Needham, un ami de Buffon, tente de stériliser différents milieux organiques en chauffant des fioles hermétiquement closes. Après quelques jours, ces dernières pullulent de microbes. Ces derniers semblent capables d'apparaître n'importe où !

L'un des détracteurs de la théorie de la génération spontanée, l'abbé italien Lazzaro Spallanzani, n'a cependant qu'une confiance limitée dans le protocole opératoire de Needham. Il reprend les expériences de ce dernier, en augmentant les températures et le temps d'ébullition. Plus aucun microorganisme ne se développe dans les fioles scellées ... Malgré ces expériences frappantes, la croyance l'emporte sur la réalité, et la génération spontanée est toujours considérée comme un fait scientifiquement prouvé. En 1860, Félix Pouchet publiera même un ouvrage sur le sujet. Deux années plus tard, en 1862, Pasteur donnera enfin le coup de grâce à cette théorie en montrant que le développement d'organismes dans un milieu préalablement stérilisé est uniquement dû à une contamination par des microbes contenu dans l'air ambiant.
Au XIXe siècle,les scientifiques pensaient également que la différence entre le vivant et le minéral tenait à
l'action d'une émanation mystérieuse, la force vitale. Selon la théorie du vitalisme, les composés organiques devaient être impossibles à fabriquer à partir de composés minéraux. En 1828, en réussissant la synthèse de l'urée à partir de cyanate d'argent, Friedrich Wöhler mit un terme au vitalisme (Wöhler lui-même refusa de croire les résultats de son expérience, et il faudra attendre la synthèse de l'acide acétique en 1845 pour que le vitalisme disparaisse définitivement).

Avec la réfutation de la génération spontanée, l'origine du vivant redevient un mystère. En 1859, Charles Darwin révolutionne la biologie en publiant l'un des ouvrages les plus célèbres de tous les temps, L'origine des espèces. Cet ouvrage sera le fruit de nombreuses années d'observations que Darwin effectue lors de son périple sur le Beagle, entre 1831 et 1836. Au cours de cette période, Darwin se rendra sur les îles du Cap Vert, au Brésil, sur la Terre de Feu et aux îles Galápagos. Il commence à interpréter ses observations deux ans après son retour en Europe, mais, désireux de rassembler le maximum de preuves avant de publier le moindre résultat, il passe de nombreuses années à peaufiner sa théorie. Ce n'est que pour éviter de perdre la paternité de sa découverte (un anglais, Wallace, travaille lui aussi sur le concept d'évolution) que le savant publie son ouvrage dans l'urgence en 1859. Pour Darwin, l'évolution des organismes est rendue possible par l'apparition d'un grand nombre de variations au sein d'un groupe, les variations présentant un avantage étant valorisées par sélection naturelle.

Malgré le fait que la problématique de l'évolution biologique soit fortement liée à la question des origines de la vie, Darwin restera très prudent sur le sujet. Dans une communication personnelle écrite en 1871 et adressée à son ami botaniste Joseph Hooker (travaillant à Cambridge), il suggère que des petites mares tièdes ont pu représenter des environnements favorables à la vie. Selon lui, la présence de composés chimiques ainsi que l'existence de sources d'énergie aurait pu permettre l'apparition de composés protéiques qui auraient ensuite évolué vers des formes plus complexes. Tous les organismes actuels résulteraient alors de l'évolution biologique d'un organisme primordial, qui détiendrait la clé du mystère des origines de la vie.

"On dit souvent que toutes les conditions pour la première production d'un organisme vivant qui sont maintenant réunies, pourraient ne l'avoir jamais été. Mais si (et oh !, quel grand si) nous pouvions concevoir, dans quelque petite mare chaude, en présence de toutes sortes de sels d'ammoniac et d'acide phosphorique, de lumière, de chaleur, d'électricité, etc., qu'un composé de protéine fût chimiquement formé, prêt à subir des changements encore plus complexes, au jour d'aujourd'hui une telle matière serait instantanément dévorée ou absorbée, ce qui n'aurait pas été le cas avant l'apparition des créatures vivantes"

 

 

Planeta Tierra
Planète Terre, le mystère d'une vie.

La panspermie.
En 1865, l'allemand Hermann Richter estime que l'on fait peut-être fausse route en cherchant les origines de la vie sur notre planète. Selon lui, la vie pourrait venir des profondeurs de l'espace, et la Terre aurait très bien pu être ensemencée par des particules célestes grouillants d'êtres vivants, les cosmozoaires. Enfouis au cœur des météorites, ces derniers pourraient traverser l'atmosphère terrestre sans subir de dommages importants. Cette théorie est considérée avec un grand sérieux par le monde scientifique. Lord Kevin développera une théorie similaire et Pasteur lui-même cherchera des microorganismes dans les météorites.

En 1903, Svante Arrhenius reprend l'idée de Richter en l'améliorant. Arrhenius est persuadé que l'espace est peuplé de spores qui vagabondant dans les immensités interstellaires, poussés par le rayonnement des étoiles. Il étudie en détail le problème du déplacement de ces spores, ainsi que leur capacité de résistance aux températures excessivement basses du milieu cosmique. Selon lui, le fait que des spores d'organismes terrestres soient encore viables après avoir été plongées dans de l'azote liquide prouve que celles-ci peuvent parfaitement s'accommoder du froid spatial. A l'époque, on ignorait cependant l'existence du vide, du rayonnement ultraviolet et les rayons cosmiques.

Cette théorie, qui affirme que la vie vient du Cosmos, porte le nom de panspermie. Aussi séduisante soit-elle, la panspermie ne fait cependant que repousser le mystère des origines de la vie, en le déplaçant de la Terre vers l'espace. Si la vie est née en même temps que l'Univers, et qu'elle existe depuis toujours, cela explique sa présence sur Terre, sans pour autant résoudre le problème de son apparition dans l'Univers.

Malgré son age honorable, l'hypothèse de l'ensemencement des planètes par des météorites porteuses de germes est toujours d'actualité. Comme nous le verrons par la suite, la découverte de la résistance des bactéries aux conditions extrêmes du milieu spatial, ainsi qu'à la chaleur dégagée lors d'un impact météoritique et de la rentrée atmosphérique, a remis la théorie de la panspermie sur le devant de la scène.

 

 

Neptuno
Planète Neptune.

Oparin et l'évolution chimique.
L'étude de l'origine de la vie va faire un bond en avant avec les travaux du biochimiste soviétique Aleksandr Oparin. Ce dernier publie en 1924 un ouvrage judicieusement intitulé L'origine de la vie, dans lequel il développe une théorie audacieuse. Pour lui, l'évolution biologique aurait été précédée d'une évolution chimique. Oparin affinera ses idées dans un second ouvrage publié en 1936, qui connaîtra une diffusion plus large (il sera traduit en anglais deux années plus tard).

Oparin suppose que l'atmosphère terrestre primitive devait être bien différente de notre atmosphère actuelle. Dépourvue d'oxygène, elle était par contre riche en méthane et ammoniac. Dans cette atmosphère, des molécules comme l'acide cyanhydrique ou le formaldéhyde peuvent se former. Ces composés se dissolvent ensuite dans les océans, mers et lacs, avant de se combiner pour donner naissance à des molécules d'intérêt biologique, comme les acides aminés (composants des protéines), les sucres et les bases azotées (composants des acides nucléiques). Ces briques du vivant, en s'assemblant entre elles grâce à l'action catalytique de composés organiques ou de matrices argileuses minérales, finissent par former les macromolécules (protéines et acides nucléiques) constitutives des cellules vivantes.

Des structures colloïdales en forme de petites sphères creuses apparaissent simultanément. Avec le temps, ces petites vésicules concentrent les macromolécules. Puisant dans le milieu extérieur les éléments nécessaires à leur croissance, capables de se reproduire et soumis à la sélection chimique naturelle, ces systèmes chimiques ont fini par devenir vivant. Les premières cellules étaient nées...

La théorie d'Oparin est une sorte de génération spontanée, mais qui intervient sur une période de temps très longue, et elle ne constitue donc aucunement une réfutation des travaux de Pasteur. Quelques années plus tard, en 1927, et sans avoir eu connaissance des idées d'Oparin, un biologiste anglais, John Burton Haldane, avance la même hypothèse. Pour ces deux chercheurs, la vie serait donc apparue suite à la synthèse de molécules organiques dans l'atmosphère, suivi de leur dissolution dans des lacs ou des océans. Dans ce milieu aqueux, la matière se serait complexifiée pour donner naissance aux premières cellules (hétérotrophes, puisque ces dernières se nourrissaient de matières organiques). Pour décrire les processus et les molécules aboutissant à l'émergence du vivant, Oparin invente le terme prébiotique.

 

 

Marte
Planète Mars.

L'expérience de Stanley Miller.
L'hypothèse d'Oparin/Haldane, bien que séduisante, devait être vérifiée par l'expérimentation en laboratoire. L'environnement terrestre ayant profondément changé, il n'est effectivement plus possible d'observer sur Terre cette évolution chimique. Les molécules qui se formeraient aujourd'hui par des processus prébiotiques seraient immédiatement détruites par l'oxygène atmosphérique ou consommées par des êtres vivants.

En 1953, Stanley Miller, un jeune étudiant de 23 ans préparant sa thèse sous la direction du prix Nobel de chimie Harold Urey (1934, découverte de l'eau lourde), tente de simuler la synthèse de molécules organiques dans un environnement rappelant celui de la Terre primitive. Pour Oparin, l'atmosphère terrestre était un milieu réducteur. Le jeune chimiste fabrique donc une atmosphère similaire à celle de la Terre primitive en mélangeant dans un ballon de l'hydrogène, du méthane, de l'ammoniac et de la vapeur d'eau. En guise de lacs, Miller verse au fond de son ballon une petite quantité d'eau, qu'il chauffe avec beaucoup de soin (la Terre primitive étant considéré comme un environnement chaud). Pour finir, Miller soumet son modèle de terre primitive à des décharges électriques sensées simuler les éclairs orageux zébrant la basse troposphère terrestre.

Après plusieurs jours, Miller constate qu'un matériau sombre et peu engageant s'est déposé sur les parois du ballon. L'analyse du dépôt montre que celui-ci est constitué de nombreux composés organiques, en particulier du formaldéhyde et de l'acide cyanhydrique (deux molécules qui jouent des rôles clés dans la synthèse de molécules organiques d'intérêt biologique), ainsi qu'une petite quantités d'acides aminés (4 en tout), en majorité de la glycine. Grâce à une expérience très simple, Stanley Miller venait de prouver que la synthèse des briques du vivant était possible à partir d'un mélange chimique très simple. Cette expérience lui a valu une renommée mondiale, et pas un livre traitant des origines de la vie ne débute sans citer les travaux de Miller.

Après la publication des ses résultats dans un timide article de deux pages paru dans la revue Science, l'expérience de Miller a été refaite des centaines de fois par de nombreux laboratoires, dans de nombreuses variantes. Les chimistes ont testé des cocktails de différents composés gazeux (vapeur d'eau, monoxyde et dioxyde de carbone, ammoniac, sulfure d'hydrogène, acide cyanhydrique, hydrogène, etc), ainsi que différentes sources d'énergies (décharges électriques, chocs thermiques, rayonnement UV, X ou gamma, ondes de choc). Sur la Terre primitive, les deux principales sources d'énergie devaient être les éclairs orageux et le rayonnement ultraviolet solaire.

En compilant les résultats, les chimistes se sont premièrement aperçus que la synthèse de composés organiques selon le modèle de Miller ne présentait pas que des avantages. Le premier écueil est du aux très nombreuses réactions chimiques qui prennent place dans les ballons. Certaines réactions parasites consomment des molécules importantes, ce qui diminue l'efficacité des bonnes réactions. L'eau peut également provoquer des réactions d'hydrolyse, et détruire ainsi certains réactifs de départ ou produits d'arrivée. Enfin, la dispersion des composés dans un milieu aqueux ne favorise pas le rapprochement des molécules, et limite donc le nombre de réactions chimiques pouvant avoir lieu.

Ces séries d'expériences ont également montré que l'atmosphère la plus propice à la synthèse de composés organiques est une atmosphère réductrice, composé de méthane, d'azote et de vapeur d'eau, avec un soupçon d'hydrogène. Dans ces conditions, il est possible de former la quasi-totalité des acides aminés rentrant dans la composition des protéines ainsi que les bases puriques et pyrimidiques des acides nucléiques. A l'inverse, une atmosphère oxydée, riche en dioxyde de carbone, n'est guère favorable à des synthèses prébiotiques. Or nous savons aujourd'hui que l'atmosphère de la Terre primitive devait être semblable aux atmosphères de Mars et de Venus, qui sont composées principalement de dioxyde de carbone.

Il est donc probable que l'atmosphère de la Terre primitive n'a pas contribué de façon significative à la synthèse de matière organique. Certaines réactions chimiques ont bien sûr pu produire des composés organiques d'intérêt biologique. Les réactions qui prennent place à la surface des grains en suspension dans l'atmosphère (chimie hétérogène), et pour lesquelles les études sont encore limitées, ont également pu jouer un rôle non négligeable. Néanmoins, il semble de plus en plus évident que les briques de la matière vivante ont été apportées sur Terre par une autre source que l'atmosphère ...

 

Pollution & CO2

 

Un satellite,
et les premières images des émissions régionales de CO2.

 

 

 

 

Skylab Tierra
Skylab & Terre.

Concentrations de CO2 (en bas) en ppm sur le Benelux entre 2003 et 2005
crédit : ESA - DLR - IUP, Univ.BremenLe capteur SCIAMACHY à bord du satellite environnemental Envisat de l'Agence spatiale européenne (ESA) a détecté pour la première fois la distribution régionale de dioxyde de carbone provenant d'émissions d'origine anthropique (activités humaines). Un niveau élevé de cette forme de CO2 a été observé au niveau de la zone la plus peuplée d'Europe, c'est-à-dire la région située entre Amsterdam (Pays-Bas) et Francfort (Allemagne).
Les émissions de CO2 sont produites naturellement par tous les animaux, les plantes, les champignons et les microorganismes durant le processus de respiration. Chaque année, 30 milliards de tonnes de CO2 supplémentaires sont libérées dans l'atmosphère en raison d'activités humaines, notamment à travers la combustion de combustibles fossiles pour la production d'électricité, l'industrie et la circulation.

 


paseo espacial
Promenade dans l'espace.(NASA)

D'après le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), les niveaux d'émissions de CO2 et d'autres gaz à effet de serre ont augmenté, de même que les températures de l'air et de l'océan. En résultent une augmentation des niveaux de la mer, la fonte des calottes glaciaires et des conditions météorologiques plus extrêmes.

Cependant, afin de prédire au mieux les émissions futures, il est indispensable de mieux comprendre les flux de CO2 d'origines naturelle et anthropique. C'est ici que le capteur SCIAMACHY entre en jeu. Cet instrument dresse la carte de l'atmosphère à travers une très large plage de longueurs d'ondes qui permet la détection de gaz de trace, d'ozone et de gaz connexes, de nuages ainsi que de particules de poussière dans l'atmosphère. Il mesure le rayonnement solaire, transmis, réfléchi et diffusé par l'atmosphère ou la surface terrestre dans des plages de longueur d'onde de l'ultraviolet, du visible et du proche infrarouge. Avec une fauchée de 960 km, il balaye la totalité de la planète tous les six jours.
Michael Buchwitz, de l'institut de la physique de l'environnement (IUP) de l'université de Brême (Allemagne), et ses collègues ont traité et analysé les données offertes par le capteur. Cela leur a permis de détecter le signal atmosphérique de CO2 relativement faible émanant des émissions de CO2 régionales «anthropogéniques» (ou d'origine humaine) au dessus de l'Europe. Une grande couche de CO2 semble recouvrir la zone s'étendant d'Amsterdam à Francfort.


 

Hubbel
Hubbel & Terre (NASA)

La détection de ces flux de CO2 d'origine humaine n'est pas un exploit facile, comme l'explique le Dr Buchwitz: «Les flux naturels de CO2 situés entre l'atmosphère et la surface terrestre sont habituellement supérieurs aux flux de CO2 émanant d'émissions de CO2 d'origine humaine. Ainsi, la détection de signaux d'émissions de CO2 régionales anthropogéniques est relativement difficile. Notre capacité à détecter par région le CO2 dans l'atmosphère en Europe confirme la qualité élevée des mesures de CO2 fournies par le SCIAMACHY.»

 

 

dibujo hubble
Telescope Hubbel(dessin)

L'équipe de chercheurs compte désormais analyser davantage ses observations. «Nous nous sommes assurés que le modèle spatial de CO2 que nous mesurons corresponde aux bases de données d'émissions de CO2 actuelles ainsi qu'à la densité de la population. Cependant, davantage d'études sont nécessaires avant que des conclusions quantitatives définitives concernant les émissions de CO2 ne puissent être tirées», déclare le Dr Buchwitz.
Beaucoup d'efforts doivent encore être fournis afin de comprendre les sources de CO2 telles que les incendies, l'activité volcanique et la respiration des organismes vivants ainsi que ses puits naturels, tels que la terre et l'océan. «Nous savons qu'environ la moitié du CO2 émise par les hommes chaque année est absorbée par des puits de carbone naturels sur terre et dans les océans. Toutefois, nous ne savons pas exactement où se trouvent ces puits importants et dans quelle mesure ils absorbent le CO2 que nous émettons», explique le Dr Buchwitz.

 


Un satellite fournit les premières images des émissions régionales de CO2
Mesure CO2

Les données obtenues par le SCIAMACHY nous renseigneront sur la localisation des sources et des puits de CO2, et également sur la façon dont les puits de carbone réagiront à un climat changeant. «Grâce à nos mesures par satellite, nous espérons pouvoir apporter des réponses à ces questions et procéder à des prévisions fiables», déclare le Dr Buchwitz. À l'aide de ces prévisions, les scientifiques seront mieux équipés pour surveiller les progrès vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tels que requis par le protocole de Kyoto.

 

Une autre vie ailleurs?!

 
L'EXOBIOLOGIE. 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Une Odyssée dans l'espace!
 
Le terme exobiologie fut inventé dans les années 1960 par Joshua Lederberg. Il désigne l'étude de l'origine, de la distribution et de l'évolution de la vie dans l'Univers, ainsi que des processus et structures qui y sont associées. Domaine de recherche pluridisciplinaire par excellence, cette science n'a pas encore reçu de nom officiel, et certains auteurs parlent aussi d'astrobiologie, de bioastronomie et de cosmobiologie. Ces appellations multiples sont probablement dues à la jeunesse de l'exobiologie. Espérons que lorsque cette science obtiendra la légitimité et la respectabilité qu'elle mérite amplement, un consensus sera rapidement trouvé. Pour ma part, j'utiliserai le terme pionnier d'exobiologie tout au long de ce dossier.

 

 

Planètes
Une vie ailleurs?!

Une interrogation vieille comme le Monde.
Le concept de l'existence d'une vie extraterrestre est extrêmement vieux. Ainsi, il est enseigné en Grèce
antique. Après le moyen âge, il redevient progressivement populaire et prendra de l'importance au XVIIe

siècle, grâce notamment de la découverte des instruments astronomiques, lunettes puis télescopes.

En 1543, Nicolas Copernic, alors à l'article de la mort, publie De Revolutionibus Orbium Caelestium. Dans cet ouvrage sulfureux, Copernic prétend que la Terre n'est pas au centre de l'Univers, mais qu'elle orbite simplement autour de notre soleil comme les autres planètes. Même si le concept de pluralité (c'est à dire d'existence d'autres mondes habités) n'y apparaît pas explicitement, le fait d'avoir désacralisé la Terre, qui n'est finalement qu'une planète comme une autre, va enflammer l'imagination de certains penseurs. Malheureusement, les esprits n'étaient pas encore prêts à embrasser une telle révolution. En 1600, le philosophe italien Giordano Bruno finit sur le bûcher pour avoir osé clamer que la Terre n'est qu'une planète habitée parmi une infinité d'autres dans le vaste Univers.

L'arrivée des instruments d'observation astronomiques va permettre au pluralisme d'être abordé non plus exclusivement par les philosophes, mais aussi et surtout par les scientifiques. L'astronome allemand Johannes Kepler, l'inventeur des trois lois du même nom, estime que la vie a pu également se développer sur Jupiter et sur la Lune. Dans son ouvrage Cosmotheoros publié en 1698, Christian Huygens tente pour la première fois d'élucider la lancinante question de la pluralité des mondes par le biais de la méthode scientifique.

La possibilité d'existence d'autres humanités fascine également le public, et le premier ouvrage de vulgarisation parait en 1686, lorsque Bernard le Bovier de Fontenelle publie ses Entretiens sur la pluralité des mondes. Celui qui contribua à une large diffusion de cette idée auprès du public fut cependant Camille Flammarion. Le jeune Flammarion n'avait que 19 ans lorsqu'il publia La pluralité des mondes habités en 1862. D'autres livres suivront, comme Les mondes imaginaires et les Mondes réels, Astronomie populaire ou Contemplations scientifiques. Depuis ces premiers écrits qui interpellait la curiosité humaine, l'intérêt du public pour la question de l'existence d'une vie extraterrestre ne s'est jamais démenti, et cette introspection sur nos origines, notre devenir et notre place dans l'Univers nous plonge encore aujourd'hui dans le plus grand désarroi.

 

 

Copie de TempeteTropicale
Atmosphère terrestre.

L'exobiologie, science pluridisciplinaire.
Par définition, l'exobiologie va s'intéresser à plusieurs thématiques :

  • L'étude des origines et de l'évolution de la vie terrestre. Pour comprendre les mécanismes qui ont permis à la vie d'apparaître sur notre planète, les scientifiques se reposent sur deux démarches complémentaires. Les chimistes tentent de reproduire en éprouvette ou sur ordinateur les conditions qui régnaient sur la Terre primitive, dans le but de découvrir les réactions chimiques qui ont conduit à l'émergence des molécules biologiques (acides nucléiques, protéines) puis plus tard des cellules. De leur côté, les biologistes recherchent parmi tous les organismes connus les formes les plus primitives possibles, étant donné que ces dernières pourraient avoir conservé certaines des caractéristiques de la cellule ancestrale qui a engendré toutes les autres.
  • La recherche directe de systèmes vivants ou de leurs traces sur les autres planètes et satellites du système solaire. Jusqu'à présent, les seules formes de vie que nous connaissons dans l'Univers sont terrestres. La découverte d'organismes extraterrestres, en nous offrant la possibilité d'étudier d'autres modèles, nous permettrait d'améliorer notre définition du vivant. Si nous découvrons une vie sur Mars, et si cette vie est différente de la vie terrestre, alors nous serons capables de séparer les caractéristiques universelles du monde vivant de spécificités purement terrestres ou martiennes. Contrairement à la Terre, des planètes comme Mars ont également conservé des traces de la première partie de leur histoire, et offrent donc de formidables opportunités pour remonter dans le temps, vers la période cruciale ou la vie est apparue.
  • La détection de signaux radio provenant d'éventuelles civilisations avancées (programmes SETI).
    L'exobiologie est une science extrêmement vaste qui s'appuie sur de très nombreuses disciplines : astrophysique, astronomie, climatologie et sciences de l'atmosphère, géologie, géochimie et géophysique, chimie, biochimie, microbiologie, paléontologie. Malgré la diversité de ses approches, elle s'intéresse néanmoins à un objet d'étude unique, la vie. Il est paradoxal de constater que malgré notre propre appartenance au monde vivant, et malgré son omniprésence à la surface de notre globe, nous nous interrogeons encore aujourd'hui sur la meilleure définition à donner à la vie.

 

 

Exoplanet hd_209458
Exoplanète HD 209458

Une définition de la vie.
Définir la vie est une tache ardue, qui suscite encore aujourd'hui bien des débats passionnés entre experts. Chacun, selon sa propre spécialité, à une définition particulière à offrir. Pour Xavier Bichat, anatomiste et physiologiste, la vie regroupe l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort. Dans les années 1970, Jacques Monod (prix Nobel de biologie), suggère dans son célèbre ouvrage Le Hasard et la Nécessité que la vie est une propriété des objets doués d'un projet (concept de téléonomie). Ces objets peuvent être comparés à des machines capables de s'autoassembler et de transmettre leur plan de construction à la génération suivante.

Dans les années 1950, le physicien Erwin Schrödinger définit la vie selon une vision thermodynamique : selon lui, tous les êtres vivants n'ont de cesse de s'écarter de l'entropie maximale, cette équilibre ultime représentant la mort thermodynamique. Ainsi, les cellules vivantes cherchent désespérément à se maintenir hors de l'état d'équilibre, et luttent farouchement contre l'inéluctable désorganisation de leurs structures.

Pour un biologiste cellulaire, la vie sera d'abord et avant tout la cellule, avec ses capacités de reproduction et son métabolisme. Pour un biologiste moléculaire, ce sera plutôt un système moléculaire capable d'auto duplication et d'évolution par mutation.

Si l'on veut synthétiser tous ces différents points de vue, on pourra définir la vie comme un système complexe, contenant une grande quantité d'informations, capable de duplication et d'évolution par mutation, et caractérisé par sa reproduction, son métabolisme, son homéostasie et sa lutte contre l'équilibre thermodynamique.

Il est intéressant de remarquer que beaucoup de systèmes répondent plus ou moins à cette définition très large. Par exemple, on peut considérer la combustion de la cire d'une bougie comme une sorte de métabolisme. De la même manière, des cristaux en formation dans une solution se reproduiront à l'identique, et sont donc capables d'autoréplication. Pourtant, ces deux corps (la bougie et les cristaux) ne sont pas vivants. Nous ferons plus loin que l'idée que la matière minérale puisse être étroitement associée à l'apparition du vivant est défendue vigoureusement par certains scientifiques.

 

 

callisto
Calisto.

La diversité du monde vivant.
Le monde vivant a été segmenté en trois grands domaines : le domaine des Archeabactéries regroupe des organismes unicellulaires procaryotes capables de vivre dans des environnements extrêmes, comme des milieux très chauds, très salés, très acides ou alcalins, ou encore totalement dépourvus d'oxygène. Le domaine des eubactéries (ou bactéries vraies) rassemble ce que nous appelons communément des bactéries. Enfin, le domaine des eucaryotes regroupe des êtres unicellulaires ou pluricellulaires. On y trouve les champignons, les plantes, les animaux et l'homme.

Comme l'arbre que nous venons de décrire le suggère, la vie est extrêmement diverse et variée. Les êtres vivants se distinguent les uns des autres par la taille (du micromètre au mètre), les mécanismes de reproduction (sexuée, asexuée), les mécanismes de récupération d'énergie (photosynthèse, chimiosynthèse, hétérotrophie), ou encore les milieux colonisés.

Le monde microbien fait en particulier preuve de facultés d'adaptation phénoménales. Certaines bactéries adorent se prélasser dans des eaux dépassant les 100°C, tandis que d'autres ne se sentent à l'aise que lorsque la température frôle les -10°C. Des milieux extrêmement acides, basiques ou salins ne semblent pas constituer un obstacle pour la prolifération de souches particulièrement coriaces. On a découvert très récemment que certains organismes étaient capable de se nicher dans des endroits que l'on pensait totalement impropre au développement de la vie. Ainsi, on a retrouvé des écosystèmes autour des cheminées hydrothermales océaniques, par plusieurs milliers de mètres de fond. Des cellules bactériennes ont été découvertes dans des sédiments marins profonds, ou à plusieurs kilomètres de profondeur dans des basaltes de la croûte terrestre. Des streptocoques fixés sur la caméra de la sonde lunaire Surveyor 3 ont été ramenés sain et sauf sur Terre par les astronautes de la mission Apollo 12. La bactérie Deinococcus radiodurans résiste à des doses de radiations qui tueraient à coup sur un homme, et nargue les microbiologistes en se développant dans les conduites d'eau de refroidissement des réacteurs nucléaires !

 

 

Triton
Triton.

Chez certaines bactéries, la durée de vie, ainsi que les vitesses du métabolisme ou de la reproduction peuvent allégrement dépasser les limites couramment admises. Selon certains scientifiques, les cellules que l'on a retrouvé encastrées dans des fragments de la croûte terrestre pourraient se diviser une fois par siècle, et atteindre des ages plus que respectables ! La vie semble donc être présente dans les endroits les plus hostiles de notre planète et on ne peut qu'être admiratif devant sa formidable capacité d'adaptation. Chaque découverte étend les frontières spatiales et temporelles de la biosphère, et il y a fort à parier que nous ne connaissons qu'une infime parcelle du nombre d'espèces vivant sur notre planète.

En dépit de sa diversité extrême, le monde vivant présente néanmoins une grande unité. Chaque être vivant est constitué d'une ou de plusieurs cellules, et ces dernières résultent de l'assemblage de molécules construites autour d'un squelette d'atomes de carbone. Le code génétique, qui contient toutes les instructions nécessaires à la fabrication et au fonctionnement d'une cellule vivante, est identique chez pratiquement tous les êtres vivants, et est imprimé dans des mémoires universelles que l'on nomme acides nucléiques. Quelque soit leur nature ou leur fonction, toutes les protéines sont fabriquées à partir d'un jeu de 20 acides aminés, que l'on retrouve aussi bien chez une bactérie que chez un éléphant.

 

 

logo-clonage
Cellules & Clonage.

La cellule et ses composants.
L'unité de la vie, c'est la cellule. Découverte par Antony Van Leeuwenhoek, c'est la structure universelle du vivant. A l'exception des virus, qui ne sont pas à proprement parler vivants, tous les êtres vivants sont constitués de cellules appartenant à deux grands types :

  • Les cellules procaryotes : Ces cellules, dont la taille avoisine le micron, sont constituées d'une membrane (renforcée le plus souvent d'une paroi) englobant un liquide gélatineux hyalin, le cytoplasme. Ce dernier contient de nombreux éléments indispensables à la vie de la cellule, en particulier les ribosomes (site d'assemblage des protéines). L'ADN, dont le rôle est de stocker et de transmettre l'information génétique d'une génération à l'autre, est simplement présent sous la forme d'une longue chaîne flottant librement dans le cytoplasme. Par rapport au deuxième type cellulaire, les procaryotes peuvent être qualifiés de primitifs. Ces cellules n'en sont pas moins des assemblages moléculaires d'une complexité effarante, capables de s'accommoder des environnements les plus variés et les plus extrêmes. Les eubactéries et les archeabactéries sont des procaryotes.
  • Les cellules eucaryotes : Par rapport aux cellules procaryotes, les cellules eucaryotes sont généralement plus grandes, avec une taille moyenne de 10 microns. La différence la plus flagrante avec les procaryotes concerne la localisation de l'ADN, qui est cette fois enfermé dans un noyau. De nombreux organistes spécialisés baignent également dans le cytoplasme, comme les mitochondries (centrale énergétique) ou les chloroplastes (unité réalisant la photosynthèse). Ces organites sont en fait d'anciennes cellules procaryotes qui ont été ingérées par des cellules eucaryotes ancestrales, et qui vivent depuis en parfaite symbiose avec leur hôte. Contrairement aux procaryotes, la synthèse des protéines n'a plus lieu directement dans le cytoplasme, mais à l'intérieur d'un ensemble de vésicules tapissées de ribosomes, le réticulum endoplasmique. Une fois la synthèse terminée, les protéines subissent un processus de maturation dans une structure spécialisée (l'appareil de Golgi) avant d'être finalement larguées dans le cytoplasme. On voit donc que la cellule eucaryote est bien plus compartimentée que la cellule procaryote.

Même si une cellule résulte de l'assemblage d'un nombre proprement stupéfiant de molécules, on peut classer ces constituants en quatre principaux groupes : les sucres (comme le glucose que l'on trouve dans les boissons énergétiques de l'effort ou le saccharose que chacun utilise pour sucrer son café), les lipides (que l'on retrouve surtout dans les membranes cellulaires), les protéines (qui catalysent les réactions chimiques à l'intérieur d'une cellule - enzymes - et qui sont aussi utilisées comme matériau de construction) et enfin les acides nucléiques (qui stockent et transmettent le code génétique).

Quelques notions de biologie moléculaire étant indispensables pour comprendre la problématique des origines de la vie, nous allons brièvement décrire le fonctionnement d'une cellule. Sachant que cette matière est quelque peu rébarbative pour ceux qui n'ont jamais eu de grande affinité avec des matières comme la biochimie et la chimie, nous allons cependant simplifier extrêmement les choses, et aborder la mécanique cellulaire par l'intermédiaire d'une analogie avec une usine.

Dans l'exemple qui suit, notre cellule va devoir fabriquer une protéine très simple, composé de seulement 5 acides aminés (vous pouvez vous représenter une protéine comme un collier de perles, chaque perle étant un acide aminé). Si vous deviez fabriquer vous-même une protéine, la première chose à faire serait de mettre la main sur un plan décrivant sa fabrication. Dans une cellule, ce plan est stocké (avec tout un ensemble d'autres informations) dans une molécule extrêmement complexe que l'on nomme acide nucléique. Il existe deux types d'acides nucléiques : l'ADN ou acide désoxyribonucléique, dont tout le monde a déjà entendu parler depuis son utilisation dans des enquêtes policières, et l'ARN ou acide ribonucléique, moins connu mais qui joue un rôle énorme dans une cellule.

 

 

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Odyssée dans l'espace.

L'ADN est composé de deux chaînes enroulées en hélice, chaque chaîne étant constituée de l'enchaînement de bases azotées qui composent en quelques sortes les lettres de l'alphabet génétique. Les bases azotés sont au nombre de quatre : l'adénine (que l'on représente par la lettre A), la guanine (symbolisée par la lettre G), la thymine (représentée par la lettre T) et enfin la cytosine (symbolisée par la lettre C). Ainsi, la séquence GATTACA (titre d'un superbe film de science-fiction) indique que nous sommes en présence d'un brin d'ADN qui comporte une guanine, une adénine, deux thymines, puis à nouveau une adénine suivie d'une cytosine et enfin d'une adénine.

Dans l'ADN, les bases se sont pas reliées directement entre elles, mais sont portées par un groupement moléculaire bien particulier, le nucléotide, qui constitue véritablement les briques à partir desquels les chaînes d'acides nucléiques sont construites. Chaque nucléotide se compose de l'une des quatre bases azotés que nous avons cité, d'un groupement phosphate et d'un sucre, le désoxyribose. La molécule d'ADN peut-être comparé à un gros bouquin, qui renferme un nombre impressionnant d'information, y compris les instructions pour fabriquer notre petite protéine.

Dans une cellule, les protéines sont fabriquées par d'imposantes usines, que l'on nomme ribosomes. Ces complexes industriels attendent sagement que la cellule leur fournisse les plans des protéines pour commencer à travailler. Une fois en possession des instructions, ils se mettent immédiatement à assembler les protéines demandées. Le problème, c'est que (dans les cellules eucaryotes tout du moins), l'ADN est précieusement conservé dans le noyau de la cellule. Tel une princesse prisonnière d'un donjon, il n'est absolument pas autorisé à sortir ! Sans instructions pour travailler, les ribosomes ne peuvent donc rien faire, à part se tourner les pouces.

La nature doit donc chercher un moyen de transmettre les informations contenues dans le grand livre de l'ADN aux usines d'assemblages. La solution tient en trois lettres : ARN. Cet acide nucléique présente une structure similaire à celle de l'ADN, à l'exception de trois points : il ne possède qu'une seule chaîne, la thymine est remplacée par une autre base, l'uracile, et le désoxyribose est remplacé par un autre sucre, le ribose. Pour apporter l'information aux ribosomes, la cellule va recopier l'information inscrite sur l'ADN au moyen d'une chaîne d'ARN. Cette copie va être réalisée directement dans le noyau cellulaire, par des photocopieuses moléculaires, dont nous tairons le nom et le mécanisme de fonctionnement pour des raisons de clarté. L'étape qui consiste à synthétiser un ARN messager à partir de l'ADN porte le nom de transcription.

Dès que la transcription est terminée, la copie (l'ARN) peut sortir librement du noyau en passant au travers de belles portes toutes rondes, les pores nucléaires. Une fois dans le cytoplasme, l'ARN (que nous appellerons désormais ARN messager, parce qu'il transporte un message) est attrapé par les usines ribosomiques, et ces dernières se mettent en branle.

Comme nous l'avons vu plus haut, les pages du grand livre sont écrites dans un alphabet particulier qui comporte quatre lettres, A, T, G et C. Dans ce langage, les mots (que l'on appelle codon) sont toujours formés de trois lettres. Chaque codon va correspondre à un acide aminé particulier. Ainsi, la lysine sera représentée par le codon AAA, tandis que l'arginine sera codée par le codon AGA, etc. La cellule peut travailler avec 20 acides aminés différents. Dans notre exemple, la cellule veut fabriquer une protéine très modeste de seulement 5 acides aminés. Pour réaliser cette protéine hypothétique, le grand livre de l'ADN comporte cette phrase : ATG AAA CAC AGA CCT CCT TAA. Le premier codon, que l'on appelle codon initiateur, va simplement ordonner au ribosome de se préparer pour la synthèse d'une nouvelle protéine (un peu comme une majuscule signale le début d'une phrase). Le dernier codon, que l'on appelle codon stop, va indiquer au ribosome la fin de la protéine (il joue un peu le rôle d'un point dans une phrase). Les cinq autres codons correspondent aux acides aminés. Si l'on regarde la photocopie réalisée dans le noyau, on s'aperçoit que cette dernière est pratiquement identique à la phrase gravée dans le grand livre de l'ADN, excepté que le T (thymine) sera remplacé par un U (uracile) : AUG AAA CAC AGA CCU CCU UAA. La table qui fait le lien entre un codon et l'acide aminé correspondante constitue le code génétique.

 

 

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Jupiter & Ganimedes.

Revenons au ribosome, qui a déjà commencé à lire séquentiellement la photocopie (ARN messager). En voyant apparaître le codon initiateur AUG, le ribosome réinitialise ses chaînes de montage de protéines et ajoute automatiquement une méthionine, qui sera enlevée par la suite. En avançant d'un cran, le ribosome apprend que la protéine demandée doit se poursuivre par une lysine. Pour les opérations d'assemblage, le ribosome ne dispose malheureusement pas d'un stock d'acides aminés. Ces derniers sont disséminés un peu n'importe où dans le cytoplasme de la cellule. L'usine va alors faire appel à un convoyeur, qui va ici être chargé d'aller attraper une molécule de lysine et de l'amener dans les plus brefs délais au ribosome. Dans la réalité, le convoyeur est une molécule d'ARN, que l'on appelle à juste titre ARN de transfert. Une fois la lysine rapatriée, le ribosome consulte le plan de montage et s'aperçoit qu'il va cette fois avoir besoin d'histidine. Là encore, un ARN de transfert est chargé d'amener le nouvel acide aminé au niveau de la chaîne de montage. Le ribosome unit les deux acides aminés entre eux grâce à une liaison chimique (la liaison peptidique) et sans souffler une seule seconde, passe à l'étape suivante. Après avoir unis les cinq acides aminés, il tombe soudain sur le codon UAA, qui est l'un des trois codons stop (ce dernier est baptisé ocre, les deux autres étant UAG (nom de code ambre) et UGA (nom de code opale) . Le ribosome sait alors que son travail est terminé : il donnera un coup de ciseau, et lâchera la nouvelle protéine dans le cytoplasme ! L'étape qui consiste à lire l'ARN messager pour y puiser les informations nécessaires à la synthèse d'une protéine s'appelle la traduction.

Les protéines, qui sont formées de l'enchaînement d'acides aminés, ont deux fonctions principales dans une cellule : elles peuvent catalyser un très grand nombre de réactions chimiques (le travail de copie de l'ADN en ARN messager dans le noyau est réalisé par des protéines, les photocopieuses de notre exemple), et on les appelle alors des enzymes. D'autres protéines, les protéines de structure, constituent l'armature cellulaire.

Nous avons vu que l'ADN contenait les instructions nécessaires à la fabrication des protéines. En fait, l'ADN contient bien plus que cela. Le grand livre précieusement conservé à abri dans le noyau renferme les plans de la totalité de la cellule ! Au moment d'une division cellulaire classique, c'est la totalité du livre qui est transmis à la nouvelle cellule, qui possède ainsi toute la connaissance de sa cellule parente. Quant à l'ARN, il est responsable de plusieurs fonctions essentielles. Nous avons fait connaissance avec deux types d'ARN : l'ARN messager, qui n'est rien d'autre qu'une copie de certaines pages du livre contenant les plans de la cellule (ADN), et l'ARN de transfert, qui apporte docilement les acides aminés aux usines d'assemblage des protéines, les ribosomes. Il existe également un troisième type d'ARN, qui est justement un constituant majeur des ribosomes eux-mêmes. Cet ARN ribosomial possède certaines fonctions catalytiques généralement réservées aux protéines, un point sur lequel nous ne manquerons pas de revenir. Au vu de ses nombreux rôles, il est en tout cas clair que la vie d'un ARN n'est pas de tout repos !

 

 

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Invasion extraterrestre!?

La chiralité.
Outre l'universalité du code génétique, des acides aminés utilisés pour fabriquer les protéines et des acides nucléiques porteurs d'information, la vie se distingue également par une autre caractéristique remarquable et unique, la chiralité.

Une molécule possédant un atome carbone asymétrique peut se présenter sous deux configurations différentes, image l'une de l'autre dans un miroir (une molécule chirale ne possède pas de centre ni de plan de symétrie). Un atome de carbone asymétrique est un carbone tétraédrique (lié à 4 atomes ou groupement d'atomes) dont les quatre substituants (éléments liés au carbone) sont différents.

Les deux configurations d'une même molécule (que l'on nomme L ou D) possèdent les mêmes propriétés chimiques et physiques, sauf en ce qui concerne le pouvoir rotatoire. Effectivement, l'une des configurations est capable de faire tourner le plan de polarisation de la lumière vers la droite (forme D), tandis que l'autre aura l'action inverse (forme L, déviation du plan de polarisation vers la gauche).

Dans la nature, on rencontre une quantité équivalente de molécules D et de molécules L (mélange racémique). Cependant, pour une raison encore inconnue, les êtres vivants ne travaillent qu'avec une seule configuration. Tous les acides aminés utilisés par les cellules sont de la forme L, et aucune protéine ne contient un acide aminé de la forme D. Au contraire, les sucres rentrant dans la composition des nucléotides (les éléments de base des acides nucléiques) sont tous sans exception de la forme D. Cette bizarrerie de la nature pose de sérieux problèmes aux chimistes, et se révèle extrêmement utile lorsqu'il s'agit d'identifier la provenance de molécules organiques comme les acides aminés ou les sucres.

 

 

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Protoplanètes, une solution??

Conclusion.
Le vivant montre donc une grande unité, ce qui suggère fortement un ancêtre commun à tous les êtres vivants sur notre planète. Comment expliquer sinon que le code génétique soit le même chez une bactérie, un lion ou l'homme ? Que les sucres des acides nucléiques soient tous de la forme D et que la cellule constitue l'unité de base de toutes les formes de vie connues ? A quoi ressemblait cet ancêtre ? Quand est-t-il apparu ? Et surtout, comment est-il sorti du néant ? Nous allons tenter d'apporter quelques éléments de réponse à ces questions...

 

              Deuxième part: De la génération spontanée à l'évolution chimique.

Robots.

Les robots, surprise ou déception?!...

 

 

 
 
 
 
 
 
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Robot et Sage-femme.
 
L'intelligence artificielle:
Après nous avoir leurré avec des androïdes factices comme R2D2 et C-3PO de "Star Wars", Data de "Star Trek", le Terminator ou encore David de "AI", nos ingénieurs commencent à créer des machines qui ressemblent véritablement à des androïdes fonctionnels, au point de duper les enfants qui se demandent si finalement ils ne sont pas vivants... Parfois on peut effectivement se poser la question tellement ces créatures sont réalistes !
Les premiers robots interactifs remontent à 1970, lorsque Tezuka Osamu présenta à l'Exposition Universelle de Tokyo les premiers robots capables de parler et de saluer le public. On nous présenta ensuite un robot musicien à l'Exposition de Tsukuba en 1989.
Il faudra attendre les années 1990 pour que les chercheurs développent les premiers capteurs sensoriels pour la propioception indispensable au déplacement et à la perception des objets.
 
Il existe plusieurs types de robots :
- les robots destinés à la recherche scientifique
- les robots simulateurs
- les robots d'exhibition
- les robots domestiques ou ludiques.
 
 
Les robots de recherche.
Les robots destinés à la recherche scientifique permettent aux cybernéticiens et aux psychologues notamment de mieux comprendre l'élaboration de la pensée et aux chercheurs en neurosciences, en médecine bionique et en biologie notamment, de simuler certaines attitudes afin de mieux comprendre le fonctionnement des membres et les réactions du corps.
 
Cela commença avec le robot COG de Rodney Brooks du MIT en 1991, un robot capable de voir, d’entendre et de réfléchir, et notamment de se regarder dans un miroir en s'identifiant à son image. COG réagit en fonction de son environnement, il apprend à reconnaître les visages et peut suivre des objets en mouvement ou répondre aux stimuli sonores et visuels comme le ferait un enfant. C'est le robot le plus évolué de sa génération.
For de son expérience, Brooks fonda la société iRobot et son expertise technique sera mise à profit pour construire la rover télécommandée Sojourner qui explora la surface de Mars en 1997.
                           A voir : Les vidéos du projet COG du MIT
 
 
 
En 1986, Honda commença à s'intéresser à la fabrication d'un robot humanoïde. Dès le départ, le projet consistait à développer un androïde intelligent et mobile capable à terme d'assurer des fonctions domestiques, plutôt qu'un robot dédié à des tâches particulières.
Honda présenta l'imposant prototype P1 en 1993, qui marchait déjà sur ses deux pieds. Ce robot sera amélioré dans les générations P2 (1996) et P3 (1997). Ces robots sont capables de monter les escaliers ou d'être bousculés sans tomber, chose encore impossible au début des années 1990. P3 mesure 1.60 m et pèse 130 kg. Sa taille a été réduite par rapport aux anciennes générations car on lui a retiré une partie de son système de contrôle qui est décentralisé.
 
En 2001, le DARPA (où fut développé ARPAnet et quantité d'autres innovations de haute technologie) en collaboration avec le centre JSC de la NASA, Vanderbilt, le MIT et l'USC mis au point le "robonaute", le futur collègue de travail des astronautes. Plus résistant, ce robot les secondera un jour lors des sorties extravéhiculaires. Il doit tenir bon durant les 8 heures que dure une EVA, résister à des différences thermiques comprises entre -25°C et +105°C et bien sûr fonctionner dans le vide sous 0g sans montrer la moindre fatigue.
 
 
 
 
 
 
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Robot de compagnie.
 
Les robots d'exhibition.
En 2000, se basant sur l'expérience acquise avec P3, Honda présenta Asimo (Advanced Step in Innovative Mobility), un robot d'exhibition représentant l'aboutissement de 14 années de recherches. Il a été conçu sous la direction de l'ingénieur Masato Hirose.
Ce petit androïde autonome mesure 1.20 m et pèse 53 kg. Il se déplace à 1.6 km/h mais il est capable de courir à allure modérée (12 km/h), de sautiller, de dancer et de monter ou descendre des escaliers. Certes, parfois il rate encore une marche en pleine représentation publique, mais nous en faisons autant, à la différence qu'Asimo ne peut pas encore se relever tout seul.
Mais bien qu'il soit un robot, le voir ainsi alerte, présenter des signes d'intelligence et puis tomber sur un écueil et être incapable de se rétablir, révélait toute l'impuissance des hommes à lui insuffler la vie et les réflexes fondamentaux. A la fois fascinant et pathétique, sa chute dans l'escalier révélait combien le chemin était encore long vers la création d'un androïde totalement autonome.
Asimo participe actuellement à différents événements internationaux, tellement ses performances sont étonnantes et ont séduit le public.
Honda a fabriqué une vingtaine d'exemplaires d'Asimo. Ils ne sont pas à vendre mais peuvent se louer pour des présentations. Ainsi IBM Japon, le Musée des Sciences de Tokyo et deux autres sociétés ont déjà loué les services d'Asimo pour la modique somme de 163000$ par an.
Asimo a un concurrent depuis 2005, le robot Hubo, fabriqué par l'équipe du professeur coréen Oh Jun-Ho. Hubo est capable d'utiliser le langage des signes ainsi que le montre cette vidéo publiée sur Google.
 
               A voir : Le robot P3 de Honda - Le robot Asimo de Honda (YouTube)
 
 
 
 
En 2005, le professeur Hiroshi Ishiguro de l'Intelligent Robotic Laboratory de l'Université d'Osaka mis au point l'androïde féminine Repliee Q1 présentée ci-dessus. Très réaliste au point de confondre ses interlocuteurs, ce robot peut articuler, bouger les bras et sa cage thoracique sous les mouvements de ses poumons. Ce prototype sera suivi par les Repliee versions R1 et Q2.
En 2006, l'Institut japonais de science et de technologie avancée (AIST) de Tsukuba présenta "HRP-2 Promet", un humanoïde robot au look de Goldorak mesurant 1.54m pour 58 kg, capable de vous servir un jus de fruit et d'écarter les obstacles. Ce robot est proposé en location par Kawada Industries.
 
En octobre 2006, la société Kokoro du groupe Sanrio, spécialisée dans les animatroniques, présenta son "actroïde" DER2 que l'on voit ci-dessus, un guide féminin plutôt sexy au réaliste tout aussi étonnant et bénéficiant d'un large éventail d'expressions. Ce robot peut se louer pour la somme de 3500$ pour 5 jours.

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Robots, nos futurs partenaires sexuels?!
Mais ne vous détrompez pas. Si Q1 et DER2 paraissent très réalistes, ces femmes androïdes n'ont pas un souffle d'humanité et respirent grâce à un poumon artificiel. Sous leur peau en caoutchouc, ce n'est encore qu'un squelette de métal tout à fait classique sur lequel sont fixés des dizaines de pistons pneumatiques et des capteurs sensoriels. Leur regard et leur coeur sont aussi froids qu'une puce de silicium.
En 2007, en compagnie du chercheur Minoru Asada, Hiroshi Ishiguro mis au point CB2, un robot bardé de 197 capteurs tactiles et de 51 actuateurs à air comprimé, l'ensemble étant recouvert d'une peau artificielle grise ainsi qu'on le voit à droite.
CB2, acronyme de "Child-robot with Biomimetic Body", est capable de simuler les comportements d'un bébé ainsi qu'on le voit dans ce reportage et celui-ci publiés sur YouTube. CB2 réagit aux bruits, il balbutie, vous regarde, roule sur le dos, bat des bras et des jambes, et peut même faire quelques pas si vous l'encouragez. Un nouveau logiciel devrait lui permettre de marcher et de parler comme un enfant de 3 ans. CB2 reste un gros bébé : il mesure 1.30 m et pèse 33 kg et ne vous donnera jamais d'affection.
En revanche, les chercheurs n'ont pas été insensibles à l'intérêt du public pour les nouvelles technologies et ont développé des robots à usage domestique ou ludique.
 
 
 
 
 
 
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Asimo porte le thé.
 
Les robots domestiques et ludiques.
Voici près de 20 ans que l'on vend dans les bons magasins d'électronique ou par correspondance, des petits robots télécommandés, autonomes ou à programmer, que l'on peut assembler pour quelques dizaines d'euros. Ils prennent la forme d'un mobile hémisphérique, d'une petite voiture ou d'un bras télécommandé par exemple.Plus récemment, il y eut la vague déferlante des Tamagoshi (oeufs), Furby (oiseaux) et autres Nabaztag (lapins) venus du Japon.
 
 
Le premier robot domestique commercialisé fut "Aibo", le chien artificiel créé par Sony en 1999. Il vous reconnaissait, se relevait tout seul et acquérait de l'expérience à votre contact. Il faisait la joie des enfants.
A l'époque, on pouvait s'en amuser, mais certains observateurs considéraient déjà que ce progrès était bien relatif, les enfants préférant reporter leur affection sur une machine plutôt que sur un véritable animal. Sony construisit ensuite un petit humanoïde baptisé "Qrio". La production des deux robots fut interrompue en 2006.
 
 
 
 
 
Asimo Robot
Asimo Robot.
Pour soulager le travail des jardiniers, on inventa ensuite la tondeuse à gazon "bionique", une tondeuse autonome en forme de tortue qui se guide par rapport à une boucle magnétique qui encercle le terrain à tondre et qui est capable de rentrer seule pour se recharger. Elle a été adoptée par des clubs de golf et de football notamment. Puis il y eut iRobi Q du Coréen Yujin Robot, le premier robot baby-sitter vendu en 2004. Il vous comprend et parle comme un adulte et peut rappeler aux parents de coucher leurs enfants ou de prendre leurs médicaments.
Ce robot de 45 cm peut enseigner l'anglais ou chanter et même lire les informations ou consultez la météo grâce à une connexion Internet. Il peut également surveiller l'habitation et étant donné qu'il dispose d'une caméra, les propriétaires peuvent observer l'intérieur de leur maison à distance.
 
En 2006, la société Microrobot commercialisa Ubot, un robot-aspirateur qui avait plus du gadget que de l'utilitaire vu sa puissance limitée à 60W.
Enfin, en novembre 2007, le constructeur japonais d'électronique Hitachi a présenté un nouveau robot destiné à prêter assistance aux employés et à remplacer les hôtesses d'accueil, grâce à ses facultés de communication et de déplacement.
Baptisé "EMIEW 2", cet androïde rouge à roulettes, de 80 cm de hauteur, est le descendant d'EMIEW ((Excellent Mobility and Interactive Existence as Workmate) présenté en mars 2005. Le nouveau modèle est nettement plus évolué. Il possède 27 degrés de liberté contre 6 dans l'ancien modèle et est beaucoup plus léger que son prédécesseur (13 kg au lieu de 70 kg).
Ce robot d'assistance est équipé d'un capteur gyroscopique pour se maintenir en équilibre et de batteries Li-ion d'une autonomie d'une heure. Mis au point pour "cohabiter avec les humains", il est capable de se déplacer de façon autonome à une vitesse de 6 km/h. Il peut communiquer par reconnaissance vocale et se déplacer seul au sein d'une entreprise grâce à un radar pour contourner les obstacles et à une cartographie des lieux qu'il peut lui-même établir.
 
Notons que ces petites merveilles de technologie coûtent au moins 2000$. Comme tout système artificiel, ils ne sont pas non plus à l'abri d'une panne. Ainsi que l'explique cette dépêche d'Associated Press, au cours d'une présentation qui se déroulait le 21 novembre 2007 au Mechanical Engineering Research Laboratory et qui s'étendait sur l'heure de midi, EMIEW 2 est tombé, son système de communication ayant été brouillé par les émissions Wi-Fi qui ont soudainement augmentées à l'heure de table ! Hitachi a été obligé d'interrompre sa présentation jusqu'en début d'après-midi.
 
Les robots d'assistance tels iRobo Q, Asimo et EMIEW 2 intéressent beaucoup les Japonais, tant à titre privé que professionnel. En effet, encouragées par l'Etat (le Project for the Practical Application of Next-Generation Robots organisé par le NEDO) qui a fait de la robotique d'assistance une priorité, de nombreuses sociétés japonaises développent des robots capables de prêter assistance aux humains, à domicile ou au travail, du fait que le pays accuse une pénurie de main d'oeuvre en raison du vieillissement rapide de la population.
Comme les nouvelles mini-voitures développées au Japon, à terme certaines familles de robots assisteront les personnes âgées dans leurs déplacements ou à domicile.
 
Des constructeurs automobiles comme Honda et Toyota, des groupes industriels comme Fuji Heavy Industries (FHI) et Mitsubishi Heavy Industries (MHI), des sociétés de sécurité comme Asok et Secom ou encore le groupe d'électronique NEC figurent parmi les entreprises les plus actives dans ce domaine, aux côtés des instituts de recherche publics et des universités.
 
 
 
 
 
 
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Robots medicaux.
Les robots en médecine.
A. Dans les hôpitaux.
Après la médecine bionique, les hôpitaux font également appel aux robots, ou plus précisément à des simulateurs, encouragés par la recherche universitaire et les étudiants en quête d'entraînement pour parfaire leur formation.
A côté des systèmes chirurgicaux commandés à distance utilisés dans les blocs opératoires, depuis juillet 2007 les étudiants en médecine de l'Université de Stanford s'entraînent sur Noelle, un mannequin électronique simulant le travail d'une femme enceinte et la naissance d'un bébé. Ce genre de simulateur existait déjà depuis les années 1990 pour l'entraînement des anesthésistes. Le modèle a depuis été adapté à différents autres métiers, y compris aux techniques vétérinaires où les étudiants travaillent sur des chiens mannequins.
La première version de Noelle a été adoptée en 2006 par une trentaine d'universités américaines, y compris pour former les infirmières en Afghanistan, à la maternité de Kabul.
Noelle est actuellement utilisée au Centre de Simulation Médicale de l'Université d'Harvard. Selon les chercheurs, ce mannequin de 35000$ fait à peu près tout sauf diriger les caméras. Equipé d'un dispositif simulant le col de l'utérus, ce dernier se dilate tandis que le mannequin effectue une poussée interne pour libérer le bébé mannequin dans les règles de l'art. Ce système est déjà un standard.
 
B. Chez le dentiste.
Le 28 novembre 2007, un robot humanoïde qui pousse des cris de douleur quand la roulette du dentiste touche un nerf a été présenté  par une équipe de roboticiens japonais, au cours du Salon de la robotique (IREX) qui se tenait dans la banlieue de Tokyo, au Japon.
Le prototype baptisé "Simroïd" mesure 1.60 mètre et a les traits d'une jolie jeune femme aux cheveux longs, vêtue d'un pull rose et d'un pantalon blanc. Il peut bouger les mains et les yeux et évidemment la bouche pour exprimer la douleur, la détresse, l'inconfort ou l'insécurité et dire notamment "ça fait mal" et froncer les sourcils ou fermer les yeux lorsque le praticien fait un mauvais geste ou touche une zone sensible.
Selon Tatsuo Matsuzaki, l'un des responsables de la société Kokoro Company Ltd qui a mis au point ce robot - les mêmes qui ont fabriqué les robots DER2, Actroid ainsi que des animatroniques -, Simroïd avait initialement été conçu pour entraîner les étudiants en chirurgie dentaire. "Simroïd présente un tel réalisme que les apprentis dentistes vont pouvoir mesurer les réactions des patients et être ainsi capables d'améliorer leur technique en la considérant non comme un objet mais comme un être humain", a-t-il expliqué. "Cela permet de partager la souffrance du patient, sans blesser personne", a-t-il ajouté.
 
Le professeur Naotake Shibui utilise ce robot dans ses cours pratiques de dentisterie à l'Ecole de médecine de Tokyo depuis septembre 2007. Il estime que Simroïd peut aider les dentistes à "apprendre à communiquer avec les patients". "La technique des soins est importante mais il est également utile de ressentir ce que c'est que d'être un patient", a-t-il expliqué à la presse.
La dépêche de l'AFP précise que connaissant la propension des étudiants à la plaisanterie, les ingénieurs ont prévu de doter la jeune humanoïde d'un capteur placé sur la poitrine qui permet de détecter tout geste déplacé ! Et les inventions se succèdent.
Que nous réserve l'avenir ? De surprenantes choses!
 

De l'Hydrogène pour BMW.

 

En fin une vraie voiture...

 

 

 

 

L'utilisation de l'hydrogène augmente dans le monde
Hydrogen 7 de BMW

L'utilisation de l'hydrogène augmente dans le monde.
L'utilisation de l'hydrogène - l'élément le plus abondant de l'univers - comme source de combustible et d'énergie est en train de passer de la science-fiction et de la recherche fondamentale aux entrepôts, aux aéroports, aux tours de téléphonie mobile et aux autoroutes du monde entier.
L'hydrogène est une source d'énergie renouvelable à usages multiples - un combustible universel qui peut être brûlé dans un moteur ou intégré à une pile à combustible pour alimenter des véhicules, des immeubles et des maisons, des centrales électriques et tout ce qui consomme de l'énergie électrique.
Lorsque l'hydrogène est brûlé dans un moteur, son taux d'efficacité est supérieur de 30 % à celui de l'essence, et celui d'une pile à combustible l'est de 100 à 200 %. En outre, les moteurs à hydrogène n'émettent pas de gaz carbonique, et le seul sous-produit des piles à combustible est de l'eau.
Les piles à combustibles peuvent par exemple servir à combler la nature intermittente des énergies éolienne et solaire, et prolonger la durée des batteries des véhicules électriques.

 


 

Tierra recalentamiento
Terre & réchauffement climatique.

Difficultés et progrès.
Si l'hydrogène est abondant sur terre, il n'existe que dans des formes composées avec d'autres éléments. Par exemple, deux atomes d'hydrogène combinés à un atome d'oxygène forment de l'eau (H20), et de l'hydrogène combiné à du carbone forme des composés (hydrocarbures) tels que le méthane, le charbon et le pétrole. Les scientifiques du monde entier sont en train de se pencher sur ces difficultés.
George Sverdrup, un chercheur du ministère de l'énergie des États-Unis, a déclaré : « Les trois principaux obstacles à la production de l'hydrogène sont le coût (comment le produire à 2 ou 3 dollars par équivalent d'un gallon d'essence), le stockage (comment entreposer suffisamment d'hydrogène à bord d'un véhicule pour lui donner une autonomie de 480 kilomètres) et, concernant les piles à combustible, comment les rendre concurrentielles avec les moteurs à essence sur le plan du prix et de la durabilité. »

Au laboratoire national des énergies renouvelables américain "
NREL" du ministère de l'énergie, les scientifiques concentrent leurs travaux sur la production d'hydrogène à partir de sources renouvelables d'énergie et son entreposage, ainsi que sur les piles à combustible, les essais en milieu commercial, la sécurité, les codes, les normes et l'analyse.

Par exemple, en recourant à l'électrolyse, (procédé qui consiste à faire passer un courant électrique dans l'eau pour séparer les atomes d'hydrogène des atomes d'oxygène), les scientifiques du NREL essaient de produire de l'hydrogène à partir de l'eau en utilisant la lumière solaire, la biomasse, le vent et autres sources biologiques comme les algues et les bactéries comme source d'électricité.

Les chercheurs sont par ailleurs en train d'intensifier leurs travaux sur l'entreposage de l'hydrogène, qui est l'un des principaux obstacles à sa commercialisation.




 

No Man's land N 41 M
N 41 Madrid. (No man's land)

Sur la route.
Des centaines de véhicules alimentés à l'hydrogène sont sur les routes du monde entier, et au moins trois fabriquants - BMW, Honda et General Motors - sont en train de sortir leurs premiers modèles. Certains fabriquants confient des automobiles à hydrogène à des consommateurs pour de longs essais de conduite. Ces voitures sont équipées de moteurs à hydrogène ou de piles à combustible.

Selon le ministère de l'énergie, le coût des piles à combustible est tombé de 275 dollars par kilowatt/heure en 2002 à 95 dollars par kilowatt/heure en 2008. Il devrait tomber à 60 dollars par kilowatt/heure en 2009, la cible visée étant 30 dollars d'ici à 2015. On estime, à titre de comparaison, que le coût d'un moteur à essence est de près de 50 dollars par kilowatt/heure.

L'Hydrogen 7 de BMW est le premier véhicule à hydrogène de série du monde et, à partir de l'été, Honda va offrir sa berline FCX Clarity alimentée par une pile à combustible à un nombre limité d'habitants de la Californie dans le cadre d'une formule crédit-bail à 600 dollars par mois. Cette région est en effet dotée de stations d'alimentation en hydrogène et de garages spécialisés dans l'entretien de ces véhicules.

Aux États-Unis, la
National Hydrogen Learning Demonstration du ministère de l'énergie, qui dispose de 70 voitures alimentées à l'hydrogène, est un partenariat entre le secteur privé et le gouvernement créé afin de tester et de démontrer la validité des véhicules à hydrogène.

De nombreux pays ont des programmes intensifs dans ce domaine, notamment les États-Unis, le Canada et divers pays d'Asie et d'Europe.

Le ministère américain de l'énergie, les fabriquants d'automobiles et l'
Association nationale pour l'hydrogène affirment que les consommateurs peuvent s'attendre à voir des véhicules alimentés à l'hydrogène dans les salons de l'automobile d'ici à 2020. Certains fabriquants ont annoncé qu'ils auraient un véhicule de série d'ici à 2012.

L'hydrogène a déjà des applications qui permettent d'économiser de l'énergie dans divers secteurs de l'économie, notamment pour alimenter les tours de téléphonie mobile et autres installations d'urgence, toutes sortes de véhicules aéroportuaires, et des systèmes d'injection pour les camions.

 

Nouveau virus mortel.

 
Le mystérieux syndrôme du nez blanc
décime les populations des chauve-souris...
 
 
 
 
 
 
 
 
Le mystérieux syndrôme du nez blanc décime les populations de chauves-souris
Chauve-souris.
 photo Jane Lindholm
 
Dans le Nord Est des Etats-Unis, des milliers de chauves-souris ont été retrouvées mortes à l’intérieur des grottes dans lesquelles elles passaient l’hiver. Plusieurs Etats sont concernés : l’état de New York, le Massachusset et le Vermont entre autre. Parmi les grottes concernées, on trouve dans le Vermont la grotte Morris à Danby et la grotte Aeolus à Dorset, laquelle abrite l’une des colonies de chauves-souris les plus importantes de la Nouvelle Angleterre. Ces deux grottes semblent être touchées par ce que l’on appelle « le syndrôme du nez blanc » depuis la mi-février.
 
Le syndrôme du nez blanc avait déjà affecté certaines grottes accueillant des chauves-souris pendant leur période d’hibernation l’année dernière, et il est réapparu cet hiver. On nomme ainsi cette maladie à cause d’un champignon qui forme un anneau blanc autour de la bouche et du museau des animaux contaminés.
L’infection décime littéralement les populations de chauves-souris. Et quand on sait la difficulté de ces animaux à se reproduire, on comprend le fléau que cela représente pour la pérennité des espèces. C’est ce que confirme Scott Darling, biologiste du Département de Pêche et Vie Sauvage du Vermont sur la Radio Publique du Vermont : « Les chauves-souris sont des animaux d’une grande longévité, avec un taux de reproduction faible de seulement un petit par an. Donc, avec des perspectives de 80 à 90 % de mortalité et si nous continuons de voir cela, il faudra beaucoup de temps pour que nos populations de chauves-souris se reforment. »
Le problème est d’autant plus inquiétant que certaines espèces déjà menacées d’extinction sont contaminées comme la chauve-souris Indiana.

 

 


Planètes
Un avenir incertain?!

Comment se manifeste le syndrôme ?

Les autopsies réalisées sur des cadavres d’animaux infectés montrent qu’en plus de l’anneau blanc présent sur la face, les chauves souris étaient émaciées, amaigries, et présentaient des signes de congestions pulmonaires, comme si elles avaient eu des pneumonies.
On constate également des perturbations de l’hibernation : les chauves souris passent en général l’hiver au fond des grottes, là où elles ne subissent pas les variations de températures, alors que dans les grottes contaminées, les chauves-souris étaient suspendus aux murs situés près de l’entrée ou voletaient à l’extérieur de la grotte.
Scott Darling a constaté lui-même le phénomène : « C’est comme si elles manquaient d’énergie et que leur dernier effort était de sortir pour chercher de la nourriture. »
Le problème, c’est que les chauves-souris hibernent parce qu’elles ne trouvent pas d’insectes pendant la saison froide, et que celles qui sortent trop tôt de leur état léthargique risquent de mourir de faim, faute de nourriture.
La diminution très importante des populations de chauves-souris peut avoir des conséquences à long terme sur tout l’écosystème. En effet, les chauves-souris consomment de grandes quantités d’insectes, ce qui protège les récoltes d’une véritable nuisance, mais elles participent aussi à la pollinisation. Elles sont donc très utiles même si ces animaux effraient un grand nombre de personnes !
Les scientifiques ignorent encore les causes de la maladie, tout comme son étendue géographique et son mode de transmission. Par précaution, les sites contaminés sont surveillés car on ignore si le syndrôme peut-être véhiculé par l’homme. Aussi, on a demandé aux spéléologues de réduire leurs activités et de désinfecter leur matériel. Dans certains cas, l’accès aux grottes est même complètement bloqué. Toutefois, le vecteur humain n'est pas confirmé puisque la grotte Aeolus (qui appartient à Nature Conservacy) qui était bouclée, et la grotte Morris qui est sur une propriété privée, sont contaminées, ce qui contredit la théorie selon laquelle les activités humaines contribuent à la maladie.

Dans cette situation de crise, différents groupes de protection de l’environnement se mobilisent.

 
Le 10 mars dernier, des ONG et des groupes de défense des animaux ont adressé une pétition au gouvernement fédéral afin qu’il prenne des mesures d’urgence pour faire face au syndrôme du nez blanc. Mollie Matteson, membre du Centre pour la Diversité Biologique s’inquiète : « Les menaces que représentent le syndrôme du nez blanc sont importantes, étendues et immédiates, et l’incapacité à prendre des mesures instamment pourrait conduire à l’extinction des espèces. (…) Les chauves-souris ne peuvent attendre que le Congrès légifère. Les autorités fédérales doivent prendre les choses en main immédiatement et considérer comme sérieuse la menace à laquelle les chauves-souris d’Amérique du Nord sont confrontées, en arrêtant toute activité nocive et discrétionnaire à l’encontre des chauves-souris répertoriées sur les territoires fédéraux ou par le biais de mesures fédérales.», rapporte le Times Argus Online.
Les signataires de la pétition demandent aux autorités de fermer les grottes au public, d’arrêter toute activité qui pourrait avoir un effet négatif sur les chauves-souris ou leur habitat estival (notamment la fin de l’abattage des arbres dans les forêts nationales pour construire des routes) et d’allouer des crédits à la recherche pour lutter contre le syndrôme du nez blanc.
Mollie Matteson le confirme « Nous ne savons pas comment cela se propage. Les chauves-souris sont très vulnérables parce qu’elles vivent en colonies pendant l’hiver, elles ont très peu de sites pour hiberner alors cela pourrait être très difficile à la population dans son ensemble de s’en remettre. »
 
 
 
                                                                                   http://www.notre-planete.info/ecologie/
 
                                                                                       http://oceans.greenpeace.org/fr/
 

Surpêche.

 

Les pirates de la mer.

 

 

 

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Chasse à la baleine.

Pêche illégale.
Ecumant les mers, armés et masqués, privant de subsistance des familles affamées, les pirates des temps modernes sont bien loin du glamour des films hollywoodiens. Ils représentent une réalité à plusieurs milliards de dollars US pour des populations qui ne peuvent pas s'offrir le luxe d'être volées.
La pêche illégale - communément appelée de manière plus prosaïque et technique: pêche illicite non déclarée et non réglementée (illegal, unreported and unregulated fishing, IUU) - est le fléau des océans. Elle laisse des populations sans subsistance et sans revenus indispensables à leur survie, détruisant et désertifiant l'écosystème marin. En 2001, Greenpeace estimait à 1300 au moins le nombre de navires pratiquant la pêche illégale en mer à une échelle industrielle.
 
 
 
 
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Pirate fishing.
 
Poissons volés, avenirs compromis.
Des millions de dollars US de revenus indispensables aux
populations insulaires de l'Océan Pacifique et côtières de l'Afrique de l'Ouest sont empochés par des pêcheurs illégaux dans les ports d'Europe et d'Asie. L'ONU estime que la Somalie perd chaque année 300 millions de dollars US au profit des braconniers des mers et la Guinée 100 millions. Globalement, plus de 4 milliards de dollars US sont perdus chaque année.
 
 
 
 
 
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Baleines en danger.
 
Comment devenir braconnier des mers.
Les pirates, dans la fiction, arborent fièrement leur pavillon à tête de mort, se rendant ainsi facilement identifiables. En revanche, les braconniers des mers de notre temps cachent leur identité et leurs origines, ignorent ou violent les règlements et parcourent les mers souvent sous pavillon de pays peu regardants quant à leurs activités. Quelques clicks sur internet et 500 dollars US permettent l'achat, parfois en 24 heures seulement, de pavillons de complaisance de pays comme Malte, Panama, Belize, Honduras, Saint-Vincent-et-les Grenadines.
 
 
 
 
 
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Chasse à la Baleine.
 
Une police pirate?
Loin de surveiller ces commerçants véreux, les Etats s'impliquent peu dans le contrôle de leurs activités ou de ce qu'ils déchargent dans leurs propres ports. Le butin est souvent transbordé de manière illicite sur des bateaux usines - appelés navires frigorifiques -, mélangé à des prises légales puis débarqué et vendu, en toute légalité, dans des ports "légaux" comme Las Palmas (Iles Canaries) ou Suva (Iles Fidji). Les pays victimes de ce vol à grande échelle sont en général les moins armés pour faire respecter les lois sur leurs propres eaux territoriales.
Bien qu'ils opèrent dans le monde obscur de la corruption, il n'est pas impossible de dépister les navires de pêche illégaux, leurs propriétaires et les opérateurs. Environ 80 pays leur servent d'hôtes, parmi lesquels Taiwan, Panama, le Belize, le Honduras et l'Union Européenne. Une législation internationale pourrait mettre fin à ce commerce.
 
 
 
 
 
Baleine à bosse
Baleine à bosse, encore combien??
 
Destruction environnementale.
Les activités de pêche illégale aggravent la destruction globale de l'environnement marin. Puisque les braconniers des mers opèrent littéralement hors de portée de toute réglementation, les techniques de pêche qu'ils utilisent détruisent l'écosystème marin.
Les
stocks de thon au large de la Tanzanie, Somalie, Papouasie-Nouvelle-Guinée et République de Tuvalu sont la cible, chaque année, de filets géants ratissant des bancs entiers de poissons comprenant de jeunes poissons indispensables à la reproduction et à la croissance des futurs bancs. Les poissons sans haute valeur marchande, mais pouvant représenter une subsistance et des revenus pour les populations côtières, sont rejetés agonisants ou morts à la mer. Les prises accessoires de la pêche à la palangre constitue un autre problème, de même que le chalutage des crevettes.
 
Pour 1 kilo de crevettes débarqué, 3 kilos de faune et de flore marines sont pris et détruits. La pêche à la crevette, dont le pourcentage ne représente que 3-4 % du total des activités de pêche dans le monde, est responsable de près de 30% de la destruction de l'écosystème marin.
 
 
 
Eradiquer la pêche illégale.
La pêche illégale peut être arrêtée. Les Etats peuvent déclarer illégaux les pavillons de complaisance et refuser l'entrée des navires de pêche et navires ravitailleurs qui les arborent. Si les Etats veulent protéger l'environnement et les populations vivant sous leur gouvernance, il leur faut mettre en place des mesures efficaces. C'est une question de volonté politique.


Greenpeace et la Fondation pour la justice environnementale (Environmental Justice Foundation, EJF) joignent leurs forces pour dénoncer les flottes de pêche illégales qui opèrent impunément à travers le monde. Ensemble, les organisations internationales de défense de l'environnement et des droits de l'homme demandent que les gouvernements ferment leurs ports aux braconniers des mers, leur interdisent l'accès aux marchés et poursuivent les sociétés qui les soutiennent.
 

Océans & surpêche

 

Élevage de Thon.

 

 

 

Banquisa deshielo
Disparition de la Banquise.

Il y a plus de 2000 ans, le philosophe grec Aristote décrivait la migration du thon rouge en mer Méditerranée. Sous l'empire romain déjà, la pêche au thon figurait parmi les industries les plus stables. Cette zone de pêche, l'une des plus profitables du monde, est désormais menacée par les pratiques industrielles et le manque de protection.

En 1999, nous avons publié un rapport mettant en évidence l'épuisement de la population de thon rouge en mer Méditerranée. La biomasse d'un thon rouge adulte, le stock en âge de frayer, a diminué de 80 % au cours des vingt dernières années. Chaque année, beaucoup trop de jeunes thons ont été capturés et des flottes pirates ont épuisé les stocks. Il était évident que des mesures drastiques étaient nécessaires pour restaurer la population de thons rouges.

 

Banc de Thons
Banc de Thons.

Élevage de thons: recette pour un désastre.

Malheureusement, depuis lors, non seulement la surexploitation a empiré mais une nouvelle activité industrielle visant le thon menace de plus en plus sa survie en Méditerranée. Il s'agit de la capture, du transport et du gavage de thons en cage le long de la côte méditerranéenne, une pratique appelée " élevage de thon ". Les bateaux senneurs industriels et les remorqueurs balayent toute la région à la recherche de thon, assistés par une flottille d'avions et d'hélicoptères capables de trouver des bancs de thons, malgré leur nombre décroissant.

L'élevage de thon est une activité très rentable visant le marché japonais. Au lieu de réduire la pêche afin d'aider le thon à se reproduire en Méditerranée, les profits rapides ont amené plus d'argent dans la zone de pêche : cela se traduit par l'arrivée de bateaux de pêche nouveaux et plus grands, de nouvelles usines de stockage et même de nouveaux aéroports pour exporter le thon. Les gouvernements ont beaucoup contribué à cette expansion : les subventions de l'Union européenne, s'élevant à 34 millions de dollars US depuis 1997, associées à des gros investissements du Japon et de l'Australie, ont encouragé des prises encore plus importantes.
La pratique a entraîné une augmentation des prises de jeunes thons et a accentué les difficultés de gestion auxquelles la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) est confrontée. Personne ne connaît la quantité réelle de thons rouges capturés en mer Méditerranée mais il est évident qu'elle est plus élevée que le total autorisé de capture (TAC).
 
 

 

Groenlandia
Groenlande.

Élevage de thon

La grande quantité de poisson nécessaire pour nourrir un thon d'élevage est également un problème. On utilise jusqu'à 20 kg d'appâts, fabriqués à base de poisson pour produire seulement un kilogramme de thon. On estime que 225 000 tonnes d'appâts sont jetées chaque année dans la mer Méditerranée, la plupart en provenance d'Afrique de l'Ouest, d'Atlantique Nord et d'Amérique. Un rapport récent a souligné le risque d'introduction de nouvelles maladies chez les espèces locales de poissons via les poissons-appâts, comme cela s'est déjà produit lors d'opérations d'engraissement de thons en Australie. La contamination des stocks de poissons locaux importants tels que l'anchois ou la sardine pourrait être désastreuse pour les pêcheurs locaux. En application du principe de précaution, le risque est inacceptable.

 

 

Esperanza (Greenpeace)

Greenpeace, l'Esperance de la mer.

Sécurité des dauphins?

La demande de poissons-appâts pousse également les pêcheurs à se rabattre sur des espèces qui auparavant n'étaient pas pêchées à des fins commerciales. C'est le cas notamment de la sardinelle ronde de la mer d'Alboran, où la pêche de plus en plus importante de ces espèces peut mettre en danger l'une des populations de dauphins communs les plus prospères de la Méditerranée.

 
L'élevage de thons en Méditerranée signifie qu'une ressource auparavant commune partagée par l'ensemble des cultures de pêche du bassin méditerranéen est désormais contrôlée par quelques investisseurs. Non seulement le thon rouge est en train d'être privatisé et surexploité mais les autres pêcheries de la région sont également mises en danger.
 
 
 
 

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Pollution océanique Philippines.

Défendons nos océans

Ajoutez votre voix à notre campagne globale de défense des océans. Vous ferez partie des milliers de citoyens du monde qui demandent aux gouvernements et aux Nations-Unies de protéger 40% des océans de la planète.

Pollution Nucléaire

 

Irradié pour la France.

 

 

 

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Explosion Atomique sous mer.

De Reggane à Muroroa (I)

Dans les années 1950, 60 et 70, nous avons assisté un peu partout à travers le monde à l'explosion de bombes atomiques qui sortaient de terre comme des champignons ainsi qu'à quelques "ratés" mémorables de tirs nucléaires souterrains qui ont donné lieu à des contaminations radioactives alarmantes.

Voyons par exemple ce qu'il en a été des célèbres essais nucléaires Français en Algérie et en Polynésie... Comme son objet, le sujet est très chaud, propice aux polémiques et aux préjugés que nous devons éviter; des accidents survenus il y a 20 ou 40 ans et dont les affaires sont classées deviennent des leçons du passé, presque des anecdotes, mais rien ne sert de les raviver. Les autorités et les associations de défense des victimes les connaissent et le sujet a été plaindé et les victimes indemnisées le cas échéant. En revanche, il reste des faits impunis connus des autorités et des questions en suspens. Jugez par vous-même.

Je précise également, et contrairement à l'esprit d'ouverture rencontré chez les autres agences ou organisations que j'ai contactées (AFCN, AIEA, FAS, etc), je n'ai reçu aucune explication de la part du CEA, maître d'oeuvre du programme nucléaire français; la transparence n'étant toujours pas à l'ordre du jour de cette institution. C'est totalement irresponsable et scandaleux dans un Etat de Droits ! Cela en dit long sur l'intérêt que porte ces fonctionnaires à une information objective et leurs préoccupations quant à la santé du public. En voici la preuve, une de plus du mépris des autorités françaises envers leur population. Nous traiterons séparement l'affaire du nuage de Tchernobyl. Que chacun en tire les leçons et notamment sur le rôle actuel d'EDF ou de ses supporters auprès de l'UMP.

 

 

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Atoll de Mururoa.

Les irradiés de Reggane, Algérie.

Penchons-nous un instant sur des événements qui touchent encore des centaines de personnes dans leurs chairs aujourd'hui. Le Gouvernement français est très lâche en matière d'accidents nucléaires et ne semble pas encore avoir tiré toutes les leçons du passé.

Commençons au début de l'histoire. Pierre Messmer fut Ministre des Armées entre 1960-69, à l'époque où la France procéda à son tour à ses premiers essais nucléaires dans le Sahara algérien (bombes au plutonium et à uranium). Au cours d'une émission sur la chaîne FR3 diffusée le 3 décembre 2004, suite aux premières actions en justice conduites par des victimes, Pierre Messmer osait prétendre qu'il avait été "très irradié... personne n'a été plus irradié que moi" osait-il dire sur la chaîne française. Que s'était-il exactement passé?

Après l'accident du 25 avril 1961 (gerboise verte, ~5 kT qui eut lieu quelques jours après le "putsch des généraux") qui contamina 195 soldats lors d'un tir nucléaire en atmosphère dont la bombe n'explosa pas conformément aux directives, la France décida d'effectuer dorénavant ses tirs atomiques dans des galleries souterraines creusées dans les montagnes du désert du Hoggar, notamment à In Ecker près de Reggane, dans le Sud-Ouest Algérien. C'était une bonne manière d'éviter toute contamination de l'environnement car toute la poussière dégagée au cours de l'explosion ainsi que les gaz radioactifs devaient ainsi être confinés dans le cône d'éboullis formé à l'intérieur de la chambre après l'explosion et devaient se fixer dans les roches, du moins en théorie.

Le 1 mai 1962, suite au tir Béryl  (~30 kT) dans une gallerie, ainsi qu'on le voit à gauche la montagne s'écroula et libéra un nuage radioactif dans l'atmosphère ! Pierre Messmer et Gaston Palewski, Ministre de la Recherche scientifique étaient venus assister à l'essai et durent être décontaminés. Mais à ce que je sache, ni l'un ni l'autre n'ont jamais été hospitalisés en chambre stérile comme au moins 17 autres victimes qui ont fini par mourir de leucémie !
Pierre Messmer et les autres responsables portaient par ailleurs tous une combinaison et un masque anti-gaz ! Selon un rapport de l'OPECST publié en 2001 par C. Bataille et H. Révol, comme 1662 autres victimes, on peut estimer que monsieur Messmer fut exposé à une dose inférieure à 5 mSv, deux fois la dose annuelle de radioactivité naturelle, alors que les soldats les plus exposés subirent de 200 à 600 mSv, sachant qu'à partir de 500 mSv on observe une altération de la formule sanguine.
Monsieur Messner est même "fier de l'action de la France" et ne regrette rien avoua-t-il cyniquement devant les caméras. Dans son esprit, les "dégâts collatéraux" comme il les appelle (les victimes irradiées) faisaient partie des risques. Quand on lui parle de dédommager les victimes, forcé de répondre c'est à peine s'il avoue vouloir examiner les "quelques cas" de malades allégués (ils sont des dizaines, voir plus bas !)...
Mais mon cher monsieur, en tant qu'ancien Ministre des Armées et docteur en Droit vous devriez savoir mieux que quiconque que nous n'appliquons plus la Loi de la guerre en France depuis... 1945. Une telle négligence est un délit punissable par la loi ! De plus la Convention de Genève des Droits de l'Homme interdit de polluer l'environnement. Seriez-vous au-dessus des lois ou non concerné par les principes éthiques ?
Les responsables en place à l'époque reconnaissent qu'il y eu des incidents et des  accidents avec de fortes doses de radiations en Algérie. Malheureusement aucun scientifique ou politique ne veut reconnaître qu'il y a un lien de cause à effet entre les victimes de cancer ayant travaillé en Algérie et les expériences nucléaires !
 
 
 
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Borabora.
 
A leur intention je me permets de leur rappeler quelques chiffres. S'ils ne disent sans doute pas grand chose à monsieur Messmer, les experts apprécieront. Les quatre essais atmosphériques effectués en Algérie ont contaminé 240 personnes qui reçurent une dose inférieure à 5 mSv. 6 soldats reçurent des doses comprises entre 50 et 100 mSv.
Au cours du tir Béryl "souterrain", 12 soldats auraient reçu des doses de 200 à 600 mSv, 37 soldats des doses de 100 à 200 mSv, 50 soldats des doses de 50 à 100 mSv, 224 soldats des doses de 5 à 50 mSv et 1662 personnes des doses inférieures à 5 mSv.
Au total les tirs souterrains auraient engendrer chez 581 personnes des doses supérieures à 5 mSv, dont près de la moitié imputable au seul tir Béryl. Selon les rapports officiels "l’éloignement des zones de tir était suffisant pour garantir un impact négligeable sur les populations locales". Cette conclusion est fausse car le nuage radioactif de l'accident Béryl atteignit 2600m d'altitude et fut suivi sur une distance d'au moins 600 km. Pour conservir la mémoire de ces incidents, quelques associations se chargent aujourd'hui de rassembler ces "faisceaux d'indices probants", dont AVEN.
Dans l'ensemble, 24000 personnes ont travaillé à Reggane durant 5 ans dont 8000 soldats qui participèrent aux tirs, faisant exploser 16 bombes nucléaires d'une puissance de 1 à 127 kT dont plusieurs au plutonium mais qui ont raté, libérant un nuage toxique dans l'air. Neuf personnes ont été officiellement irradiées. Or l'hôpital parisien qui les soigna plaça 17 personnes en chambre stérile en 1962, c'est-à-dire vraisemblablement tous les soldats ayant été exposé à une dose supérieur à 200 mSv. Toutes sont rentrées en France blafardes, amaigries et sont décédées entre 30 et 40 ans d'un cancer de la moelle osseuse... D'autres militaires ont été mis en pension anticipée ou sont devenus stériles à 32 ans ! Ces victimes là, monsieur Messmer ainsi que Gouvernement français les ignorent jusqu'à présent comme ils ignorent toutes les victimes autochtones qui furent contaminées dans une zone de 80 km de rayon environ autour de Reggane. Est-il si normal de mourir irradié en France pour que le Gouvernement ignore à ce point leur état de détresse ? La vérité doit éclater devant les tribunaux !
 
Notons que depuis 2003, la loi française exige que toute personne ayant été exposée à une dose de rayonnement ionisant d'au moins 100 mSv en quelques heures soit écartée des zones à risque durant 2 ans.
Comme le disait une victime de Reggane aujourd'hui retraitée : "j'étais à Reggane en 62 à la section tranport pour les transmissions. Par rapport à tout ce que j'ai vu et ce que l'on sait maintenant je trouve que l'on s'est bien foutu de notre gueule, petits soldat de deuxième classe". Il y a en effet de quoi avoir de l'amertume envers la France.
Rappelons également dans un autre cadre qu'aujourd'hui l'Algérie comme bon nombre d'autres pays sert encore de vide-ordure à la France. Des ingénieurs en environnement retraitant les déchets "ménagers" peuvent témoigner que des conteneurs de déchets toxiques arrivent en Algérie où ils sont enfouis sous la dénomination de... matière première ! Des scrupules ? Monsieur Chirac ne connaît pas ce mot ! Quant aux autorités algériennes, elles ferment les yeux; on sait que l'argent n'a pas d'odeur!
 
 
 

Prochain chapitre

Les essais nucléaires en Polynésie française

Pollution Nucléaire

 
Irradié pour la France.
 
 
 
 
 
 
 
 
bombe-atomique-mer
Explosion Atomique sous mer.
 
Les essais nucléaires en Polynésie française (II)
En 1966, suite à l'indépendance de l'Algérie, l'armée française déménagea dans le Pacifique Sud, à 24000 km de Paris pour continuer ses funestes expériences nucléaires dans l'une de ses dernières colonies d'outremer : la Polynésie française. Rappelons en quelques lignes les différentes péripéties de cette aventure et quel est le statut écologique de cet archipel aujourd'hui.
 
Comme tout site à risque, avant d'installer la base navale d'essai nucléaire, l'autorité locale accompagnée des experts militaires du CEA réalisèrent une étude d'impact environnemental notamment atmosphérique, océanographique et géomécanique afin de connaître les propriétés du milieu et sa résistance aux explosions et autres effets radioactifs. Les études d'incidentes, en particulier sur les îles voisines et le platier sous-marin furent réduites au stricte nécessaire et gardées confidentielles. Suite aux maladies que contractèrent certains Polynésiens on sait aujourd'hui que le risque de contamination radioactive était loin d'être nul, tant pour les habitants des îles que pour le biotope sous-marin. Le Gouvernement français comme le Sénat ne se sont jamais prononcés à ce sujet, acceptant à l'époque unanimement les résultats des tests d'incidences minimalistes et la décision présidentielle d'utiliser ces îles sans précaution particulière envers la population. S'il n'y a pas encore mort d'homme, il y a déjà délit pour non information des risques potentiels à la population locale.
 
Si cette région est loin de la France, elle est en revanche beaucoup plus près d'Hawaii (3500 km), de la Nouvelle Zélande (3800 km) et de l'Australie (5500 km) dont le Gouvernement français n'a pas pris la peine non plus d'avertir de ses intentions, si ce n'est pas médias interposés, une façon d'éviter probablement une crise diplomatique avec les pays du Pacifique. Cette attitude ne faisait que confirmer l'hypocrisie de la plus haute Autorité française.
 
Notons que les autres Grandes Puissances agirent de la même manière et généralement furent moins prudentes que la France, même si tout cela est relatif si vous comptez parmi les victimes. Le site NTS du Névada par exemple se situe à 120 km de Las Végas et 15 millions d'habitants résident dans un rayon de 150 km autour de la zone d'essai. En Russie, le site de Semipalatinsk se trouve à 560 km d'Omsk et un peu plus près même de Barnaul dans l'Altaï. Environ 1.2 millions d'habitants résident dans un rayon de 500 km autour du site. En Australie, les sites de Maralinga et Emu sont situées à 850 km d'Adélaïde en moyenne où vivent 1.2 million d'habitants. Enfin, en Chine le site d'essai de Lob Nor se situe à 500 km des localités de Ouroumtchi ou Kansu.
Si les sites de Polynésie sont effectivement les plus distants et isolés des grandes villes, cela ne justifie toutefois pas de sacrifier la petite population locale sur décision présidentielle (135000 habitants pour toute la Polynésie en 1976 et 238000 en 2002).
 
 
 
 
 
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Atoll de Mururoa.
 
La France réalisa ses essais sur l'atoll de Mururoa (Moruroa) et de Fangataufa proches de Tahiti où elle développa la bombe au plutonium, puis la bombe A et enfin la bombe thermonucléaire. Les essais eurent d'abord lieu sur bargue, ce furent les plus contaminants de l'aveu du CEA, puis sous ballon captif tandis que 3 tirs furent effectués par avion.
Les premiers essais servirent notamment à prolonger le temps de confinement afin d'obtenir le meilleur rendement possible et le moins de dispersion de matière fissile dans l'environnement à la fin de la réaction. Ce problème étant réglé, les ingénieurs purent ensuite augmenter la puissance de la bombe et s'attaquer à la réaction thermonucléaire.
 
                                            A voir: Pacific-Promotion Images de Tahiti et sa région
 
 
Le 6 mars 1966, fort de son pouvoir potentiel le Gal De Gaulle annonça au Président américain Johnson qu'il avait décidé de sortir la France de l'OTAN. Le Quartier Général de l'OTAN est alors transféré à Bruxelles où il demeure depuis, auprès des principales institutions européennes. Dès le 4eme essai nucléaire (Bételgeuse, 200 kT, 11 sept 1966) auquel assista le Gal De Gaulle, les gouvernements du Japon, d'Australie et de Nouvelle Zélande réagirent vigoureusement, rencontrant leur ambassadeur de France respectif et le sommant d'arrêter immédiatement les essais nucléaires. Leurs protestations sera répercutée en manchette des journaux aux quatre coins du monde. La France refusa toute ingérence et poursuivit sans vergogne ses essais en atmosphère, plus fière que jamais de jouer dans "la cour des grands".
 
La première bombe H (tir Canopus, >1 MT) explosa au-dessus de Fangataufa le 24 août 1968. Au total, l'armée française y procéda à 192 essais nucléaires dont 46 tirs en atmosphère. 80000 personnes y seront affectées, boostant l'économie locale durant 30 ans. Les arguments socio-économiques et politiques prévalèrent sur les mises en garde concernant les risques sanitaires et environnementaux. Aujourd'hui tout le monde paye l'addition et l'arme nucléaire ne fait même pas peur aux terroristes.
 
 
 
 
 
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Essai Nucléaire à Mururoa.
 
Le bras d'honneur de la France.
De son propre chef, à partir de 1975 la France arrêta ses tirs en atmosphère et procéda à 146 essais souterrains en Polynésie, tirant des bombes au plutonium et à l'uranium dans des puits spécialement aménagés à plus de 115 m de profondeur et creusés jusqu'à 1180 m sous la roche. Son activité continua ainsi jusqu'au 13 juin 1995 où le Président Chirac décida de conduire une dernière campagne de tirs en atmosphère malgré la désapprobation générale !
Suite à l'attitude scandaleuse de la France, en novembre 1995, 95 pays membres de l'ONU votèrent une résolution en faveur de l'arrêt des tests nucléaires. Parmi les signataires il avait la Belgique et l'Italie, deux pays pour le moins proches de la France.
 
En réaction à cette décision, le Président Chirac qui venait d'être élu reporta brutalement une conférence au sommet avec son homologue Italien. Chirac expliqua à la presse que la France avait besoin de conduire ces essais pour améliorer ses simulations informatiques ce qui rendraient de futurs tests inutiles. Evidemment le Gouvernement timoré et prêt à tous les sacrifices pour rester en place suivi la décision de son Président sans faire de commentaires. Une belle hypocrisie quand on sait que l'opposition n'apprécia pas cette décision !
Malgré le moratoire international et le tollé général que déclencha l'attitude de Chirac, un peu plus tard la France procéda encore à deux nouveaux essais en Polynésie puis arrêta définitivement ses essais en atmosphère le 17 janvier 1996. Le Président Chirac accepta alors seulement de signer le moratoire de l'ONU.
 
Par son attitude qui se rapproche de plus en plus de celle des Américains et des Russes, quelle arrogante image donne la France aux autres nations en agissant ainsi : on vous interdit d'acquérir l'arme nucléaire mais faites comme moi, faites un bras d'honneur aux décisions de la communauté internationale ! Après cela qui prendra encore la France pour exemple ou acceptera la main qu'elle tend aux autres nations... A n'en pas douter son image politique à l'international (déjà ternie par sa colonisation paternaliste) est plus que contaminée. A chacun d'être méprisé monsieur Chirac...
 
 
 
 
 
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Bombe Atomique (Mururoa)
 
Statut et inventaire.
Au total et pour l'ensemble du Pacifique, de 1946 à 1996 les Etats-Unis ont procédé à 1127 essais dont 106 tirs atmosphériques entre 1946 et 1962, la Russie à 969 tirs entre 1949 et 1990 dont 210 atmosphériques, la Grande-Bretagne à 46 tirs dont 22 atmosphériques de 1952 à 1958 et la France à 210 tirs dont 41 atmosphériques entre 1966 et 1995. La totalité des essais réalisés dans cette zone représente 170 MT environ, la part française étant estimée à 10.1 MT.
 
Depuis plus aucune nation ne procède à de tests nucléaires en atmosphère mais quelques unes procèdent encore à des tests souterrains dont on parle fort peu. L'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) essaye de surveiller les pays qui auraient l'intention de conduire des expériences en atmosphère soit directement, soit en fabriquant de l'uranium enrichi, soi-disant pour alimenter leurs centrales nucléaires (Iran, Irak, Inde, Corée du Nord, etc) mais qui peut tout aussi bien servir à fabriquer une arme nucléaire s'ils en ont la technologie. A ce risque vient s'ajouter celui du "petit nucléaire" dont nous reparlerons.
 
                              A lire : Le rapport N° 3571 de l'Assemblée Nationale
                         Incidences environnementales et sanitaires des explosions nucléaires, 2001
 
 
 
borabora
Borabora.
 
Depuis 1994, à la demande de l'ancien Président Mitterrand, la France étudie le phénomène des explosions nucléaires par logiciel interposé, c'est le "programme Simulation" utilisant le superordinateur Bull Tera10 de 60 TFlops et le laser mégajoule du CEA pour simuler différents types d'explosions et mieux comprendre les mouvements de matières dans une arme nucléaire, à se demander si la France n'a pas l'intention de faire sauter la planète avant les terroristes !
 

Pollution Nucleaire

 
Irradié pour la France.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Explosion Atomique sous mer.
 
Les mensonges du Gouvernement français (III)
 
Lors des essais de Polynésie, le Gouvernement français estimait qu'il s'agissait d'une bombe "propre"... au point que les soldats se baignaient dans l'eau du lagon et l'eau de mer servait après filtrage à la consommation quotidienne du personnel ! En cas d'accident, des documents envoyés à Paris par l'Etat-Major local apportent la preuve que les autorités envisagaient "cyniquement de compter sur la dispersion du nuage radioactif dans la haute atmosphère pour ne pas contaminer les populations" des îles ! Sinon ? Sinon la plupart du temps aucune action n'était de toute façon menée. Il est arrivé plus d'une fois que les alertes retentirent à Mururoa pour dépassement du seuil de radioactivité jugé inoffensif. Les autorités locales ont fait comme si de rien n'était, disant même aux témoins "vous n'avez rien vu, rien entendu, il ne s'est rien passé" et on coupait l'alarme ! L'un des membres de l'Etat-Major, Antoine Sanguinetti, a même démissionné de son poste à l'époque, révolté par l'attitude des autorités.

Le Gouvernement français et les autorités en place sur les sites nucléaires connaissaient donc parfaitement les risques. Des documents écrits authentifiés témoignent aujourd'hui que les autorités de Paris sont sciemment restées muettes sur les effets des retombées radioactives pour "des raisons politiques et sanitaires" afin de préserver l'image flatteuse de la France comme puissance nucléaire et pour supporter son effort pour développer cette énergie !

Ceci explique pourquoi la population autochtone comme la majorité du personnel affecté aux différents sites ne furent pas informés des risques qu'ils encouraient. A plus de 115 km de Mururoa par exemple, à Turéia ou même aux Gambiers situées beaucoup plus loin (1600 km au SE de Tahiti), les enfants jouaient avec le sable, leurs parents utilisaient l'eau de pluie et continuèrent à planter arbres et légumes sans savoir que l'eau et leur terre étaient contaminées !

En 2003, 35 ans après été exposé aux retombées radioactives, les enfants devenus adultes sont atteints d'une tumeur de la thyroïde, d'autres sont victimes de fatigue chronique et doivent être alités tellement ils sont faibles. Malheureusement des dizaines de Polynésiens sont décédés avant d'avoir pu témoigner et poursuivre le Gouvernement français en justice pour déni d'information, mensonge organisé sous la tutelle de l'autorité et contamination des populations civiles et de l'environnement.

En 2001, le rapport de l'OPECST précisait que suite aux essais atmosphériques "il n’en est ressorti aucun risque sanitaire spécifique" pour la population polynésienne, relevant toutefois 7 cas dépassant la "norme annuelle travailleur" de 50 mSv. Les doses reçues par la population restaient en deçà de 5 mSv, mais l’étude note une augmentation anormale de cancer des poumons, du col de l’utérus et de la thyroïde chez les femmes ; le taux de cancer de la thyroïde est 5 fois supérieur en Polynésie qu’en métropole. Le rapport conclut toutefois que bien que l’étude soit pertinente, il ne peut toutefois établir un lien direct entre ces pathologies et les essais nucléaires français !

Décidemment l'hypocrisie des officiels est chronique ! Comment peuvent-ils expliquer qu'un cancer de la thyroïde ou du col de l'utérus puisse se déclarer chez des dizaines de vahinées en l'espace de 30 ans s'il n'y a pas de source cancérogène dans l'environnement ?... Leur faut-il aussi une preuve formelle du lien du cause à effet ? A part les retombées des essais atomiques, il n'existe aucune source naturelle de polluants ou de rayonnements suffisamment intenses ou continue dans les atolls capable d'engendrer de telles symptômes en l'espace de 10 ou même 30 ans. De qui se moque-t-on ? Est-ce de la propagante ou cherche-t-on à cacher la vérité ou protéger quelqu'un ? A l'évidence le Gouvernement français cherche à manipuler le public.

Au total, selon le rapport de l'OPECST (CIPR-60), tous essais nucléaires français confondus, statistiquement et se basant sur la probabilité de 5% par homme-sievert d’obtenir un cas mortel, on estime qu'il y eut entre 0.95 et 4.3 cas mortels chez le seul personnel ayant participé aux séances de tir nucléaire. C'est un chiffre inquiétant. Quant aux civils polynésiens, le rapport les ignore !

Puisque c'est ainsi, que l'Etat français feint l'ignorance et refuse d'admette ses responsabilités, épaulée par des journalistes d'investigation et des avocats, la population s'est mobilisée pour faire valoir son bon droit. Car de délit il en est bien question et les victimes se comptent par centaines, que dis-je par milliers de personnes.

 

 

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Essai nucleaire à Mururoa.

Mururoa : les victimes parlent.

Heureusement les gens commencent à parler. Gérard Martin par exemple, qui contrôlait les émissions radioactives à l'époque de Mururoa confirma en 2004 qu'il y eut des "retombées radioactives lourdes". Les rapports remis au Sénat français par Haroun Tazieff (1982), M.H.R.Atkinson (1984), le Cdt Cousteau (1988), l'AIEA (1991) ainsi que Greenpeace (1992) rapportèrent leurs inquiétudes face aux effets secondaires des explosions atomiques sur la population et les écosystèmes. Globalement toutefois, s'ils reconnaissent que les taux de radioactivité sont très faibles (0.1 mS en général), certains puits sous-marins d'enfouissement du plutonium restent ouverts et peuvent induire à long terme une lente dissémination des radioisotopes dans l'eau et donc dans toute la chaine alimentaire.

L'organisation Médecins du Monde a notamment observé un nombre grandissant de cancers en Polynésie. Ils estiment aujourd'hui que 25% des pathologies sont imputables aux retombées radioactives.... En 2003, en collaboration avec l'association "Moruroa e tatou" (Mururoa et nous) et l'Observatoire des armées françaises (OBSARM), l'ONG créa une mission humanitaire et médicale permanente à Papeete, "afin que la France assume ses responsabilités" à l'égard des 850 vétérans polynésiens qui travaillèrent sur les sites nucléaires et qui ne furent jamais informés des risques liés à leur travail.

La phobie du nucléaire est à ce point importante dans l'archipel, qu'aujourd'hui tous les malades imputent leur état chronique aux essais nucléaires... Si c'est loin d'être prouvé, il est un fait qu'aucun habitant de Polynésie n'a été averti des risques qu'il encourait et les autorités en place n'ont rien fait pour protéger leur population.

Quand les victimes parviennent à consulter leur dossier médical ou dosimétrique, ils découvrent que les taux de radiation n'ont pas été communiqués aux médecins. Même les doses reçues par les poissons pêchés sous le point zéro restent confidentielles. Pour quelle raison si ce n'est pour cacher un secret militaire et des valeurs radiotoxiques.

Il y a en effet un fait sur lequel les avocats français de la partie civile doivent insister. Dans un site d'expérimentation nucléaire, les militaires français et leurs défenseurs estiment que seul le personnel en contact direct avec le risque de radiation doit être protégé.

Mais même le personnel subalterne n'assistant pas directement aux essais est protégé dans certaines circonstances. Ainsi tous les militaires du service de décontamination NBC par exemple étaient équipés de combinaison étanche quand ils procédaient aux décontaminations du personnel, des bâteaux ou des infrastructures ayant subit un fallout. Mais à deux pas de là, les soldats de première classe et les civils jouaient sur la plage en bras de chemise ! D'autres regardaient les explosions uniquement protégés par... leur maillot et leurs lunettes solaires ! Aujourd'hui ces derniers sont soit morts contaminés soit souffrent de maladies des yeux, des glandes salivaires ou des poumons, autant de symptômes propres à une contamination aérienne.

A l'époque des faits, l'Etat-Major français a seulement informé son personnel subalterne d'avoir "la tête dans les bras au moment de l'explosion pour éviter le flash"...quant aux radiations et la contamination radioactive, personne n'en parlait aux civils, ni aux légionnaires en place et bien sûr jamais à la population polynésienne.
 
C'est ainsi que le LDG, le service scientifique de l'Etat-Major était au courant des risques. L'un de leur membre, Bernard Ista est mort en 1985 d'un cancer, laissant son épouse seule et sans ressource. Il avait travaillé à Mururoa sur des barges autour du point zéro. Le Gouvernement n'a pas reconnu sa maladie comme imputable à son activité professionnelle.
Or c'est faire preuve d'incompétence et d'irresponsabilité que de dire cela et mal connaître les effets du nucléaire. Aujourd'hui, 80% des vétérans français ayant participé aux essais nucléaires en Polynésie sont en mauvaise santé. Tous pourtant ont reçu de faibles doses de rayonnements ionisants. Certaines victimes, qu'elles aient travaillé au sol ou à partir d'avion sont malades depuis des années, d'autres ont perdu leurs cheveux, ils présentent un cancer de la gorge ou sont devenus aveugles avant 50 ans. Les victimes ne souffrent pas du contact direct aux radiations mais de contamination, c'est-à-dire des retombées de l'explosion (fallout) qui soulève des particules d'environ un micron dans l'atmosphère et que les gens respirent ensuite à 20, 50 ou 100 km de distance dans les heures, les jours et les mois qui suivent.
 
Je pense que ce seul fait réduira au silence les arguments de la partie adverse, même si elle dépose le rapport de l'OPECST comme pièce à conviction. Malgré ses recours en appel(s), le principe de précaution, la protection des population civiles et l'argument scientifique rasionnable doivent prévaloir. Les autorités doivent être condamnées, notamment pour ne pas avoir respecté la Convention des Droits de l'Homme de Genève. Ajouté aux autres incidents, les avocats de la partie civile disposent d'un faiseau d'indices concordants qui valent plus que tous les belles paroles rassurantes des autorités que plus personnes ne croit. Le Gouvernement s'est assez moqué des gens ! Les images paradisiaques des îles se couvrent aujourd'hui de larmes et le charme des atolls a fait place à la colère qui résonne déjà dans le prétoire des tribunaux.
Pour se défendre, le service de Santé des Armées prétendait encore en 2003 aux enquêteurs de Médecins du Monde que les militaires ne restaient que quelques mois à Mururoa. Mais c'est totalement faux ! Des militaires sont restés sur place... 26 ans ! Mais en disant cela, il avouait implicitement qu'il valait mieux ne pas rester trop longtemps sur l'île... Et que dire des populations autochtones ? L'Armée les a laissées tomber et il a fallut qu'elles se battent pour témoigner dans leurs chairs des conséquences des essais nucléaires sur leur santé.
 
 
 
 
 
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Atoll de Mururoa 1989.
 
En quête d'indemnisation.
 
En Algérie la situation est également préoccupante. Des populations entières ont été contaminées car aujourd'hui encore les vents de sable soufflent des éléments radioactifs et localement l'eau des oueds n'est plus potable. Chez les Haratines par exemple, les gens meurent de cancer et des enfants naissent malformés suite aux essais nucléaires. Le Gouvernement français ne les a jamais indemnisés. N'est-il pas responsable de ce problème ?
Devant l'indifférence des autorités plus d'un lecteurs Algériens m'ont fait part de leur révolte face à l'irresponsabilité de la France. Monsieur Chirac, quand leur maladie sera-t-elle prise en considération ?
Malheureusement en vertu du "Secret Défense" qui couvre encore toutes ces affaires, beaucoup de victimes ou leur veuve n'ont toujours pas accès au dossier de dosimétrie ni au dossier médical de leur époux "Mort pour la France" et à qui on refuse ce titre posthume (il est vrai qu'il est normalement décerné en temps de guerre mais une modification de la Loi est possible) ! La plupart des veuves n'ont même pas droit à la pension de leur mari, quant aux enfants Algériens mutilés ou malades, aucun n'est pris en charge par le Gouvernement français.
 
La Loi militaire est en fait inadaptée dans le cas de maladies se déclarant 20 ou 40 ans après les faits. En revanche la loi sur le code du travail stipule aujourd'hui que les victimes civiles des maladies radioactives tels les ingénieurs du CEA ou du LDG ayant travaillé en Algérie ou à Mururoa ne doivent pas apporter la "preuve de présomption d'origine". Mais cette loi n'est pas applicable au personnel militaire ! Quelle lâcheté, d'autant plus que la preuve scientifique de cette contamination nucléaire est impossible à obtenir; tout au plus peut-on rassembler un faisceau d'indices, des présomptions... ce ne seront jamais des preuves...
Récemment, l'épouse d'un militaire contaminé et décédé a avoué que l'Etat-Major lui avait dit en 1962, "Vous devez taire ce que vous avez vu à l'hôpital... hélas les essais nucléaires doivent se poursuivre... il nous faut des volontaires.... si on commence à ébruiter on n'aura pas assez de volontaires...". Par ces mots il reconnaît donc avoir trompé son personnel ! Heureusement Médecins du Monde a réagit devant l'attitude inadmissible du Gouvernement et a déjà reçu 550 demandes de dossiers relatifs à des victimes du nucléaire dont près de 350 de Polynésiens. Mais jusqu'à présent, en général l'action en dédommagement se résume à une indemnité financière ridicule. On peut toutefois espérer que les choses vont bientôt changer; les langues se délient et des avocats spécialisés de la partie civile ont pris les choses en main.

Car le Ministère français de la Défense est coupable d'avoir sciemment menti à ses employés, à la population autochtone et pollué la nature. Mais nul ne sait quand le Gouvernement acceptera cette vérité. En fait, même s'il ne l'avoue jamais, il sera probalement condamné. En effet, l'imprudence dans ce cas-ci est un délit, même non intentionnel. Et il est heureux aujourd'hui, bien qu'il fallut attendre plus de 30 ans, que les victimes ou leurs ayant-droits demandent des comptes et des indemnités au Gouvernement français à la hauteur des préjudices subit.

 
 
 
 
 
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Essai Nucléaire.
 
En 2006, Florent de Vathaire, épidémiologiste de l'INSERM confirmait l'existence d'un lien statistique entre les essais nucléaires et les cancers de la thyroïde dont souffrent certains Polynésiens. Mais à ce jour, l'avocat français Jean-Paul Tessionnière qui représente les vétérans, les Polynésiens et l'association AVEN a vu sa demande en réparation jugée irrecevable par le tribunal !
A se demander si le Gouvernement français considère que les victimes sont toutes des mythomanes, victimes d'affabulations, à moins qu'il ne considère que le mensonge est organisé ! Mais ainsi que le faisait remarquer un vétéran, "si les essais étaient si propre que cela, pourquoi les a-t-on faits à 20000 km de la France ?..." Franchement de qui se moque-t-on ?
Alors que les autorités militaires françaises cherchent encore à savoir si elles doivent ou nous reconnaître leur faute, les Gouvernements des Etats-Unis et du Royaume Unis indemnisent déjà les victimes, preuve qu'ils ont reconnu l'existence d'un lien de cause à effet et la responsabilité de leur Gouvernement respectif. Cette fois la France ne pourra pas échapper à la Justice où alors les Français ne vivent plus en démocratie.
Aux derniers échos, le 2 octobre 2006, Marcel Julien de la Gravière, Délégué français à la sûreté nucléaire et représentant du Gouvernement, a exprimé sa volonté de vouloir mettre en place en Polynésie française une surveillance médicale annuelle des populations des atolls concernés par d'éventuelles retombées des essais nucléaires. Mais si ce contrôle risque probablement de se concrétiser un jour, aucune date n'est encore arrêtée, et cela ne signifie pas encore que les victimes seront indemnisées...
 
En attendant, si l'espoir fait vivre dit-on, la radioactivité tue. A force d'espérer en vain, bientôt toutes les victimes contaminées auront disparu. Ce n'est pas 30 ans ou un siècle plus tard qu'un Gouvernement doit reconnaître ses erreurs, mais tout de suite s'il veut garder sa crédibilité et la confiance de sa population. Il est temps que le mur du silence tombe ! Je le vois déjà s'effriter, les avocats travaillent à cette tâche. Demain il tombera !
 
 
 
 
 
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Borabora.
 
 
La radioactivité des puits souterrains.
 
Aujourd'hui, si vous passez par Mururoa, on vous refuse encore l'accès à certaines zones du lagon en raison de la radioactivité résiduelle. Ces sites ne sont en principe jamais visités par les touristes mais uniquement par des scientifiques. En 1984 par exemple les autorités françaises interdirent à la mission Atkinson de prélever des échantillons de sédiment au fond du lagon (environ -155m), reconnaissant qu'"il y avait de 10 à 20 kg de plutonium aux fonds du lagon" ! Parlaient-ils des puits creusés à 1180m de profondeur utilisés pour les tirs souterrains et contenant chacun 3.7 kg de plutonium, la source d'information de l'Assemblée Nationale ne le précise pas mais on peut en douter quand Atkinson parle de sédiment. L'AIEA confirme d'ailleurs qu'il s'agit de dépôts de plutonium sur la couche de sédiments. Que fait-il là, je l'ignore encore.
Deux explications sont envisageables. Soit ce plutonium provient de résidus de fission non consommés durant les explosions antérieures de bombes au plutonium, bien qu'en théorie la réaction s'emballe et consomme toute la matière fissile, soit il provient de l'activation d'uranium-238 en plutonium (c'est la réaction qui se produit dans les centrales), mais cette réaction dépend du flux de neutrons qui est directement lié à la puissance de la bombe, et génère généralement des éléments plus lourds que le plutonium...
Quoiqu'il en soit, aujourd'hui rien n'a changé. Ce plutonium-239 et 240 est localement prisonnié des roches tout comme le césium-137 et le strontium-90 mais du fait que les deux atolls sont poreux et présentent certaines failles au sens propre comme au figuré, ils ne constituent pas des sites idéaux pour enfouir et fixer à jamais des déchets nucléaires. Il existe également une tête de puits creusée à 1180m de profondeur au fond duquel se trouve des déchets nucléaires qui est restée ouverte sur l'océan. Des particules radioxiques peuvent en théorie se disséminer lentement dans l'eau et leur présence justifie bien entendu le maintien d'une surveillance à très long terme. Et ce n'est pas une surveillance de quelques jours : la période ou demi-vie du plutonium-239 est de 24110 ans, c'est-à-dire qu'il faudra attendre 241100 ans pour que sa radioactivité soit divisée par 1000 !
 
Bine que la profondeur de l'eau participe à diluer les retombées radioactives, quand on sait que les poissons pélagiques accumulent facilement les toxines et entrent donc naturellement dans la chaîne alimentaire, à petite dose, même moins de 0.01 mS par an comme c'est le cas actuellement, la radioactivité résiduelle de ces isotopes va s'accumuler dans l'environnement. Bien sûr en l'espace de dix ans, la lente dissémination de la radioactivité dans l'eau restera faible, l'équivalent de la dose reçue par une radiographie aux rayons X. Cela dit, en enfouissant ses déchets radioactifs dans l'un des beaux atolls du monde, le Gouvernement français a offert un beau cadeau empoisonné aux touristes et à nos descendants !
Aujourd'hui les différents puits sous-marins sont surveillés. Depuis 1998 la direction militaire du CEA assure une surveillance radiologique et géomécanique des deux atolls grâce au système Telsit et prélève chaque année des échantillons d'eau, de faune et de flore qui sont analysés.
 
Comme sur les pontons de Mururoa où le plutonium risquant de contaminer l'environnement a été emprisonné dans du bitume, en principe, au fond du lagon sous plusieurs dizaines de mètres d'eau et prisonnier des roches, comme le champ magnétique figé dans la lave, la radioactivité du plutonium et des autres radioisotopes est fixée et risque peu de contaminer les plongeurs ou la population. Mais quoique dise le Gouvernement et les agences effectuant les contrôles, le risque n'est pas nul puisque le site n'est pas entièrement étanche; non seulement il s'agit de métaux lourds radiotoxiques mais ils ont une chance de se retrouver un jour ou l'autre dans l'eau de mer. Même si le risque est négligeable aujourd'hui, dans un siècle la faune et la flore pourraient avoir accumulé une dose supérieure à 1 mSv (Cf. les unités de mesures), équivalente à la radioactivité naturelle (elle est de 2.4 mSv par an et par personne en France). Bien sûr ce n'est pas inquiétant en soi, mais il faut continuer à surveiller le site.
Enfin, selon une étude très sérieuse conduite par l'AIEA en 1996 à laquelle participèrent de nombreuses scientifiques étrangers, aujourd'hui la population de Mururoa et Fangataufa est exposée à une radioactivité résiduelle qui ne dépasse pas 0.01 mSv par an, un niveau 200 fois inférieur à la radioactivité naturelle, ce qui a permit à cet atoll de redevenir une île touristique après 30 ans d'enfer.
 
Les experts de l'AIEA concluent donc sereinement qu’"aucune mesure corrective n’est nécessaire sur les atolls pour des raisons de protection radiologique, que ce soit maintenant ou à l’avenir", conseillant même de suspendre le programme de surveillance, ce que la France a tout de même refusé de faire. Elle a au moins appris une leçon.
L'homme est aujourd'hui capable de créer des étoiles mais ses mains sont sales de déchets nucléaires dont il ne sait que faire comme un enfant irresponsable qui aurait déclenché un feu sans pouvoir l'éteindre. L'histoire de Prométhée se répète. Dieu punira-t-il l'homme de lui avoir volé le feu ? Au vu des catastrophes naturelles et autres accidents nucléaires, certains groupes extrémistes aimeraient le croire.

 

Des OGM

 
Des OGM dans votre assiette.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les OGM
Des OGM, la vraie solution?!
 
Un débat passionné (I)

 

Depuis la fin des années 1990 le débat relatif aux organismes génétiquement modifiés (OGM) est passé de la rigueur scientifique à la passion; il ne s'écoule pratiquement pas une semaine où leurs partisans comme leurs détracteurs essayent de contrer leurs adversaires à coups d'arguments plus ou moins scientifiques. Entre les deux, à défaut d'avoir un avis rigoureux du monde scientifique ou du législateur, le consommateur est contraint de se forger sa propre opinion et de répondre lui-même aux questions essentielles : qu'est-ce qu'un OGM ? Quels sont ses avantages ? Dans quels aliments les trouve-t-on ? Les OGM sont-ils dangereux pour la santé et pour l'environnement ? Voilà quelques unes parmi les questions auxquelles nous allons répondre en faisant le point sur cette biotechnologie controversée.
 
 
 
 
 
logo-clonage
L'homme se croirait-il Dieu!!
 
Qu'est-ce qu'un OGM ?
Nous avons expliqué dans l'article consacré à l'anatomie et les fonctions des cellules que chaque cellule eucaryote (à noyau) contient une molécule d'ADN qui garantit la pérénité du patrimoine génétique au cours de la reproduction.
Les gènes constituant l'ADN sont responsables des variations génétiques entre individus et sont propres à une espèce; ils sont donc naturellement incompatibles entre espèces ou races différentes car ils conduisent soit à l'empoisonnement de l'individu soit à la stérilité de l'oeuf résultant de cette union.
Néanmoins, tout organisme accepte la mutation de certains gènes avec tous les risques que cela peut entraîner. C'est ce phénomène aléatoire qui produit l'évolution des espèces mais également les malformations génétiques et qui participe aux maladies génétiquement transmissibles.
Un OGM est un organisme, animal ou végétal, dont on a modifié génétiquement le patrimoine génétique (l'ensemble des gènes) par des techniques de "génie génétique" pour lui conférer une caractéristique nouvelle.
Les OGM ont été créés pour notamment augmenter les résistances des plantes, favoriser leur adaptation à des conditions climatiques plus chaudes ou plus froides, retarder le mûrissement des fruits et des légumes (tomates, fraises, etc), accélérer la croissance des poissons (saumon), enrichir les propriétés nutritionnelles des aliments (riz enrichi en vitamine A, etc) ou amener certaines plantes ou des animaux à produire des substances pharmacologiques (lait de vache ou de brebis). Plus récemment on a même modifié génétiquement certains insectes utiles ou nuisibles afin qu'ils pollénisent certaines plantes ou tuent d'autres insectes.
Comment procède le génie génétique ? En résumé, ces techniques consistent à introduire un ou plusieurs gènes dans le patrimoine génétique d'un organisme afin de créer un "organisme génétiquement modifié" ou OGM. Ces techniques permettent de transférer des gènes sélectionnés d'un organisme à un autre, y compris entre des espèces différentes, tout en garantissant leur viabilité.
 
Voyons à présent quels sont les arguments avancés par chacun des protagonistes pour défendre ou s'opposer aux OGM. Tout d'abord faisons un petit rappel historique.
 
 
 
 
 
Des OGM Sur votre table
Des OGM sur votre table.
 
Où trouve-t-on des OGM ?
Aujourd'hui, on retrouve principalement des OGM dans le monde végétal : dans les cultures de maïs, de betterave, de colza, de soja et leurs dérivés (tourteaux de soja pour l'alimentation animale, flocons de maïs, amidon de maïs, barres de céréales, farine de soja, huile de coton, les additifs comme la lécithine E322, etc). Ainsi que nous l'avons dit, les OGM existent également dans le monde animal (saumons, insectes) et indirectement dans les produits que nous consommons comme la viande, le lait ou les oeufs.
Chacun jugera de l'intérêt des nouvelles espèces de fruits ou d'animaux génétiquement modifiés ou de la production d'hormones à des fins médicales. On ne peut toutefois pas être "pour" ou "contre" les OGM a priori ou de manière générale et sans autre forme de procès. Pour avoir une idée claire et objective de la question, voyons donc quels sont les problèmes que soulèvent les OGM en nous focalisant sur le monde agricole.
 
 

Génie génétique, mutation et hybridation

 

Au sens large, il existe plusieurs manières de considérer les OGM du point de vue génétique :

1. le résultat du génie génétique évoqué ici (maïs transgénique, etc)

2. le résultat de l'hybridation (clémentine, tomate-cerise, etc)

3. le résultat des manipulations génétiques (clonage, etc).

4. le résultat de l'évolution.

Dans tous les cas, que cela procède du génie génétique ou des oeuvres de dame Nature, que la méthode soit artificielle ou naturelle (sexuée), nous sommes en présence de manipulations génétiques. Autrement dit, les OGM ont toujours existé !

Toutefois dans cet article nous nous attacherons uniquement aux OGM issus du génie génétique, et principalement appliqué au monde végétal. Les autres thèmes seront abordés dans d'autres articles.

 
 
 
Le problème des OGM
La biotechnologie est née dans les années 1970 du constat que la sélection génétique naturelle, par croisement, était très longue et ne garantissait jamais le résultat. Il fallait des dizaines d'années pour obtenir une nouvelle variété dotée des propriétés voulues.
Le génie génétique s'est développé en même temps que l'informatique et de notre meilleure compréhension des mécanismes génétiques. Aujourd'hui, la biotechnologie a pallié aux défauts de la sélection naturelle : elle ne croise plus les variétés ou les espèces entre elles mais elle transplante directement les gènes d'une espèce à l'autre. Oui, quelque part nous nous prenons pour Dieu, décrétant quelles sont les espèces qui doivent naître ou disparaître... Cela soulève déjà une question éthique.
 
Qu'en pense le public qui est le principal consommateur des OGM ? Selon un sondage publié en 2000, 72% des Français étaient opposés aux OGM dans le secteur agro-alimentaire mais seulement 25% dans le domaine médical. Selon l'association Kokopelli dont l'action vise à protéger la biodiversité, en 2007 quelque 85% des Français étaient opposés aux OGM du fait des limites de cette biotechnologie et en vertu du principe de précaution visant à écarter les éventuels risques sanitaires et environnementaux inconnus liés à ces nouvelles espèces disséminées dans la nature sans contrôle.

 

 

Mais d'un côté nous sommes les premiers à apprécier les clémentines car elles n'ont (presque) pas de pépin... Or c'est un OGM, fruit d'une hybridation sexuée : la fécondation de la graine du mandarinier avec le pollen du brigaradier. Des dizaines d'autres fruits et légumes tout aussi excellents ont été obtenus par hybridation.
D'un autre côté, nous craignons la dissémination sauvage des graines ou du pollen libéré par les champs de maïs, de colza ou de tomates transgéniques.
 
 
 
 
 
Polinización OGM
Pollinisation des OGM
 
L'agriculteur doit-il protéger ses récoltes à coups d'insecticides polluants et parfois cancérigènes ou n'est-il pas préférable d'introduire dans le maïs un gène spécifique lui permettant de fabriquer lui-même un insecticide toxique pour la pyrale, un insecte destructeur ?
Quand la nourriture de milliers d'hommes dépendent de vos cultures, il est parfois difficile de choisir entre deux solutions jugées dangereuses. Faut-il pour autant en revenir à la culture "bio" et exiger que cet agriculteur perde 75% de rendement et hypothèque l'avenir de sa ferme ? Les deux activités sont-elles conciliables ? On constate que le débat sort rapidement du cadre purement scientifique.
Pourquoi acceptons-nous les OGM dans un cas et les refusons dans l'autre ? Une clémentine est-elle meilleure que du maïs transgénique ? Est-ce parce que la première est issue d'une fécondation sexuée et au stade de la production, donc soi-disant inoffensive alors que le second aliment est issu du génie génétique - artificiel - et seulement au stade initial de la production ou de la recherche appliquée ?
 
Le fait qu'un OGM sente bon ou que son ingestion ne produise aucun effet indésirable immédiat suffit-il pour valider sa commercialisation. Nous savons que des substances absorbées à doses homéopathiques ou en-dessus du seuil d'activation peuvent malgré tout produire un effet sur l'organisme. Nous ignorons encore par quel processus, mais c'est un fait. Dans ces conditions, qui peut dire avec certitude qu'un an ou un siècle suffit pour juger de la qualité sanitaire d'un aliment ? Qui a tord qui a raison ? C'est toute la question du débat sur les OGM.
Si on se réfère aux derniers jugements de la Cour de cassation, ici le législateur a donné raison à une société agrochimique, ailleurs des producteurs bio ont eu gain de cause, bref le débat est ouvert et attise tous les jours un peu plus la passion des protagonistes !
 
 
 
 
 
Toscana
Toscane (Italy)
 
Evolution du marché des OGM
En 1990, la Commission européenne avait instauré un moratoire qui interdisait les cultures transgéniques sur son territoire. Mais elle s'est fait récemment condamner par l'OMC pour sa réticence. Du coup, le moratoire a été levé et plusieurs dizaines de semences (soja, maïs, coton, colza, betterave, etc) ont depuis lors été acceptées pour commercialisation dans les 27 Etats membres. Mais depuis la situation a encore évoluée suite à l'action des militants écologistes. On y reviendra.
En 1996, date à laquelle démarra réellement la culture commerciale des OGM, ces produits occupaient dans le monde à peine 1.7 millions d'hectares, principalement aux Etats-Unis. Ils faisaient une entrée timide en Amérique latine.
La progession s'est ensuite accélérée pour atteindre 20% entre 2003 et 2004 et encore 11% entre 2004 et 2005. En 2005, 21 pays cultivaient officiellement des OGM sur leur territoire à des fins commerciales. En Europe, seul le Luxembourg ne produisait pas d'OGM à des fins commerciales. Le tableau suivant reprend les principaux pays producteurs.
 

Les 10 plus gros pays producteurs d'OGM

(en millions d'hectares, en 2005)

Etats-Unis

49.8

Paraguay

1.8

Argentine

17.1

Inde

1.3

Brésil

9.4

Afrique du Sud

0.5

Canada

5.8

Uruguay

0.3

Chine

3.3

Australie

0.3

 
 
En Europe, la culture des OGM est relativement peu développée. La Tchéquie arrive en tête avec 100000 ha(1000 km2) tandis que l'Allemagne, l'Espagne, la France et le Portugal cultivent chacun 50000 ha d'OGM.
 
Au total, la superficie mondiale occupée par les cultures transgéniques dépassait 90 millions d'hectares en 2005 dont plus de 84% étaient cultivés en Amérique et plus de la moitié aux Etats-Unis.
Si en soi la création des OGM est louable, les opposants à ce genre de culture et notamment les scientifiques mettent en évidence trois arguments qui remettent en question la culture des OGM. 

 

 

 

                                                  Prochain chapitre:

                                           Les OGM sont-ils dangereux pour la santé ?

Des OGM

 
Des OGM dans votre assiette.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les OGM
Des OGM, la vraie solution?!
 
1°. Les OGM sont-ils dangereux pour la santé? (II)

 

Posons clairement la question : un OGM est-il un progrès sur le plan alimentaire ou est-ce un poison ? Si nous avions la réponse, la question ne se poserait pas et le débat serait clos. D'un point de vue scientifique, il existe plusieurs risques à considérer.
 
1. On ne peut écarter le risque d'allergie. Nous savons que beaucoup de personnes sont allergiques à certains aliments. Tout comme nous avons des exemples en médecine où certains patients sont allergiques aux oeufs et par voie de conséquences à toutes les préparations médicinales élaborées sur de l'albumine, un consommateur allergique à l'arachide par exemple peut l'être aussi s'il absorde une plante contenant un gène issu de l'arachide et qui n'aurait pas été signalé comme allergène. C'est ainsi qu'un soja génétiquement modifié a été retiré du marché parce qu'il avait rendu allergène suite à l'introduction d'un gène provenant de la noix du Brésil.
 
2. Il existe un risque de dissémination de gènes résistants aux antibiotiques. Nous savons déjà que l'eau de distribution véhicule de nombreux antibiotiques qui passent incognito aux contrôles sanitaires. Aujourd'hui c'est le tour des OGM. Ensemble ils entraînent une moindre efficacité des médicaments.
Dans les deux cas aucune étude scientifique ne permet d'affirmer que les OGM sont dangereux pour la santé. Certaines études jettent toutefois un doute sur leur inocuité. Ainsi différentes études affirment non pas que les OGM génèrent des problèmes de santé mais qu'ils suscitent des effets biologiques qui devraient être plus largements étudiés. Ainsi Thomas J. Higgins et ses collègues australiens du CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) ont découvert en 2005 que le transfert d'un gène de haricot vers un pois déclenchait de façon inattendue la production d'anti-corps et une inflammation des poumons chez des souris nourries avec ce pois transgénique. En d'autres termes, ces souris étaient à présent allergiques aux haricots ! Le développement de ce projet a donc été arrêté. Plus tard, durant l'été 2005, des scientifiques italiens ont démontré que l'ingestion d'un soja transgénique induisait des modifications dans les cellules de foie des souris. Le retour à une nourriture non transgénique faisait disparaître ces différences. Même si ces expériences ne concernent pas l'homme, on ne peut pas dire que le risque sanitaire est nul.
 
3. Le manque total de transparence. Rappelez-vous les procès retentissants qui eurent lieu en 1998 contre dix sociétés de l'industrie du tabac (contre les cigarettiers MALBORO et PHILIP MORRIS notamment). En entourant la fabrication et les effets de leurs cigarettes du plus grand secret, nous avons découvert à nos dépens combien des industriels peu scrupuleux peuvent nous mentir sur la composition et la toxicité de leurs produits et influencer à leur insu les goûts de toute une génération. Ces sociétés ont payé cher leurs mensonges mais elles sont toujours autorisées à vendre leurs cigarettes et proposent toujours dans le plus grand secret des contracts aux stars du boxoffice (l'image des cigarettiers apparaît par exemple en "toute innoncence" dans les films de James Bond, Basic Instinct, Superman II, etc). Une règle est déjà acquise : quand l'argent entre en jeu, l'éthique vient au second plan...
La même situation est en train de se produire avec les OGM. Le manque de transparence du secteur et notamment dans l'approche des études toxicologiques a semé depuis quelques années la méfiance dans l'esprit du public et des ONG tel Greenpeace.
 
 
 
 
 
fine-fleur-du-terroir
Produit du terroir.
 
Ces études sur les OGM sont conduites par des entreprises favorables aux OGM et examinées ensuite par des commissions publiques amenées à se prononcer sur la commercialisation de ces produits dans ... la plus totale confidentialité ! Ces lobbies pro-OGM agissent même au sein du Parlement et la Commission européenne.
Un cas d'école a fait scandale durant l'été 2005. La firme MONSANTO voulait commercialiser le maïs transgénique MON 863. L'étude toxicologique tenue secrète mettait en évidence plusieurs modifications biologiques (augmentation du taux de globule sblancs, troubles du poids, etc) chez les rats nourris avec ce maïs. Après une première demande infructueuse de Greenpeace, la justice allemande exigea la publication de l'étude. Il s'en suivi une bataille juridique et scientifique. Finalement le maïs transgénique reçut le feu vert et fut commercialisé en Europe mais uniquement pour l'alimentation animale.
Ceci dit, toute les sociétés diffusent des informations confidentielles. Cela ne pose aucun problème tant qu'il ne s'agit pas d'une discrimination ou d'un mensonge organisé. En effet, toute entreprise a le droit de protéger son personnel ou ses intérêts notamment par rapport à la concurrence. D'un autre côté pourquoi devrait-on cacher une information si elle n'est pas génante pour l'une ou l'autre partie ? Cela ne peut susciter que la méfiance dans l'esprit du public qui coûte que coûte cherchera à connaître la vérité, quitte pour cela à agir dans la clandestinité ou porter l'affaire en justice, appuyés par des ONG ou des élus. Car ainsi qu'on le dit en général, "si on nous cache quelque chose, c'est que c'est dangereux !" A raison ou à tord, la société concernée ne peut pas longtemps résister à cette pression médiatique sans y perdre son image de marque et des parts de marché. Mais il est évident pour nous tous que les études relatives à la sécurité alimentaire devraient être rendues publiques.
 
 
 
 
 
Polinización OGM
Pollinisation des OGM.
 
2°. Les OGM sont-ils dangereux pour l'environnement ?
Les risques pour l'environnement préoccupent davantage les scientifiques que les risques sanitaires. En effet, deux raisons poussent les scientifiques à s'intéresser de près aux risques potentiels associés aux OGM:
 
1°. Le risque de dissémination non contrôlée des OGM dans la nature. Emportés par les intempéries et des vecteurs comme les animaux, les oiseaux, les insectes et même les eaux de ruissellement, le pollen des OGM peut progressivement envahir les champs, se substituant aux plantes conventionnelles ou indigènes moins compétitives. Rappelons que cela ne peut pas se produire avec les graines qui sont stériles comme tous les hybrides F1 issus de manipulations génétiques (Cf la clémentine).
Le risque est réel car les plantes transgéniques sont des espèces apparentées à leurs rivales mais beaucoup plus résistantes face aux parasites, aux pesticides ou aux rigueurs du climat. Indirectement, un OGM résistant aux pesticides risque d'accroître l'utilisation de ces mêmes pesticides. A terme, ces produits seront inopérants contre les insectes nuisibles qu'ils étaient censés exterminer.
 
2°. La coexistence entre l'agriculture conventionnelle et l'agriculture basée sur les OGM. Comment garantir d'un aliment "bio" ou labellisé du terroir n'est pas contaminé par les OGM d'une culture proche ? La plupart des fabricants d'OGM reconnaissent à mi-mots que leurs plants transgéniques peuvent se disséminer jusqu'à plusieurs centaines de mètres dans les plants conventionnels. Qu'en pensent les autorités ? 

Balí

Balí, rizières.
Sur le plan légal, la situation est... chaotique. La Commission européenne tolère un seuil de contamination accidentel des plants conventionnels de 0.9% mais précise que ce seuil... ne peut être réduit ! Toutefois les Eurocrates ne s'entendent pas eux-mêmes sur ces mesures. Ainsi les mesures de contamination ne peuvent pas être justifiées par des arguments sanitaires ou environnementaux mais uniquement pour des motifs économiques ! Comme si la rentabilité d'une exploitation ou d'un brevet passait avant la santé des consommateurs ! La Commission ne précise pas non plus les dispositions concernant les zones tampons, ou l'étendue des zones "sans OGM", où la présence de plans transgéniques serait interdite. Bref, l'Europe s'en lave les mains, laissant à chaque Etat membre le soin de résoudre ces problèmes ! Ce n'est pas vraiment ainsi qu'on envisageait le rôle des fonctionnaires européens... Soit.
 
A défaut de décision au niveau européen, à ce jour 8 Etats membres ont déposé sur le bureau de la Commission un projet cadre sur la coexistence des deux types d'agriculture. Mais si nous examinons en détail ces projets, chacun voit midi à sa porte : la distance de dissémination des cultures trangéniques sur les conventionnelles varie entre 70 mètres en Tchéquie à 400 m en Hongrie pour une moyenne européenne de 200 mètres. Les ONG prétendent que cette distance serait plutôt de 2 km sous l'action du vent.
 
 
 
 
 
Des OGM Sur votre table
Des OGM sur votre table.
 
3°. Le faux débat : les OGM peuvent nourrir le monde.
Si vous écoutez les défenseurs des cultures transgéniques ils vous prétenderont que les OGM sont une solution au problème de la faim dans le monde. A croire leurs promoteurs, les OGM sont la solution miracle pour l'agriculture de demain : ils améliorent les rendements, ils résistent mieux aux insectes nuisibles, ils sont moins sensibles aux maladies, ils s'adaptent à des sols impropres aux plants conventionnels, ils s'adaptent à des climats hostiles, etc. Ils prétendent que les OGM peuvent être enrichis en vitamines, en protéines et autres minéraux et peuvent ainsi éradiquer diverses carences alimentaires, bref il s'agirait de plants idéaux, sans défaut... Qu'en pensent les scientifiques ?
Ces arguments sont loin de convaincre la communauté scientifique. En effet, les promoteurs des OGM avancent l'argument de la faim depuis de nombreuses années comme si nous ne pouvions pas nourrir la population mondiale avec des produits conventionnels.
En fait les sociétés agro-alimentaires et agro-chimiques impliquées dans les cultures d'OGM testent la plupart de leurs produits dans les pays en voie de développement qui représentent autant de laboratoires à ciel ouvert et sans garde-fou. Là-bas, loin du regard inquisiteur de la FDA, des ONG ou des fermiers labellisés, les pro-OGM testent leurs prototypes aux conséquences imprévisibles... Si cela dérange un paysan, on lui explique les "avantages" qu'il peut en tirer et à défaut on lui paye un nouveau tracteur ou on le dédommage rubis sur l'ongle pour qu'il se taise. Personne ne peut accepter ce genre de méthodes qui relèvent plus des pratiques mafieuses, du piratage et de l'exploitation pure et simple de la misère que de la recherche appliquée !
 
Mais plus grave que cela, l'argument invoqué par les promoteurs des OGM est illusoire et fallacieux : tout qui s'intéresse à l'économie et au problème de la faim dans le monde sait pertinement bien qu'on ne résoudra pas la question en produisant plus de nourriture qui restera stockée dans les greniers des nantis, mais bien en rendant la nourriture accessible à ceux qui en ont besoin. Même dans un pays comme les Etats-Unis qui défend la culture des OGM, des institutions fédérales comme l'United Nations Food & Agricultural Organization, Bread for the World et l'Institute for Food and Development Policy (sans parler de Greenpeace) reconnaissent que les OGM ne sont pas la solution.
 
 
 
 
 
mais-ogm
Maïs OGM.
 
Etiquetage et traçabilité.
Si l'Europe ne peut plus interdire les OGM sur son territoire, à travers ses Etats membres elle reste compétente en matière d'étiquetage et de traçabilité. En effet, comment peut-on mieux contrôler l'origine et la nature d'un produit si ce n'est en contraignant les importateurs et les fournisseurs à plus de rigueur dans leurs descriptions.
C'est de cette manière que la Belgique comme le Luxembourg par exemple exigent que les aliments destinés aux animaux ainsi que les semences, qu'ils soient vendus préemballés ou en vrac, soient étiquetés. Les produits à base d'aliments trangéniques doivent porter la mention "Ce produit contient des organismes génétiquement modifiés" ou "Produit à partir d'organismes génétiquement modifiés". Néanmoins, ainsi que nous l'avons expliqué si les OGM sont présents à l'état de trace et considérés par le législateur comme "involontaire et techniquement inévitable" jusqu'à 0.9% par ingrédient, l'obligation d'étiquetage n'est pas obligatoire (Cf page suivante).
A consulter: Les Européens disent non aux OGM (Greenpeace)
 
 
 
 
 
Manif
Sans OGM, SVP!
 
Inversement, il est contradictoire et donc inopportun d'étiqueter "Sans OGM" un produit labellisé ou "bio" qui par définition ne peut pas contenir d'OGM comme on le voit parfois dans les supermarchés, en prenant pour preuve ce maïs français présenté à gauche.
Il y a également une obligation de traçabilité de l'aliment : tout au long de la chaîne, l'intervenant doit connaître l'origine, la composition et la destination du produit. Ces données doivent être conservées 5 ans par chaque intermédiaire.
Seul contrepoint, jusqu'en 2007, cette réglementation ne s'appliquait pas aux aliments issus d'animaux... nourris à base d'OGM ou traités avec des médicaments à base d'OGM ! Cela concernait la viande, le lait, les oeufs, etc. Etaient également exclus les substances utilisées au cours de certains processus de fabrication (par ex. les supports aromatiques ou les additifs ajoutés aux aliments).
Toutefois, en juin 2007, la Commission européenne vota un règlement controversé censé résoudre ces questions mais qui allait porter préjudice au label "bio". C'est l'objet du prochain chapitre.

 

 

Dernier chapitre

Du "bio" à 0.9% d'OGM !

Des OGM.

 
Des OGM dans votre assiette.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les OGM
Des OGM, la vraie solution?!
 
Les OGM en question (III)
 
Du "bio" à 0.9% d'OGM !

 

Insensé ! Le 12 juin 2007, les ministres européens de l'Agriculture ont approuvé un nouveau règlement sur les produits biologiques qui autorise notamment la présence fortuite d'OGM dans les aliments.
Le nouveau texte de loi est déjà contesté car il étend aux produits labellisés "bio" les dispositions européennes déjà en vigueur depuis 2004. Dorénavant, si un produit conventionnel contient plus de 0.9% d'OGM, il doit être étiqueté comme tel. En deçà de ce seuil, ce règlement ne prévoit aucune indication au consommateur. Autrement dit, qu'il soit labellisé "bio" ou contenant 0.9% d'OGM, personne ne le saura ! Ces dispositions sont également valables pour les produits biologiques pour lesquels aucune norme n'existait jusqu'à présent.
La Commission européenne s'en félicite : « ce nouveau règlement comble la lacune selon laquelle la présence accidentelle d'OGM au-dessus du seuil de 0.9 % n'exclut actuellement pas la vente de produits en tant que produits biologiques ». Comme le fit remarquer un journaliste, c'est ce qui s'appelle prêcher un bien pour un mal.
 
 
 
 
 
Des OGM Sur votre table
Des OGM sur votre table.
 
Le label "bio"
Rappelons qu'un produit labellisé "bio" garantit qu'il a été produit, conservé et transformé sur le territoire de l'Union européenne sans addition de produits chimiques de synthèse (engrais solubles, pesticides, herbicides, hormones, colorants chimiques, arômes artificiels, émulsifiants, exhausteurs de goût, etc). Cela concerne les produits agricoles non transformés (céréales, légumes, agrumes, fruits, etc) et transformés (sirops, pâtes, biscuits, plats préparés, etc) ainsi que les produits animaux (viandes, lait, oeuf, etc).
Le but de ce label n'est pas de produire des aliments sains et équilibrés mais de protéger l'environnement et la santé des être humains comme des animaux. Bien entendu, si la nourriture garantit la sécurité sanitaire tout en étant saine, c'est tout bénéfice pour le producteur et pour le consommateur.
 
Ceci dit, jusqu'en 2007, tout produit ayant plus de 95% d'ingrédients biologiques pouvait être certifié du label officiel "Agriculture Biologique" émis par le ministère de l'Agriculture.
Rappelons qu'en Angleterre, le "bio" s'appelle "organic". En Allemagne, au Danemark, en Espagne et en Suède ils ont choisi l'équivalent du terme "écologique". Dans les autres Etats membres européens, ils utilisent l'équivalent du terme "biologique".
Dans tous les cas, le produit "bio" doit afficher la mention « Agriculture biologique - système de contrôle CE » accompagné du logo Européen sur l'emballage.
Signe de qualité et de respect de l'environnement, le label "bio" est donc très prisé des agriculteurs, des chefs de restaurants cotés ainsi que d'un public épicurien, amateur de produits du terroir.
 
 
 
 
 
logo-clonage
Clonage & OGM
 
Un règlement contesté, partisan et laxiste.
Malgré l'opposition de la Belgique, de la Grèce, de la Hongrie et de l'Italie, ce nouveau règlement a été approuvé par une large majorité d'Etats membres.
Le Parlement Européen s'était prononcé pour un taux maximal de contamination de 0.1% d'OGM, soit le seuil de détection. L'avis des députés était toutefois consultatif et n'avait aucune force contraignante. La Commission européenne et la majorité des ministres de l'agriculture ont donc refusé de tenir compte de l'avis des députés !
Mais la Belgique n'entend pas appliquer ce règlement laxiste. Benoît Lutgen, ministre wallon de l'Agriculture et de l'Environnement, déplore la nouvelle réglementation qui « déforce grandement l'agriculture biologique ». Il promet de rester «inflexible» face à la culture d'OGM sur le sol wallon : « L'objectif est d'édicter des règles drastiques là où la Commission européenne prône une totale liberté en autorisant la commercialisation et le semis de certaines variétés génétiquement modifiées, et ainsi éviter un vide juridique dans lequel certains groupes pourraient s'engouffrer ».
 
 
 
 
 
Polinización OGM
Pollinisation des OGM.
 
"Les Amis de la Terre", une organisation écologique, considère également que ce texte est contraire au principe de liberté de choix du consommateur : « L'agriculture biologique est le secteur agricole le plus compétitif et le plus respectueux de l'environnement. Il a en plus créé de nombreux emplois en Europe et jouit d'un large soutien populaire », rappelle l'ONG.
Encore une fois, ceci démontre que les Eurocrates jouent le jeu des lobbies agro-alimentaires que nous avons déjà dénoncé et méprisent les consommateurs. Evidemment cela n'a rien d'étonnant quand on sait que les premiers sont payés pour fermer les yeux alors que les seconds n'ont que leur voix pour défendre leurs intérêts !
Aux yeux des Eurocrates, dorénavant tous les produits issus de l'agriculture biologique n'ont plus aucune valeur puisqu'ils sont associés aux produits OGM à 0.9% ! Bref, la fine fleur du terroir est aujourd'hui en danger car il va falloir se méfier de tout ce qui portera l'inscription "bio" ! Une fois de plus on peut s'atrister devant l'incohérence des décisions européennes !
Heureusement, chaque Etat membre est encore libre de renforcer sa législation pour protéger les produits "bio" de son terroir.
 
 
 
 
 
ogm-progres-danger
Progrès ou danger?!
 
En guise de conclusion.
Par principe toute personne raisonnable ne peut pas rejeter les OGM a priori, fut-ce ce progrès biotechnologique controversé. Une cause leur est déjà acquise, c'est la recherche médicale où les OGM ont suffisamment démontré leurs avantages pour vaincre certaines maladies ou malformations congénitales.
Du reste, quand on consulte la carte de droite reprenant la liste des incidents liés à la culture des OGM à travers le monde (plantations illégales d'OGM, contamination, etc), il est évident que les OGM n'ont pas bonne presse et certainement pour de bonnes raisons : en dix ans 142 incidents ont été reportés à travers le monde dont 8 en France et 22 aux Etats-Unis.
Si nous voulons être objectifs, rappelons-nous qu'un progrès se définit comme un ensemble de variables naturelles, matérielles et socio-économiques qui contribuent au développement d'une société, bref le produit doit apporter des bénéfices à l'humanité. Or en matière d'OGM le consommateur est devenu méfiant depuis qu'il sait que les études toxicologiques n'ont jamais pu démontrer l'inocuité des aliments trangéniques, que du contraire.
 
On ne peut donc pas en vouloir au consommateur de chercher à savoir ce qu'il mange et les risques qu'il encourt pour sa santé ! Quant aux opposants les plus farouches aux OGM, c'est à coup de sécateur, de feu et d'arrachage sauvage des plans litigieux qu'ils résolvent la question... L'Europe a donc un rôle de premier plan à jouer en définissant clairement ce qui est autorisé en matière de culture trangénique. A défaut d'y avoir pensé, voici quelques suggestions sur lesquelles peuvent se pencher les Eurocrates.
 
 
 
 
 
mais-ogm
Maïs OGM.
 
La Commission européenne ne doit pas subir l'influence des lobbies comme c'est encore trop souvent le cas. Elle doit également contraindre les entreprises du secteur agro-alimentaire à travailler dans l'intérêt du consommateur et en toute transparence. L'Europe doit enfin protéger les agriculteurs conventionnels ou biologiques qui veulent poursuivre leur activité en respect de leur éthique ou d'un cahier des charges particulier. Les études toxicologiques doivent également être honnêtes et accessibles à tous, y compris à l'expertise contradictoire de la communauté scientifique. Dans ce cadre, toute décision (autorisation ou interdiction) doit être portée à la connaissance des autorités et du public et doit être susceptible de modification à la lumière de tout nouvel élément scientifique.
 
Si nous respectons ces règles, ce n'est qu'arrivé à ce point que le législateur européen pourra légiférer et adopter une position claire concernant les OGM et que par voie de conséquence le consommateur sera averti des risques qu'il prend en les consommant. En attendant que ces revendications soient traduites dans les textes, il serait sage d'appliquer le principe de précaution: évitez de consommer des OGM!
 

Décharges industrielles.

 

Le scandale des décharges industrielles.

 

 

 

 

Tierra recalentamiento
La Terre, notre planète, pollué.
 
L'incurie des services publics (I)
 
Toute activité industrielle génère de la pollution. Les industriels scrupuleux de l'état de la planète respectent l'environnement et réhabilitent le cas échéant les sites qu'ils ont pollués. Mais la plupart des entrepreneurs pensent avant tout à leur compte en banque avant de penser à l'état de santé de leur personnel ou des habitants. Ainsi, certains exploitants "oublient" les règlementations en matière de sécurité, d'autres abandonnent littéralement leur entreprise après avoir déménagé ou fermé leur porte; le site qu'ils exploitaient devient un chancre, la pollution contamine les sols et la population jusqu'à ce que les médias alertés par les riverains dénoncent les pollueurs et l'incurie des services publics.
 
C'est alors que sous la pression médiatique, tout d'un coup le ministère de l'Environnement ou de la Santé se décide à analyser le site, publie des informations jugées un temps "top secrètes" et finit par se donner les moyens législatifs de poursuivre les pollueurs.
Mais pourquoi donc faut-il toujours rappeler leurs missions aux autorités chargées de la protection de l'environnement ou de notre santé ? L'une de leurs missions ne consiste-t-elle pas justement à nous informer des risques de pollution, de proposer des lois visant à protéger les habitants et les biotopes et à poursuivre les exploitants peu scrupuleux ? Leur laxisme en ces matières dépasse toute compréhension!
 
 
 
 
 
Notre Amour à Gaïa
Notre amour pour Gaïa.
 
Pourtant nos ministres sont épaulés par des experts qui pourraient leur rappeler qu'en matière de pollution, le temps est notre pire ennemi. Tous les sites pollués ou contaminés doivent être assainis le plus rapidement possible car en l'espace de dix ans, suite à l'action du vent et du délavement des sols par les pluies, si le site pollué n'est pas hermétique ou contrôlé, les substances toxiques peuvent se répandre dans l'environnement, s'infiltrer dans le sol et contaminer les zones limitrophes saines. Indirectement, la population est exposée à des substances toxiques. En effet, respirant les émanations toxiques, en buvant l'eau de source contaminée ou le lait des vaches ayant été élevées près de tels sites, ces personnes risquent de contracter des cancers et autres maladies chroniques.
Ce problème est particulièrement d'actualité concernant les décharges industrielles, et surtout les décharges illégales dans lesquelles des exploitants criminels déversent contre rémunération toutes les substances toxiques imaginables en provenant des quatre coins de l'Europe. Mais ce n'est pas tout car il faut y ajouter les dizaines de sites industriels abandonnés et pollués par les hydrocarbures, les cyanures, les métaux lourds et les produits chimiques.
En abandonnant ou en mélangeant pêle-mêle nos déchets industriels, nous créons une formidable bombe à retardement dont les chimistes ignorent l'équation de réaction. Et pour cause, personne n'a jamais mélangé 200 gaz comme il en existe dans certaines décharges de plusieurs millions de mètres cubes qui mélangent dangereusement méthane, mercaptans, chlorure de vinyle, benzène et autre toluène sans parler des métaux lourds !
Comme en témoigne l'image ci-dessus, la décharge de Marseille en Crau (F), dont l'exploitation fut un temps illégale, provoqua une pollution spectaculaire en 2005 qui dévoilà le manque d'organisation et l'irresponsabilité des services publics locaux. Suite à cette pollution, le gouvernement Français a interdit l'usage des emballages non biodégradables.
Mais la France n'est pas le seul pays concerné par la pollution. Il y eut d'autres cas tout aussi édifiants et criminels de sites pollués en Belgique ayant fait la une des médias. Mais au fait combien de site pollués existe-il à Bruxelles et en Wallonie ?
13800 sites pollués à Bruxelles-Capitale et en Région Wallonne !
En 2004, la Région Wallonne avait répertorié 1219 sites à risque dont 200 gravement polluées qu'il est urgent d'assainir, travail qu'elle s'est donné 30 ans à accomplir. Il faut ajouter 6083 autres sites pollués dont 2500 décharges et 3500 sites industriels ! L'assainissement des 1219 premières décharges représentent une somme de 243 millions d'euros. Pour l'ensemble des sites, il faudrait réunir un budget colossal de 15 milliards d'euros ! Si on consacre un mois de travail à chaque site, ce qui est peu, leur assainissement durera 560 ans... Voilà encore un bel héritage encombrant que nous léguons à nos enfants ! Nos ministres sont-ils à ce point irresponsables pour en être arrivés là ?
On a également recensé 6400 sites pollués ou potentiellement pollués dans la région de Bruxelles-Capitale ce qui représente 8% de sa superficie ! Seuls 233 sites ont fait l'objet de mesures de confinement. La plupart sont de très petites tailles : carrosserie, station-service, garage, etc. Parmi les plus grands sites, citons Carcoke Bruxelles (12 ha, 25 millions d'euros pour l'assainir), la station d'épuration Nord (12 ha, a été assainie mais reste sous surveillance) et le site d'United Energy à Anderlecht (3 ha, en cours d'assainissement).
 
 
 
 
 
charleroi-hauts-fourneaux
Charleroi. (hauts-fourneaux)
 
Globalement, la Région Wallonne et de Bruxelles-Capitale détiennent le triste record d'abriter plus de 13800 sites pollués ou potentiellement pollués! Rassurez-vous ce nombre est relativement faible comparé à celui d'autres pays occidentaux...
Connaissant très bien la situation, la Région Wallonne par exemple a développé un "Contrat d'Avenir" qui vise justement à assainir les milliers de sites pollués présents sur son territoire. Malheureusement le temps et le manque d'argent jouent contre l'environnement, la pollution s'infiltrant sournoisement dans le sous-sol. Prenons quelques exemples.
Parmi les sites les plus pollués de Wallonie nous devons citer les décharges de Mellery, Tarcienne, Couillet et Pont-de-Loup situées en Hainaut ainsi que celle de Mont-Saint-Guibert située en Brabant Wallon. Il faut y ajouter les milliers de sites pollués par les industries chimiques, les fonderies et autres aciéries installées le long de la Sambre et de la Meuse entre Mons et Liège.
 
 
 
 
 
toxicidad
Pollution (Londres)
 
Mellery.
 
Il y a quelques années on découvrit dans la décharge industrielle de Mellery (Villers-la-Ville) en Belgique plus de 200 émanations de gaz différents ! La décharge occupait un million de mètres cubes et fut exploitée de 1982 à 1989. Beaucoup de riverains ont contracté des maladies de peau et des cancers bien que les autorités avaient jugé le site sans danger. Ainsi le médecin Jacques Morel avoua à la télévision belge que les riverains avaient contracté "des cancers de tous types, des infections et des affections respiratoires, notamment des allergies respiratoires ainsi que des problèmes d'anomalie de type malformation chez le nouveau né".
Les anciens riverains ayant survécu à cette pollution ont reçu un suivi médical annuel gratuit pendant 10 ans. Un budget de 165000 euros a été dégagé pour le dépistage. Aujourd'hui le site est assaini et recouvert de verdure mais reste isolé des habitations comme en témoigne cette photographie. Ces travaux ont coûté 30 millions d'euros... à charge du contribuable wallon!
 
 
 
 
 
Philippines dechets
Philippines (pollution dans l'Océan)
 
Tarcienne.
 
Mais la situation s'est reproduite ailleurs. Des dizaines de personnes habitent aujourd'hui près d'une ancienne décharge industrielle située dans le quartier de Lumsonry à Tarcienne (Namur). Cette décharge recevait illégalement et à l'insu des autorités des substances provenant d'Allemagne. Sous la pression du public les spécialistes de la Région Wallonne ont effectué diverses analyses et reconnu la pollution. La décharge fut assainie 15 ans plus tard. Cela coûta 560000 euros à l'Etat, somme qui fut réclamée au propriétaire, Claude Barbiaux, mais qui ne paya jamais la facture qu'on lui adressa. Depuis, l'ancienne décharge s'est transformée... en zone agricole ! Mais le problème n'est pas résolu pour autant.
 
A l'époque où la décharge était en activité (années 1990), le ministre de l'Environnement déconseilla de consommer tout aliment ou de boire l'eau provenant de ce site. Même le lait de ferme produit à 1 km du site mais situé le long de l'écoulement des eaux souterraines était contaminé. Les habitants concernés ont bu l'eau et ce lait durant 13 ans ! Aujourd'hui quelque 39 habitants dont certains habitent à quelques dizaines de mètres de l'ancienne décharge ont contracté un cancer ! Plus de la moitié d'entre eux sont déjà morts. L'Etat ne voit pas de lien de cause à effet entre ces événements. Pour la population évidemment, c'est tout le contraire et nous aurions tendance à supporter son pressentiment.
En effet, le professeur Jean de Graeve, toxicologue de l'Université de Liège a relevé parmi les substances cancérigènes retrouvées sur le site, le fameux benzène et d'autres hydrocarbures aromatiques polycycliques (PAH) toxiques. Le site contenait également des résidus de terre bleutée, en fait de l'arsenic. Bizarrement, quand on fouille les archives, il n'existe plus aucune trace de ces prélèvements, tout a disparu.
Claude Barbiaux devait rembourser l'Etat belge pour les taxes non perçues (150000 euros) et les frais d'assainissement de son site. Mais comme par hasard, ce pollueur criminel s'est enfoui discrètement en Ardèche peu après cette affaire. Comme s'il y avait une morale à cette histoire, des journalistes découvrirent qu'il mourut... d'un cancer en 2005. Son épouse ne compte pas honorer ses dettes et l'Etat belge ne semble pas s'en inquiéter. Le laxisme des autorités belges est stupéfiant ! La pollution serait-elle légalisée en Belgique?
 
 
 
 
 
muerte y desolación
Mort Dans l'Amozonie.
 
En 2002, malgré l'assainissement du terrain, les eaux de Lumsonry étaient toujours polluées. En 2005, les médecins déconseillèrent toujours de boire l'eau ou d'arroser les potagers avec l'eau de source car elle contenait des hydrocarbures. Pour les autorités politiques, le site est assainit, tout va bien mais le ministère refuse de publier les chiffres sous le prétexte de ne pas vouloir désinformer le public avec de fausses informations non validées par les scientifiques... C'est tout à son honneur, mais même la ministre de la Santé ne connaissait pas les chiffres !
En attendant, comme s'il y avait un malaise, les autorités politiques ont décidé d'appliquer à Tarcienne le même contrôle sanitaire qu'à Mellery pour rassurer la population. Malheureusement 20% des gens seulement participent à ce contrôle, préférant sans doute oublier cette affaire et ne pas entendre la mauvaise nouvelle si le prélèvement était positif.
 
La SPAQUE, organisme de tutelle est au courant de l'existence de ces décharges polluées. Mais sur ordre du pouvoir politique et sans doute par négligence, elle n'informe pas les riverains et ne communique que des informations générales sur son site Internet. Les termes de pollution et risque ne sont même pas indiqués, comme si cette organisation ne reconnaissait pas l'existence de ces problèmes et ne voulait pas sensibiliser la population à un grave problème de santé qui pourtant les concerne ! Une telle attitude est scandaleuse et criminelle, même illégale et devait être dénoncée !
Suite à ces critiques et de la très mauvaise image de la Région Wallonne à l'étranger, dans les médias, auprès des entrepreneurs et de la population, depuis 2006 le ministère de l'Environnement a enfin pris la décision d'informer la population sur l'état des sols de Wallonie à travers son site Internet WALSOLS.
 
 
 
 
 
Kenya sequia
Exode causé par la sécheresse. (Kenya)
 
Les sites industriels pollués.
 
Les décharges de Mellery et de Tarcienne ne sont malheureusement pas des cas isolés. Si les décharges industrielles illégales sont une gifle aux principes de l'écologie, que dire des milliers de sites industriels pollués par les métaux lourds et les produits chimiques... Ici également, le Gouvernement se moque de la santé des gens !
 
Les dix sites industriels les plus pollués de Wallonie (UCB, Carcoke, la cokerie de Flémalle, l'aciérie Allard, etc) représentaient en 2007 une superficie de 1.6 millions de km2 soit 160 ha. Certains sites comme la
 
cokerie de Flémalle près de Liège compte parmi les sites les plus pollués de Wallonie. La cokerie qui exploitait jusqu'à 113 fours et fonctionna jusqu'en 1975 a déversé dans les sols du benzène, du toluène, de l'éthylbenzène et du xylène dans des proportions 100 000 fois supérieures à la valeur d'intervention sur site (VI) ! Les hydrocarbures dépassent 1000 fois la VI et les métaux lourds 10 fois la VI ! Pire, on retrouve du cyanure jusqu'à 2.5 m de profondeur et des concentrations 1000 fois supérieures à la VI !
Transporté par les eaux souterraines, tous ces polluants et bien d'autres se retrouvent dans les habitations ou affleurent dans les jardins. Après analyse, le professeur Charlier du Service de Toxicologie de l'Université de Liège a conclut qu'il y avait "un risque toxique pour l'homme". Cependant il souligne que de "telles valeurs sont relativement courantes en Europe et aux Etats-Unis". Faut-il en conclure que nous devons tolérer ces pollutions ?
Car il faut rappeler que les habitants vivant en face de la cokerie ont connu jadis des alertes durant lesquelles ils durent évacuer leur maison car elle était envahie de substances toxiques ! En d'autres occasions, il s'échappait des odeurs nauséabondes des tuyaux sortant du site pollué et plus récemment des riverains sont morts d'asthme ou souffrent d'anémie à force de respirer de la naphtalène (le même gaz qui se dégage du chauffage au bois domestique ou de l'utilisation des répulsifs pour mites). Aujourd'hui ces victimes veulent être indemnisées ou expropriées mais le Gouvernement fait la sourde d'oreille comme si le problème ne le concernait pas !
 

Les 10 sites industriels les plus pollués de Wallonie

Site

Province

Ville

Superficie

(milliers de km2)

Coût de la réhabilitation

(millions d'euros)

UCB

Hainaut

Le Roeulx

239

24.4

Carcoke

Hainaut Saint-Ghislain 325 19.5

Cokerie de Flémalle

Liège Flémalle 73 14.8

Aciérie Allard

Hainaut Mont-sur-Marchienne 240 14.4

Goudronnerie Robert

Hainaut Ransart 115 13.5

Chimeuse Ouest

Liège Saint-Nicolas 114 12.4

Boma

Hainaut Montignies-sur-Sambre 115 11.8

Carrières de Sclaigneaux

Namur Andenne 175 10.5

SAFEA Sud

Hainaut La Louvière 170 10.2

Gonderie Léonard Giot

Hainaut Marchienne-au-Pont 58 5.9

TOTAL   

1624

137.4

En Wallonie, en 2007 les dix sites les plus pollués représentaient une superficie de 1.6 millions de km2 ou 160 ha Leur assainissement coûtera plus de 137 millions d'euros soit environ 860000 euros à l'hectare, en théorie à charge du pollueur.

 
 
 
Une étude de la SPAQUE a estimé que l'assainissement de tous ces sites coûtera plus de 137 millions d'euros soit environ 860000 euros à l'hectare. Le ministre de l'Environnement Benoit Lutgen ne souhaite pas que le contribuable paye les erreurs et les manquements de ces pollueurs. Il souhaite au contraire appliquer fermement le principe de "pollueur-payeur" qui devrait également être appliqué aux exploitants des 6300 autres sites à dépolluer.
 
Que les pollueurs soient prévenus, à l'avenir la répression sera sévère : comme le fait de jeter une canette par terre ou de laisser traîner une crotte de chien sur un trottoir sera passible d'une amende de 50 à 150 euros, un avant-projet de décret de la Région Wallonne a été adopté visant à condamner les exploitants pollueurs à des amendes pouvant aller jusqu'à 1 million d'euros ! Et s'il le faut l'Etat ira en justice mais ni le contribuable ni le gouvernement ne payeront la facture à la place des pollueurs ! Espérons que ces amendes colossales changeront les mentalités...
 
 
 
 
 
lago Fugo amazonia
Lac Fugo (Amazonie)
 
Messieurs les élus, que se passe-t-il en Hainaut?
 
Ce combat est loin d'être achevé. En effet, en mai 2006, quelques mois avant les élections communales - le rapport n'est pas innocent -, suite à des dénonciations anonymes, les autorités belges ont appris que la décharge publique de Bouffioulx située près de Charleroi aurait contenu des substances toxiques. Aujourd'hui les analyses faites en huit points de captage autour de la carrière de Moreau semblent plus rassurantes.
Peu après on apprit que le parc à conteneurs de Couillet géré par l'ICDI, l'intercommunale gérant les déchets de Charleroi, contiendrait des plaques d'Eternet (contenant de l'amiante) et des déchets radioactifs parmi d'autres produits toxiques ! Une enquête est actuellement en cours mais à ce jour aucun polluant n'a été découvert. Cela ne prouve pas qu'il n'y en avait pas par le passé car plusieurs témoignages de différentes sources semblent confirmer ces faits.
Son nouveau responsable Roland Marchal prend la chose avec philosophie alors qu'il couvre un véritable scandale criminel, sans parler des abus de pouvoir et excès en tout genre dont témoigne son administration (voiture luxueuse, emploi offert à la famille, usage de matériel public à des fins privées, titre honorifique, etc). Notons que Christian Blondeel, le directeur financier de l'ICDI, a déjà été inculpé d'abus de biens sociaux, de faux et de détournement...
 
 
 
 
 
Raffinerie
Pollution.
 
L'incinérateur de Pont-de-Loup de l'ICDI:
de la dioxine s'en échappe en toute impunité!
 
Ailleurs, à Pont-de-Loup également située en Hainaut, à la fin des années 1990 et pendant plus d'un an les riverains n'ont plus été autorisés à consommer les produits laitiers et agricoles en raison des rejets de dioxine d'un incinérateur installé à moins de 1 km de chez eux et géré par l'ICDI.
Greenpeace a même pris position auprès des riverains contre l'ICDI, mais la justice a donné un avis mitigé en laissant un des trois fours en activité, sans doute pour "préserver l'emploi" comme le voulait le Conseil communal de Charleroi en 2003. Autrement dit, la santé de la population passe après les aspects économiques !
 
Rappelons tout de même que l'incinérateur de l'ICDI réalise un traitement des déchets ménagers non mélangés, processus qui est coûteux, génère une quantité importante de déchets et a une efficacité énergétique désastreuse. Ceci explique pourquoi les Ecolo on demandé depuis longtemps la fermeture progressive de cette installation.
Durant leur participation au gouvernement "arc-en-ciel" en Wallonie, Ecolo avait obtenu en 2003 la réduction de la capacité de traitement de l’incinérateur de 170000 tonnes par an à 110000 tonnes par an, ce qui était une avancée intéressante. Malheureusement, on ne peut que regretter le fait que le gouvernement actuel, sur proposition du ministre Lutgen, a décidé de remonter cette capacité de traitement à 170000 tonnes par an et d’accorder des subsides à un taux élevé pour réaliser cet investissement. En d'autres termes, polluer à n'importe quel prix est devenu légal en Wallonie !
Bref aujourd'hui les rejets de dioxine continuent à contaminer les habitants; les riverains retrouvent leur linge tachés de traces noires ressemblant à du goudron et leur sang contient des concentrations de dioxine supérieures à la normale !
Depuis quelques années, les médecins constatent un taux anormal de cancer et de leucémie chez les habitants. Plusieurs d'entre eux en sont morts et les médecins estiment que les rejets de l'incinérateur n'y sont pas pour rien.
 
 
 
 
 
Brasil lago fugo
Lac Fugo. (Amazonie)
 
Malgré les pétitions des riverains concernés et le support de Greenpeace, les autorités communales ou régionales n'ont jamais enquêté sur la question ou assuré un suivi médical de la population; l'incinérateur contamine toujours la population !
Dans le secteur privé, de telles attitudes sont impensables. Les responsables auraient été sanctionnés dès les premiers méfaits et renvoyés pour faute grave ! Mais l'ICDI ne se sent pas responsable car même les auditeurs d'AIB-Vincotte ont accordé à l'usine d'incinération la certification ISO 14001 en 2002 pour son système de gestion de l'environnement ! Raison invoquée : les installations de traitement de fumées de l’ICDI étaient en mesure de respecter les normes d’émissions de polluants atmosphériques imposées par la Région Wallonne ! Mais à deux pas de là, les voisins subissaient et subissent toujours la pollution et mettent leur vie en danger... Que celui qui comprend où est la logique de cette décision m'écrive.
Comble de leur mépris et du parti-pris des responsables locaux, au printemps 2002 l'ICDI prétendait toujours avoir de "bons résultats des analyses en dioxines" et continue à prétendre sur son site Internet que "l'usine d'incinération est performante"...
 
L'ICDI profite en fait du vide juridique pour mettre en décharge des produits toxiques provenant même des pays limitrophes, sous les prétextes que personne d'autre n'en veut et qu'elle donne du travail à la région ! En réalité les responsables peu scrupuleux de cette entreprise - tout comme le ministre de tutelle - ont trouvé une activité hautement lucrative et même "supportée" à demi-mot par un cadre légal. Ainsi, entre 1973 et 1998 par exemple, l'ICDI a déposé les cendres volantes issues de ses incinérateurs et contenant des furannes, une substance très toxique (c'est un polymère liquide qu'on utilise avec le ciment pour effectuer des travaux de scellement). Elle continue à le faire et à déposer d'autres déchets toxiques dans les décharges publiques lorsque l'incinérateur tombe en panne. Heureusement les décrets et autres arrêtés royaux ont été modifiés en 1993 mais les abus continuent puisque les contrôles sont quasi inexistants. Faut-il vraiment attendre que les gens soient malades pour que les autorités prennent des mesures concrètes ?
Comme si le message était finalement passé, ce n'est que suite au scandale que suscitèrent ces différentes pollutions qu'en juin 2006 la ministre de la Santé de la Communauté française, Catherine Fonck, annonça des dispositions pour assurer le suivi médical spécifique des travailleurs de l'ICDI.
Peu après, suite à un problème technique dans un catalyseur de l'usine, l'incinérateur fut également temporairement fermé et les déchets furent acheminés vers un autre site de traitement en attendant le remplacement du catalyseur. Reste à savoir si le propriétaire agissait déjà ainsi par le passé...
Cela prouve malgré tout que le travail journalistique a porté ses fruits et que les autorités fédérales sont enfin décidées à agir dans l'intérêt du public. Espérons que cette attitude survivra aux différentes législatures et sensibilisa l'exploitant à plus de responsabilité.
 
 
 

Deuxième partie:

L'air anormalement pollué du Hainaut

Décharges industrielles.

 
Le scandale des décharges industrielles.

 

 

 

Tierra recalentamiento

La Terre, notre planète, pollué.

L'air anormalement pollué du Hainaut (II)

Nous nous plaignons tous que l'air des agglomérations est pollué. Les enfants se plaignent qu'il sent mauvais, d'autant plus près des zoning industriels ou en été lorsque l'air chaud s'accumule dans les basses couches de l'atmosphère. Ce problème n'est que le sommet de l'iceberg, le signe concret que la pollution a déjà envahi la région et que les émissions n'ont pas été surveillées comme il se doit.

 decharge-wallonie

Décharge sauvage. 

Le Hainaut est l'une des plus anciennes provinces industrielles de Belgique. Son expansion remonte au développement des industries textile, minière et métallurgique (cokerie, hauts-fourneaux, etc). Aujourd'hui, ce temps est révolu sauf dans le secteur métallurgique (Cf Arcelor-Mitall) et la région est pratiquement sinistrée avec tous les dérapages que nous connaissons.
 
Outre les problèmes socioéconomiques, cette province regroupe de nombreux zonings industriels et des dizaines de décharges et sites d'enfouissement dans les faubourgs de Mons et de Charleroi. A l'image du laisser-aller de son administration, il semble que la pollution devienne aussi commune que les malversations de certains de ses élus.
En effet, cette région bat actuellement tous les records de pollution. Une étude sur la santé des Hainuyers publiée par l'Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH) dans son "Tableau de bord 2006" et disponible en version simplifiée sur le site Citoyens de Mons conclut que 35% des habitants du Hainaut souffrent d'au moins deux maladies ou affections chroniques respiratoires, contre 30% dans la moyenne de la population belge. Parmi ces malades Hainuyers, 21% des femmes et 29% des hommes sont décédés de cancer. Les habitants du Hainaut sont également plus souvent atteints de bronchite chronique que les habitants des autres provinces belges.
 
 
 
 
charleroi-hauts-fourneaux
Charleroi (hauts-fourneaux).
 
Les maladies provoquées par des agents chimiques ou par inhalation sont les plus fréquentes, notamment celles imputables à la pollution rejetée par les zonings industriels de la région et la consommation de tabac.
Il faut toutefois nuancer ces conclusions. Contact pris avec les experts du Ministère de la Région Wallonne concernés par l'environnement, l'enquête réalisée par l'OSH n'est pas encore officiellement distribuée. Les données publiées sont donc soumises à toutes sortes d'interprétations journalistiques alors que les chercheurs n'ont pas encore finalisé leur étude et apporté leurs commentaires! Il n'est donc pas surprenant que les autorités fédérales considèrent les propos publiés par "Citoyens de Mons" comme tendancieux et prématurés.
Il n'empêche que les autorités européennes tolèrent 35 dépassements des normes de pollution par an. Dans le Hainant les autorités ont relevé 87 dépassements des normes en 2005 et 94 dépassements durant les 6 premiers mois de l'année 2006! Les scientifiques ont établi une corrélation entre l'activité industrielle de la région et les maladies chroniques dont souffrent les habitants. Depuis 2000, le record a été de 130 jours de dépassement par an, soit près de 4 fois supérieurs aux normes européennes!
 
 
 
 
Notre Amour à Gaïa
Notre amour pour Gaïa.
 
Quant aux poussières en suspension dans l'air, les émissions de CO, benzène, toluène et autre composés aromatiques (PAH), le rapport publié en 2006 par l'ISSeP précise que leur concentration est dans les limites européennes mais les dépasse parfois autour des zones industrielles comme en témoigne le tableau présenté ci-dessous.
Statistiquement, de nos jours la population belge vit en moyenne jusqu'à 78 ans. Elle retombe à 75 ans dans la province du Hainaut et l'écart augmente chaque année. Que font nos ministres de la Santé, de l'Environnement et de la Région Wallonne pour combler cet écart et enrailler cette escalade de la pollution? Installés loin des sites pollués dans des villas cossues, sont-ils insensibles aux doléances des habitants concernés? On peut se demander si ces élus publics n'ont pas oublié la fonction élémentaire de leur mandat : servir la population... A défaut, les journalistes continueront à mettre en lumière les carences du système et le public ne devrait plus hésiter à sanctionner les autorités régionales et fédérales aux prochaines élections.
 
 

Analyse des polluants atmosphériques en Hainaut

Substance

toxique

Valeur journalière

moyenne (mg/m3)

Valeur journalière

maximale  (mg/m3)

Valeurs 

limites fixées par l'OMS ou l'Europe

Directive européenne

ou de l'OMS

Particules en suspension

14 - 75

559 rue Beaussart

En 8h: 50 mg/m3 et 35x/an; 40 mg/m3/an

1999/30/CE

Monoxyde de carbone

0.3 - 0.6

1.1 à La Docherie

10 mg/m3 (10 ppm); 87 ppm en 15 min

2000/69/CE

Benzène

7.7 - 7.9

44.1 à La Docherie

5 mg/m3; sera de 0% au 1 janv. 2010

2000/69/CE

Toluène

3.6

10.2 à La Docherie

260 mg/m3/semaine; 

1 mg/m3 en 30 min.

Air quality guideline for Europe, OMS

Métaux lourds

0.054 (Cr), 0.035 (Mn), 0.031 (Ni), 0.060 (Pb)

0.406 (Cr), 0.316 (Mn), 

0.477 (Ni), 0.869  (Pb)

Note 1

1999/30/CE 2004/107/CE

Hydrocarbures PAH (benzoapyrène)

0.05 ng/m3 37.9 ng/m3

1 ng/m3 par an au 31/12/2012

2004/107/CE

1. Pour l'OMS, les concentrations de plusieurs métaux lourds ne doivent pas être détectables (As, Cr et Ni). Au 31 décembre 2012, les normes européennes fixent la valeur limite annuelle à 0.5 mg/m3 (Pb), 6 ng/m3 (As), 5 ng/m3 (Cd) et 20 ng/m3 (Ni).

La région de la Docherie et rue Beaussart se trouvent à Marchienne-au-Pont, sous les vents dominants de la cokerie.

Les valeurs semi-horaires peuvent être 5 à 100 fois plus élevées que les valeurs journalières maximales établies sur la moyenne de 8 heures de mesures.

Source : Rapport de la campagne ISSeP du 24/02/2006 au 30/4/2006.

 
 
Il existe de nombreux instituts veillant à la qualité de l'air ou de l'environnement en Belgique dont on peut trouver la liste sur le site du Ministère de la Santé ou du portail fédéral. Parmi ceux-ci citons le portail du Ministère de la Santé publique, de la Sécurité de la chaîne alimentaire et de l'Environnement (Health). En France l'INERIS est chargée de ces questions. En fait, il y a une profusion d'instituts de contrôles; tout le monde est compétent mais... personne n'est responsable!
 
 
 
 
 
toxicidad
Toxicité & Pollution. (Londres) 
La mentalité des services publics doit changer.
 
Que font donc depuis 2000 les Gouvernements régional et fédéral pour mettre fin à ces pollutions et tenir la population au courant des actions en cours? Condamnent-ils les pollueurs, ferment-ils les unités polluantes jusqu'à résolution du problème, informent-ils le public? Les autorités n'y prêtent aucune attention ! Comme le disait le représentant des médecins au ministre de l'Environnement, nos élus ont les mêmes responsabilités que les chefs d'entreprises. Alors, agissez!
La situation en Hainaut comme dans les autres grands zonings industriels est connue depuis des années, mais l'Etat comme les organismes de contrôle ne bougent pas. Les instituts scientifiques ont beau publier des enquêtes, les ministres ne semblent pas s'en préoccuper! Il est évidemment plus facile de gagner sa vie en restant gentillement derrière son bureau qu'en cherchant une manière de résoudre ce problème! Or légalement c'est le devoir des services publics d'informer et de veiller à la santé de la population. Le concept de "pollueur-payeur" ne s'applique-t-il pas en Hainaut? Faudra-t-il encore qu'il y ait des victimes et des procès pour que la population fasse valoir son droit à l'information et au respect de la qualité de l'air?
 
Ce n'est plus seulement la gestion des décharges qui est alarmante ou la qualité de l'air en Hainaut, mais l'irresponsabilité des autorités comme des pouvoirs publics en cette matière! Certaines personnes suggèrent qu'il ne faut pas "ennuyer" nos élus et les laisser faire leur travail... Mais quel travail? Ne faut-il pas être à ce point naïf pour leur faire confiance! Si nous n'étions pas derrière nos élus et les services publics pour leur indiquer ce qui ne va pas en matière d'environnement et de pollution, les victimes seraient dix fois plus nombreuses et on nous cacherait bien d'autres vérités qui nous touchent de près ! Est-ce vraiment cela que vous voulez?!
Une fois de plus, il faut le répéter : ne restez pas inactif et manifestez-vous, questionnez l'administration, signez les pétitions relatives à la pollution des sols ou contre le bruit car il en va de votre santé. Et si vous jugez que les autorités communales ne vous informent pas assez voire pas du tout, qu'il n'y a aucun dialogue, escaladez la question auprès du ministère concerné, il ne peut pas fuir devant ses responsabilités. Ensuite, il sera toujours temps de prévenir les médias.
 
 
 
 
 
Cambio Climatico
Réchauffement climatique.
 
Devant autant de scandales touchant le parti socialiste de Charleroi depuis quelques années, il serait temps que les technocrates descendent de leur piédestal pour aller sur le terrain et s'intéressent de plus près aux activités industrielles et aux inquiétudes de la population! Nous ne payons pas nos élus et les administrations publiques pour discuter au coin d'une table mais pour agir sur le terrain!
Il est urgent que les élus politiques et les autorités judiciaires sortent de leur bureau pour contrôler toutes ces activités clandestines et criminelles!
 
Le public est saturé des querelles de pouvoir et des attitudes de ces potentats, indignes d'élus publics. Il est grand temps que ces acteurs indélicats soient sanctionnés et que ces pertes d'énergie se transforment en service réel à la population. Comme l'on dit, on attend des gestes forts des présidents de partis et des ministres en charge de ces dossiers (Région Wallonne, Environnement, Santé, etc). L'espoir fait vivre dit-on, encore faut-il qu'il y ait des survivants.
Le public attend depuis des années que les autorités prennent des mesures sévères et rapidement pour résoudre ces questions. Il faudrait notamment qu'elles contrôlent un peu plus sérieusement tout ce qui passe dans les administrations, surtout auprès des intercommunales et qu'elles fassent respecter les décrets et les normes concernant les déchets et les rejets polluants dans l'atmosphère par les exploitants industriels ! Mais une fois de plus ce sont les organismes privés ou les riverains qui doivent alerter les autorités!
Aujourd'hui cette décharge de Couillet est toxique pour la population tout autant que l'incinérateur de Pont-de-Loup; cela signifie donc que les contrôles sanitaires sont quasi inexistants! Des riverains présentant des photographies à l'appui ainsi que Roland Marchal sous-entendent que la situation serait similaire dans d'autres décharges... Cela ne fait que confirmer les états économique, social et sanitaire déplorables du Hainaut, emblématiques de l'état général de la Wallonie...
Affaire à suivre comme l'on dit car il est évident que les pouvoirs publics ne peuvent pas restés inactifs devant ces situations alarmantes. Espérons que les partis dans l'opposition sensibilisés à ces questions ne manqueront pas de rappeler les ministres concernés à leur devoir.
 
 
 
 
 
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Fôret brûlé (Amazonie)
 
Derniers échos.
 
Venons-en à la question ultime de savoir si les décharges sont toxiques ou non pour les riverains ? Si de nombreux indices semblent le confirmer, scientifiquement parlant nul ne le sait, pas même les médecins de la région ou les toxicologues. En effet, entre 2000 et 2003, une enquête épidémiologique belge a notamment été conduite chez les riverains habitants dans un rayon de 500 m autour de la décharge de Mont-Saint-Guibert et cinq autres grands sites d'enfouissement en exploitation ou en voie de réhabiliation. 34000 rapports cliniques ont été rédigés mais sont restés en souffrance dans les tiroirs des toxicologues de l'ISSeP par manque d'argent pour les analyser. Aussi, les résultats se font attendre, ce qui explique pourquoi on ne peut pas répondre en toute certitude à cette question.
 
En 2006, suite aux articles publiés dans la presse et les reportages télévisés, le ministre de l'Environnement Benoit Lutgen libéra finalement les 25000 euros nécessaires à l'analyse de ces données.
Les toxicologues de l'Université de Liège comme les médecins soignant les habitants souffrant des effets de la pollution n'ont pas attendu les résultats de ces analyses pour reconnaître qu'il existait un risque avéré de toxicité dans les quartiers jouxtant les décharges et les sites industriels pollués. Mais leur avis est consultatif et les autorités l'ont ignoré jusqu'à présent. Même le principe de précaution n'a pas été pris en considération par les ministres de l'Environnement et de la Santé. Il a fallut que les médias et les victimes concernées fassent pression pour que les autorités changent d'attitude, publient leurs données et se décident à réagir.
Mais sachant combien les autorités fédérales, régionales et locales cultivent le culte du secret, les journalistes continuent leurs enquêtes et font le travail qu'aurait dû faire les Régions et les autorités locales. Les journalistes publient donc des reportages accablants accusant les autorités de laxisme et informent la population des risques qu'elle encourt...
 
Rappelons qu'un décret du 13 juin 1991 sur la liberté d'accès des citoyens à l'information concernant l'environnement (dont voici une critique rédigée par l'UVCW) oblige dans son article 9 §1er les sociétés publiques à communiquer les résultats qui concernent la santé publique (mais nullement les mesures non interprétées, les communications internes ou les informations relevant de négociations internationales privées ou secrètes).
Sachant cela, sous la pression des médias les sociétés intercommunales dont la SPAQUE et la police commencent à bouger, publient leurs chiffres, dressent des procès-verbaux et surveillent d'un peu plus près les sociétés polluantes. Mais leurs moyens sont très insuffisants puisqu'on constate toujours de nombreux dépassements des normes de pollution dans la province du Hainaut.
Suite à toutes ces affaires, ainsi que nous l'avons évoqué, Benoit Lutgen a ouvert un site Internet pour informer la population sur l'état des sols de Wallonie. En parallèle il continue à travailler sur le plan législatif, créant de nouveaux décrets ou développant de nouveaux moyens d'action et de répression. Mais il ne travaille pas seul car parfois ses bonnes intentions sont contrées par les idées plus conservatrices du ... Premier ministre!
 
Espérons malgré tout que bientôt les pollueurs assainiront les sites qu'ils ont dégradés et payeront leurs amendes. Ainsi au moins la morale sera sauve et la Wallonie sera en voie de rétablissement économique.
 
 
 
 
 
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Lac Fugo. (Brasil)
 
De l'utilité des journalistes d'investigation.
 
Sans le travail d'investigation des journalistes et la prise de conscience des associations locales, nous n'aurions jamais eu connaissance de ces graves dysfonctionnements. Même les médecins n'ont pas jugé bon d'avertir les autorités comme si le mal rongeant leurs patients était devenu ordinaire ! Une fois encore, il a fallut mettre la pression sur les responsables concernés et les ministres de tutelle pour qu'ils agissent dans l'intérêt du public et obtenir les informations auxquelles pourtant nous avons tous légalement droit. C'est à se demander si ces autorités n'ont pas un intérêt personnel à nous cacher la vérité ou se prélasser derrière leur bureau au lieu de faire leur travail!
Les scientifiques comme les médecins au courant de ces pollutions sont concernés par cette problématique dans la mesure où ils n'ont pas averti les ministères des risques qu'encourait la population. Et s'ils l'ont fait, tout indique qu'ils ont commis l'erreur de veiller à ce que leur étude soit tenue secrète et ne soit jamais divulguée dans les médias ! Leur attitude est tout aussi irresponsable que celle des pollueurs qui nous cachent leurs malversations ! Ce genre d'attitude est inadmissible dans un Etat de droit. Dans le secteur privé ces incompétences et ces secrets d'alcôves auraient déjà été sanctionnés.
Ainsi qu'on le constate, il y a des abus et du laxisme à tous les niveaux de pouvoir. Ce combat contre l'incurie, pour la vérité et la transparence est loin d'être terminé et se conjugue au quotidien.
Une fois de plus cela confirme qu'il ne faut jamais croire les conclusions des autorités gouvernementales... Elles jouent avec la santé du public et en voici autant de preuves supplémentaires à charge.
 
 

Insectes ou robots?!

 

Des robots-insectes dans le ciel?!...

 

 

 

Colibri
Colibri.

Une observation insolite.

 

Vanessa Alarcon et des amis venus assister en septembre 2007 à un meeting anti-guerre à Washington ont observé de drôles d'insectes voler au dessus de l'assistance. "J'ai entendu quelqu'un dire, 'Oh mon dieu, regardez ça'", se rappelle la senior du collège de New York. "J'ai regardé et je me suis dit, 'Bon sang, qu'est-ce que c'est' ? Ca ressemblait à des sortes de libellules ou de petits hélicoptères. Mais je veux dire que ce n'était pas des insectes".
A l'écart de la foule, Bernard Crane, un avocat de Washington les vit également. "Je n'ai jamais rien vu de tel de ma vie. Elles étaient grandes pour des libellules. Je me suis demandé, "Est-ce mécanique, ou est-ce vivant ?"
 
Avec ces observations insolites, l'idée que le gouvernement américain utilise des robots-insectes pour espionner les manifestants attise un peu plus la paranoïa parmi les adeptes de la conspiration.
Visiblement, le public n'a pas été victime d'une allucination collective. Ces témoins ont donc bien vu des objets volants inconnus - des OVNI au sens strict - évoluer dans le ciel.
Maintenant il faut essayer de déterminer s'il s'agissait de jouets téléguidés ou d'autre chose. Essayons de relier ces observations à ce que nous savons sur les recherches en cours et notamment sur certains projets civils et militaires pour tenter de les identifier.
 
 
 
 
Polinnización
Abeille.
 
Les robots-insectes et les drone.
Nous savons à travers les publications scientifiques que les chercheurs des universités américaines dont David Erickson et Jane Wang de l'Université de Cornell étudient la façon dont volent les insectes et notamment les libellules. On sait par exemple que les insectes volant utilisent des moyens biomécaniques pour voler, un procédé longtemps jugé "théoriquement impossible".
 
Nous savons également que la CIA fut l'une des premières agences à étudier le sujet dès les années 1970. Son département R&D a développé un "insectothoptère" qui ressemblait à une libellule et qui contenait un minuscule moteur à essence pour actionner ses quatre ailes. Il vola mais il fut considéré comme un échec car il ne pouvait pas résister au vent de travers.
George Little, porte-parole de la CIA, a déclaré qu'il ne pouvait rien dire sur ce qu'avait fait la CIA depuis cette époque. La direction de l'Office of National Intelligence, le Department of Homeland Security et les Services Secrets ont également refusé d'aborder la question.
Il existe également les drones dont le MQ-5B/C Hunter a récemment fait l'actualité en tuant pour la première fois en Irak. Leur dimension vont de la maquette pour enfant au petit avion.
A titre privé, il est notoirement connu que l'association Ornithopter développe également des robots volants allant de la taille d'un oiseau à celui d'un insecte.
On sait également que des bestioles similaires furent déjà utilisées au cours de la Seconde guerre mondiale et que les technologies actuelles les ont rendu très sophistiquées.
 
 
 
 
 
polinización
Abeille et fleur.
 
Un danger potentiel pour le trafic aérien.
A titre militaire, en consultant les archives du Département de la Défense (DoD), on découvre les descriptions de près de 100 modèles différents de robots-insectes (robobugs) qui sont aujourd'hui opérationnels, certains aussi petits que des oiseaux, les autres de la taille d'un petit avion. Bref, on est bien là à l'échelle du drone et cela n'est pas du ressort de la science-fiction !

 

 
Ces documents disent que cette flotte de robots d'un nouveau type comptabilisait déjà plus de 160000 heures de vol en 2006, quatre fois plus qu'en 2003. Un rapport récent de l'U.S. Army Command and General Staff College (CGSC) prévient que si les règles de trafic ne sont pas rapidement clarifiées, l'encombrement provoqué par ces véhicules autoguidés "pourrait rendre l'espace aérien militaire chaotique et potentiellement dangereux".
Seul problème, aucune agence n'a admis avoir envoyé cette escadrille de micro-drones espionner la population. Toutefois, un certain nombre d'agences gouvernementales et de sociétés privées reconnaissent qu'elles essayent d'en fabriquer. Certains groupes ont financé des équipes qui élèvent des insectes porteurs d'une ordinateur sur le dos (on va pas dire qu'ils portent une puce!) dans le but de les utiliser comme agent espion. Les mouvements de leurs ailes seraient contrôlés à distance. Ces "robobugs" pourraient suivre des suspects ou survoler des zones sinistrées à la recherche de survivants.
 
Le journaliste prétend même qu'ils pourraient suivre des missiles guidés jusqu'à leur objectif ! Mais dans ce cas, on ne parle plus de robots-insectes mais de drones. Rappelons qu'un missile Yakont ou Milan vole à 2.5 fois la vitesse du son, soit 860 m/s. Costaux le robot-insecte ! Et plus encore quand on sait que l'USAF pourrait élaborer des missiles à propulsion électromagnétique capables de voler à Mach 10 soit 12000 km/h (3350 m/s) et espère mettre au point des missiles volant à 7560 km/h soit 2100 m/s en 2015.
 
 
 
 
 
Libertad
Papillon Imperial.
 
La technologie existe.
Si certains amateurs prétendent que la technologie pour élaborer ces micro-drones "n'est pas encore au point", c'est mal connaître les activités du DARPA, le département R&D du DoD, qui a toujours une longueur d'avance.
"Rappelez-vous de Gandalf, le sympatique magicien du film "Le Seigneur des Anneaux" qui utilisait un papillon de nuit pour appeler à l'aide", faisait remarquer Amit Lal, program manager au DARPA, au cours du symposium international "Flying Insects and Robots" (FIR) qui s'est tenu en août 2007 en Suisse. "Cette vision de science-fiction fait partie du royaume de la réalité".
 
Et de fait, à l'image de ce qu'a fait l'Université de Cornell, le DARPA a déjà monté un système informatique sur un papillon de nuit au stade pupa (stade intermédiaire entre la chenille et l'adulte volant), le transformant littéralement en cyborg.
Cette étude fait partie des projets "Hybrid Insect Micro-Electro-Mechanical Systems" du DARPA dont la finalité vise à élaborer des insectes artificiels porteurs de microchips. Ils ont également étudié des coléoptères cyborgs. Le DARPA a toutefois refusé que les journalistes interviewent Lal sur ces projets.
Mais ces créatures artificielles étant pourvues d'ailerons ne peuvent pas être confondues avec de véritables insectes.
Toutefois, en juillet dernier, Robert Wood et son équipe de roboticiens de l'Université d'Harvard ont réussi à fabriquer un robot-insecte volant comme une mouche (première image) dont les ailes synthétiques effectuent 120 battements par seconde.
 
 
 
 
 
inseparables
Inseparables.
 
Reste le problème de la taille. Les experts considèrent qu'étant donné la taille réduite des "appareils" observés par les témoins à Washington, la qualité des données récoltées serait inférieure à celle obtenue par les caméras et les microphones bas de gamme que vous pouvez acheter dans un magasin d'électronique grand public. Accessoirement, on invoque le fait que le gouvernement ne passerait pas son temps à les utiliser pour surveiller quelques pacifistes sur son territoire mais les enverraient plutôt sur les théâtres d'opérations en Iran ou en Irak.
 
Mais tempérons leur incrédulité car les chercheurs allemands du Fraunhofer Institut für Angewandte Optik und Feinmechanik (IOF) ont déjà développé la première caméra CCD à oeil composé. Certes, a elle seule elle est aussi grande qu'un scarabée, mais ce n'est que la première étape.
 
 
 
 
 
Mariposa
Papillon des prairies.
 
Paranoïa ou réalité ?
Certains parmi ceux qui ont entendu parlé des robots-insectes de Washington concluent que les "libellules" étaient des drones envoyés par le gouvernement. Si ce n'est pas exclu, leur conclusion reste prématurée.
 
Pour sa part, Jerry Louton, un entomologiste du Musée National d'Histoire Naturelle (NMNH), considère qu'il s'agissait de véritables libellules, rappelant que Washington abrite quelques très grands spécimens qui peuvent venir se cogner à vos jambes ou se prendre dans vos chaussettes. Mais en même temps, certains détails rendent cette explication caduque.
 
Certains témoins des événements ont décrit indépendamment les uns des autres avoir vu des rangées de sphères de la taille de petites baies, attachées le long de la queue de grandes libellules, un accoutrement que ne peut pas expliquer Louton. Et tous les témoins en ont vu au moins trois manoeuvrant à l'unisson. Louton confirme que "les libellules ne volent jamais en groupe".
Mara Verheyden-Hilliard de l'association "Partnership for Civil Justice" enquête sur les rapports des témoins et a ouvert une requête dans le cadre du Freedom of Information Act (FOIA, la loi sur l'accès à l'information) auprès de différentes agences fédérales. Si de tels appareils sont utilisés pour espionner des activistes politiques, elle considère qu'"il s'agirait d'une violation flagrante des droits civils du peuple".
 
Pour de nombreux roboticiens, ce combat et le rôle technologique potentiel de ces objets paraît superflu, rappelant que les caméras de surveillance sont déjà partout, et que ce n'est pas très différent.
Du reste, il paraît normal dans un pays démocratique que les citoyens soient clairement informés sur les actions du gouvernement, mais celui-ci peut garder le silence sous le prétexte qu'il s'agit d'une question de sécurité nationale. Dans ce cas, seuls les sénateurs pourraient exiger l'ouverture d'une commission d'enquête si la situation l'exige.
 
 
 
 
 
instinto de supervivencia
Un "Exploit" pour la vie...
 
Pour plus d'information.
Vous trouverez quelques vidéos de robots volants allant de la taille d'un oiseau à celui d'un insecte sur le site Ornithopter.
 
 
 
Note:
Des photos d'animaux vrais, pas des drones.  Un geste pour la Planète?!  Space d' AS  (Le Monde que j'ai tjr rêvé)

Les Extinctions.

 

Les extinctions de masse.

 

 

Volcan
Éruption volcanique.

Prélude d'une mort annoncée (I)

Comment expliquer que des milliers d'espèces en pleine croissance ou parvenues au sommet de leur évolution aient disparues périodiquement depuis l'ère primaire?

En découvrant les imperfections des archives fossiles, Darwin reconnut qu’il dût y avoir des cataclysmes peu plaisants dans le passé, ce qui n’allait pas vraiment dans le sens de sa théorie de l’évolution. C’est la raison pour laquelle il évoqua des disparitions graduelles car elles devaient dépendre, selon lui, de la sélection naturelle. Or, après analyse, géologues et paléontologues reconnurent que des catastrophes globales s’étaient bien produites, mais que l’Histoire de la Terre ne se résumait pas à une suite progressive d’événements : en fait l’évolution suivait plutôt un régime chaotique!
Ainsi au Permien, il y a 225 millions d’années (225 mi.) 98% des espèces d'invertébrés marins à coquilles se sont éteintes dont le trilobite. Des extinctions similaires se produisirent également à l’Ordavicien (440 mi.), au Dévonien (365 mi.), au Triassique (210 mi.) ainsi qu’au Crétacé (65 mi.), sans parler de la glaciation Varangienne survenue voici 600 millions d'années qui précéda l'explosion de vie du Cambrien, événement sur lesquel nous reviendrons dans d'autres articles consacrés aux Histoires d'impacts.
 
 
 
 
 
dinosaurios
Dinosaures.
 
Mais peut-on expliquer les extinctions des espèces de manière naturelle ? Faut-il y voir une lutte pour la survie, un coup de mal chance, ou les deux ? Nous savons que la compétition joue un rôle majeur dans l'évolution ou la disparition des espèces. Nous savons également que l’interaction entre prédateurs et proies par exemple s’équilibre par rétroaction. En d'autres termes dans un milieu aux conditions de vie limitées, chaque espèce doit faire des concessions et restreindre son biotope ainsi que sa population si chacune veut survivre. Mais la chance joue également un rôle. Une espèce en nombre réduit à moins de chance de survivre à un incendie ou une maladie qui décimera peut-être l’espèce comme nous en avons eu de nombreux exemples au cours du XIXeme siècle.
 
 
Mais comment expliquer les extinctions de masse? L’inadaptation, un mauvais gène, n’est pas seul responsable de l’extinction d’une espèce. Le hasard dirige l’extinction ainsi que D.Raup et S.Gould en témoignent, arguments à l’appui.
Les extinctions massives ne sont pas des extinctions “normales” à grande échelle. Prenons les dinosaures, ces "terribles sauriens". Certaines espèces ont régné durant des dizaines de millions d'années ! On peut donc dire sans se tromper qu'ils étaient adaptés à leur milieu. Plus diversifiés que jamais, ils ont pourtant été soufflés en un instant. Après chaque désastre, une espèce différente a recolonisé la niche laissée vide : aucune espèce ne semble donc supérieure aux autres... à une époque donnée, les unes sont simplement plus adaptées que les autres.
 
 
 
 
 
altoestrato
La Terre sans l'homme?!
 
Selon D.Raup, les extinctions de masse ne sont pas ressenties au cours du temps comme la sélection naturelle. La vie moyenne dans l’espace, en regard des traces fossiles est de 4 millions d’années, tandis que les grandes extinctions se produisent en moyenne tous les 26 millions d’années.
Pour S.Gould plusieurs hypothèses se présentent. Soit les extinctions sont provoquées par des facteurs extérieurs aux facultés d’anticipation des organismes, soit le hasard joue un rôle déterminant. Dans ce cas les grandes extinctions dépendent de facteurs nouveaux et inconnus qui n’obéissent pas aux mêmes lois que celles qui régissent la compétition en temps normal. En fait, il semble que lors des grandes extinctions, la compétition entre les espèces au sens darwinien est temporairement suspendue au profit de règles différentes face auxquelles les espèces ne sont pas préparées.
 
Sur cette scène, quel peut-être le comportement de l’Homme ? A l’heure actuelle l’Homme consomme 40% de la production primaire de la Terre (énergie de photosynthèse moins l’énergie consommée par les plantes). Toutes les autres espèces doivent ainsi se partager ce qui reste pour survivre.
L’Homme n’est pas un “bon sauvage” comme le pensait J.J.Rousseau. “Il est devenu indéniable ces dernières années écrit R.Leakey, que l’apparition de Homo sapiens a laissé une marque indélébile sur le reste de la nature, et peut-être dès son origine ... Les humains causent des dégats sur le monde dont ils sont issus de nombreuses façons”.
Au Pléistocène (35 à 11000 ans), plus de 60 espèces de grands mammifères ont disparu en Amérique du Nord et plus encore dans le sud du continent; disparition du mamouth, du dinotherium, de l’ours, du lion, etc.
 
 
 
 
 
Lago y volcan
Volcan et lac.
 
Oui, l'homme est bien devenu un super prédateur depuis qu'il a conquis le monde...
 
Chasseur accompli, les Homo sapiens comptaient quelque 600000 individus lorsqu’ils atteignirent le golfe du Mexique. Les animaux, non accoutumés aux modes de vie de ce nouveau prédateur, moururent pour la plupart sans se défendre. Ce n’est pas un facteur extraterrestre ou climatique qui décima ces populations. Les végétaux sont demeurés abondants après la disparition de ces animaux tandis que le climat s’était adouci. De plus, aucune extinction n’a été constatée lors des glaciations et périodes interglaciaires antérieures. Le responsable de cette hécatombe semble bien être l’homme qui détruisit l’habitat des espèces animales et les chassa.
 
Selon Paul Martin, le même événement s’est produit en Australie il y a 60000 ans, en Amérique du Nord il y a 10000 ans et en Nouvelle Zélande il y a environ 1000 ans.
L’arrivée de l’homme fit des dégâts similaires dans l’archipel d’Hawaii, aux Galapagos... Si l’évolution à la Darwin est réconfortante, on découvre aujourd’hui que cette conception est anthropocentrique, insuffisante et fausse.
L’évolution n’a jamais été graduelle, allant du simple au complexe. Pendant la plus grande partie de son existence, la Terre n’abritait que des êtres unicellulaires. Puis soudain, il y a 540 millions d’années, il y eu l’explosion du Cambrien, une explosion biologique sans précédent qui donna naissance aux métazoaires. Ponctuée par des changements rapides et explosifs, la vie semblait garder une direction déterminée. Or, on découvre aujourd’hui qu’à l’horizon rien de précis se dessinait. Au jeu de la loterie de la vie, nous aurions pu perdre cent fois et ne laisser aucune trace de notre passage. Il semble aujourd’hui que l’homme soit apparu sur Terre par hasard et non de manière déterminée, en raison d'une nécessité immanente ou d'une contingence divine que rien ne vient démontrer. Pire, au cours des extinctions massives qui ont ponctuées le passé, jusqu’à 98% des espèces existantes ont été anéanties. Cela devrait relativiser la vanité de certaines d'entre nous qui  voudraient porter la spiritualité du monde sur leurs épaules; nous sommes poussière et retournerons à la poussière, et en toute probabilité, sans espoir de lendemain.
 

 

Deuxième partie: Quand l'humanité manqua de disparaître.

en bas.

Les Extinctions.

 
 
Les extinctions de masse.
 
 
 
 
 
 
 
 
Volcan
Éruption volcanique.
 
Quand l'humanité manqua de disparaître (II)
 
Les anthropologues évoquent très peu souvent un événement majeur qui manqua de décimer la population humaine à l'époque des hommes de Néanderthal et des premiers Cro-Magnon.
En analysant le taux de mutation de l'ADN mitochondrien au cours des âges, deux professeurs spécialistes de génétique humaine à l'Université d'Utah, Lynn Jorde, généticien à l'Ecole de Médecine et Henry Harpending, anthropologue,  s'aperçurent qu'au lieu d'observer une taille relativement constante des populations, avec localement des pics de croissance, voire des périodes de stagnation ou de décroissance, y compris des mélanges de population, ils observèrent que la population humaine avait franchement diminué y a environ 100000 ans pour une raison qui demeurait mystérieuse.
 
Cette observation confirma ce que pensaient déjà d'autres généticiens. On s'est longtemps demandé pourquoi l'humanité actuelle présentait un patrimoine génétique contenant si peu de variantes alors qu'il était si riche au départ ? Comme si l'évolution avait été à rebours... On constate en effet qu'aujourd'hui toutes les sociétés humaines, qu'elles vivent en Afrique, en Europe, en Asie ou en Amérique présentent pratiquement le même patrimoine génétique alors qu'en l'espace de cent mille ans nous aurions dû obtenir une diversité génétique bien plus abondante du fait des combinaisons génétiques.
 
L'ADN humain est si similaire aujourd'hui à travers les populations que les scientifiques en ont conclu qu'il y eut certainement une réduction catastrophique de la population par le passé. L'événement qui s'est produit correspond à une extinction quasi totale où seuls quelques milliers d'individus auraient survécu. En fait notre espèce était sur le point de disparaître. Mais en corollaire cela en dit long également sur notre évolution. D'une extraordinaire diversité avant leur quasi extinction, nos ancêtres seraient passés par un goulot d'étranglement qui expliquerait la pauvreté de notre patrimoine génétique aujourd'hui. Concrètement, cela signifie que nous descendons tous d'une même famille.
 
Selon Lynn Jorde, les mutations des mitochondries s'effectuent avec une grande régularité et le nombre de mutations peut servir d'horloge génétique pour dater les événements majeurs. Dans le cas de notre étranglement, Jorde et Harpending ont estimé qu'il s'était produit  voici 70 ou 80000 ans, en pleine époque Néanderthal et quelques dizaines de milliers d'années après l'apparition des premiers Homo sapiens.Reste à savoir quel événement décima la population humaine, au point que l'humanité fut à deux doigts de l'extinction, ne laissant sur Terre qu'environ 2000 survivants selon les dernières estimations (les chiffres varient entre 2000 et 10000 individus).
 
 
 
 
 
anomalocaris
Anomalocaris.
 
A la recherhe de l'exterminateur de l'Humanité.
 
C'est à l'occasion d'une conférence donnée par Henry Harpending sur ce "bottleneck" que le Prof. Stanley Ambrose, paléoanthropologue à l'Université de l'Illinois mis en corrélation ce phénomène avec l'explosion du super volcan Toba de Sumatra, un immense volcan qui développa autant d'énergie que l'éruption simultanée de 1000 volcans comme le St.Helens, ce qui correspond à une éruption VEI8.
Bien que la date exacte de cette catastrophe soit encore largement débattue, on estime que le super volcan Toba explosa voici 74000 ans.
Toba éjecta dans l'atmosphère 3000 km3 de magma et des quantités inimaginables d'acide sulfurique qui
 
atteignirent même le Groenland. Les analyses des carottes de glace révèlent que suite à cette méga éruption, la température moyenne de l'atmosphère a chuté de 3 à 5° C au cours du millénaire suivant. C'est la plus importante éruption volcanique que connut la Terre au cours des deux derniers millions d'années. Elle couvrit le continent indien de 15 cm de cendres volcaniques.
Il s'en suivit un hiver volcanique qui dura 6 ans, altérant le climat en profondeur, au point que l'hémisphère Nord subit un âge glaciaire qui dura plusieurs milliers d'années.
La super éruption conduisit à l'extinction de la plupart des êtres humains. Voici 500000 ans la population mondiale comptait déjà plusieurs millions d'individus qui avaient déjà conquis la plupart des terres d'Afrique, d'Europe, d'Amérique et d'Asie.
Avant cette super éruption, on pense que des centaines d'espèces d'hominidés plus ou moins ramifiées et affiliées vivaient sur Terre. Après l'explosion de Toba, une seule espèce aurait survécu, celle qui aboutit à l'Homo sapiens.
 
 
 
 
 
bushmen
Khoisans.
 
Actuellement, selon les analyses ADN, les descendants les plus vieux de l'humanité sont les Khoisans ou Bushmens vivant dans le désert du Kalahari en Afrique du Sud, dont la race vivait déjà sur terre il y a au moins 100000 ans. La seconde plus ancienne race humaine sont les pygmées d'Afrique centrale. Leur ADN a montré qu'à l'époque où la plupart des continents étaient réunis ou n'étaient séparés que par d'étroites bandes de mer, ils avaient déjà conquis la Nouvelle Guinée, les Philippines (Aeta), Malaya (Semang, comprenant la Malaisie et Singapour), la Thaïlande (Mani), l'archipel des îles Andaman, Flores (Rampasasa) et l'archipel des Vanuatu en Polynésie.
Cette catastrophe globale est un événement aujourd'hui oublié. Mais récemment, les géologues ont découvert un dernier super volcan actif : c'est le super volcan de Yellowstone qui se cache dans le grand parc naturel du Wyoming, aux Etats-Unis. Son éruption qui doit se produire incessamment à l'échelle géologique, pourrait être de la même ampleur que celle de Toba et aurait un effet dévastateur, et pas seulement sur la région alentour, mais sur toute la Terre. En fait, nous pourrions assister à la 6eme extinction, celle de
 
l'Humanité...
 
 
 
 
 
12743054
Station spatial MIR.
 
Notre espérance de vie.
 
Même si nous feignons d'ignorer le cas particulier du super volcan de Yellowstone, notre avenir reste malgré tout incertain à l’échelle géologique, et plus encore à l’échelle astronomique, ce que confirma Richard Gott III en calculant l’espérance de vie de notre espèce, estimée entre 0.2 et 8 millions d'années.
 
Il est même fort possible que si nous continuons à détruire notre environnement au rythme actuel - chaque jour disparaissent plus d'une centaine d'espèces vivantes - dans 25 ans, un million d'espèces auront disparu ! Or sans biodiversité, nous scions la branche sur laquelle nous nous sommes hissés. Cette course insensée pour l'appât du gain nous conduit tout droit à notre perte.
Bien que l’évolution semble progresser du simple au complexe, l’explosion frénétique de vie qui apparu au Cambrien n’est qu’une solution proposée par dame Nature. Relançant la roulette de la vie, il est plus que probable que l’Homme ne réapparaîtra plus, au grand dam du père Teilhard de Chardin.
Si notre ancêtre primitif, le ver Pikaia gracilens a survécu à l’extinction du Cambrien, c’est probablement parce qu’il n’y jouait aucun rôle majeur. Pourtant c’est grâce à lui que nous sommes là aujourd’hui. Mais ce phénomène n'est pas paradoxal.
 
 
 
 
 
12753033
Supercités, Fiction ou réalité!
 
La sélection naturelle fut supplantée un temps par d’autres règles, dont la chance ne fut pas des moindres. C’est elle qui joua le rôle de la Grande Faucheuse, déterminant quelles espèces devaient survivre et lesquelles devaient s’éteindre. Ainsi que le dit S.Gould, “nous sommes un événement hautement improbable dans le cours de l’évolution qui fut perçu comme un coup de tonnerre au même titre que le fait de faire jouer au hasard un rôle déterminant...”.
En fait, plus nous bouleversons notre biotope et les écosystèmes de façon générale, plus rapidement nous accélérons notre disparition. Si nous ne faisons pas bientôt marche arrière, nous nous éteindrons également, juste retour des choses pour avoir saccagé la plus belle oeuvre de dame Nature, la vie. Que les extinctions du passé nous servent de leçon.

 

Molécules prébiotiques.

 

Les propriétés des molécules prébiotiques.

 

 

 

Polinización OGM
OGM, par ou le comencement?!...

Entre aromates et poisons:

Les milieux interplanétaire et interstellaire, les comètes et les nébuleuses en particulier contiennent des molécules organiques plus ou moins complexes parmi lesquelles nous trouvons l'acide cyanhydrique (HCN), le formaldéhyde (H2CO), le cyanure de méthyle (CH3CN), des PAH, de l'ammoniac (NH3) ainsi que du cyanogène (C2N2) et du monoxyde de carbone (CO).

A priori ces substances ont mauvaise réputation du fait de leur toxicité ou du risque d'incendie plus ou moins élevé qu'elles représentent. Mais tout dépend de leur concentration.

 
 
En effet, une allumette peut-être inoffensive comme elle peut incendier un building. Même le sel de cuisine est toxique pour l'homme puisqu'à forte dose il provoque une déshydratation pouvant entraîner la mort. Voyez par exemple ce qui se produit en versant du sel sur des sangsues ou plus gentiment sur des rondelles de concombre. De la même manière, si vous en êtes capable, le fait de boire de l'eau de mer ne va pas étancher votre soif, que du contraire. Il faut donc relativiser les effets de ces substances.
Arrêtons-nous un instant sur ces molécules dont on parle souvent en bioastronomie et en radioastronmie mais que le public connaît finalement assez mal. Reconnaissons pour le profane en la matière que ces molécules nous disent peu de choses. Toutefois les astronomes, les droguistes et les laborantins les connaissent bien.
 
 
 
 
 
bacterie Deinococcus radiodurans
Bacterie deinococcus radiodurans. (Indestructible)
 
L'acide cyanhydrique (HCN)
 
L'HCN ou cyanure d'hydrogène est un composé chimique du groupe des nitriles (CN) - ce n'est donc pas un hydrocarbure - qui se forme dans toute "soupe prébiotique". On le trouve aisément en solution aqueuse où il prend alors le nom d'acide cyanhydrique ou acide hydrocyanique. Anciennement on l'appelait l'acide prussique.
L'HCN pur, également appelé méthanenitrile, est incolore. C'est un liquide très volatil qui se sublime (fusion) à -13.2°C et bout à 25.7°C en libérant des gaz d'HCN (comme l'eau bout en libérant de la vapeur d'eau). L'acide cyanhydrique présente un léger goût d'amande amer et faiblement acide.
L'HCN se transforme partiellement en ion cyanide CN en solution aqueuse, devenant un liquide volatil incolore attaché d'une odeur caractéristique. Les sels d'acide cyanhydrique sont appelés des cyanides. Utilisé dans l'industrie chimique, l'HCN permet de traiter l'acier trempé, de teindre, il sert d'adjuvant aux explosifs, dans la gravure, la production de résine plastiques acryliques et d'autres produits chimiques.
L'HCN fut également utilisé pour fabriquer des gaz hémotoxiques (zyklon B) qui détruisent les globules rouges. Il fut notamment utilisé par les Nazis dans les chambre à gaz.
 
Pour en revenir à la biochimie, notons qu'en absence de stabilisants, l’HCN polymérise en donnant des composés cycliques complexes de couleur orange-brun. Cette couleur est due à la délocalisation des doubles liaisons. Selon certains exobiologistes, c'est la présence d'HCN qui expliquerait notamment la couleur de la Grande Tache Rouge de Jupiter ou de certaines bandes colorées de son atmosphère. L'HCN est également présent dans les nurseries d'étoiles enveloppées de gaz et de poussières aionsi que dans les disques protostellaires.
 
 
 
 
 
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Voulez-vos la sauver?!
 
Le formaldéhyde (H2CO)
 
On l'appelle également méthanal ou aldéhyde méthanoïque car il s'agit d'une forme oxydée de méthane. Il existe en grande quantité sous forme de nuages moléculaires, par exemple dans la Grande nébuleuse d'Orion, M42. A pression ambiante, ce gaz présente une température de fusion de -92°C et un point d'ébullition de -20°C et s'enflamme spontanément à 430°C.
Comme tous les hydrocarbures (molécules hydrocarbonées), c'est une substance extrêmement inflammable qui ne supporte pas la présence de flamme nues ou d'étincelles. Cette substance est soluble dans l'eau. La seule façon d'éteindre son embrasement consiste à utiliser un extincteur à poudre ou du dioxyde de carbone.
Le formaldéhyde est également explosif lorsqu'il est mélangé à l'air, raison pour laquelle il est maintenu dans des bonbonnes et de préférence à basse température et arrosée d'eau pour piéger les gaz éventuels.
Le formaldéhyde est légèrement toxique. Son inhalation provoque une sensation de brûlure dans la gorge et les poumons, une toux, des maux de tête, des nausées, de l'essoufflement et peut provoquer un oedème pulmonaire. Une thérapie inhalatoire appropriée supprime toutefois ces symptômes.
Le formaldéhyde (H2CO) et l'acide formique (H2CO2) par exemple semblent assez proches sur le plan de la formule chimique mais un atome suffit à changer drastiquement leurs propriétés chimiques et physiques.
 
En fait il ne faut pas confondre aldéhyde et acide. Si on oxyde du méthane par exemple, on passe graduellement de l'alcool à l'acide. Les réactions sont les suivantes:
 

CH4 + 1/2 O2

CH3OH + 1/2 O2

H2CO + 1/2 O2

à   CH3OH alcool méthylique (méthanoïque) ou méthanol

à   H2CO + H2O, formaldéhyde ou aldéhyde méthanoïque (méthanal)

à   H2CO2 acide formique ou méthanoïque (formol)

 
On est passé de l'hydrocarbure à l'aldéhyde puis à l'acide en passant par des états de plus en plus oxydés.
 
 
 
 
 
Les OGM
Des OGM, et la fin ce sera quoi?!
 
Le cyanure de méthyle (CH3CN)
 
Egalement appelé acétonitrile, il s'agit d'un nitrile aliphatique ou non aromatique, c'est-à-dire qu'il est exempt des doubles liaisons conjuguées ou cycle de carbone (benzène). Il entre en fusion à -45.7°C et bout à 81.6 °C. Il est présent dans l'alcool méthylique (alcool de bois ou méthanol) de formule chimique CH3OH mais il est absent du méthanol industriel. C'est un liquide incolore qui peut servir de solvant. Il est peu toxique mais peut entraîner la mort si on le respire une fois hydrolysé (coupure d'une liaison covalente par action de l'eau) ou si on le consomme. En effet, contenant des sels de cyanures, une fois hydrolysé il peut y avoir plus d'ions CN sur la pointe d'une aiguille que d'hémoglobine dans notre corps !
 
 
 
 
 
Galaxia Andromeda
Notre voisine, Galaxie Andromede.
 
Le cyanogène (C2N2)
 
Il s'agit d'un gaz inflammable que l'on avait déjà découvert sur la comète de Halley en 1910, ce qui créa un certain émoi dans la population, sachant que la Terre allait traverser la queue de la comète. Ce gaz synthétisé pour la première fois en 1782 est utilisé pour produire du chlorure de cyanogène (CNCl), un gaz urticant que connaissent bien nos forces de police.
Le cyanogène est incolore et dégage une odeur proche de l'amande. Il entre spontanément en combustion à 650°C. Il est soluble dans l'eau et réagit avec plusieurs acides et oxydants forts tels que l'ozone, le monoxyde de chlore, les chlorates, les nitrates, les nitrites ou le fluor et peut entraîner une explosion, d'où son utilisation possible comme propergol pour les fusées.
Le cyanogène est très toxique car le corps le métabolise sous forme de cyanure qui bloque l'action de l'hémoglobine. Il ne faut surtout pas respirer ses effluves qui peuvent entraîner une suffocation et la mort.
 
 
 
 
 
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Aimons-nous la Terre vraiment?!
 
Les PAH.
 
les PAH ou hydrocarbures aromatiques polycycliques sont mieux connus à travers les "Bucky balls" de carbone (C60) et les nanotubes de graphite (carbone pur). La molécule PAH la plus simple est le pentalène. Les PAH lourds sont très intéressants car ils offrent une grande résistance mécanique et peuvent être polymérisés sous forme de très longues chaînes.
Les PAH ayant au moins trois cycles ou anneaux de benzène (C6H6) sont peu solubles dans l'eau et présentent une faible pression de vapeur. A mesure que leur poids moléculaire augmente, leur solubilité et leur pression de vapeur diminuent. Les PAH constitués de deux cycles sont plus solubles dans l'eau et plus volatils. En raison de ces propriétés, on retrouve essentiellement des PAH dans la terre et les sédiments et très peu dans l'eau ou dans l'air. Toutefois, les PAH peuvent être présents sous forme de particules en suspension dans l'eau ou dans l'air. Les PAH de poids moléculaire élevé sont très cancérigènes mais leur toxicité diminue. L'un de ces PAH, le benzo[a]pyrène fut la première molécule cancérigène découverte.
 
 
 
 
 
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Fiction ou Réalité?!...
 
L'ammoniac (NH3)
 
L'ammoniac existe simultanément sous les deux formes, non ionisée (NH3) et ionisée (NH4) dont l'équilibre dépend du pH du milieu et de la température. C'est un paramètre très important à surveiller dans les aquariums et de façon générale pour la survie des organismes aquatiques.
Tout le monde connaît ce gaz qui existe également en solution aqueuse. Il est irritant, corrosif et présente une odeur piquante peu supportable. Ce gaz entre en fusion à -77.7°C et bout à -33.4°C.
L'ammoniac est utilisé pour la fabrication d'engrais azotés (urée et ammoniac anhydre), d'explosifs et de polymères (polyuréthane, etc). On le retrouve également dans la fumée de cigarette (10 à 500 mg).
Considéré comme un polluant, libéré sous forme de gaz il se lie rapidement au soufre pour former du sulfate d'ammonium. Les industries chimiques sont responsables de la libération de ces nuages polluants (32000 tonnes rien qu'au Canada par exemple) qui peuvent se propager sur des centaines de kilomètres.
Les conifères, les tourbières à sphaignes sont sensibles à la présence d'ammoniac qui les rend plus sensibles durant la période hivernale. L'ammoniac ne contribue pas à l'effet de serre contrairement au méthane par exemple ni à la destruction de la couche d'ozone stratosphérique.
L'ammoniac est également un composé naturel utilisé pour la synthèse des protéines mais aussi un déchet du métabolisme des organismes aérobies. Sa présence sur d'autres astres représente donc un indice en faveur de l'existence d'une forme de vie sans pour autant être la seule explication de sa présence comme nous venons de l'expliquer.
 
 
 
 
 
voiture surce de pollution
La mort déguisée en service.
 
Le monoxyde de carbone (CO)
 
Citons enfin le monoxyde de carbone. C'est le fameux gaz à effet de serre qui provient de la combustion des énergies fossiles, principalement de la combustion incomplète du carbone et des composés carbonés dans les moteurs à explosion, mais également des systèmes de chauffage à combustion, de certains outillages avec combustion (décolleuse à papier-peint, ...), de la combustion du tabac, etc.
Su Terre, sa présence est liée à l'industrialisation et la croissance démographique. Il n'est donc pas surprenant de constater que sa concentration a augmenté depuis la seconde moitié du XXeme siècle. Son effet est toutefois secondaire car il en faut 20 fois plus que de méthane par exemple pour produire le même effet sur la température de l'air.
Le CO entre en fusion à -205°C et bout à -192°C. C'est un gaz très volatile et métastable en atmosphère normale, c'est-à-dire qu'il se trouve dans un état hors équilibre qui persiste très longtemps durant les changements de phases.
Le CO est très toxique pour l'organisme car il est transparent et ne dégage aucune odeur qui pourrait alerter la victime potentielle. Par ailleurs, chimiquement il présente une affinité 230 fois supérieure à celle de la molécule d'oxygène envers l'ion de fer de l'hémoglobine du sang. La carence en oxygène se fait donc rapidement sentir, d'autant plus rapidement que le CO bloque des enzymes de la chaîne respiratoire des mitochondries. C'est la raison pour laquelle les intoxications au CO (suite à l'utilisation d'un boiler défectueux par exemple) sont toujours fatales.
Le CO est également présent dans l'espace. Dans la comète de Hale-Bopp par exemple qui nous rendit visite en 1997, il présentait une abondance relative de 25% par rapport à l'eau, ce qui excessivement élevé. A titre de comparaison le dioxyde de carbone n'était présent qu'à raison de 6%.
 
La concentration de CO dépend de la taille du noyau de la comète. En effet, cette molécule se trouve souvent à l'état de trace dans les petites comètes (le noyau de Linear C/1999 S4 par exemple mesurait moins de 600 m et contenait très peu de CO). Cette faible concentration est également liée à la disparition progressive du CO à l'approche du Soleil car il se dissocie sous l'effet du rayonnement UV (entre 90 et 110 nm).
Le CO est également présent dans les nébuleuses. On estime que pour 10000 molécules d'hydrogène présentes dans une nébuleuse il y a 1 molécule de CO. Toutefois, ici également il subit une photodissociation plus ou moins importante sous l'effet du rayonnement ultraviolet stellaire, produisant des atomes d'oxygène libres qui peuvent participer à la formation des silicates.
Précisons que la dissociation du CO est proportionnelle à l'intensité du rayonnement. C'est ainsi qu'on trouve dans l'espace des isotopomères du CO (isotope de l'oxygène qui se désintègre en libérant un positon). Il s'agit des molécules C16O, C17O et C18O dont la concentration varie en fonction de la distance à l'étoile.
Quand on en trouve dans un minéral extraterrestre, la concentration de ces isotopomères permet donc de déterminer à quelle distance de l'étoile hôte ces silicates ont été formés. En corollaire, cela permet d'affiner les modèles astrophysiques.
Enfin, le CO est un traceur qui intéresse beaucoup les radioastronomes. Dans la raie du CO (112 GHz par exemple) les nuages moléculaires présentent une densité mille fois supérieure au milieu interstellaire. La présence du monoxyde de carbone, même si elle est relativement faible permet non seulement d'évaluer les caractéristiques physiques des nébuleuses (densité, température, vitesse, distance) mais également de détecter la présence de l'hydrogène moléculaire qui ne présente pas de raie spectrale dans la partie visible ou proche infrarouge du spectre mais uniquement dans la partie radio. C'est ainsi que les radioastronomes utilisent le CO pour tracer l'hydrogène et que de nombreuses cartes radioastronomiques nous présentent non pas des cartes de l'hydrogène mais du CO qui lui sert de marqueur.
 

A propos de la toxine botulique

Bien que des micro-organismes n'aient pas encore été découverts dans l'espace, rappelons que toutes les substances décrites dans cet article présentent une toxicité ridicule comparée à une enzyme que l'on trouve sur Terre, la toxine botulique, le fameux Botox utilisé en médecine pour paralyser les muscles. A ce jour c'est le poison le plus puissant que l'on connaisse et il fait malheureusement partie des armes biologiques. Il ne faut donc pas aller dans l'espace pour trouver des substances toxiques !

La neuro-toxine botulique est émise par une bactérie dont la plus connue est la Clostridium botulinum. Il existe trois formes de botulisme qui sont toutes des maladies infectieuses mortelles si elles ne sont pas traitées de toute urgence. C'est une maladie qu'il faut obligatoirement déclarer aux autorités notamment en France et en Belgique, au même titre que la peste ou le choléra pour vous donner une idée de son degré de toxicité.

La neuro-toxine botulique présente une dose létale de 300 pg/kg alors que la dose mortelle est dix fois inférieure. Cela signifie concrètement qu'un peu plus de 100 grammes de toxine botulique suffiraient pour tuer tous les habitants de la Terre ! On estime que 1 mg de toxine botulique peuvent tuer 33 milliards de souris ! A titre de comparaison, il faut 10 fois plus de toxine tétanique et 40 millions de fois plus de cyanure pour atteindre une telle toxicité ! 

Le seul traitement contre le botulisme est la sérothérapie spécifique accompagnée de l'injection d'une antitoxine à condition de les pratiquer avant que la toxine ait eu le temps de se fixer de manière irréversible. Selon l'OMS, il existe un vaccin mais il n'a pas été totalement testé et produit des effets secondaires.

 
 
 
 
 
orangutanes
Avons-nous le droit?!
 
Ne nous alarmons pas !
 
Bien sûr nous pourrions également citer quantité d'autres hydrocarbures toxiques présents sur les comètes ou dans le milieu interstellaire. Mais rien sert de s'alarmer. Aux pressions partielles dans lesquelles ces molécules existent sur les comètes, ces gaz ne présentent aucun danger pour l'homme. Même si la Terre traversait la queue de la comète Tempel 1 ou de Halley qui contient toutes deux quelques unes de ces substances, l'ionisation des molécules et le bouclier que constitue le champ géomagnétique rendraient leur toxicité ou les risques d'incendie tout à fait inoffensifs, d'autant plus que ces éléments sont peu abondants dans l'absolu. Pour vous donner une idée, même 100 kg de cyanure déversés dans l'atmosphère terrestre ne pourraient pas tuer un moustique ! Continuez donc à contempler les comètes et les nébuleuses chatoyantes de couleurs sans vous inquiéter, elle sont inoffensives... Surveillez plutôt l'environnement terrestre où le risque est de loin plus élevé!