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La biosphère.

Les réserves de biosphère...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Planète Terre
La Terre.
 
La protection de la nature.
Le concept de réserve de biosphère est, je le crains, presque uniquement connu des cercles privés d'écologie et de quelques élus locaux mais reste passablement méconnu du grand pubic. Aussi un rappel de son rôle n'est pas superflu.
En 1971, le programme MAB, Man And Biosphere, succède au Programme Biologique International de l'UNESCO qui vise à étudier les ressources naturelles. Trois ans plus tard l'UNESCO et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, le PNUE, décident pour la première fois de parler de zonage dans les réserves ou territoires concernés en définissant trois catégories de zones : centrale, tampon et transition.
En 1971, le programme MAB, Man And Biosphere, succède au Programme Biologique International de l'UNESCO qui vise à étudier les ressources naturelles. Trois ans plus tard l'UNESCO et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, le PNUE, décident pour la première fois de parler de zonage dans les réserves ou territoires concernés en définissant trois catégories de zones : centrale, tampon et transition.
En 1976, les premières "réserves de biosphère" sont désignées mais seules sont retenues les zones protégées consacrées à la recherche. Les zones où le développement est préconisé n'existent pas encore et aucune action n'est menée en faveur d'un développement respectueux des ressources naturelles.
 
Il faudra attendre 1984 pour que le Congrès de Minsk adopte un plan d'action conjoint avec le PNUE et élabore un catalogue de tout ce qui peut se faire dans une réserve de biosphère. Malheureusement le PNUE ne participera pas au financement de ce plan d'action et l'UNESCO ne l'appuye pas. Pire, au cours de la conférence de Rio en 1992, il sera même dit que les réserves de biosphère n'existent pas !
La situation change radicalement en 1995 à Séville. Les principaux protagonistes élaborent enfin le cadre statutaire du réseau des réserves de biosphère ce qui permet au programme MAB d'entrer officiellement dans les salons feutrés des milieux diplomatiques.
 
 
 
 
 
traces de renard sur la banquise & coucher de Soleil Canada
Traces de renard sur la banquise.
 
Que sont les réserves de biosphère?
Les réserves de biosphère sont des sites d'application du Programme MAB de l'UNESCO. On en répertoriait 394 en 2001 réparties dans 94 pays. On en compte plus de 480 en 2006 réparties dans plus de 100 pays sur les 5 continents. L'une des plus proches située dans la grande région francophone est la réserve franco-germanique des Vosges.
 
Les réserves de biosphère travaillent dans le cadre des accords signés par les Etats membres de l'UNESCO : la Stratégie de Séville et le Cadre Statutaire du réseau mondial des réserves de biosphère. Leurs directives ont adoptés en 1996 et définissent les principes de fonctionnement des réserves de biosphère. Toutefois, en raison de la légitimité des états, leurs applications restent sous la juridiction du pays dans lequel elles se trouvent, et s'appuient en partie sur des espaces légalement protégés, comme des parcs ou des réserves.
 
 
 
 
 
Rivière Sunnamary Guyane F.
Rivière Sunnamary. (Guyane)
 
Les réserves de biosphère combinent trois fonctions complémentaires.
- La conservation des écosystèmes, des paysages, des espèces et de leurs patrimoines génétiques doit y être assurée, aussi bien dans les zones naturelles que celles qui sont exploitées par l'agro-sylviculture, la pêche, la chasse, le tourisme ou toute autre activité. Des pratiques respectueuses de l'environnement sont privilégiées.
- Les réserves jouent aussi un rôle dans le développement économique et social respectant la nature et la culture locale. Ceci implique que la population y prenne une part active et soit impliquée dans les prises de décision.
- Enfin, plus qu'ailleurs, une importance particulière est accordée à la recherche et aux études, à l'observation continue de l'environnement, la formation et l'éducation du public et des jeunes en particuliers, car elles fournissent un réel appui pour envisager de façon plus éclairée l'avenir du territoire et de ses habitants.
 
 
 
 
 
Serra da Bocaina
Reserve de "Bocaina". (Brasil)
 
Fonctionnement:
Une réserve de biosphère a besoin de structures pour fonctionner : un comité de gestion et un conseil scientifique.
La grande spécificité des réserves de biosphère est le zonage qui représente un gradient entre la zone de transition, où s'exerce le développement humain, et l'aire centrale où la nature a la priorité en passant par la zone tampon, véritable zone laboratoire pour des activités humaines compatibles avec la conservation de la nature.
 
Comment un lieu devient-il une réserve de biosphère ? La reconnaissance d'un territoire comme "réserve de biosphère" est l'aboutissement d'une procédure rigoureuse.
Un dossier doit être constitué, répondant à un ensemble de critères : présenter des espèces et des paysages méritant d'être protégés, regrouper des types d'intervention humaine variés, disposer d'une structure de coordination adaptée, de programmes scientifiques, et enfin d'un assentiment officiel des représentants de la population locale. Ce dossier est examiné par les instances de la Division des sciences écologiques du MAB à l'UNESCO. Une fois établies, les réserves de biosphère sont révisées tous les 10 ans.
 
 
 
 
 
mangroves-parc-everglades
Everglades, Mangroves.
 
Le réseau mondial.
En juin 2001, 394 réserves de biosphère couvrant près de 200 millions d'hectares étaient réparties dans 94 pays, soit quatre fois la surface de la France. Trois ans plus tard 50 nouveaux sites s'étaient ajoutés à cette liste. Dans des conditions écologiques, socio-politiques et culturelles variées, elles s'appliquent à mettre en oeuvre la même philosophie. Elles sont organisées pour chercher en commun des solutions concrètes aux problèmes auxquels elles sont confrontées.
Les règles de fonctionnement du réseau mondial sont définies par son Cadre statutaire, sa coordination revenant au Secrétariat du MAB à l'UNESCO.
L'échange d'informations revêt de multiples formes. Un bulletin de liaison publié par l'UNESCO et distribué à l'ensemble du réseau mondial rend compte des expériences des réserves de biosphère. Un serveur internet présente le réseau et les différents sites www.unesco.org/mab/home.htm. D'autres publications plus techniques sont éditées régulièrement.
 
 
 
 
 
pasos
Traces dans la désert.
 
La coopération entre réserves de biosphère s'établit le plus souvent dans le cadre de réseaux régionaux :
 
- EUROMAB : regroupe les pays d'Europe et l'Amérique du Nord
- IBEROMAB : l'Amérique latine, l'Espagne et le Portugal
- AFRIMAB : les pays d'Afrique francophone
- BRAAF  : les réserves d'Afrique anglophone
- EASBR : les réserves d'Asie de l'Est.
 
Les jumelages entre réserves de biosphère sont facilités par le réseau, comme celles des Cévennes avec Montseny en Espagne : des échanges de personnels, des expositions communes, un programme de recherche sur le sanglier ont été réalisés par exemple dans ce cadre.
 
 
 
 
 
P. Teno
Parc Teno.
 
Les tendances actuelles et les enjeux pour le futur.
Le réseau mondial des réserves de biosphère est en perpétuelle évolution. Plus qu'autrefois, il apparaît clairement aujourd'hui que les réserves intègrent des zones urbaines et s'intéressent aux problèmes de la ville. Face à des enjeux très complexes, elles changent de dimension. Beaucoup plus grandes que par le passé, elles élargissent leur champ d'action.
Plusieurs réserves de biosphère récentes sont proches de grandes cités : les ceintures vertes de Rio et de Sao Paulo au Brésil ou le Pays de Fontainebleau, à 70 km du centre de Paris. Poumons de ces cités, ces réserves sont confrontées à la gestion de flux très importants de visiteurs. Afin d'éviter un grignotage des espaces naturels, elle doivent aussi maîtriser l'urbanisme, gérer les questions de transports, etc.
L'inclusion même de villes dans le réseau mondial des réserves est très discutée : la ville de Rome, où des programmes d'écologie urbaine sont conduits depuis de nombreuses années, pourrait être la première candidate.
 
Pour répondre aux enjeux d'aménagement du territoire à l'échelle régionale, les réserves nouvellement créées sont beaucoup plus vastes que les anciennes, dépassant très largement les espaces protégés avec lesquels elles étaient le plus souvent confondues au début du Programme MAB.
 
Bien au-delà de la protection de l'environnement, elles affirment ainsi leur fonction de coordination locale et d'outil de développement. Par conséquent, les personnes impliquées dans les réserves sont beaucoup plus diversifiées : élus et responsables d'associations côtoient les scientifiques et les administrations. Les thématiques abordées, autrefois scientifiques et naturalistes, se sont élargies à l'architecture, à l'élaboration de marques pour les produits locaux, à la médiation.
 
 
 
 
 
Trigo y Amapolas
Blé et coquelicots.
 
Des écosystèmes à protéger de toute convoitise.
En ce début du XXIeme siècle, les réserves de biosphère, à l'image des sociétés qu'elles représentent, sont confrontées à des questions nouvelles et complexes auxquelles elles s'adaptent tant bien que mal. Elles réalisent un travail de fond, inscrit dans le long terme, au service de l'Homme et de la Nature sans laquelle il ne peut vivre.
Mais tout le monde ne voit pas ces réserves de la même façon. Si pour les écologistes ce sont des sanctuaires et pour les scientifiques des trésors de savoir, pour les promoteurs et les commerçants ce sont des mines d'or et des animaleries dont ils peuvent tirer profit à moindre frais. Et cette attitude est très difficile à combattre.
 
Les réserves de biosphère sont avant tout des écosystèmes restés intacts qu'il faut à tout prix préserver. Ce sont notamment des communautés d'êtres vivants à protéger, regroupant dans certaines réserves des milliers d'espèces que l'on ne voit nul par ailleurs.
Mais le combat contre la convoitise des promoteurs et des commerçants de tout bord est long et difficile. Je n'en veux pour preuve que trois exemples.
Un certain public a tendance à apprécier la compagnie des animaux exotiques, les NAC (les nouveaux animaux de compagnie). Les enfants mal éduqués par leurs parents considèrent tout ce qui est petit et à poils à l'image de leurs peluches. Sachant cela, certains commerçants peu scrupuleux n'hésitent pas à exporter en Occident ou en Asie des mammifères trouvés dans la jungle, coati, lémurien et autre ocellot, que les enfants prendront pour des jouets... Beaucoup meurent de stress ou d'épuisement sur le chemin de l'exil, mais cela ces marchands s'en moquent. Seule des lois de protection plus rigoureuses et l'action des douaniers peuvent enrayer ce genre de trafic.
 
 
 
 
 
double arch
Double arche.
 
Idem pour les réserves elles-mêmes. La réserve de Braulio Carrillo, au Costa Rica, par exemple est déjà traversée par une autoroute tandis que le parc de Yasuni, en Equateur, abrite des puits de pétrole. En 2006, les mouvements de protection de l'environnement ont pu empêcher la construction d'une autoroute à travers la réserve. Mais les écologistes doivent garder un oeil vigilant sur ces entreprises, car nous savons d'expérience que dans dix ans les investisseurs privés remettront le projet sur la table...
 
Madames et messieurs les politiques, vous savez ce qu'il vous reste à faire ! Quant à nous, public, nous pouvons supporter les ONG, en souscrivant à leur magazine, en signant leurs pétitions, et en sensibilisant les gens à la protection de l'environnement.
 
 
                                   http://www.greenpeace.org/canada/fr/rejoignez-nous/don-immediat
 
 
 
 

Les réserves naturelles les plus riches au monde : 

Yasuni Rainforest  - The Petén Maya Biosphere Reserve - Braulio Carrillo

 

http://www.astrosurf.com/luxorion/sysol-terre-ecolo.htm

Océans...

 
La mer, dépotoir ou refuge?!...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
maree-noire-cote
Marée noire.
 
Les larmes de l'océan (I)
 
La Terre est une planète rare et peut-être unique dans l'univers car elle offre le privilège de porter la vie. Malheureusement tout le monde n'a pas conscience de la précarité de son existence.
Celle qu'on surnomme la "planète bleue" porte bien son nom : 70.8% de la surface de la Terre sont couverts par les océans. Ils représentent une surface de 361 millions de km2 et une volume de 1.37 milliards de
 
km3. Ils contiennent 97% des réserves d'eau de la planète et 80% de la biodiversité, soit entre 4 et 80
 
millions d'espèces différentes, bref des milliards de fois la population humaine.
Bien que la mer constitue une source de nourriture pour des centaines de millions d'hommes, à peine 0.01% des océans est protégé contre les activités humaines souvent destructrices. Dans ces conditions il n'est pas étonnant qu'aujourd'hui la mer soit polluée et que ses habitants disparaissent à force d'être chassés ou de perdre leur habitat. Depuis quelques décennies pourtant les scientifiques épaulés par des journalistes, des photographes et des écologistes nous demandent à tous de protéger cette ressource essentielle à notre survie.
Mais à force d'ignorer leurs conseils et leurs recommendations, aujourd'hui tous les acteurs économiques vivant de la mer sont touchés par cette insouciance : à force de piller les océans et d'y déverser nos déchets sans retenue, le milieu marin (côtier ou hauturier) s'est appauvrit, il se dépeuple des espèces les plus communes et de leurs prédateurs et l'eau comme les fonds sont définitivement pollués. Si les poissons pouvaient pleurer, ils rempliraient les océans de larmes !
Devant l'augmentation des accidents maritimes, du manque de scrupules des armateurs comme des industriels polluant la mer sans vergogne, des associations telles que Greenpeace ainsi que des fondations se sont mobilisées pour sensibiliser le monde politique et la population sur l'état de santé de la mer. Devant le laisser-aller général et le laxisme des autorités chargées de la protection de l'environnement notamment, nous sommes arrivés à une époque critique où nous devons trouver des moyens radicaux pour protéger la mer de la convoitise et de l'insouciance des hommes.
 
Si nous ne protégeons pas cette ressource, dans un quart d'heure une espèce aura disparu. Demain la mer sera un dépotoir nauséabond et ses rares habitants seront stériles ou devenus les vecteurs des pires maladies.
Si nous voulons préserver la biodiversité marine, la santé de la chaîne alimentaire, continuer à manger du poisson, à observer les couleurs du corail ou les baleines s'ébattre en pleine mer, nous devons changer nos habitudes :  sensibiliser la population à la fragillité de cet écosystème et édicter de nouvelles lois plus répressives afin d'arrêter les activités de tous ceux qui considèrent la mer comme un dépotoir ou une réserve inépuisable de nourriture.
Car la mer vit et a besoin de conditions propices comme de temps pour assurer son équilibre et indirectement notre survie. Or les activités humaines pèsent de plus en plus lourd dans cette balance et menacent à terme la survie de cet environnement.
Si nous voulons préserver la vie des océans et agir dans le sens du développement durable, nous devons limiter notre impact sur ce biotope et veiller à préserver l'équilibre des océans. Pour cela les paroles et les bonnes intentions ne suffisent pas; nous devons nous donner les moyens d'atteindre notre objectif. Pour ce faire nous devons réorganiser et repenser notre manière d'utiliser l'océan, inventer de nouvelles lois pour protéger ce biotope sans pour autant empêcher l'économie de progresser et enfin veiller à l'application des lois en assurant une surveillance et un contrôle strict du trafic maritime, que le navire soit armé par un armateur international ou une personne privée.
 
 
 
 
 
epave-oriskany-immersion-2006
Épave Oriskany.
 
Le cadre législatif : l'IMO et la convention OSPAR.
 
Ayant travaillé quelques temps pour le Commissariat aux Affaires Maritimes (CAM) et étudié la législation de l'Organisation Maritime Internationale (IMO), j'ai été agréablement surpris de constater que depuis les marées noires de la fin des années 1970 et surtout suite aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, la législation maritime internationale a été durcie tant sur les plans administratifs qu'opérationnels. Tous les pays (occidentaux) sont devenus beaucoup plus réactifs et surveillent de beaucoup plus près les activités de leur flotte ainsi que la sécurité des navires et des personnes. La raison est simple; si les capitaines ou les armateurs ne respectent pas la législation en vigueur, à la première visite des inspecteurs, ils recevront un rapport d'inspection négatif et leur navire risque d'être détenu au port par l'administration maritime. Pour l'affrêteur, ce "chômage technique" va engendrer un manque à gagner qui peut se chiffrer à plusieurs dizaines de millions de dollars par jour d'inactivité. A ce prix là les armateurs comme les capitaines comprennent vite l'intérêt de se respecter les règles !
Malheureusement, aucune loi ne peut interdire à quiconque de violer la loi, de polluer les mers ou de ne pas respecter le code de priorité maritime parmi d'autres conventions. Il n'est donc pas étonnant de constater que certains capitaines continuent de naviguer sur des navires "poubelles", de nettoyer leur cales en pleine mer ou que des capitaines irresponsables conduisent leur navire en état d'ivresse et provoquent des collisions et autres naufrages.
 
Voyons en détail quels sont les problèmes et notamment de pollution que rencontrent les administrations maritimes et quels sont les moyens légaux dont nous disposons pour prévenir ces accidents ou éviter qu'ils ne se reproduisent.
 
 
 
 
 
epave-oriskany-navy
L'Oriskany.
 
La mer, dépotoir à mazout.
 
Les voies maritimes sont aussi fréquentées que les autoroutes terrestres. Avec l'augmentation de la demande en produits de toutes sortes (produits alimentaires, produits manufacturés, matière première, etc), ce trafic s'accentue chaque année et les risques d'accident comme de pollution deviennent tous les jours plus élevés.
La Manche et la mer du Nord sont une véritable autoroute pour toutes sortes de navires (pétroliers, cargos, chaluts, barges, navettes touristiques, bateaux privés, etc). Si l'accident entre deux navires est relativement rare, l'avarie ou le nauvrage suite à une tempête est assez fréquent.
 
 
 
 
 
epave-char-aqaba-merrouge
Épave d'un char. (mer Rouge)
 
Les marées noires.
 
En 1978, suite à une avarie, le pétrolier Amoco Cadiz s'échoua sur un écueil dans le Nord Finistère.
Eventré, il pollua 2000 km2 de surface marine, souilla 400 km de côtes bretonnes et tua 20000 oiseaux.
 
Moins de 10% des 240000 tonnes de pétrole déversées ont été récupérés ! Cet accident écologique eut un énorme retentissement médiatique car pour la première fois l'Europe découvrait, horrifiée, les marées noires. Le procès a duré 14 ans. Les victimes ont reçu globalement 1.25 milliards de francs (31 millions d'euros) de dédommagement dont plus de 700 millions de francs d'intérêts de retard. Mais ce ne fut pas la dernière marée noire.
En 1994, l'accident de l'Exxon Valdez englua les rivages de l'Alaska dans une marée noire sans précédent. L'assainissement du site coûta à la société  la somme de 7 milliards de dollars. Les victimes en espéraient trois fois plus. Par endroit les rives étaient tellement imprégnées de pétrole que les experts travaillèrent dix ans pour que le biotope retrouve son aspect naturel !
On pourrait également citer le naufrage de l'Erika fin 1999 suite à la fameuse tempête de Noël. L'Erika déversa 37000 tonnes de fuel au large du Sud Finistère et souilla 500 km de côtes bretonnes. Il y eut pour 1 milliard d'euros de dégâts. L'Etat a dépensé 150 millions d'euros pour nettoyer les plages et près de 6300 victimes ont demandé une indemnisation. Ce n'est qu'en 2001 que les sites touristiques retrouvèrent leur niveau de fréquentation d'avant l'accident.
 
A côté de la pollution de l'environnement, les bénévoles qui nettoient les plages et les rochers encourent également un risque pour leur santé. En effet, après ce travail laborieux, certaines personnes se lavent les mains avec de l'essence. Or, c'est le meilleur moyen de faire pénétrer le mazout sous la peau.
Selon une étude menée par l’Ecole Nationale Agronomique de Toulouse (ENSA), manipuler du fuel sans précaution peut augmenter le risque de cancer. Mais selon TOTAL, qui affrêta l'Erika, pour encourir un véritable risque, les individus doivent avoir été en contact prolongé et durable avec les produits toxiques. Le procès du pétrolier français est actuellement en cours. Le jugement rendu le 16 janvier 2008 a condamné TOTAL mais le pétrolier a fait appel du jugement.
 
 
 
 
 
titanic-jason
Le Titanic.
 
Les vidanges et dégazages clandestins.
 
A côté des marées noires, il y a les innombrables vidanges et dégazages clandestins à l'origine de mini-marées noires aux coins du monde, y compris sur les côtes européennes ou à l'entrée des ports d'Anvers ou de Rotterdam. Dernièrement, ce sont par exemple 10000 litres de mazout qui se sont échappés des cuves d'un navire suite à la collision entre le cargo néerlandais "Music" et le pétrolier "Vera" venu le ravitailler en mer. Des hydrocarbures ont échoué sur les côtes entre Coxyde et Ostende. Les deux navires impliqués ont été détenus dans les ports d'Anvers et de Felssingue jusqu'à paiement d'une caution de plus d'un demi-million d'euros.
 
L'Unité de gestion du modèle mathématique de la mer du Nord (UGMM)  enregistre en moyenne 50 cas de démazoutage par an. La procédure ne dure qu'une dizaine de minutes pour déverser entre 10 et 30 tonnes d'hydrocarbures. En général, on récupère sur le sable quelques tonnes de pastilles mazoutées et bien entendu des oiseaux morts englués quand il ne s'agit pas de phoques. Malheureusement les amendes salées ne sont payables que lors d'un flagrant délit, ce qui arrive peu souvent, raison pour laquelle la surveillance du trafic maritime, y compris par avion et satellite, a été accentuée ces dernières années.
 
 
 
 
 
epave-cessna-bahamas
Épave d'un cessna. (Bahamas)
 
L'immersion des armes et des munitions chimiques.
 
Depuis la fin de la Première guerre mondiale, le déversement en mer d'armes et de munitions chimiques ou conventionnelles a fait coulé beaucoup d'encre et fait l'objet de nombreux débats au sein de nombreuses instances internationales.
Ces armes et ces munitions ont été volontairement immergées pour s'en débarasser à moindre coût ou pour éviter qu'elle ne tombe aux mains de l'ennemi, ou plus simplement parce qu'elles risquaient d'exploser ou de fuir en raison de leur état de dégradation.
Certains sites ont été utilisés comme zones d'exercice de tir sur cible, ou pour des essais, incluant le cas particulier des essais nucléaires. La Suisse a même utilisé des lacs et des zones humides comme sites d'exercices et de décharge.
De nombreuses munitions non-explosées ont ainsi été perdues lors d'essais ou d'exercices militaires et lors de « ratés ».
 
Dans un lac, une mer ou une zone humide fermée, même des munitions conventionnelles ayant explosé à l'impact peuvent être à l'origine de pollution par le plomb, le mercure ou d'autres métaux. En Suisse, les anciens sites de tir sur lac ont été recensés en 2005 et 2006, avant la mise en place d'une campagne de recherche de substances toxiques.
 
 
 
 
 
epave-htms-kut-thailande-2006
Épave Kut. (Thailande)
 
Quantités:
 
Jusqu'en 1980, des millions de tonnes de munitions ont été immergées et souvent oubliées. Parmi les pays qui ont rapidement reconnu avoir immergé des armes chimiques figurent au moins : l'Irlande, la Grande-Bretagne, l'Écosse, l'île de Man, l'Australie, la Russie, les États-Unis, le Japon et le Canada.
Par la suite, la Belgique a reconnu son fameux dépôt de Zeebruges (35000 tonnes) mais la France est restée très discrète sur ses activités d'immersion, bien que les archives soient un peu plus disponibles. Les historiens ont ainsi trouvé des traces ou des indices d'immersion de vieux stocks de munitions en méditerranée et dans le golfe de Gascogne ainsi que dans la fosse située entre la Bretagne et le Royaume-Uni. Les cartes marines du SHOM comportent de plus quelques marques "explosifs immergés" sur le littoral Atlantique et de la Manche/mer du Nord.
 
Selon les spécialistes français du déminage, 250 millions d'obus tirés pendant la Première guerre mondiale et un dixième des obus tirés durant la Seconde guerre mondiale n'ont pas explosé pendant ces conflits. La Flandre occidentale, en Belgique, est également truffée de millions d'obus non explosés dont 5% contiennent des gaz toxiques. Il faut y ajouter tous les obus enfouis à plus de 15 m de profondeur dans des sols relativement durs, et n'ayant pas explosés. D'autres obus sont certainement tombés dans les marais, tourbières, vasières, mares, étangs forestiers, fleuves et autres canaux, où ils se sont enfoncés encore plus profondément sans exploser suite à un mauvais contrôle qualité.
 
Enfin, selon certains experts, environ la moitié des munitions et matériels incendiaires utilisés lors des deux guerres mondiales n'ont pas fonctionné à l'impact.
Depuis 1945, plus de 660000 tonnes de bombes ont été dégagées, ainsi que 13.5 millions de mines et 24 millions d'obus ou autres explosifs. La France est le pays le plus touché en Europe pour la période 1914-1918, et l'Allemagne pour la période 1939-1945.
Depuis 1980, chaque pays est obligé de stocker les bombes et munitions qu'il découvre et de trouver un moyen de les faire exploser sans risque pour la population. Ce travail de fourmi (en Belgique environ 20 munitions sont détruites par jour) va durer plusieurs siècles. Mais il en est autrement pour les armes et munitions chimiques immergées.
 
 
 
 
 
Philippines dechets
Philippines, déchets.
 
Les matière toxiques.
 
Le déversement d'armes et de munitions chimiques en mer a été effectué en toute insouscience dans tous les océans, avec des quantités considérables dans la zone de la Convention OSPAR, c'est-à-dire tout autour de l'Europe. L'étendue complète de ces déversement ne sera jamais connue car la documentation des opérations n'a pas toujours été faite du temps de ces déversements et également suite aux pertes subséquentes ou à la destruction des archives.
Les munitions conventionnelles anciennes (guerre 1914-18), notamment les bombes, contiennent au minimum du plomb, le plus souvent enrichi d'arsenic et d'antimoine. Les amorces de balles, obus, cartouches ont longtemps contenu du mercure (sous forme de fulminate) très toxique quand il est respiré sous forme de vapeur ou transformé en méthyl-mercure.
Le composant de base de la poudre et des propulseurs (charge de la douille, balle ou tête d'obus) est généralement le nitrate, le même que celui utilisé en agriculture. Quant aux métaux lourds, ils ne sont pas biodégradables, mais leur toxicité varie fortement selon leur formule chimique.
 
 
 
 
 
epave-palau
Épave du Palau.
 
Qui est responsable??
 
En ce qui concerne des pollutions résultants des guerres mondiales, une fois les négociations sur les dommages de guerre closes et les accords de paix signés, la recherche des responsabilités est également clôturée. Ce sont les États individuels qui doivent gérer la question des séquelles sur leurs territoires. Cette action n'exclut pas des accords postérieurs de coopération, notamment à échelle européenne et mondiale en ce qui concerne le financement commun des projets d'assainissements éventuels.
Une convention internationale engageait ses pays signataires à produire un état des lieux pour l'an 2000 et à avoir détruit leurs stocks (d'armes chimiques) pour 2007. Rares sont les pays qui sont à jour de leurs engagements.
 
Le ministre belge de la Défense a proposé le principe de la création d'une agence européenne de destruction des munitions chimiques et conventionnelles. Ce principe a été décidé, avec une première réunion préparatoire faite à Bruxelles le 4 mai 2001. Cependant la création d'une usine européenne de destruction de munitions coûterait cher aux contribuables avec les risques liés au transport de ces objets très dangereux. En Allemagne par exemple, certains Lands s'opposent au transport de ces munitions sur leur territoire. Encore une fois, voilà un projet européen qui ne verra sans doute jamais le jour.
Etant donné qu'une organisation européenne est difficile à mettre sur pied, reste la prise en charge du problème individuellement par chaque Etat concerné.
 
 
 
 
 
Baleine à bosse
Baleine à bosse.
 
Ce que dit la loi:
 
Sur le plan légal, en 1972 les nations ont signé un traité sur la prévention de la pollution des mers. Mais cela n'a pas empêché les grandes nations de polluer les mers plus qu'à leur tour. Cette activité commença après la guerre (~1950) où les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France notamment ont rejeté en haute mer des déchets chimiques ou radioactifs, des détritus en plastique, des munitions, y compris des épaves (navires, sous-marins, avions) non dépolluées.
Rappelez-vous ces milliers de fûts contenant des déchets nucléaires (enrobés dans du bitume ou du ciment) jetés dans les hauts-fonds de l'Atlantique par le Royaume-Uni. Plusieurs décennies plus tard Greenpeace en a retrouvé; ils étaient perdus, corrodés et finiront un jour par libérer leur matière radioactive dans l'océan. Jusqu'en 1963, la France profita du flou juridique pour se délester de ses fûts toxiques par petits fonds ainsi que dans la Fosse des Casquets au large de la pointe de La Hague. Les Etats-Unis et la Russie en firent tout autant dans leurs eaux côtières.
 
Il fallut que les écologistes se manifestent, nous apportant des preuves accablantes de ces actions peu recommandables et alertent les médias durant près de dix ans pour que finalement, sous la pression les gouvernements reconnaissent l'insouciance de leur attitude.
En 1972, 42 pays adoptèrent la Convention de Londres interdisant le rejet de déchets nucléaires en mer et des règles strictes concernant les autres déchets. Le texte entra en vigueur en 1975 et porte ses effets jusqu'en 2018. Cette convention est renouvelable tous les 25 ans. Seul inconvénient, seuls 15 pays ont signé la convention.
 
L'annexe I de cette convention dresse la liste toutes les substances dont le déversement est interdit (déchets radioactifs, mercure, cadmium, etc), tandis que l'annexe II dresse la liste des substances dont le déversement peut être autorisé par permis (déchets contenant de l'arsenic, du nickel, des pesticides, etc.). Toutes les autres substances peuvent être déversées dans les océans.
Entre-temps, la Convention de 1992 pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est (OSPAR) fut adoptée en Europe.
 
Le 7 novembre 1996 les signataires de la Convention de Londres ont ajouté un protocole à leur convention imposant dorénavant que l'immersion des déchets en mer devait respecter le principe de précaution et celui de "pollueur-payeur". La définition de la "mer" a également été amendée qui, jusqu'alors limitée aux eaux marines, est élargie et englobe désormais le sol et le sous-sol. Malheureusement... ce protocole n'est toujours pas ratifié par toutes les parties!
 
 
 
 
 
baleines
Un jour nous les verons qu'en peinture...
 
La Convention OSPAR.
 
En 1992, la Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est, dite Convention OSPAR, a été signée et entra en vigueur le 25 mars 1998. La Convention a été ratifiée par l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Islande, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, la Suède et la Suisse et approuvée par la Commission Européenne et l’Espagne.
La Convention OSPAR vise à protéger et conserver la biodiversité marine et les écosystèmes, surveiller l'eutrophisation, les substances dangereuses ainsi que les actions délictuelles de l'industrie du pétrole et du gaz en offshore et de prévenir les pollutions de la zone maritime par des substances radioactives.
Le rôle de la Convention OSPAR consiste à aider les Etats membres et les ONG à identifier le risque et à prendre les mesures de sécurité qui s'imposent pour que les armes et munitions chimiques immergées ne contaminent pas l'environnement, le personnel travaillant en mer ou les populations. Toutefois, la mise en application de ces directives a pris quelques années.
 
En fait, il fallut 5 ans pour que les autorités obtiennent de la Commission OSPAR une première image de la situation et de l'état des armes et munitions immergées, poussée par ses obligations internationales.
 
 

Océans...

 
La mer, dépotoir ou refuge?!...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Marée noire.
 
L'immersion des armes et des munitions chimiques (II)

 

 
Le risque:
C’est à la fin du XXeme siècle, notamment poussé par la Commission OSPAR, que quelques pays, ainsi que
 
certaines ONG ou membre de la filière pêche, ont commencé à s’inquiéter du devenir des stocks de munitions immergés en mer ou en eau douce. Au fur et à mesure que le temps passe, ces munitions approchent (ou ont localement déjà dépassé) un état de dégradation susceptible de provoquer des fuites de toxiques importantes en mer, à des profondeurs où de nombreux poissons et coquillages mis sur le marché pourraient être affectés.
Certains dépôts contiennent des dizaines de milliers de tonnes de munitions. En cas de libération brutale et importante de toxiques, même à grande distance, de grandes quantités d’organismes marins, y compris les poissons et des mammifères comme les cétacés, pourraient être gravement et massivement affectés, de même que les populations humaines s'il devait y avoir des émanations toxiques dans l'air (notamment en mer Baltique).
Le risque est très mal évalué en Europe. Ce n’est qu’en 2005 que les premières cartes officielles ont été publiées en application de la Convention de Londres et conformément aux engagements des Etats membres de la Commission OSPAR.
Les responsables de ces immersions semblent avoir longtemps pensé qu'il y aurait dégradation puis dilution des toxiques chimiques. Or, au moins dans les eaux froides, les toxiques sont encore parfaitement actifs après 80 ans, certains ne sont pas dégradables ni biodégradables (mercure, par exemple) et peuvent être rapidement reconcentrés par les organismes filtreurs et par la chaîne alimentaire.
Des études récentes et de nombreux indices laissent penser que le plomb, le mercure et les gaz ou liquides toxiques ainsi que les explosifs des munitions de 1914 (ou ultérieures), et le nitrate (propulsif) ou le phosphore ainsi que les métaux qui constituent les enveloppes, douilles ou chemisages des munitions immergées pourraient significativement affecter les écosystèmes terrestres et aquatiques, notre alimentation et notre santé. Ces toxiques pourraient aussi contribuer aux grands phénomènes de dystrophisation et de zones mortes (marine dead zones) identifiés par l'ONU.
 
Certains sites d'immersion sont proches de sites touristiques majeurs, de thalassothérapie ou de conchyliculture (Cancale, Quiberon…) ou importants comme frayères ou lieux de pêche de poissons et crustacés. Les toxicologues craignent que les bactéries, les poissons, crustacés, moules, huîtres, coraux, éponges et autres organismes filtreurs, puissent des années ou siècles après les conflits, réabsorber et bio-accumuler le mercure, le plomb, l'arsenic et le cadmium non dégradables. Ils peuvent fuir de munitions corrodées, ou commencent déjà à se disperser dans les eaux et les sédiments marins.
Ces "objets" immergés sont juridiquement assimilables à des "déchets toxiques ou dangereux". Les conséquences d'une explosion ou d'une fuite englobent les domaines de l'économie, de l'environnement, de la santé publique, de la sécurité civile et des affaires militaires et de la prospective. Les impacts redoutés par les experts en déminage et en écotoxicologie s'étendent au moyen et long termes et concerne toute la pyramide alimentaire.
 
 
 
 
 
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Le Titanic.
 
Peut-on récupérer les déchets immergés ?
 
Remédier au déversement des armes et des munitions chimiques en mer est un défi sur le plan technique en raison de la nature même des matières déversées et de l'incertitudes planant sur les quantités, les types, les lieux et les conditions actuelles ou la stabilité de ces matériaux.
Les munitions chimiques déversées en mer réagissent différemment dans l'eau en fonction de l'agent qu'elle contienne. L'enveloppe de la munition peut se fendre ou s'ouvrir durant l'opération de largage ou peut se corroder au fil du temps, conduisant à des épanchement et des fuites de produits toxiques en mer.
Les agents neurotoxiques et de nombreux autres agents s'hydrolisent ou se séparent et se dissolvent au contact de l'eau et deviennent innofensifs dans une période de temps relativement brève.
Le gaz moutarde (hypérite), cependant, est insoluble dans l'eau et la plupart des contaminés ont été des pêcheurs qui ont été en contact avec des munitions chimiques contenant du gaz moutarde.
Les mines et les bombes au phosphore présentent également des risques à long terme. Actuellement, le conseil le plus avisé consiste à dire que si on les laisse en place au fond de la mer, elles ne posent aucun risque. Si on les pertube, comme cela fut le cas dans la mer d'Irlande, sur la faille de Beaufort's Dyke (200-300 m de profondeur), pendant qu'on installait un pipeline sous-marin, en raison de leur flottabilité positive, ces mines vont flotter et dériver en surface où elles représenteront un réel risque pour les marins, les plaisanciers, les plongeurs et le public en général si elles se rapprochent des côtes.
Sans tenir à jour des enregistrements adéquats des rencontres fortuites avec les armes et munitions chimiques, il est impossible d'évaluer le risque posé par ces engins.
 
Le déversement des munitions et en particulier leur perturbation suite aux activités en haute mer, notamment la pêche, l'extraction du sable et des graviers, les opérations de dragage et d'enfouissement ainsi que l'installation des cables et des pipelines est une question importante qu'il faut résoudre car ces armes et munitions sont potentiellement dangereuses.
Il est essentiel que les lieux précis de déversement des munitions ainsi que les endroits où des munitions ont été repérées soient documentés et tenus à jour. Toute activité sous-marine à l'intérieur ou proche de ces périmètres devrait faire l'objet d'une évaluation du risque potentiel avant l'approbation des activités sur zone par les autorités nationales.
 
On sait aujourd'hui que la récupération des munitions déversées en mer n'est pas possible sur le plan technique. Il y a des inquiétudes concernant la sécurité du personnel qui serait impliqué dans de telles opéations. Toutefois, malgré cette approche pragmatique, une sérieuse expertise des sites pourrait en théorie conduire à une extraction de ces matériaux dangereux, d'autant que tout indique qu'à terme, certaines munitions n'étant pas solidaires du fond marin, elles réapparaîtront soit naturellement soit du fait des activités humaines. D'autres munitions en revanche ne présentent aucun risque de dérive.
 
 
 
 
 
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Épave Palau.
 
Travaux entrepris par les instances internationales.
Au cours de la 16eme réunion de la Commission d'Helsinki (HELCOM) sur les munitions chimiques déversées
en mer (CHEMU) qui s'est tenue en 1994, les experts ont conclu qu'environ 40000 tonnes de munitions chimiques, contenant plus de 13000 tonnes d'agents chimiques de combat furent déversées dans la zone de la Convention d'Helsinki, en mer Baltique.
Le CHEMU a découvert que ces munitions étaient soient larguées sur des hauts-fonds soit pouvaient dériver en-dehors du périmètre prescrit au moment du déversement. De plus, les munitions pouvaient dériver suite à l'activité des pêcheurs mais il était peu probable qu'elles dérivent naturellement. Le rapport concluait qu'il n'était pa possible d'estimer l'étendue de la corrosion du fût des munitions et qu'on savait très peu de choses sur le comportement chimique des agents chimiques de combat dans l'environnement marin.
Compte tenu de l'environnement et du risque de contamination pour les consommateurs de produits de la mer, le CHEMU a conclu sur base de la connaissance de l'époque que le risque d'extension à l'environnement ou au consommateur était négligeable. Toutefois, le groupe d'experts reconnut que les équipages des bâteaux pêcheurs travaillant dans ou près des zones cocnernées couraient un risque en raison de la présence des agents chimiques de combat.
 
Très peu d'accidents ont été constatés. Sur les 25 cas relevés en 2003, on releva 4 accidents seulement en 2005 et plus aucun aujourd'hui, en raison d'une identification plus précise des lieux à risque.
En 1996, dans son rapport "NATO and Partner Countries Study Defence-Related Radioactive and Chemical Contamination", l'OTAN a défini des zones de contaminations trans-frontalières potentielles provoquées par de très grandes quantités d'agents chimiques de combat déversés en mer. Elle en a identifié en mer Baltique, dans le Skagerrak (détroit du sud de la Norvège) et vraisemblablement en mer Arctique.
Ces armes chimiques sont principalement d'origine allemande et furent capturées puis jetées en mer dans les années qui suivirent directement la fin de la Seconde guerre mondiale. Le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l'ancienne RDA ont également déversés des munitions à grandes profondeurs dans l'Océan Atlantique. Dans mer Baltique, des armes chimiques qui ont souvent été jetées à moins de 120 m de profondeur, ont principalement été déversées à l'est de Bornholm et au sud-est de Gotland (SO de Liepaja). Au fil du temps, elles ont été recouvertes par plusieurs mètres de sédiments. Aujourd'hui, les sites ne sont détectables que par sonar.
 
 
 
 
 
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Épave Kut. (Thailande)
 
Certains de ces sites sont situés près des zones de pêches commerciales et ont conduit à quelques accidents au cours desquels des pêcheurs ont été contaminés.
Aussi, dans le cadre des traités sur les accidents ou la pollution délibérée du milieu marin (Conceil de l'Europe, 1999), en 2000, l'Article 2(b) de la Décision 2850/2000/EC du Parlement Européen propose aux signataires de "contribuer à améliorer les capacités d'intervention des États membres en cas de déversement accidentel ou de menace imminente de déversement d'hydrocarbures ou d'autres substances nocives en mer, ainsi qu'à contribuer à la prévention des risques."
Les sites de déversement dans la zone de la Convention OSPAR
Sur base du travail d'investigation réalisé par les Etats membres, les experts ont identifié plus de 140 sites de déversement d'armes et de munitions chimiques dans la zone de la Convention OSPAR. Ces sites contiennent des munitions conventionnelles, des composants phosphorés ou contenant du gaz moutarde. Ces munitions ont été déversées depuis des bateaux ou lorsque des navires contenant des munitions ont coulé.
En 1994, HELCOM avait conclu que la dérive des munitions suite à des processus naturels était improbable et que dès lors le risque de contaminer les zones côtières avec des résidents d'agents chimiques de combat ou des munitions chimiques était tout aussi improbable.
 
L'une des zones les plus intensément utilisée pour y déverser des armes et des munitions chimiques fut la faille de Beaufort’s Dyke qui plonge jusqu'à 300 m entre l'Ecosse et le Nord de l'Irlande.
On estime que plus de 1 million de tonnes de munitions ont été jetées dans la faille de Beaufort's Dyke depuis les années 1920 (Hart, 2000). Durant les années 1990, les rapports faisant état de composants phosphorés échoués sur les côtes d'Ecosse et d'Irlande étaient chose banale. Il est difficile de dire s'ils ont été déplacés par l'installation des pipelines ou naturellement.
L'un des problèmes des composants phosphorés est qu'aujourd'hui le container dans lequel ils ont été placés pourrait être dans un état avancé de décomposition.
 
Une étude conduite en 1996 par le Marine Laboratory d'Aberdeen indique que les poissons, les étoiles de mer et les échantillons de sédiments collectés dans ou tout près de la zone de Beaufort’s Dyke ne contiennent pas d'agents chimiques de combat ou n'ont pas été contaminés par les munitions chimiques.
De grandes quantités de munitions ont également été déversée dans le Skagerrak, un détroit situé au sud de la Norvège, au nord-ouest du Jutland danois.
M.Tørnes, de l'Etablissemernt de Recherche et Défense Norvégien (FFI) rapporte qu'environ 168000 tonnes de munitions ont été déversées à cet endroit, entre 600 et 700 m de profondeur. Ces munitions ont été déversées en coulant des navires chargés de munitions. Quelque 26 vaisseaux furent sabordés dans le Skagerrak (Surikov et Duursma, 1999).
M.Tørnes, du FFI, a étudié plusieurs épaves et prélevés des échantillons d'eau sans découvrir la moindre trace d'agent chimique de combat. Actuellement les sites sont "propres". Néanmoins, Tørnes conclut que la perturbation de ces munitions pourrait libérer des quantités massives d'agents chimiques. Si la plupart des agents neurotoxiques se diluent dans l'eau (comme le Tabun), certains types de gaz moutarde épaissis pourraient rester actifs très longtemps au fond de la mer. Mais il ajoute qu'étant donné que ces zones sont fermées à la pêche et aux autres activités commerciales, la présence des munitions n'a pas de conséquence pratique.
 
 
 
 
 
 
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Épave du Mercedes.
 
En conclusion.
 
Pour la première fois un traité international interdit l'immersion de déchets ou de toute autre matière, l'incinération en mer, ainsi que toute exportation de déchets vers d'autres pays aux fins d'immersion ou d'incinération en mer. En d'autres termes, il est interdit d'utiliser la mer comme dépotoir et de la polluer. Le plus triste est qu'il fallut écrire ce principe écologique élémentaire dans une loi pour l'appliquer !
L'idée d'immerger profondément les déchets toxiques peut être considérée comme un "mal nécessaire" et la moins pire des solutions, si ce n'est qu'une fois sous l'eau, nous n'avons plus aucun contrôle sur les déchets : que les fûts s'éventrent et c'est une fuite radioactive incontrôlable qui contaminera la mer et ses habitants ainsi que les sols. Il fallait donc en terminer avec cette méthode aveugle et potentiellement dangereuse à terme.
Mais ce protocole a eu un effet négatif bien qu'il représente un grand pas en avant en matière d'écologie. En effet, pour éviter de contaminer la mer, quelques années avant la conclusion du protocole les scientifiques avaient envisagé d'immerger les déchets toxiques près des zones de subduction. L'image était très bonne : en quelques milliers d'années les déchets seraient entraînés dans la croûte terrestre et dissous, problème résolu. Une alternative consistait à les enfouir dans des puits forés à grande profondeur. Ces deux solutions ont dû été abandonnées suite à la nouvelle législation internationale qui mis fin à ces études. Aujourd'hui on peut donc considérer que les fonds marins ne serviront plus au stockage des déchets et ne serviront donc plus de dépotoir, sauf accident. Les plongeurs comme les poissons vous en remercient.
 
 

Océans...

 

La mer, dépotoir ou refuge?!...

 

 

 

 

 

 

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Marée noire. 

 

Un océan de désolation (III)

 

La Convention OSPAR et les autres protocoles de protection de l'environnement ont-ils permis à la mer de retrouver sa santé ? Certainement pas, car le mal s'est reporté sur d'autres formes de pollutions.

Dans l'un de ses sketches présenté en 2003, l'humoriste français Dany Boon expliquait qu'étant habitué à la couleur brune ou grise de la mer du Nord de son pays "chi" (eau naturellement troublée par l'agitation du sable), la première fois qu'il vit la Méditerranée il croyait qu'on y avait déversé du "Canard WC". Berk ! On peut en rire mais il n'est pas très loin de la vérité quand on apprend comment que les armateurs considèrent l'eau de mer : un produit bon à laver les cales de leurs pétroliers quand ils n'y déversent pas leur nappes de pétrole ! Or le lavage des cales en pleine mer pollue dix fois plus que les marées noires.

La mer ne retrouvera pas sa santé tant que le risque de pollution lié aux activités humaines et notamment aux activités industrielles, à la culture intensive et au tourisme subsisteront. A côté des armateurs peu scrupuleux qui souillent nos plages de pétrole, des agriculteurs qui rejettent leurs eaux souillées sans traitement ou ceux qui la polluent avec des déchets manufacturés ou d'incinération, les stations d'épurations sont également dans le collimateur des écologistes alors qu'elles veillent soi-disant à la pureté des eaux rejetées dans la nature.

 

En effet, nous savons bien qu'en période estivale, avec les centaines de milliers de touristes qui se rassemblent dans nos villes côtières, la baignade est parfois interdite le long de nos rivages suite à la prolifération des microbes ou la pollution d'un estuaire. Dans quelques années ces installations devront être agrandies ou dédoublées pour contenir le flôt toujours plus important d'eaux usées. Mais ceci ne représente que la partie visible de l'iceberg. Car sous l'iceberg se cache une autre pollution.

 

 

 

 

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Le Titanic.

 

Le dépotoir sous-marin.

 

Depuis que l'homme n'a plus peur de l'eau et ose s'aventurer loin des rivages et affronter la haute mer, à titre privé ou professionnel, il pollue la mer sans vergogne. Les plongeurs connaissent très bien ces images : des tortues de mer sont retrouvées asphyxiées après avoir pris des sachets en plastique pour des méduses, des phoques, des dauphins, des poissons-lunes et des requins meurent noyés emprisonnés dans des filets de pêche ou des cables abandonnés et des pieuvres élisent domicile dans des bouteilles.

Plus loin, à moitié enfouis dans le sable des herbiers d'Atlantique ou de Méditerranée, ceux des Caraïbes, d'Indonésie ou d'ailleurs nous retrouvons les échantillons les plus divers de notre civilisation, bouteilles vides, ustenciles domestiques, voitures, pneus, etc. La plupart de ces macrodéchets ont été volontairement rejetés en mer sans scrupule depuis les années '80. D'autres y sont arrivés au gré des courants marins et s'accumulent dans les dépressions, formant localement d'immenses dépotoires sous-marins à faire hurler non seulement les écologistes mais également les touristes et les pêcheurs. Bref, toute la société est concernée par cette pollution et nous en sommes tous responsables.

Selon les sites, ces macrodéchets sont constitués de 60 à 95% de plastiques d'emballages y compris de bouteilles. Viennent ensuite les objets en verre (bouteilles, flacons), en métal (canettes de boissons, épaves), les tissus en enfin les objets en cuir ou en caoutchouc.

Plus étonnant, l'Ifremer a répertorié dans le golfe de Gascogne 15 débris/hectare à 1800 mètres de profondeur et plus de 100 débris/hectare en Méditerranée à 1000 mètres de profondeur !

Ainsi que nous l'évoquions, les densités maximales se rencontrent près des grandes villes méditerranéennes où elles peuvent être supérieures à 1500 débris/hectare à Marseille et au Cap Ferrat. Mais le large est également contaminé puisqu'on dénombre 500 déchets/hectare dans le lit profond du Rhône, à 2000 mètres de profondeur. Selon les résultats de la campagne Victor Première (août 1998) de nombreux débris existent encore très au large, à des profondeurs supérieures à 2000 m!

 

Du fait de cette pollution omniprésente, une étude française a révélé qu'aujourd'hui entre 200 et 700 l/j/km de macrodéchets s'échouent sur nos rivages ! Chaque année cela représente des milliers de tonnes de détritus qui transforment nos rivages en véritables dépotoirs ! La situation est identique dans toutes les eaux du monde, y compris dans les atolls du Pacifique qui deviennent des décharges à ciel ouvert. Décidément, l'homme semble prédestiné à polluer tout ce qu'il touche !

Que vont devenir les épaves perdues en mer ?

Aujourd'hui, chaque semaine sinon davantage un bateau est englouti par la mer (tempête, accident, sabordage, etc). A ce rythme on peut se demander pendant combien de temps encore l'océan sera capable de "digérer" toute cette pollution ?

Quand j'étais enfant, considérant le grand nombre d'épaves abandonnées en mer, je me demandais pourquoi personne ne les retirait pour éviter de la polluer et si la mer n'allait pas un jour déborder d'épaves à force d'y abandonner tous ces navires...

Malheureusement j'ai appris beaucoup plus tard que mes louables intentions écologiques ne se concrétiseraient jamais. D'une part une telle entreprise de nettoyage ne serait pas rentable et d'autre part la mer est tout à fait capable de "consommer" la plupart des déchets que nous y jettons, y compris les épaves.

 

 

 

 

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Dechets, Philippines.

 

L'océan est également très vaste et généralement profond (3800 m en moyenne), ce qui laisse encore de la place pour d'autres épaves ! Et à mots couverts, nos autorités se disent que puisque qu'on ne voit pas les épaves, cela ne dérange personne et que de toute façon la faune comme la flore marine s'en accomodent bien... Pour une personne sensée, ces deux arguments sont totalement infondés et pire que cela, indignes de gouvernements qui prétendent défendre des valeurs écologiques.

La mer est en effet capable de s'auto-entretenir à condition qu'on lui donne du temps et de ne pas la stresser au risque qu'elle rejette nos déchets, pour ne citer que le pétrole, sans traitement !

Si nous prenons par exemple l'épave du célèbre Titanic qui coula en 1912, aujourd'hui elle paraît admirablement bien conservée comme en témoigne le photo-montage présenté ci-dessous pris à 3780 m de profondeur (la coque repose à 3810m) par le Dr Robert Ballard le 5 juillet 1985. Mais en réalité des micro-organismes sont à l'oeuvre et détruisent l'épave très lentement.

 

La mer abrite en effet toute une faune de bactéries et de champignons qui consomment le fer. On les appelle généralement les bactéries mangeuses de fer ou IRB (Iron related bacteria). L'ensemble de cette biomasse consomme 45 kg de fer par an. Avec ses 26000 tonnes, si toute cette biomasse se nourrissait exclusivement du Titanic, l'épave disparaîtrait dans 576000 ans. La digestion est très lente...

On peut donc considérer que nos épaves ne vont pas disparaître d'aussitôt de nos océans et témoigneront encore du peu de scrupules des gens de notre époque dans plusieurs dizaines de millions d'années. Triste héritage que nous laissons à nos descendants archéologues bien qu'ils apprécieront peut-être de découvrir ces "fossiles" de notre technologie, vestiges d'un passé glorieux dont ils auront perdu le souvenir.

Gallerie à voir : Titanic 2003

 

 

 

 

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Le Titanic. (proue) 

 

Créer des récifs artificiels.

 

A partir de 1946 l'US Navy suggéra de couler les navires déclassés plutôt que de les démanteler à terre et les recycler. En effet, le démantelement d'une épave coûte très cher si on veut respecter l'environnement : il faut vider le vaisseau de tout son mazout, de l'isolation, de l'amiante, du PCB (polychlorobiphényl, des dérivés chimiques chlorés et toxiques, voir plus bas), des plastiques, etc, puis le couper en morceaux pour le revendre au prix de l'acier.

En Occident l'acier se vend 3 à 4 fois moins cher qu'en Inde. Le démantelement d'un porte-avion comme l'USS Saratoga coulé en 1946 (266 m de long, 33000 tonnes) aurait coûté au contribuable américain de 2 à 4 millions de dollars, deux fois plus que la maintenance annuelle du navire à quai. L'écologie a donc un prix et comme aujourd'hui, cela ne plaisait pas à tout le monde.

Les Etats-Unis comme les autres pays disposant d'une flotte maritime ont donc recherché des solutions alternatives économiques. Le fait de couler l'USS Saratoga au cours d'une explosion nucléaire apparaissait donc comme une réelle opportunité de faire "d'une pierre deux coups".

Epaves immergées à faible profondeur au large des Bahamas. En quelques dizaines d'années, le site au départ couvert de sable blanc et pratiquement stérile a attiré une faune et flore abondantes, au point que localement les épaves se sont transformées en récif corallien, tout bénéfice pour l'homme et pour la nature. Documents Dive Pros.

 

 

 

 

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Epave du Mercedes.

 

En coulant un navire (en principe totalement dépollué) l'Etat fait une économie jusqu'à 75% du coût de démantelement ! Il faut donc voir cette opération comme un avantage car une épave propre offre un abri pour les organismes marins. Ainsi, les eaux du golf du Mexique et de Floride par exemple jusqu'aux Bahamas (Key Largo, etc) sont réputées pour leurs eaux claires et leur sable blanc. On n'imaginerait pas un seul instant y couler des épaves. Pourtant un biologiste aurait un autre point de vue. En effet, localement ce milieu est presque stérile car il n'y a aucun relief à des miles à la ronde. Si cela peut convenir aux micro-organismes vivant sous le sable, ces eaux pourtant chaudes et claires sont désertées par les faunes de grande et de petite taille ainsi que par la flore. C'est un désert sous-marin malgré les apparences idylliques qu'il présente de l'extérieur.

Le fait d'y couler des épaves et autres récifs artificiels (des vaisseaux dépollués ou des structures en béton) constitue une véritable aubaine tant pour l'homme que pour la vie marine.

Mais on ne peut pas couler un navire n'importe où ni n'importe comment au risque de créer de véritables écueils sous-marins ou des pollutions incontrôlables. Il faut également tenir compte de son potentiel touristique. Le choix du site est donc primordial dans l'implantation d'un récif artificiel.

 

Tout d'abord, le fond sur lequel reposera l'épave doit être meuble (sablonneux) et pauvre en faune marine. La structure du récif artificiel doit être stable, d'autant plus si l'épave est immergée à faible profondeur et sera visitée par des plongeurs.

Si l'épave est visitée par des plongeurs, elle doit être accessible et donc se trouver à moins de 50 m de profondeur environ, là où la lumière arrive encore et où évolue l'essentiel de la faune et de la flore subaquatique.

Le site doit également être à l'abri des forts courants marins pour éviter de déstabiliser l'épave ou son contenu et pour attirer les petits comme les gros poissons, être accueillant et sécurisant et pour ce faire il doit contenir de nombreux abris qui remplaceront ceux des récifs naturels.

Si le site est destiné aux plongeurs, l'eau doit présenter une bonne visibilité (qualité inutile pour les pêcheurs).

Enfin, car cela ne semble pas trivial pour tout le monde, l'épave constituant le récif artificiel doit être dépolluée avant immersion.

 

 

 

 

 

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Manifestation antinucléaire.

 

Tirer les leçons du passé.

 

L'un des désastres écologiques les plus spectaculaires survenu au cours de la création des récifs artificiels s'est produit à Fort Lauderdale en Floride. Partant d'une bonne intention, en 1972 le gouvernement fédéral décida de couler à moins d'un mile du front de mer deux millions de vieux pneus afin de constituer un récif artificiel qui devait par la suite attirer les plongueurs dans la région. Mais c'était sans compter sur les forces de la nature qui transformèrent en quelques années le projet en cauchemar.

En effet, en l'espace de 20 ans il fallait bien reconnaître que la vie marine colonisa peu le récif artificiel; la flore comme la faune marines n'appréciaient pas le caoutchouc ni la forme des abris que ces pneus étaient sensés procurer!

Mais pire que cela, balottés par le passage successif des ouragans dans la région, les pneus pourtant attachés ensemble avec du nylon et des filins d'acier ont fini par casser leurs liens et se sont éparpillés sur près de 2 miles ou 3 km sur le fond de l'océan ! Des pneus s'échouèrent également sur le rivage, au grand dam des autorités et des touristes.

Des milliers de pneus furent également transportés par les courants sur les récifs coralliens qui se développaient à environ 20 mètres de profondeur, bloquant leur croissance et dévastant la vie marine. Partout dans le monde où des récifs artificiels ont été constitués avec des pneus, le même problème s'est produit: on assiste à la mort du corail et à la disparition progressive de la faune aussi surement que le ferait une machine de guerre.

Le Gouverneur de Floride, Charlie Crist, proposa d'attribuer un budget de 2 millions de dollars pour rassembler les pneus éparpillés tandis que les plongeurs militaires acceptaient de participer à cette mission de sauvetage en s'entraînant gratuitement sur le site au cours de leur exercice annuel.

Un projet pilote de remise en état du site débuta en 2007. L'opération devrait s'étendre jusqu'en 2010 et coûtera environ 3.4 millions de dollars au contribuable!

 

Malgré de bonnes intentions et en utilisant des matières inertes comme les pneus, le caoutchouc ne constitute donc pas un bon récif artificiel et les filets de retenue n'offrent aucune garantie vis-à-vis des humeurs de dame Nature. En revanche, le béton ou le métal est apprécié de la flore comme de la faune marine et la masse qu'il représente au fond des eaux résiste bien à l'assaut des courants et des vagues.

 

 

 

 

 

Baleine à bosse

Baleine à bosse.

 

Dépolluer avant d'immerger.

Sachant aujourd'hui que la législation interdit d'immerger un bâtiment s'il n'est pas totalement dépollué - y compris du caoutchouc et des plastiques - penchons-nous un instant sur les effets des substances dangereuses sur la vie marine et indirectement sur l'homme. Tout d'abord quels sont les substances dangereuses ou toxiques?

Il y a tout d'abord l'amiante friable que l'on utilise pour le flocage, le calorifugeage et les faux-plafonds. Des études réalisées entre 1981 et 1990 ont démontré qu'à raison de 104 à 108 fibres/litre cette substance affecte la croissance des coquillages (palourdes), entraîne des lésions de l'épiderme et des reins chez les poissons ainsi que diverses perturbations (du sens de l'orientation, de la nage, de la croissance, une augmentation de la mortalité, etc).

Les PCB et les métaux lourds sont encore plus toxiques. Ces substances peuvent contaminer chaque maillon de la chaîne alimentaire marine. Les PCB sont particulièrement concentrés dans les eaux Arctique et s'installent durablement dans les tissus des poissons et des mammifères (phoques, baleines, orques, ours polaires). A forte dose, les PCB peuvent entraîner - y compris chez l'homme - des cancers, une baisse des défenses immunitaires, affecter le cerveau, les yeux, le coeur, les reins, le foie, la thyroïde, le système reproducteur, etc. Quant aux métaux lourds - plomb, mercure, cadmium, cuivre, arsenic, etc -, leur toxicité est encore plus dangereuse car ils s'attaquent notamment au système nerveux et peuvent provoquer des cancers ou des malformations congénitales.

 

Les écologistes ont donc de bonnes raisons d'exiger la dépollution complète des bâtiments avant leur immersion, d'autant qu'à faibles doses distribuées dans le temps on ignore les effets toxiques de ces substances sur la faune marine. Dans le cadre du développement durable, les principe de précaution et de "pollueur-payeur" doivent donc être appliqués avec rigueur au risque de voir la chaine alimentaire marine polluée et nous affecter un jour ou l'autre, si pas demain, dans plusieurs générations. Ce jour là il sera trop tard pour se demander qui a provoqué cette pollution, ces cancers et ces éventuelles malformations...

 

 

 

Océans...

 
La mer, dépotoir ou refuge?!...
 
 
 
 
 
 
 
 
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Maree noire.
 
Préparation des navires : le cas de l'USS Oriskany (IV)
 
Le plus bel exemple de protection (relative) de l'environnement marin s'est présenté en 2004, lorsque l'US Navy en concertation avec l'Environmental Protection Agency (EPA) et sous le regard inquisiteur de Greenpeace décida de couler son plus grand bâtiment de guerre, le porte-avion USS Oriskany (CV/CVA-34) dans le golfe du Mexique, le transformant en un gigantesque récif artificiel.
Bien entendu, avec sa taille démesurée un bâtiment comme un porte-avion ou un cuirasser - 150 à 280 m de long - ne peut pas être sabordé de n'importe quelle manière et n'importe où au risque de constituer un sérieux écueil pour la navigation ! Ainsi, en 2002, l'USS Spiegel Grove, un navire de guerre cargo et porte-hélicoptères de 155 mètres de longueur fut coulé prématurément à Key Largo, au large des Keys en Floride. Malheureusement l'opération ne s'est pas déroulée comme prévu et le navire coula à pic en position verticale, au grand dam des responsables du projet ! Heureusement, en juillet 2005 le cyclone Dennis le remis dans sa position idéale, à l'horizontale...
Pour éviter cette mésaventure, l'US Navy pris cette fois tout son temps pour planifier le sabordage de l'USS Oriskany: 2 ans de réflexion et d'études !
 
 
 
 
 
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Oriskany Navy.
 
 
L'USS Oriskany est un porte-avion de 27100 tonnes mesurant 273 mètres de longueur et 40 mètres de hauteur. Il fut déployé en  Méditerranée en 1951 et participa ensuite à la guerre de Corée (1953) avant de servir dans la Flotte du Pacifique et la guerre du Vietnam (1966) durant laquelle il fut touché, attaque qui fera 44 victimes parmi les membres d'équipage. Le navire sera déclassé en 1976 et vendu à la ferraille en 1994.
 
Ce n'est qu'en 2004 que les autorités américaines décidèrent d'en faire un récif artificiel. Pour éviter de polluer l'environnement, il leur fallut tout d'abord identifier les matériaux dangereux et les retirer du navire. Il s'agissait notamment de divers combustibles dont du kérozène, du mazout et des déchets. Il fallut ensuite retirer l'amiante, le papier-peint et diverses substances polluantes allant de l'antigel au mercure en passant par du liquide de refroidissement, des batteries et des extincteurs.
Enfin, il fallut retirer tous les appareils contenant du PCB : les transformateurs, les condensateurs, l'équipement électronique, etc. Tout ce travail fut réalisé en 2004. Enfin presque tout car selon l'inventaire de l'US Navy il restait à bord 317 kg d'équipement contenant du PCB qu'il était impossible de retirer sans démanteler complètement le navire. Il s'agissait notamment de tout le cablage, les peintures, les matériaux isolants et les feutrage de joints. Mais nous verrons que des études indépendantes révélèrent qu'il existait encore des centaines de tonnes de matière toxique à bord du porte-avion.

 

La toxicité potentielle du PCB restait dans le collimateur de Greenpeace. L'association écologique rappela à l'US Navy que l'intoxication de la faune marine par les PCB peut se réaliser de deux manières : soit la substance est présente dans l'eau et les sédiments soit elle a été absorbée par les plus petits organismes dont le plancton situé au bas de la chaîne alimentaire. Et comme les gros poissons mangent les petits... en fin de compte ce PCB se concentrera dans la macrofaune : maquereaux, plie, calmar, thon, dauphin, etc, et finalement il intoxiquera l'homme !
Mais le combat des écologistes semblait vain. En effet, en 2001 sachant que l'US Navy avait de plus en plus de bâtiments à couler par le fond, l'EPA augmenta la quantité maximale de PCB tolérée dans les matériaux solides des futures épaves de 2 ppm à 50 ppm. Cette gifle à l'écologie permis de saborder l'USS Spiegle Grove en 2002.
 
L'US Navy ne pouvant pas garantir à l'EPA que ces éléments ne poseraient pas de problèmes sanitaires ni environnementaux, une étude a donc été réalisée en situation réelle en 2004 et 2005. Des échantillons de différents types de matériaux contenant des PCB solides ont été placés dans de l'eau de mer et soumis à des condition similaires à celles rencontrées à la profondeur de l'épave (qui giserait entre environ 20 et 70 mètres de profondeur). Cette eau a ensuite été analysée.
Les résultats de cette étude ont été encodés dans un modèle informatique d'évaluation des risques baptisé PRAM (Prospective Risk Assessment Model). Ce programme devait déterminer la quantité de PCB à laquelle seraient exposés la faune et la flore marines ainsi que les plongeurs visitant le récif artificiel. L'évaluation du risque fut calculée à partir de plusieurs sources de données : les résultats du modèle PRAM, ceux provenant d'études effectuées sur des plongeurs et sur des échantillons de pêches obtenus avant l'immersion de l'Oriskany. Ces résultats furent ensuite comparés aux résultats d'études sanitaires publiés dans la littérature scientifique.
L'EPA reçut les résultats de cette analyse en octobre 2005. Les experts concluaient que ni les plongeurs ni la consommation de poissons prélevés dans les parages par les pêcheurs amateurs ne devraient être menacés par les quantités de PCB restants dans le porte-avion.
A l'aide du programme PRAM, l'US Navy estima également que les concentrations de PCB présentes dans l'eau, les sédiments et la faune marine ne devraient pas gravement perturber le milieu.
Toutefois certains scientifiques ainsi que Greenpeace ne furent pas du même avis. Ils estimèrent que l'USS Oriskany contenait encore 890 tonnes de produits toxiques ! Ils s'inquiétèrent auprès des autorités de savoir comment allaient réagir ces substances aux cyclones à répétition qui s'abattent en été dans cette région de Floride (rappelez-vous Katrina qui s'abattit à 100 km de là sur New Orleans) et quel sera l'état de l'épave d'ici 50 ou 100 ans ? L'EPA se voulut rassurante en rappelant que l'US Navy avait dépensé 13.29 millions de dollars pour dépolluer le porte-avion. L'affaire était entendue et le navire serait coulé au printemps 2006, juste avant la saison des ouragans.
 
 
 
 
 
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Epave Palau.
 
Le Journal de Pensacola à propos de l'USS Oriskany.
 
30°N 87°O, un porte-avion coulé !
En concertation avec le Ministère de l'Environnement et sous l'oeil vigileant de Greenpeace, l'US Navy décida donc de couler le porte-avion USS Oriskany au large des côtes de Floride.

Esperanza (Greenpeace) 

Greenpeace.
Ce genre d'opération est tout bénéfice, à la fois pour l'Etat qui fait l'économie du démantelement, pour le commerce local car lorsque l'épave est coulée à faible profondeur (moins de 50 mètres) les clubs de plongée attirent de nouveaux vacanciers des quatre coins de la planète et enfin pour l'environnement car l'épave va attirer des poissons, des crustacés, des algues ou toute une faune de petite et de grande taille qui jusqu'alors avait déserté la zone faute d'y trouver sa pitance et des abris ou se cacher.
C'est ainsi que le 17 mai 2006 l'US Navy coula l'USS Oriskany et sa charge de produits toxiques au large de Pensacola (100 km à l'Est de New Orleans), à exactement 30°02'38" N et 87°00'25" O. En 37 minutes, le porte-avion gisait dans le golfe du Mexique par 63m de fond.
 
Des experts ont estimé que la préparation et le sabordage de l'épave de l'USS Oriskany coûta au total 19 millions de dollars et devrait rapporter environ 92 millions de dollars par an au comté d'Escambia! Généralement il faut attendre quelques mois après l'immersion d'une épave pour voir les premières créatures sous-marines venir s'y abriter. En quelques années c'est tout un microcosme qui peuple cette zone sous-marine auparavant déserte.Aujourd'hui le spot appelé "the island" est une attraction touristique qui se visite pour 145$ comprenant la location de 2 bouteilles et 2 plongées organisées par le club MBT Divers de Pensacola. L'affaire est effectivement très rentable!
Parmi les hauts-lieux de plongée réputés pour leurs épaves citons les Keys (Key Largo, etc) situées au sud de la Floride, les Bahamas situés au large de Miami, Palau situé en Micronésie et l'atoll de Bikini, ces deux derniers sites abritant de nombreuses épaves de la Seconde guerre mondiale (rien qu'à Bikini il y a 21 épaves dont celle d'un porte-avion, un cuirasser, deux contre-torpilleurs et deux sous-marins!
Devant les bénéfices que procure de tels sabordages, l'US Navy rassembla ses comptes et annonça qu'elle envisageait 8 autres opérations similaires pour ses navires vétérans de la Seconde guerre mondiale ou du Vietnam (des bâtiments âgés de 30 à 50 ans en général)...
 
Du coup, la France (et d'autres pays) eurent la même idée. Propriétaire du porte-avion Clémenceau (265 m de long, 51 m de hauteur) déclassé en 1997, la France chercha le moyen de s'en débarrasser.  Mais mal lui en prit. D'un part aucun pays européen ne possède les infrastructures pour démanteler de tels bâtiments. Il fallait donc envoyer le bâtiment en Inde, au Pakistan ou au Bangladesh. D'autre part, le démantelement de ce navire et le retrait de ses substances toxiques risquait de contaminer les ouvriers indiens qui travaillent quasiment tous à main nue et sans masque.
 
Faisant suite à un refus de l'Inde de démanteler le porte-avion dans ces conditions et une forte opposition des ONG dont Greenpeace, le Président Chirac ordonna finalement en 2005 de rapatrier le Clémenceau après un aller-retour remarqué jusqu'en Inde qui coûta tout de même 12 millions d'euros au contribuable ! Aujourd'hui la France cherche le moyen de couler les 22000 tonnes de son encombrant porte-avion qui rouille en rade de Brest...
 
 
 
 
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Epave d'un avion, Cessna.
 
En guise de conclusion.
 
En tant que plongeur et écologiste, je porte un avis mitigé sur l'opportunité de créer des récifs artificiels. Ces objets représentent des éléments artificiels qui n'ont pas leur place dans un environnement naturel que, de surcroît, nous cherchons à protéger de toute influence humaine, généralement destructrice.
L'atitude des Etats-Unis comme des autres nations qui cherchent à tout prix à transformer les fonds marins en cimetière d'épaves quitte à polluer les eaux et ses habitants est une attitude irresponsable et scandaleuse. La mer serait-elle devenue le "nouvel eldorado" de nos autorités, un no man's land où tout serait permis à l'abri des regards indiscrets ? C'est ici que la pression des ONG et du public peut inciter les ministres de l'Environnement à plus de responsabilités vis-à-vis de la protection de la nature et indirectement de notre santé.
 
D'un autre côté, pour celui qui est attaché au développement durable, un récif artificiel totalement dépollué où il ne reste que le métal ou le béton offre de nouveaux supports et quantités d'abris pour la flore et la faune marines et favorise le développement de la biodiversité. Il offre également un important potentiel économique. Cela doit toutefois rester une solution d'appoint car il faut garder à l'esprit la préservation de la nature.
Que l'on crée un récit artificiel qui attirera les plongeurs ou qu'on démantèle un bâtiment qui fera vivre des milliers d'ouvriers durant plusieurs années, dans les deux cas la solution procure des bénéfices aux entreprises locales. Selon les circonstances, l'une ou l'autre solution peut même être encouragée par les ONG si le projet respecte l'environnement et la santé des touristes comme des travailleurs.
Mais si l'homme est capable de saccager la nature mieux que personne, reconnaissons qu'il peut également démanteler ou détruire ce qu'il a fabriqué au lieu de le jeter à la mer. Les océans ont vécu sans les produits manufacturés par l'homme durant des milliards d'années, ils peuvent encore se passer de lui!
 
 
 
 
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Epave d'un char en mer Rouge.
 
Plongeur : prenez vos responsabilités.
 
En marge de cet article, rappelons que l'exploration d'une épave n'est pas sans risque pour un plongeur. Aucune agence gouvernementale concernée par l'immersion d'un bâtiment ni même son armateur ou son propriétaire ne sera tenu responsable si vous êtes victime d'un éventuel accident de plongée sur une épave qu'il aurait immergé ou coulé par accident.

 

Si cela paraît évident aux plongeurs aguerris qui s'aventurent au hasard des coursives jusqu'aux pièces sombres des épaves, les plongeurs novices qui ont moins d'une centaine d'heure de plongée en mer  à leur actif devraient se limiter à l'exploration extérieure des épaves immergées à faibles profondeurs (moins de 30 mètres). En effet, le spectacle que l'on découvre à cette profondeur se dévoile en plein lumière et est de toute façon plus passionnant et reposant que celui de l'intérieur d'un bâtiment. Cela vous évite également de connaître quelques frayeurs en explorant les endroits les plus sombres d'une épave (que vous ne connaissez pas) ou des minutes stressantes en essayant de retrouver le chemin de la lumière...
 
La mer reste un milieu hostile pour l'homme et ce n'est pas un cliché suranné. Un accident de plongée (lié à un problème de santé, une blessure, un problème mécanique, une entrave, etc) peut toujours survenir, même aux amateurs les plus expérimentés. Sachant cela, plongez toujours en binôme pour vous surveiller mutuellement et respecter toujours les consignes de sécurité. Chaque année, le monde de la plongée déplore des accidents généralement liés à l'imprudence des plongeurs.
La plongée doit rester une activité de détente accessible à tous. Pour préserver ce plaisir, soyez responsable vis-à-vis de vous même et envers les autres plongeurs formant votre palanquée. Passez les examens théoriques et pratiques nécessaires à la pratique de ce sport dans de bonnes conditions. Il en va de l'image du plongeur et de notre liberté d'explorer les mers et n'importe quelle épave à portée de nos palmes.
 

Ovni...

Le défi des ovni...

 

 

 

 

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Voyage dans l'espace. 

Un peu d'histoire I

Depuis que nous existons, notre curiosité nous a permis de comprendre et parfois de canaliser ou maîtriser certains phénomènes naturels. D’autres phénomènes jugés exceptionnels car peu communs (feu Saint-Elme, rayon vert, éclair en boule, phénomènes lumineux transitoires, vague scélérate, chute de météorite, etc) ont semé le doute dans l'esprit des scientifiques durant des décennies jusqu'à ce qu'ils observent eux-même ces phénomènes, simulent leur activité ou disposent d'enregistrements probants. Même si certains parmi ces phénomènes se produisent très rarement ou en des lieux pratiquement inaccessibles, plus personne ne remet leur existence en cause.

L'objet de ce dossier n'est pas de prendre position en faveur ou contre la thèse extraterrestre, ce serait faire fi de la démarche scientifique et poser un acte intellectuel stérile, subjectif et non fondé eu égard à l'ensemble des données que nous possédons. Cela ne viendrait qu'alimenter la trop longue polémique se développant autour du sujet sans apporter la moindre explication ou début de preuve.

Si nous voulons pour une fois faire preuve d'intelligence en cette matière, nous devons commencer par analyser le phénomène dans toute son étendue. Nous devons critiquer objectivement les méthodes de travail des différents protagonistes ayant participé de loin ou de près à cette étude afin de tirer des conclusions pouvant à l'avenir faire progresser la recherche en ce domaine. L'idéal serait de changer le statut de l'ufologie, et de pseudoscience la transformer en science à part entière afin de soulager l’anxiété des témoins.

 

 

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Visite d'un Ovni.

En effet, ce n'est qu'une fois le problème identifié et correctement décrit dans ce cadre scientifique que l'on pourra éventuellement établir une théorie, définir son cadre formel le cas échéant et ensuite se prononcer sur son origine.

La démarche scientifique doit faire son oeuvre et extraire les éléments clés de la problématique, quitte à l'occasion à devoir remettre en question certaines conclusions posées hâtivement ou au contraire tenir compte de nouveaux concepts si le verdict de l'expérience nous apporte des éléments de réponse probants.

Faire de l'ufologie une science et expliquer le phénomène restent aujourd'hui deux voeux pieux, aussi utopiques que la recherche du Saint Graal. Nous verrons en effet que trop de paramètres restent libres et le sujet trop empirique pour envisager un changement de mentalité à court terme. Ce n'est pas gagné mais puisse ce travail y contribuer.

Feu le Dr James E.McDonald, physicien de l'atmosphère travaillant activement dans les années 1960 à élucider le problème OVNI, estimait que c'était "le plus grand problème scientifique de notre temps". En compagnie de quelques chercheurs, il défendit farouchement l'étude scientifique du problème OVNI. Malheureusement, près d'un demi-siècle plus tard, malgré quelques victimes, la rédaction de millions de procès-verbaux, l’enregistrement de milliers d’images, de centaines de films et d’échos radars, la majorité des scientifiques demeurent réservés voire hostiles au phénomène.

Les plus hostiles, parmi lesquels nous trouvons des astronomes, considèrent que les OVNI relèvent de méprises ou d’hallucinations, d’autres - une minorité aujourd’hui - sont convaincus que ce phénomène n’a pas sa place dans un cadre scientifique. Les uns en appel à notre méconnaissance des lois de la Nature, les autres à la sociopsychologie, au paranormal, voire au mythe religieux. Toutes ces tentatives d’explication ne sont pas négatives pour autant. Car ce quel’on considérait jadis comme du ressort de la métaphysique ou du paranormal trouve aujourd’hui une explication rationnelle. Les éclairs, les météorites, les comètes ou les éclipses n’effrayent plus personne. La théorie du Big Bang nous permet d’entrevoir les forces de la Création et la physique quantique nous permet de sonder les soubassements de la matière et d'entrevoir une harmonie entre énergie et matière. Ces théories sortent du cadre de la métaphysique et nous les considérons avec le plus grand respect.

 

 

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Un Intérêt pour la Terre?!

Notre attitude est toute différente en ce qui concerne le phénomène OVNI car il soulève de nombreuses questions sur sa nature et par voie de conséquence sur la complétude de nos théories. Nous verrons plus loin que ces “objets” issus on ne sait d’où ont quelquefois laissé des traces tangibles sur le sol, sur les objets et même sur quelques malheureux témoins trop téméraires. Ces apparitions étant fugaces et aléatoires, sans preuves indiscutables reproductibles ce sujet rencontre difficilement l'approbation des scientifiques. C'est la principale raison pour laquelle la plupart d'entre eux ont rejeté la problématique OVNI dans le domaine des pseudosciences. Toutefois il faut saluer le courage de quelques chercheurs qui n’hésitent pas à quitter leur laboratoire pour tenter d'expliquer l'impossible.

Aujourd'hui en effet, contrairement à la période antérieure à l'exploration spatiale, on peut sérieusement considérer que le phénomène OVNI est du ressort des sciences exactes; il peut-être étudié par les physiciens par exemple. La Science met à leur disposition des moyens de détection, pour ne citer que les satellites artificiels et leurs détecteurs multispectraux. On ne peut plus être d'accord avec les scientifiques qui considèrent que le phénomène OVNI ne peut-être abordé que par les disciplines qui touchent aux sciences humaines. Les associations qui osent s'attaquer à ce problème disposent aujourd'hui d’outils performants, d'arguments suffisamment étayés et du support des universités et parfois même de l’armée pour tenir tête à leurs détracteurs. J’espère que l'étude qui suit vous en convaincra.

Définition.

Ainsi que le compte-rendu historique le rappellera ci-dessous, le Dr Allen Hynek fut conseiller scientifique de l'Armée de l’air américaine et considéré comme l'un des astronomes les plus objectifs de cette controverse, souhaitant une étude approfondie du problème OVNI. Décédé en 1986, il était directeur du Centre de recherche astronomique Lindheimer de l'Université NorthWestern en Illinois et avait fondé en 1973 le Center for UFO Studies (CUFOS) toujours actif aujourd'hui. Il relata son expérience de plus de 20 années d'étude du phénomène OVNI dans un ouvrage célèbre intitulé "Les Objets Volants Non Identifiés : mythe ou réalité ?", dans lequel il définit un OVNI de la façon suivante : "La perception relatée sous forme écrite, d'objets ou de lumières, observés dans le ciel ou au sol et dont l'aspect, la trajectoire, le comportement général et la luminescence ne suggèrent pas une explication logique et conventionnelle, et qui est non seulement mystérieuse pour l'observateur original, mais demeure non identifiée après examen minutieux de toutes les preuves disponibles par des personnes qui sont techniquement capables de procéder à une identification de sens commun, si cela est possible".

 

 

 

 

   

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Visites Ovni...

 

Approche du phénomène.

Si on estime à quelques centaines les notifications d'OVNI qui, chaque jour, sont rapportées sur l'ensemble de la Terre, on peut se demander pourquoi le phénomène OVNI reste-t-il si mystérieux ? En fait, les OVNI sont observés par M. Tout-le-monde, vous et moi le cas échéant, et à de rares exceptions près, jamais deux fois par la même personne et dans les mêmes conditions. C'est le premier facteur qui démotive les scientifiques.

Devant l'ampleur du phénomène, de nombreux pionniers, souvent indépendants et solitaires ont cherché à comprendre ce que la science refusait de reconnaître. Il faut en effet bien constater que depuis plus d'un siècle des témoins ont aperçu quelque chose d'inhabituel dans le ciel ou près du sol, qu'un jour ou l'autre les universités devront prendre en considération et surtout ne pas négliger. C'est le premier pas d'une démarche scientifique qui, nous le verrons, n'est pas toujours prise en compte. De nos jours cette prise de conscience s'effectue de façon discrète, notamment à travers la participation de quelques chercheurs avec les associations nationales.

Aux yeux des témoins, les lumières ou les objets qu'ils ont vu présentent tous les aspects de la réalité, mais chacun reconnaît qu'il s'agit là d'une interprétation subjective qui doit être objectivée. La plupart du temps l'observation est en effet bien réelle, les canulars étant plutôt rares. Mais ainsi que nous le verrons, les témoins ont peut-être assisté à la manifestation d'un phénomène rare mais naturel, dont ils ignoraient l'existence : combien d'entre nous ont déjà vu un éclair en boule, la chute d'une météorite ou la réflexion de lumières dans l'atmosphère ? Mon père a personnellement assisté aux trois phénomènes, c'est exceptionnel, ce n'est pas pour autant qu'il pense que toutes les manifestations d'OVNI concernent des événements naturels inconnus à ce jour.

Ce qui est "non identifié" pour les uns est de nature bien définie pour d'autres. Chacun de nous voit tous les jours des objets "non identifiés" : une ombre fugitive dans un arbre, un point brillant qui file dans le ciel, une masse qui s'engouffre dans un fourré. Par l'expérience acquise, l'observation détaillée de la nature et notre culture, nous savons par exemple que les objets entr'aperçus sont respectivement un oiseau, un avion de ligne et peut-être notre chat. Pour être précis nous aurions eu besoin d'affiner notre analyse de la situation. C'est l'expérience du témoin et la précision des données qui bien souvent font défaut dans les notifications d'OVNI.

A l'heure actuelle, dans la majorité des cas, l'interprétation rationnelle des faits permet d'élucider jusqu'à 90% des témoignages. A travers une critique des sources méthodique qui tamise très finement les comptes-rendus, des enquêteurs aguerris à ce genre de travail peuvent conclure sereinement, au grand regret des témoins, que la plupart du temps ces derniers ont eu la méprise de confondre un OVNI avec un phénomène naturel ou un objet connu.

L'impact des réactions sociopsychologiques est un autre aspect du phénomène qui n'est pas négligeable non plus. L'étude du comportement des hommes en société, l'influence inconsciente des médias et les motivations du témoin sont des facteurs dont les enquêteurs doivent tenir compte et nous prendrons le temps d'analyser cette approche du phénomène.

A consulter : Le sociologue face au phénomène OVNI

 

 

 

 

 

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Étude d'anatomie. (UFO) 

 

Malgré le filtrage de l'information brute, une fois objectivée il reste un pourcentage de manifestations réfractaire à toute explication. Après avoir conduit une enquête minutieuse auprès des témoins et tenté de trouver une explication rationnelle à leur observation, le mystère demeure.

Parfois les faits sont corrélés avec des conditions physiques particulières que l'on retrouve dans d'autres notifications équivalentes. Malgré la collaboration des autorités - souvent impliquées dans des missions tenues secrètes, dans un certain nombre de cas irréductibles, tous les spécialistes avouent finalement leur incompétence devant notre méconnaissance de la nature.

Les traces matérielles d'OVNI ou leur photographie, les échos radars multiples et corrélés avec les observations des témoins ou les rencontres rapprochées avec des humanoïdes symbolisent toute la problématique du phénomène OVNI. Nous avons des traces tangibles ou des mesures physiques mais l'expérience n'est pas reproductible.

Notre démarche n'est pas ambiguë car c'est une saine curiosité qui nous motive. Malgré la nature indéterminée du phénomène et son inconstance, nous devons réunir toutes les compétences pour repousser toujours plus loin les limites du savoir. Seuls des chercheurs non conformistes, ayant le goût de comprendre l'inexpliqué renverseront le statut de l'ufologie, celui d'une science en quête de légitimité.

 

 

 

 

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Visite d'un Ovni...

 

Classification des rapports.

Toutes manifestations d'OVNI confondues, on recense sur les quatre continents des événements inexpliqués. Les observations sont pour la plupart effectuées dans les pays où sont menées les investigations les plus actives. Il s'agit notamment des Etats-Unis, du Canada, de la France, de l'Espagne, de l'Australie, de l'Argentine et de l'Angleterre. Il faut également citer le Brésil, l'Allemagne et la Belgique qui, ces dernières années, ont fait l'objet de nombreuses dépositions.

Tous les témoins relatent l'observation d'objets matériels ou de lumières, mobiles ou fixes, plus ou moins rapprochés, de traces sur le sol ou des effets inhabituels, et exceptionnellement de la présence de créatures douées de mouvement alentour. Au-delà de la méprise ou d'un signe de folie, ces expériences relatent des incidents réels mais temporaires que le Dr Hynek classa naturellement en deux grandes catégories d'événements.

1. Les rapports dans lesquels l'OVNI est décrit comme ayant été observé à une certaine distance :

- Les Lumières Nocturnes : des lumières non identifiées sont vues la nuit dans le ciel. Ce sont presque invariablement la luminosité, la couleur et le mouvement d'une lumière qui sont les seuls éléments remarqués. Les rapports de cette catégorie sont les moins étranges mais constituent un groupe notable parmi les "véritables" notifications d'OVNI.

- Les Disques diurnes : des OVNI observés en plein jour, de forme fréquemment discoïdale ou ovoïde. Beaucoup moins nombreux que la catégorie précédente, il subsiste toutefois plusieurs centaines de cas qui résistent au filtrage.

- Les Radar-Optiques : l'OVNI est capté au radar et visuellement (la détection radar seule n'étant pas retenue en raison de l'absence de filtrage suffisant pour établir avec une certitude raisonnable l'origine du phénomène).

Les Lumières Nocturnes et les Disques Diurnes ne s'excluent pas mutuellement mais pour les observations de nuit seules les caractéristiques de la ou des lumières sont la plupart du temps remarquées.

2. Les rapports concernant les observations rapprochées :

- La rencontre rapprochée du 1er type : un OVNI est vu de près sans qu'il y ait d'interaction avec l'environnement (à l'exception du choc émotionnel que subit l'observateur).

- La rencontre rapprochée du 2eme type : une rencontre du 1er type à laquelle s'ajoute des effets

physiques sur l'entourage, vivant ou inanimé. Elle se manifeste habituellement par des traces sur le sol ou la végétation, la panique chez les animaux, des pannes momentanées des objets inanimés (principalement des automobiles). Il est indiqué, dans ce cas précis, que dès la disparition de l'OVNI, les véhicules fonctionnent à nouveau normalement.

- La rencontre rapprochée du 3eme type : ce sont des rapports mentionnant la présence d'"occupants"

tout autour de l'OVNI. Cette catégorie impose la crédibilité foncière du témoin.

 

 

 

 

 

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Camouflage ou Protection lumineuse.

 

Le Dr Hynek fait une distinction nette entre les rapports de ceux qui font état de la présence d'être supposés intelligents dans l'"engin spatial" et ceux qui émanent de soi-disant "contactés", car ils se croient souvent chargés divinement de diffuser un message. Non seulement ces "communicants" se révèlent souvent être des fanatiques pseudo-religieux, mais ils présentent invariablement un très faible indice de crédibilité. Cela provoque la risée des scientifiques et du public, renforçant l'image populaire des "Martiens" et le côté science-fiction du problème. Ces derniers “sont dit-il, en général "refoulés au portail" par le filtrage”.

Mais dans ce flot interrompu de notifications, il reste malgré tout un petit pourcentage de cas qui n’admettent aucune explication rationnelle et sur lesquels la Science doit se pencher.

Nous allons décrire ces différents événements et tenter d’apporter un peu de lumière sur ces cas réellement énigmatiques en proposant des méthodes de travail et quelques axes de recherche.

Je ne vous propose pas une explication définitive mais un nouveau regard, celui de la science, le seul domaine de la connaissance où les méthodes sont suffisamment rigoureuses et critiques pour être capables, en principe, d’appréhender l’inexplicable.

 

Ovni...

 
Le défi des ovni...

 

 

 

 

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Voyage dans l'espace.

Un peu d'histoire II

Les OVNI font partie du décor de l'humanité depuis la préhistoire et l'apparition de l'art pariétal. Mais suffit-il d'interpréter une peinture rupestre ou une statue en fonction de ses émotions pour affirmer qu'il s'agit de la représentation d'êtres extraterrestres ? Bien sûr que non. Et pourtant... Les ufologues idéalistes voient par exemple dans les fameuses peintures rupestres des grottes du Sahara ou de Valcamonica en Italie du Nord, des figures humaines portant des casques hermétiques hérissés d'antennes. Pour le paléoethnologue Jean-Loïc Lequellec il s'agirait plutôt de la symbolisation d'un masque "calebasse". Ailleurs, dans les grottes d'Altamira ou en Ardèche les hommes préhistoriques ont dessiné des objets possédant une sorte de "train d'atterrissage". Lequellec ou Anati y voit des symboles initiatiques.

Enfin, l'archéologue Robert Temple voit dans la cosmogonie Dogon une influence extraterrestre. La plupart des ethnographes et les astronomes n'y voient qu'une contamination culturelle déguisée.

Scientifiquement parlant, de nombreux témoignages ont été recueillis depuis l'Antiquité mais ils ne reposent sur aucune donnée fiable. Les comptes-rendus sont allégoriques, fragmentaires et manquent souvent de crédibilité. Tous les auteurs citent toutefois l'observation d'objets brillants en vol ou sur le sol. Citons les "chars volants" et les "dragons de feu" de la Chine impériale, les "buissons ardents" du Proche-Orient ou le projectile "flamboyant, brûlant d'un feu sans fumée" dans le Drona Parva indien. Plus récemment, nous pouvons lire les descriptions de "chérubins s'élevant de terre, accompagnés de roues" chez le prophète Ezéchiel (593 avant JC) ou la poursuite de l'armée d'Alexandre le Grand (329 avant JC) par deux objets volants. Tite-Live, Pline l'Ancien ou Cicéron, réputés pour leur intelligence et leur rigueur, rapportent des manifestations d'OVNI tout aussi énigmatiques.

D'autres soi-disant preuves sont reproduites sur des fresques médiévales ou de la Renaissance. On y voit des objets dans le ciel, renfermant quelquefois une silhouette. Enfin de nombreux "experts" ont reconnu des "extraterrestres" dans des statuettes japonaises, de l'île de Pâques, du Pérou, d'Egypte ou d'Australie. Tous ces indices n'ont encore une fois qu'une valeur anecdotique et chacun sait qu'une oeuvre d'art, comme un texte sacré, peuvent être interprétés par chacun de plusieurs façons. Nous reviendrons sur ces thèmes et leurs interprétations en temps utile, mais il est déjà aisé de comprendre que beaucoup de ces phénomènes s'expliquent aujourd'hui de façon naturelle.

 

 

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Un jour l'homme?! ne rêvons pas!!

Nous pouvons toutefois citer quelques événements historiques qui ont marqué la mémoire des hommes, au point de figurer dans les comptes-rendus scientifiques.

En 1561 par exemple, les habitants de Nuremberg observèrent des objets cylindriques et des sphères en évolution au-dessus de leur ville tandis que le même événement se reproduisit au-dessus de Bâle en 1566.

Le 20 mai 1646 au-dessus de Londres "d’étranges signes sont apparus dans le ciel et des sons indésirables". L’événement fut remarqué par “divers civils honnêtes, sobres et de bon crédit" écrivit T.Forcet cette année là. Les témoins ont vu des hommes dans le ciel faisant des efforts, s’acharnant et tirant ensembles, l’un d’eux tenant un glaive. Plus tard "entre Newmarket et Thetford on vit un pilier de nuages descendre sur la terre, la garde d’épée dirigée vers le bas". Le phénomène dura environ une heure et demi.

De 1762 à 1870 de nombreuses observations ont été consignées. Quelques unes décrivent des lumières mystérieuses dans le ciel ou des objets arrondis observés de jour. Il est important de relater ces observations car à cette époque il n’existait pas de télégraphe, ni de téléphone ou de radio pour rapidement propager ces nouvelles.

De 1870 au tournant du XXeme siècle, une série de notifications font état de la présence d’objets en vol. En Angleterre, le "Times" rapporta l’observation d’une forme elliptique suivie d’une sorte de queue qui s’étendait sur quelque 30” d’arc et qui traversa le limbe de la Lune. La même année l'astronome français Trouvelot de l'Observatoire de Paris observa dans le ciel des objets qui ressemblaient à ceux de Bâle et de Nuremberg et qui "se déplaçaient comme un disque tombant dans l'eau".

Le 1er août 1871, un grand objet circulaire fut observé au-dessus de Marseille, en France.Il se déplaçait lentement dans le ciel, apparemment à haute altitude et fut visible environ 15 minutes (Comptes Rendus des séances de l'Académie des Sciences, 1871, volume 73, en particulier "Observation d'un bolide faite à l'Observatoire de Marseille le 1er août. Note de M. Coggia, présentée par M. Le Verrier").

C’est le 25 janvier 1878 que pour la première fois on compara un OVNI avec une soucoupe volante. John Martin, fermier habitant près de Denison, Texas, rapporta dans le "Daily News" avoir observé le mardi matin un objet sombre dans le ciel qui se rapprochait de lui : "Sa forme particulière et sa vitesse d’approche ont attiré mon attention. L’objet est passé presque au-dessus de moi à une altitude respectable et avait la dimension d’une grande soucoupe. Il ressemblait à un ballon. Il est ensuite parti si rapidement que je l’ai vite perdu de vue dans le ciel".

 

 

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Force et Invasion...

Le 22 mars 1880, plusieurs objets brillamment lumineux furent observés à Kattenau en Allemagne. Observé juste avant le lever du Soleil, ils ont été décrits comme venant de l’horizon et se déplaçant d’est en ouest. Cette observation a été publiée dans la magazine "Nature".

En 1885, le magazine français "L’Astronomie" publia la première photographie d’un OVNI. Elle avait été prise le 12 août 1883 à l’Observatoire de Zacatecas au Mexique par José Bonnila. Alors qu’il observait la surface solaire au télescope, il vit plus de 300 objets traverser le disque du Soleil. Equipé de plaques photographiques humides il prit plusieurs photographies du phénomène au 1/100e de seconde. Malgré les bruits les plus divers, il semblerait toutefois que Bonnila ait observé une formation d’oies sauvages. La même année, M.Mavrogordato observa en Turquie de curieux objets évoluant à basse altitude. L'un d'eux ressemblait à un disque dont la taille apparente valait 4 à 5 fois celle de la Lune.

En 1893, des roues et des disques diurnes furent observés en mer du Japon. Le 26 août 1894, un amiral anglais rapporta l’observation d’un grand disque muni d’une sorte de queue. L’année suivante, Anglais et Ecossais relatèrent l’observation d’objets de forme triangulaire, similaires à ceux observés dans les Indes Hollandaises. Etant donné qu’aucun avion ou dirigeable ne ressemblait à ces objets, plusieurs astronomes ont supposé que ces mystérieux objets pouvaient provenir de l’espace.

 

 

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Cargo interstellaire.

Les Etats-Unis connaîtront leur première vague d'OVNI en novembre 1896 lorsque plusieurs centaines d'habitants de la région de San Francisco aperçurent un grand objet sombre "en forme de cigare, avec des ailes tronquées". L'objet sera aperçu dans les heures qui suivirent par des milliers d'autres personnes au Nord de la Californie. Quelques mois plus tard, en avril 1897, le "New York Herald Tribune"[9] rapporta cette observation : "Pendant plusieurs jours, des milliers de personnes ont signalé un mystérieux aéronef en forme de torpille, qui volait au-dessus des Etats-Unis : Kansas City, Chicago, Benton, etc. La nuit, des lumières rouges et vertes scintillaient sur ses côtés. De puissants faisceaux lumineux partaient de l'appareil, explorant le paysage en-dessous de lui". Selon les astronomes qui l’observèrent au télescope, de petites ailes se projetaient sur les côtés de l’objet. L’OVNI fut observé dans le Midwest mais également au Sud de St Louis et dans le Colorado.

Le 16 avril l’objet disparut du Midwest pour réapparaître - ou un objet similaire - le 19 avril à SisterVille en Virginie occidentale. Ce matin là la ville fut réveillée par les sifflements d’une scierie. Les personnes qui sortirent de leur maison firent une étrange observation. Un objet en forme de torpille se trouvait au-dessus d’eux, projetant une lumière aveuglante vers le sol, en balayant la région. L’OVNI semblait mesurer 60m de long et 10m de diamètre. Il disposait de bouts d’ailes et de lumières rouge et verte sur les côtés. Durant près de 10 minutes l’objet survola la ville puis tourna vers l’Est et disparut.

Ces deux étranges ballets aériens méritent d'être relatés parce qu'ils impliquèrent des milliers de personnes. Le raisonnement qu'on applique d'ordinaire à l'observation isolée, en la rejetant bien souvent par manque de données ou comme étant le produit de coïncidences ou d'une méprise, s'applique difficilement lorsqu'il se produit en présence d'une masse de témoins. La probabilité qu'il s'agisse d'une coïncidence est extrêmement... improbable, car le risque d'avoir mal interprété un phénomène connu n'existe pratiquement plus (on peut toujours quantifier une probabilité négative).

 

 

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Transport interstellaire.

Du reste, il est possible que certains observateurs aient conservé en mémoire le vol expérimental du “vaisseau de Pennington” qui s’envola du Mont Carmel en Illinois en 1891, et relaté à l’époque dans "Scientific American". Construit à l’image des vaisseaux de Jules Verne, ce dirigeable en forme de torpille disposait d’une immense hélice à l’avant, d’une grande crête dorsale et d’un empennage de belle taille. En-dessous de la torpille, dans laquelle était disposée deux hélices verticales, se trouvait une longue nacelle équipée de 13 hublots. Illustrant l’un des nombreux projets de l’époque, ce vaisseau a pu servir de modèle à la vague de 1896.

M’adressant aux détracteurs du phénomène OVNI, les objets observés durant la vague américaine sont également intéressants car ils décrivent des "airships" dont les performances et les caractéristiques ne pouvaient pas être égalées par les aéronefs de l'époque. Le Zeppelin ne sera inventé que trois ans plus tard, en Allemagne, et ne disposait pas de projecteurs. Quant au premier avion, il est français. En 1897 Clément Ader effectuera un vol de 300 m sur l'Eole III.

Il n’empêche qu’à cette époque là déjà, l’ufologie avait ses détracteurs et ses canulars. Ainsi en 1824, l’astronome allemand Franz von Paula Gruithuisen raconta comment il avait découvert les traces d’une forteresse sur la Lune. D’autres soi-disant découvertes seront publiées dans les années qui suivirent, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

En 1835 par exemple, le journaliste new-yorkais Richard Adams Locke du nouveau journal "The Sun" publia un article rapportant que l’éminent astronome John Herschel, alors en Afrique du Sud, avait découvert un humanoïde portant une toison de la plus belle teinte cuivrée et doté d’ailes de chauve-souris... Locke vendit la mèche l’année suivante lorsque l’astronome Camille Flammarion réfuta la découverte d’Herschel devant l’Académie des Sciences à Paris. De l'aveu même de Locke cela avait été "une façon de se moquer de certains astronomes avocats de l’existence d’une vie intelligente sur la Lune". Cette fois-ci le fondateur du "Sun", Benjamin Day, avait été complice de cette supercherie pour accroître les ventes de son journal !

Enfin, en 1896 le colonel H.G.Shaw dit avoir rencontré des humanoïdes près à l’enlever à bord d’un “airship” à destination de Mars et un journal de Virginie relata le débarquement de sept géants martiens au crâne disproportionné en 1897. On peut donc considérer que le concept de l’enlèvement extraterrestre tel que nous le connaissons aujourd’hui remonte à cette époque là, bien qu’il existe des textes antérieurs à cette époque.

Parmi les récits a priori dignes de foi, l’observation la plus étonnante fut réalisée le 2 juillet 1907, près de Burlington, Vermont, lorsque plusieurs témoins ont observé un objet en forme de cigare survoler la ville. Peu après l’avoir vu, un objet rond lumineux descendit du ciel en clignotant, puis explosa.

 

 

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Patrouille en observation.

Le 8 avril 1914, des témoins ont observé à Fort Worth, Texas, une étrange ombre sous les nuages bas. Elle semblait provoquée par un énorme objet planant au-dessus des nuages. Malgré le fait que la couche nuageuse se déplaçait, l’ombre demeurait immobile. Elle diminua ensuite de taille et disparut rapidement, comme si elle s’élevait verticalement.

En 1934 Nicholas Roerich, chef d’une expédition au Tibet et ses équipiers observèrent très haut dans le ciel national un objet se déplaçant à grande vitesse du nord au sud. Muni de jumelles, Roerich nota que l’objet avait une forme ovale, visiblement de grande taille et reflétait les rayons du Soleil comme s’il s’agissait d’un matériau brillant poli. Alors qu’il le suivait du regard, l’objet a soudainement changé de direction pour se diriger vers le Sud-Ouest. Il disparut en quelques instants. A cette époque les dirigeables étaient bien connus de la plupart des gens. Certains pensaient qu’il s’agissait de vaisseaux américains. Mais une vérification ultérieure prouva qu’aucune nation ne possédait de tels vaisseaux. Ce fut la dernière observation faite avant la Seconde guerre mondiale.

Durant l’été de 1946, après que les Russes aient pris Pennemunde, la base de missile Nazi, des “fusées fantômes” furent observées au-dessus de la Suède. Pratiquement toutes les observations furent faites de nuit et personne ne put les décrire comme des soucoupes volantes ou similaires aux objets diurnes “habituels”. Les témoins dirent avoir observé des lumières rouge, verte, bleue et orange souvent floues ou vaporeuses suite à leur grande vitesse de déplacement.

Vers janvier 1947, la vague de “fusées fantômes” s’évanouit progressivement en Europe. Au même moment, le phénomène OVNI resurgit aux Etats-Unis.

Mais il est plus étonnant encore que des lumières et quelquefois des soucoupes volantes soient simultanément notifiées au-dessus de la Turquie, de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal et même du Maroc.

 

 

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Voyage dans un protomonde.

La problématique.

Sans dire qu’il y eut des milliers d’autres témoins, parfois groupés en un même lieu, on peut raisonnablement conclure que des OVNI sont apparus dans le ciel à la fin du XVIIIeme et au XIXeme siècle. Si ces objets proviennent véritablement de l’extérieur du système solaire, il y a là matière à penser, sujet sur lequel nous reviendrons car il pose plus de questions qu’il n’en résout.

Même si les détails de ces observations sont perdus, la question est de savoir ce que ces témoins ont observé. Considérant que les témoins ont relaté une expérience authentique, leur profession - militaires, astronomes, chefs d’entreprises, responsables publics - me poussent à penser que leur désir de discrétion fut contré par une situation extraordinaire qui dépassa leur entendement. Sinon, autant le dire brutalement : tous les témoins sont des mythomanes !

De nos jours les scientifiques restent très prudents quand ils se prononcent sur le sujet. La plupart des astrophysiciens questionnés considèrent que nous connaissons encore fort mal les phénomènes atmosphériques et géophysiques en général, sous-entendant que les OVNI ne seraient que des manifestations bien naturelles ou des interprétations erronées de phénomènes connus. S’ils n’en sont pas, ces OVNI tombent alors dans le domaine du mythe et des comportements socio-psychologiques... Les rares scientifiques ayant tenté leur chance dans la voie d’une explication en relation avec les “extraterrestres” ont encore beaucoup de travail à abattre pour persuader leurs confrères.

C’est ainsi que feu le Dr Donald H. Menzel, astrophysicien et ancien directeur du Harvard College Observatory et membre du Smithsonian Astrophysical Observatory était un farouche adversaire de la thèse extraterrestre. Il voyait dans tous ces événements des effets optiques ou des hallucinations collectives.

Mais la répétition et la cohérence des témoignages nous poussent à considérer que tous les narrateurs ne sont pas des mythomanes. Si les événements qu'ils ont relatés ont dépassé leur sens commun, on peut valablement imaginer qu'ils ont observé quelque chose d'inhabituel dans le ciel ou sur le sol à cette époque là. Quant à savoir s'ils avaient toutes les données en main, probablement pas, mais personne ne peut l'affirmer. Dans ces conditions il serait contraire à la démarche scientifique de ne voir dans toutes ces manifestations que des phénomènes naturels ou des créations de l'esprit. Nous sommes toutefois contraints de les classer dans la rubrique des anecdotes par manque de preuves, d'évidences comme diraient les avocats de la défense.

C'est ce manque de rigueur qui enferme toute la problématique OVNI dans un débat oiseux et stérile où les réactions sont souvent épidermiques. Si nous voulons discuter sérieusement de ce problème, poser aujourd'hui les jalons d'une future discipline à part entière, nous devons donc nous tourner vers des sources contemporaines, pour lesquelles tout l'arsenal de la science peut-être mis en oeuvre.

 

La génétique (I)

Le génie génétique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Clonage, le logo.

 

L'expression du vivant (I)

 

Nous souffrons tous un jour ou l'autre de maladies plus ou moins bénignes ou aiguës. Au cours des infections bactériennes ou virales, le patrimoine génétique de nos cellules peut-être affecté. Additionné aux 300 maladies héréditaires déjà connues, telles la mucoviscidose, le diabète ou l’hypertension, voici quelques décennies les scientifiques ont reconnu qu'il était urgent de cartographier le génome humain afin de déchiffrer toutes les pages de cette immense encyclopédie en 46 volumes que représentent les nucléotides des chromosomes: un message de 10000 pages de 33 lignes chacune!

Tellement vaste, si on énumérait tous les nucléotides du génome de deux personnes à raison d'une base par seconde, il faudrait environ 8.5 minutes pour détecter la première différence entre les deux individus.

Nous sommes identiques à nos semblables à plus de 99.9% mais il y a tout de même quelques différences génétiques. C'est ce 0.1% de gènes qui nous caractérise et détermine nos malheurs et nos bonheurs. En 2005, le magazine "Nature Genetics" publia justement un article assez technique dans lequel Paul de Bakker et son équipe tentèrent de nous expliquer pourquoi nous sommes tous différents.

Globalement, nous nous différencions assez peu des autres espèces vivantes. De manière générale, les génomes humain et du chimpanzée sont identiques à 98%. Nous sommes l'organisme le plus complexe avec environ 30000 gènes contenant chacun 1500 nucléotides. A titre de comparaison, le ver de terre dispose de 19098 gènes, la mouche des fruits de 13602 gènes, la levure de 6034 gènes et le microbe responsable de la tuberculose dispose d'environ 4000 gènes.

 

 

 

 

 

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Cellule souche.

 

La cartographie du génome.

Depuis le lancement de cette folle opération de séquençage du génome humain dans les années 1980, nous savons que 30 à 50% des séquences cartographiées sont muettes. On avance même un chiffre de 97% de séquences "pourries" dont la fonction est soit inutile soit inconnue... Quel que soit le nombre de gènes humains, il n’y a pas de doute que la plus grande partie ne joue aucun rôle immédiat et reste inactive, enroulée et compactifiée dans sa pelotte au coeur des chromosomes.

 

Toutefois, nous devons probablement tenir compte de séquences connectrices, comprenant divers signaux régulateurs, des gènes structuraux et dupliqués, et la probabilité que chaque gène soit précédé d’une région importante utilisée par la machinerie lors de la transcription. Il faudra bien une génération pour cerner toutes ces questions et y voir un peu plus clair.

Le génome humain fut totalement cartographié en 2001, plus rapidement que prévu. Reste à le lire et tout comprendre. Ce travail de séquençage fut effectué au niveau mondial, dans une collaboration entre les laboratoires de recherches américains et des instituts privés internationaux rassemblés dans l’organisation HUGO (Human Genome Organisation) afin que les résultats puisse être mis à disposition du public. Ce programme cache également des contrats commerciaux dont on ne connaît pas encore tous les termes et les conséquences.

Deux autres associations américaines travaillant dans le même domaine de recherche ont également vu le jour, Celera Genomics et Human Genome Project (HGP), cette dernière travaillant en collaboration avec le Départment de l'Energie (DOE) et comprend parmi ses membres de grandes institutions américaines telles que l'Institut National de Recherche sur le Génome Humain (NHGRI) et l'Institut National de la Santé (NIH).

Vu la puissance de l'informatique distribuée - nous connaissons la puissance de SETI@home équivalent à celle d'un superordinateur cadencé à 15 TeraFlops - la recherche en biologie moléculaire passe aujourd'hui également par Internet, c'est le projet Folding@home auquel toute personne disposant d'un ordinateur connecté à Internet peut participer. N'hésitez pas à vous y connecter, c'est de la science!

 

Il va sans dire que le bénéfice potentiel de cette recherche touche de près notre santé. Le fait de pouvoir choisir un index dans cette fameuse encyclopédie génétique et d’y trouver toutes les tares que porte un gène, sans compter les effets qu’il produit lors d’une mutation est d’une importance vitale. La découverte de gènes salvateurs permettrait à la thérapie génique d’atténuer ou de supprimer les déficits héréditaires.

Toutefois des dizaines de milliers de séquences prises un peu au hasard ont été brevetées... à toutes fins utiles. Mais revers de la médaille, cela signifie qu’elles ne seront pas connues du milieu scientifique sans une participation financière, et dès lors ces gènes "sous copyright" ne permettront pas aux chercheurs de créer de nouveaux médicaments pour éradiquer certaines maladies.

 

 

 

 

expériences génétiques

Expériences génétiques.

 

C'est ici que les comités d'éthiques et les lois supranationales doivent veiller et fixer des limites précises. Espérons malgré tout que grâce à tout ce déployement d'énergie, l’homme sera bientôt capable de réparer les déficiences de dame Nature.

En l'espace de 20 ans, le projet HGP a coûté 3 milliards de dollars. Chaque seconde, les ordinateurs de ces laboratoires de microbiologie sont capables de décoder 12000 lettres de cet alphabet génétique. Aujourd'hui nous avons réassemblé tous les "mots" constituant le génome humain et possédons tous les "livres" de cette bibliothèque génétique. Nous pouvons à présent lire notre patrimoine dans le texte et un jour comprendre pourquoi nous sommes ce que nous sommes.

A lire : 23andMe décode votre ADN pour 1000$

 

 

 

 

 

Les OGM

Des OGM, une solution?!.

 

Cellules souches et génie génétique.

 Le fait de discuter du génome nous offre l'occasion d'aborder la question sensible des manipulations génétiques. Dans le cas de l'être humain, on parle d'embryon jusqu'au 60eme de jour de la vie intrautérine, ensuite de foetus. On a tendance à parler de bébé à partir du 7eme et certainement du 8eme mois de grossesse du fait que son système nerveux est formé, il a ouvert les yeux depuis un mois, il entend, bouge, prend beaucoup de poids (250 g/semaine le 7eme mois puis 100 g/semaine le 8eme mois) et vient de se retourner, la tête en bas. Beaucoup de bébés prématurés naissent dès le 8eme mois et pèsent déjà 2.5 kg et mesurent 45 cm. Mais remontons quelques mois plus tôt, quand il n'y avait encore que deux cellules indifférenciées. Après la fusion des gamètes et jusqu'au 13eme jour de la division cellulaire, les cellules sont indifférenciées. Il s'agit des cellules souches. Si on les manipule génétiquement durant cette période de la vie, en les implantant par exemple dans un autre embryon en formation, ces cellules peuvent donner indifféremment tous les tissus du corps (muscle, rein, peau, oeil, etc) voire tout un organisme.

 

A partir du 14eme jour on assiste à leur spécialisation. La cellule souche ne se divise plus à l'identique, et selon un schéma que l'on commence à comprendre suite à la recherche sur le génome, elle se met à créer un organe ou un tissu spécifique du corps.

Au cours de la division des cellules souches, l'une des cellules obtenue après la division garde son statut de cellule souche tandis que l'autre se différencie suivant le tissu dans lequel elle se trouve. Ce processus reste totalement mystérieux. On note cependant qu'en fonction de la nature des cellules souches, celles-ci donneront certains types de cellules.

A lire sur le blog : Premiers embryons de singe obtenus par clonage

 

 

 

 

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Naissance d'un bébé In vitro.

 

Des cellules de peau changées en cellules souches

 

Il existe 4 types de cellules souches :

- unipotentes : elles ne peuvent former qu'un seul type de cellule (hépatocytes, kératinocytes, myoblastes,...). Une fois différenciées, ces cellules conservent la faculté de s'autorenouveller.

- multipotentes : elles sont à l’origine d’un nombre réduit de cellules (cellules souches de la moelle osseuse à l’origine des cellules sanguines : hématies, globules blancs,...). On trouve également ces cellules dans le sang du cordon ombilical où elles sont souvent prélevées. Elles sont très peu nombreuses dans les tissus adultes.

- pluripotentes : elles sont à l’origine de presque tous les types cellulaires. On les appelle également les cellules souches embryonnaires. En effet on trouve ces cellules chez l’embryon âgé de 5 à 7 jours. Ces cellules se retrouvent également chez l’embryon âgé de 5 à 10 semaines dans les zones à l’origine des ovaires et des testicules. Les généticiens extraient ces cellules d’embryons surnuméraires.

- totipotentes : elles peuvent potentiellement donner naissance à un individu complet. Chacune des 8 premières cellules de l’œuf fécondé est totipotente. Leur préservation vaut le prix de la vie!

Les cellules pluripotentes et totipotentes se trouvent uniquement chez l’embryon. Les cellules unipotentes et multipotentes sont présentent dans tout organisme adulte, d'où l'intérêt qu'elles représentent dans le cadre du génie génétique (culture de tissus et clônage).

 

 

 

 

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Pollinisation des OGM.

 

Le problème d'innocuité.

 Il y a toutefois un risque à utiliser des cellules souches pluripotentes car, par nature, elle sont capables de se diviser indéfiniment. Elles flirtent donc dangereusement avec le processus de développement des cellules cancéreuses.

Des tests effectués sur des souris ont montré qu'elles peuvent se transformer en tératome (tumeur bénigne ou maligne) ou en tératocarcinome (tumeur maligne de l'épithélium) et donc développer des cancers.

Par sécurité, on ne peut utiliser les cellules souches pluripotentes que lorsque celles-ci se sont différenciées en un type de cellule précis. Actuellement, quelle que soit la méthode utilisée pour séparer les cellules pluripotentes de leur progéniture différenciée et non cancérigène, il faut impérativement s'assurer que cette séparation est parfaite, sans aucun risque pour le patient.

 

Et dans ce contexte, la technique consistant à utiliser des gènes et des rétrovirus comme l'ont fait deux équipes de chercheurs en 2007 pour transformer des cellules de peau en cellules souches, n'est pas plus rassurante.

 

Devant ces problèmes qui ne peuvent être résolus qu'en inventant de nouvelles techniques, il va sans dire que nous sommes encore loin de la découverte de traitements ou de thérapies à partir des cellules souches.

En revanche, les techniques de clonage et de fécondation in vitro ont abouti à d'étonnants résultats ces dernières années.

 

 

(Lire la suite en bas.)

 

La génétique (II)

Le génie génétique.

 

 

 

 

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Clonage, le logo.

Hello Dolly ou les manipulations génétiques (II)

Monstres, chimères, clones, bébés-éprouvettes, enfants-médicaments et autre produits résultats de la fécondation in vitro font les gros titres des médias depuis quelques années. Faut-il en avoir peur, crier au scandale ou au contraire y voir un signe d'évolution positive, de progrès ?

Nous avons vu que les cellules souches sont très importantes pour la lutte contre les maladies génétiques qui peuvent frapper l'embryon ou la personne adulte.

Aujourd'hui la technique de fécondation in vitro permet à des parents porteurs d'une tare héréditaire de ne plus la transmettre à leur enfant. Grâce à l'analyse génomique, les médecins peuvent sélectionner les gamètes ou les cellules souches dont l'ADN ne présente pas certaines maladies héréditaires et permettre le développement d'un embryon sain.

De la même manière, imaginons un enfant ou un adulte affectué d'une maladie handicapante ou orpheline. Si ses parents peuvent et désirent encore avoir un enfant, en réalisant une fécondation in vitro et en sélectionnant uniquement les cellules souches saines non affectées par cette maladie, l'enfant qui naîtra pourra aider son frère ou sa soeur en lui prodigeant des cellules souches compatibles qui lui permettront de vaincre sa maladie. Cet "enfant-médicament" reste un enfant à part entière, heureux de vivre, mais en plus il peut aider sa famille sur le plan génétique. Il n'y a aucun mal à procéder de la sorte, si ce n'est qu'on corrige les défauts de la nature.

 

 

Les OGM
Des OGM, une solution?!.

Mais avant d'en arriver là, à titre expérimental les biogénéticiens ont bien dû réaliser des manipulations génétiques et cela représente encore l'essentiel de la recherche appliquée dans ce domaine. On retrouve ces organismes génétiquement modifiés (OGM) dans la plupart des espèces étudiées en laboratoire.

Tout a commencé dans les années 1970 par les manipulations génétiques dans les domaines agricole et horticole (pommier, blé, maïs, rose, pêche-abricot, tomate-cerise, clémentine, vache, etc). Puis on s'attaqua aux animaux transgéniques et c'est ici que certaines opérations ont choqué le public et les comités d'éthiques.

On commença timidement avec la levure capable de synthétiser de l'insuline et des insectes capables de produire de la soie. En 1984, les biogénéticiens ont ensuite créé une mouche des fruits ayant d'abord une puis deux pattes à la place des antennes (activation du gêne hox). On passa ensuite aux mammifères. Tout le monde se rappelle la naissance de la première brebis clonée, Dolly, le 5 juillet 1996. Un an plus tard elle donna naissance à une petite Bonnie puis à trois autres agneaux, prouvant que le clonage était non seulement viable mais pouvait assurer la perennité d'une espèce.

Depuis la méthode de clonage a été appliquée avec succès à beaucoup d'autres animaux (cheval, mulet, singe, lapin, chat, chien, etc), au point que des sociétés américaines s'engagent à cloner votre animal de compagnie favori le jour de sa mort. Certains chercheurs envisagent même de ramener à la vie des espèces animales disparues conservées dans du formol (Tigre de Tasmanie, etc) ou de créer de nouvelles espèces de moustiques.

Tout le monde a déjà vu ces mouches mutantes aux yeux rouges, ces poissons aux yeux exorbités ou aux nageoires démesurées. En 2001, ils créèrent un cochon et un singe macaque (ANDi) marqués d'un gène fluorescent (gêne de la méduse) ainsi qu'un poulet à quatre cuisses (à ne pas confondre avec les greffes d'organes comme cette fameuse souris qui porta temporairement une oreille humaine sur le dos en 1995).

 

 

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Expériences Génétiques.

Le premier sentiment que l'on éprouve en voyant ces "pauvres créatures" c'est un choc émotionnel bien compréhensible : ce sont des monstres ! En effet, ces chimères on ne peut plus vivantes sont un outrage à la vie et beaucoup de gens n'apprécient pas que l'on joue ainsi avec les lois de la nature pour créer des monstres. Nous sommes bien d'accord.

Mais il faut rappeler que la nature ne nous a pas attendu pour créer des créatures mutantes et autres espèces hybrides. Dame Nature aussi use et abuse des OGM ! Sans ce petit coup de pouce, l'Homo sapiens sapiens que nous sommes ne serait pas là. Bien sûr nous n'avons pas (encore) d'antenne sur la tête ou un oeil dans le dos, quoique cela serait tout de même pratique.

Grâce à l'horticulture et l'agriculture, le génie génétique fait aujourd'hui partie de notre culture. On ne l'a seulement pas encore appliqué à l'homme pour des raisons éthiques.

D'un autre côté personne n'aime que son enfant soit handicapé ou porte une maladie incurable. C'est bien en partie pour éviter tous ces problèmes que les femmes avortent. Dans de telles circonstances, presque plus personne ne conteste la nécessité de l'acte médical.

Pour éviter justement toute la peine et tous les soucis associés à un avortement ou au décès d'un être cher suite à une maladie, aujourd'hui nous pouvons remédier dès la conception à certaines maladies parfois lourdes et handicapantes.

La solution consiste à étudier le génome et de quelle manière fonctionnent les cellules souches. Pour cela il faut réaliser des expériences sur l'animal et ensuite sur l'embryon humain, l'informatique ne pouvant pas simuler ce genre d'évolution, et sans doute pas avant longtemps.

 

 

Notre Amour à Gaïa
Notre amour à Gaïa.

Bien sûr on ne peut pas faire n'importe quoi. Toute personne un tant soi peu respectueuse de la morale et de la vie conviendra qu'il y a une limite à ne pas franchir entre la recherche d'un enfant sain et l'eugénisme qui consiste à établir une sélection biologique sur des critères arbitraires (la nationalité, la religion, la couleur des yeux, de la peau, etc). Les génocides perpétrés au cours des guerres nous en ont donné de tristes démonstrations.

Mais il ne faut pas remonter à des événements aussi tragiques pour trouver des situations similaires. En effet, dans la plupart de nos démocraties laïques la femme garde le droit de pratiquer ou non l'avortement. Si on y réfléchit bien, c'est un acte qui lui confère le pouvoir de juger si son futur enfant à droit ou non à la vie, raison pour laquelle certains gouvernements s'y opposent. Mais il s'en pratique des millions chaque année en toute légalité (environ 25% des grossesses chez les femmes de 30 à 39 ans et deux fois plus chez les plus jeunes ou les plus agées).

C'est dans ce contexte que les comités d'éthiques et nos dirigeants doivent agir en définissant les limites de ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire en matière de génie génétique, une question très complexe et qui n'a de toute évidence pas de réponse simple et définitive.

Ainsi, contrairement à la France qui interdit encore tout acte génétique à partir du 14eme jour, la tendance européenne et mondiale va vers une manipulation génétique jusqu'aux premiers mois de la grossesse. Pour la plupart des biologistes en effet, le fait qu'il y ait 2, 14 ou 10000 cellules, ne change rien à la question : cet organisme contenant quelques cellules est certes un organisme vivant et même un homme en devenir, mais ce n'est certainement pas encore un foetus.

 

 

Toscana
Agriculture massive.

Prenons enfin l'exemple des enfants très prématurés. Faut-il procéder à un avortement ou leur donner naissance ? En février 2007, au Baptist Children's Hospital de Miami, les Américains ont donné naissance à un foetus âgé d'à peine 21 semaines, il pesait 280 grammes et mesurait 24 cm, il était à peine plus grand qu'un stylo...  Plus d'un médecin européen ont été choqués par cette pratique. C'était en effet l'enfant le plus prématuré au monde. Les Américains visaient-ils un record ou une prouesse thérapeutique ? Cette petite fille nommée Amillia Taylor n'était pas encore formée, sa peau était rouge et translucide, la plupart de ses organes étaient immatures et incapables de fonctionner correctement. Contrairement aux Etats-Unis, en Europe si un tel enfant naît prématurément, le corps médical s'en occupe bien sûr, mais ne cherche pas à le sauver coûte que coûte. Si cet enfant survit c'est par ses propres moyens, ce qui signifie que son organisme est en mesure de suppléer aux carences de sa prématurité. Mais les médecins américains ont-ils réfléchi un seul instant aux conséquences et aux séquelles de cette naissance forcée ? On peut en douter. Et ce n'est surement pas le corps médical qui devra supporter toute sa vie le handicap éventuel de cet enfant et la souffrance éventuelle des parents... L'opération en valait-elle la peine ? Ce genre d'intervention soulève une question éthique très épineuse et difficile à résoudre en raison de la diversité des intérêts mais qui sort malheureusement du cadre de cet article. Une chose est sûre, le curriculum vitae d'un médecin ne peut pas se transformer en un palmarès de records au détriment de la santé.

 

L'avenir de l'homme.

 
Le futur et l'avenir de l'Homme?!...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
pasos
Traces dans le désert.
 
L'impact exponentiel de la population humaine.
Jusqu'à une époque très récente, mis à part les brûlis, les empoisements de rivière et les guerres tribales, l'impact des hommes sur la biosphère était négligeable et les effets de courte durée. Dame Nature était bien plus violente que nous, et l'est encore quelquefois.
En effet, voici quelques centaines de milliers d'années, ce n'étaient pas les quelques dizaines de millions d'habitants dispersés sur la Terre entière et manipulant des outils primitifs et sans effets secondaires qui pouvaient porter un réel préjudice au biotope ou au climat.
Mais depuis l'Age du Bronze (1700-800 avant JC) et surtout l'Age du Fer qui s'est réellement implanté à partir de 500 avant notre ère - rappelez-vous les Celtes et les Romains - en façonnant en série des armes solides et efficaces, l'homme s'est implanté au détriment d'autrui, entrant en compétition avec tout qui entravait son bon développement. 
 
 
 
 
 
atardecer lejano
L'Europe entre jour et nuit.
Ce principe élémentaire de survie, qui nous rapproche plus du comportement de l'animal que de l'homme sage, s'est par la suite appliqué à tous les domaines de la société et nous en subissons parfois aujourd'hui les contre-effets les plus désastreux : conflit de voisinage, dans le travail, en politique, guerre économique, guerre de religion, etc. Il semble que dans ce domaine l'imagination des hommes soit illimitée comme la puissance de ses bombes atomiques.
En profitant de son bien être, l'homme moderne a proliféré comme les lapins (ou les mauvaises herbes diront les mauvaises langues) et sa population n'a cessé de croître au détriment des autres espèces.
La croissance de la population obéit à la relation suivante dont la solution est une courbe exponentielle :

N = Noert

avec No, la population de départ

e, le logarithme népérien (2.71828...)

r, le taux de croissance naturel

t, l'intervalle de temps considéré.

A lire : L'évolution du nombre des hommes (INED)

Selon les études conduites par l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED), à l'époque du Christ, il y avait 150 millions d'habitants sur Terre, 300 millions en 1350, 600 millions en 1700, 1 milliard vers 1830, 2 milliards en 1940, 4 milliards en 1975, 6.1 milliards en 2000, il y en aura 8 milliards en 2020 et

10 milliards vers 2060 !

A terme, les experts ne s'accordent pas sur le sens de cette évolution. Si nous laissions faire la nature, il est évident que cette courbe exponentielle se poursuivra. Mais vivant sur une planète à l'espace et aux ressources limitées, il est probale que vers 2100, nos descendants prendront la sage décision de limiter le nombre de naissances artificiellement pour ralentir voire réduire cette démographie galopante. Il est un fait que le jour où tous les endroits habitables seront occupés, il faudra bien se résigner à n'avoir qu'un ou deux enfants. Si par la suite il s'avère possible de conquérir de nouvelles terres du ciel, notamment de vivre sur Mars ou ailleurs, nous pourrons soulager la planète de quelques milliards d'habitants. Mais ainsi que nous le verrons en bioastronomie, à long terme cela ne fait que déplacer le problème.

Si vous voulez connaître l'évolution de la population par pays, vous pouvez consulter la base internationale du bureau américain Census. Voici en temps réel l'évolution de la population mondiale:

Compteur de la population mondiale

Rappelons que ce compteur n'a rien à voir avec un quelconque relevé de la population en temps-réel; il ne s'agit que d'une fonction mathématique (voir ci-dessus) valable pour n'importe quelle population dès le moment où son taux de croissance naturel est connu.

 
 
 
La Tierra
Planète Terre.
 
Après la révolution du néolithique qui vit la sédentarisation des populations nomades et le développement de l'agriculture puis des premiers comptoirs commerciaux, à partir de 1750 en Europe et jusqu'en 1900 dans d'autres pays, nous avons assisté au début de la révolution industrielle. Chronologiquement elle est marquée par quelques innovations majeures telles que le développement des machines à vapeur, l'industrie du charbon, métallurgique, textile, la formation des capitaux industriels, la découverte de l'électricité, l'aviation, les communications sans fil, les canaux artificiels, et quantités d'outils allant de l'hélice au marteau pneumatique et j'en passe. Ce développement fut instigué par la croissance exponentielle et entraîna la flambée des usines, de la main d'oeuvre qui rejoigna les villes, du commerce et des prix.
Progrès pour les uns, exploitation et misère pour les autres, le développement de nos sociétés n'a pas toujours eu l'effet escompté, ou du moins les dirigeants politiques n'ont généralement jamais eu la volonté de changer leurs priorités pour des questions écologiques.
Cette prise de conscience de la fragilité des écosystèmes fut tardive et débuta aux Etats-Unis au début du XXeme siècle, le terme d'écologie ayant été inventé par le biologiste allemand Ernst Haeckel en 1866. L'Europe n'y adhéra qu'une génération plus tard poussée par les associations alternatives.
Malheureusement bien des exemples nous démontrent que l'augmentation croissante de la population est à l'origine d'une bonne partie des problèmes de conservation que nous avons aujourd'hui. Si cela reste une simple hypothèse de travail pour certains hommes politiques irresponsables, les écologiques ont bien compris la leçon et nous mettent en garde contre les bouleversements que nous provoquons dans la biosphère. De la pollution lumineuse qui perturbe les astronomes aux terres envahies de nitrates ou aux eaux ou aux pluies acides qui détruisent les ressources agricoles et piscicoles, aujourd'hui les méfaits de l'homme sur son environnement ne sont plus à démontrer. Pire, s'il ne s'en préoccupe pas, en exterminant les autres espèces, les biologistes sont de plus en plus convaincus que l'homme court à sa propre extinction.

 

Si notre milieu change brutalement à l'avenir ou si nous oublions notre devoir moral envers la nature, celle-ci reprendra peut-être les rennes et notre évolution stagnera quelque temps. Ce scénario catastrophe fait partie des "lois du hasard" et de l'évolution globale des systèmes. Nous avons peu d'emprises sur ces phénomènes à grande échelle et ne pouvons que subir les lois de la nature, même si avec le temps la technologie nous permettra de réduire ses effets.
Rappelons-nous bien que l'évolution est un phénomène très lent et sensible aux conditions initiales ainsi qu'à tout changement d'équilibre. Pour peu que la température de la Terre ait été fraîche lors de la phase prébiotique ou que l'avantage des mutants ait été infime pendant l'évolution des pré-humains, ce n'est pas 100000 ou 1 million d'années que nous aurions dû attendre, mais probablement plus que la durée actuelle de l'Univers. Ne soyons donc pas impatients et en bouleversant notre environnement, pensons à l'avenir de nos enfants.
Si nous souhaitons garder le sourire et retourner à l'espace, non pas à l'état de cendres nucléaires mais pour explorer notre Galaxie, accordons-nous une chance pour rééquilibrer le monde. Généreux, il nous le rendra bien.
 
 
 
 
Cassini & Saturne
Cassini & Saturne.
Un voyage dans l'espace?!...
 
L'avenir de l'homme.
Le Dr Oliver Curry de l'Ecole d'Economie de Londres (LSE) et spécialiste de l'évolution, a publié le 17 octobre 2006 un article pour la chaîne de télévision Bravo intitulé "Bravo Evolution Report" dans lequel il décrit l'évolution de l'être humain pour les  prochains 1000, 10 000 et 100 000 ans.
Curry a étudié tous les facteurs qui font évoluer l'homme, notamment l'impact de la génétique, de l'environnement, de la société et des technologies. Selon sa thèse, la mixité des populations donnera naissance à des êtres humains présentant une peau de couleur café. La taille sera de 1.83m pour les femmes et de 2.14m pour les hommes pour une espérance de vie de 120 ans vers l'an 3000.
Les hommes auront des détails faciaux symétriques, une voie plus grave et un pénis plus grand tandis que les femmes auront des cheveux plus brillants, une peau imperbe et douce, de grands yeux et une poitrine plus importante.
 
Selon Curry, l'humanité atteindra son apogée en l'an 3000, après cela l'homme sera trop dépendant des technologies comme la bionique et la chirurgie esthétique qui auront pour effet d'homogénéiser les types raciaux.
Alors que la science et la technologie ont le potentiel de créer un habitat idéal pour l'humanité au cours du prochain millénaire, Curry entrevoit un risque que l'humanité stagne et dégénère en raison de sa dépendance chronique envers la technologie, réduisant notre capacité naturelle à résister aux maladies ou notre capacité d'évoluer et de nous entendre les uns avec les autres.
 
 
 
 
Malé (Maldives)
Le Mur de Malé (Maldives)
 
Au-delà de l'an 3000, les choses pourraient empirer, avec l'apparition éventuelle d'individus "qui ont" et d'autres "qui n'ont pas" les caractères requis.
L'humanité pourrait payer génétiquement le prix fort de cette évolution technologique. Gâtés par des prothèses et des membres bioniques, utilisant des gadgets et des produits domestiques toujours plus polyvalents et robotisés, Curry prédit que les humains pourraient finir par ressembler à des animaux domestiques. Plusieurs de leurs facultés comme la communication et l'interaction avec les autres pourraient se dégrader et les émotions comme l'amour, la sympathie, la confiance et le respect pourraient s'affaiblir, les humains devenant moins capables de s'entraider et de travailler en équipe.
Vers l'an 10 000, les humains pourraient avoir un aspect plus juvénile. Les femmes paraîtront plus jeunes et plus attirantes tandis que les hommes subiront un amincissement progressif de leur mâchoire accompagné de la disparition du menton, autant d'évolutions qui transformeront physiquement le visage de l'humanité. Les humains ressembleront de plus en plus à des enfants sous-développés.
Curry estime que la dépendance de la technologie, les progrès de la médecine et l'obsession grandissante pour l'hygiène changeront notre aspect en raison d'une surconsommation d'antibiotiques et d'autres drogues rendant notre système immunitaire plus faible.
Etant donné que la taille des nourrissons continuera d'augmenter, les mères enceintes devront de plus en plus recourir à la césarienne.
 
Les progrès dans l'étude du génome et l'ingénierie génétique permettront aux humains de remplacer les brins défecteux de leur ADN et pourraient éventuellement conduire à une uniformité génétique à mesure que l'humanité recherchera la perfection.

 

Arrivé à ce stade, si les types raciaux seront plus homogènes, les risques de ségrégation et la non mixité sociale peuvent diviser l'humanité.
 
En effet, Curry estime que dans 100 000 ans, on observera une mutation physique dans l'évolution avec une sélection sexuelle qui divisera l'humanité en deux espèces. Les gens descendants d'une classe génétiquement supérieure seront de plus en plus susceptibles de se reproduire entre eux et de choisir leur partenaire en fonction de critères de santé, de jeunesse et de fertilité. On verra apparaître des individus grands, minces, beaux, intelligents et en bonne santé, et les descendants d'une sous-classe faites d'individus petits, robustes, moins intelligents et en mauvaise santé.
Ce scénario catastrophe qui ne peut laisser personne indifférent, à la fois fascinant et révoltant nous fait prendre conscience qu'en l'espace de 1000 ans, l'humanité peut totalement se transformer sous l'influence de facteurs extérieurs. Cela nous rappelle le roman de H.G. Wells, "La machine à explorer le temps" où le héro rencontre dans le futur une civilisation élitiste, riche et intelligente face aux Morlocks, des animaux horribles et violents travaillant dans les cavernes au profit des premiers.
Certains ont déjà dit que nos ancêtres avaient évolué de cette manière plusieurs fois au cours de l'évolution. Un exemple est le chimpanzé : l'espèce commune est robuste, violente, chasse les singes, alors que le Bonobo est plus intelligent, vie en paix et est un végétarien obsédé par le sexe. Les Australopithèques comprenaient également des espèces graciles et des espèces robustes (A.gracilis et A.robutus). Et ce ne sont pas toujours les plus robustes ou les plus forts qui gagnent la partie mais ceux capables de s'adapter à un changement de situation, les plus agiles ou les plus intelligents, bref ceux qui sont capables d'évoluer.
 
 
 
 
 
voielactee
Galaxie Voie-Lactée. (nous sommes ici)
 
En guise de conclusion.
Quand on réfléchit d'où vient l'Homo sapiens on ne peut que s'émerveiller devant les prodiges de dame Nature, à ces millions d'années d'errance et de conquête qui nous séparent de Toumaï ou de Lucy pour aboutir à la seule espèce d'homme restante.
Mais où notre longue marche nous conduit-elle ? Nul ne le sait et même la thèse d'Oliver Curry reste à démontrer. Nous savons en revanche que notre évolution culturelle est loin d'être terminée et notre évolution biologique est en changement permanent. Depuis l'homme de Néanderthal, la taille de notre cerveau se modifia peu, elle diminua même depuis cette époque. Nous savons aussi que la vitesse des réactions chimiques dans les synapses n'a jamais dépassé un millième de seconde. Il est fort probable que ce temps de réaction n'évoluera pas non plus.
 
Pour savoir dans quelle direction nous conduit l'évolution et la société, regardons autour de nous. Avec la civilisation, l’éducation toujours plus poussée et la vie en communauté, notre culture devient exponentielle, encouragée par les acquis antérieurs et la sollicitation de l'environnement. Hier notre savoir tenait sur une tablette d'argile, aujourd'hui tellement conséquent il quitte progressivement les livres pour être transposé sur support numérique.
Au seuil du troisième millénaire, l'homme est redevable à tous ceux et celles qui depuis des générations ont imaginé quel serait son avenir. Aujourd'hui, le progrès est tellement rapide que nos avons du mal à croire ce qu'imagine pour nous les ingénieurs dans 50 ans.
Dans le monde de l'informatique, on parle de village global relié à des bases de données virtuelles, d'interfaces informatiques souples, de systèmes multimédias omniprésents, etc.
Malgré son intelligence et sa faculté d'adaptation, l'Homo sapiens sapiens de l'ancienne génération se perd dans ce dédale digital tandis que les plus jeunes, tombés dedans étant petit comme l'on dit, n'y trouve rien de particulier; cela fait partie de leur quotidien.
Mais l'Avenir de l'homme avec un grand A, celui qui nous projète réellement dans le futur à l'image du scénario de Curry, celui-là reste indéterminé. Si nous pouvons entrevoir certaines tendances à 20 ou 50 ans (Cfr l'article sur les technologies du futur), toutes les études de prospectives qui se sont projetées au-delà d'une décennie se sont égarées faute d'être réalistes car il y a trop de facteurs politico-socio-économiques qui influencent notre avenir, nous empêchant de poser les repères qui guideront nos pas.
 
Notre avenir est lié à celui de nos sociétés. A côté des problèmes humanitaires et écologiques qui sortent du cadre de ce dossier, il y a le risque que nous perdions notre identité : si nous acceptons qu'à l'avenir notre savoir soit partagé avec les ordinateurs, que notre mémoire soit stockée sur des substrats protéiniques hybrides carbone-silicium, que nos employés de maison, nos guides ou nos conducteurs soient des robots, il n'y a plus qu'un pas à franchir pour céder la place aux cerveaux artificiels, aux machines.
Les cybernéticiens affirment qu'il est possible de construire des robots à l'image de l'homme, les fameux androïdes et autres cyborgs. Les biologistes et beaucoup d'autres chercheurs en doute car ils estiment qu'il est peu probable qu'on puisse construire une mémoire et un système de contrôle capables de manipuler ne fut-ce que l'information quotidienne. Ce greffe sur ce problème la prise de décision, le langage, la locomotion, la reconnaissance des formes, et bien d'autres subtilités propres à notre espèce, autant d'actions "réflexes" que nous exécutons quasi instantanément et que l'on voit mal fonctionner au même rythme dans une machine. Mais c'est sans compter avec les ordinateurs quantiques dont les performances théoriques nous laissent rêveur.
 
 
 
 
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Chutes du Niagara.
 
Si l'informatisation du village global de demain se limite à des tâches routinières, dangereuses ou est susceptible de nous rendre service dans la vie privée ou professionnelle et en corollaire d’améliorer notre niveau de vie, il n'y a pas à hésiter et son introduction est la bienvenue comme signe du progrès tant que nous préservons notre liberté. Il y a danger en revanche si notre éthique ou nos droits sont bafoués.
Une chose est certaine, si un robot à l'image de l'homme voit le jour dans un lointain avenir, c'est tout le concept de la société qui sera bouleversé. Il sera grand temps de s'inquiéter et de demander aux responsables à qui appartient la prise de décision.
Un jour ou l'autre l'homme vivra sur la Lune, sur des mondes plus reculés encore ou dans des colonies spatiales et s'envolera peut-être un jour vers les étoiles à la recherche d'un nouvel havre de paix et d'une nouvelle terre à conquérir. Il sera bientôt un extraterrestre et trouvera certainement là haut tout ce dont il a besoin.
S'il n'est peut-être pas le seul à sonder l'univers, il est le seul qui ait conscience de la fragilité de son existence et qui puisse disposer de son destin. Il ne peut compter que sur sa sagesse pour assurer son avenir.
 

L'autisme.

L'autisme et la vaccination ROR.

 

 

 

 

 

  

 

 

pasos

Traces dans le désert.

 

La santé en question.

 

Des associations américaines représentant près de 5000 familles dont les enfants sont devenus autistes après avoir, semble-t-il, reçu une vaccination ROR (rougeole, oreillons et rubéole) ont porté l'affaire en justice sous le motif qu'il y avait un lien plausible de cause à effet entre l'autisme et ces vaccins pédiatriques.

Depuis la fin des années 1990, l'autisme fait coulé beaucoup d'encre et alimente une importante littérature, tant livresque que sur Internet, et de plus en plus polémique.

Penchons-nous un instant sur cette maladie et les raisons qui ont poussé ses victimes à porter l'affaire sur la place publique.

Avant toute chose, définissons l'autisme.

 

 

 

 

enfant-isole

Isolement.

 

Qu'est-ce que l'autisme ?

 

L’autisme a été décrit pour la première fois en 1943 par le pédopsychiatre américain d'origine autrichienne Léo Kanner qui l'identifia non pas comme une psychose de l'enfant mais comme une maladie à part entière.

Cette maladie est classée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'Association de Psychologie Américaine (APA) comme un trouble du développement résultant d'un désordre du système nerveux central.

Depuis cette découverte, l'autisme n'est plus du ressort de la psychiatrie mais des neurosciences et de la génétique.

L'autisme se caractérise par des difficultés de communication et d’interaction avec les autres, accompagné par des comportements répétitifs stéréotypés, parfois avec un retard mental ou une épilepsie. L'enfant s'isole en silence dans son monde au plus grand dérarroi de ses parents.

L’autisme est généralement diagnostiqué lorsque l'enfant atteint 2 ou 3 ans, au moment où il développe des interactions avec les autres. Mais des tests spécialisés permettent souvent de suspecter plus tôt un trouble du développement de type autiste.

Chez certains enfants autistes, le développement semble normal pendant de nombreux mois, avant d’être suivi d’une régression, parfois assez soudaine, dans le langage, les jeux et le comportement. On parle alors d’autisme régressif. 

Enfin, certains autistes peuvent développer des dons prodigieux pour le calcul ou la mémorisation notamment, mais ils ne contrôlent pas cette faculté et ne peuvent donc pas l'adapter à d'autres tâches.

Actuellement nous ne connaissons pas de remède contre cette maladie handicappante. A défaut, certains parents s'orientent vers l'homéopathie et les médecines parallèles mais si elles pouvaient vraiment guérir les autistes, cela se saurait. Il faut donc continuer à encourager la recherche scientifique, à la fois théorique et clinique.

 

 

 

atardecer

Coucher de Soleil.

 

Origine de la maladie.

 

Si on connaît les effets de cette maladie neurologique, si on sait comment elle se manifeste et où elle agit, on ignore encore son origine précise et la manière de la guérir.

Des psychothérapies douteuses ont "démontré" en leur temps qu'il existerait un dénominateur commun chez les autistes, à savoir un manque grave de communication des parents et/ou des familles concernées dans lesquelles avait baigné l'enfant au cours de sa conception. La responsabilité était donc reportée sur les parents ou la famille, déjà culpabilisés par la naissance d'un enfant handicappé. Il va sans dire qu'on rejoint ici la pataphysique et les pseudosciences !

Plus sérieusement, jusqu'à présent les chercheurs ont toujours considéré que l'autisme était une maladie génétique, pour preuve le lancement de l'Autism Genome Projet, AGP en 2002 et dont les premiers résultats ont été publiés en 2007. En 2006, l'institut Pasteur a d'ailleurs découvert un gène responsable d'une forme d'autisme, le gène SHANK3 qui se trouve dans la zone du chromosome 22q13 (Cf Nature Genetics, Dec 2006). Son altération provoque des mutations sur deux gènes parmi les 931 gènes dont est constitué le chromosome sexuel X. Ces mutations génétiques ont un impact sur des protéines, les neuroligines, qui interviennent dans la formation des synapes, les zones de communication entre les neurones.

Si l'origine génétique de la maladie est validée par de nombreuses études et découvertes, on constate toutefois ces dernières années une sorte d'épidémie d'autisme.

 

 

 

autisme-degrieck

Enfant autiste.

 

Fréquence.

 

Ainsi que le confirment ces graphiques préparés par le Projet TAAP qui se consacre à l'autisme, aux Etats-Unis on constate depuis 1992 une augmentation presque exponentielle du nombre d'enfants autistes. Selon l'Autism Society of America, la maladie augmente à un taux très rapide de 10 à 17% par an. Son évolution ne semble donc pas corrolée avec le taux de natalité (15.1 naissances pour 1000) mais avec un facteur extérieur.

L'autisme touche aujourd'hui un enfant américain sur 166 soit environ 1.5 millions de personnes, ce qui représente 0.5% de la population. En France, l'autisme touche environ 1 enfant sur 200 soit 19000 jeunes pour un total de 75000 autistes, soit 0.12% de la population. En Belgique, le nombre d'autistes est évalué à 4.9 enfants sur 10000 naissances, avec une proportion de 3 ou 4 garçons pour 1 fille. Cela représente environ 60000 personnes soit 0.57% de la population. En Suisse, l'autisme toucherait jusqu'à 60000 personnes, soit 0.8% de la population, ce qui est très élevé comparativement aux autres pays.

 

Que peut-on en conclure ? Pour caricaturer la situation, on pourrait se demander si les médecins concernés nous ont menti ou s'il connaissent leur sujet ? En réalité il y a sans doute un peu des deux. En tous cas, si les "épidémies génétiques" n'existent pas, une certaine forme d'autisme apparaît alors comme une malade contractée par contact avec une substance toxique pour l'organisme. Encore faut-il l'identifier pour asseoir cette théorie.

 

 

 

 

Delfin

Dauphin.

 

Lancet, février 1998

 

D'où vient cette hypothèse ? Il faut remonter à 1998 où l'on trouve dans la revue médicale anglaise The Lancet (Wakefield et al., 28 Fév 1998, pp351(9103):637-41) la description d’une série de 12 enfants âgés de 9 à 12 ans adressés au Dr Wakefield, un gastroentérologue londonien, pour investigation sur des symptômes gastro-intestinaux avec syndrome neurologique régressif (autisme). Les troubles auraient commencé peu après (entre 1-2 jours et 1-2 semaines) la vaccination ROR.

Après quelques incertitudes sur l'origine de l'infection et la publication de nombreux travaux sur la question, quelques années plus tard de nouveau faisceau d'indices semblaient indiquer qu'il existerait une corrélation entre la vaccination ROR et un nouveau type d’autisme associant des troubles digestifs puis un autisme régressif.

La nouvelle fut très mal reçue par tous les médecins et chercheurs concernés de loin ou de près par cette maladie. La quasi totalité des pédiatres refusa d'admettre cette causalité et continue de le nier farouchement ainsi que le démontre cette publication suisse de 2002 remise à jour récemment.

Ce document prétend notamment que : "le risque d’autisme est le même chez les enfants qui ont été vaccinés avec le vaccin ROR avant qu’apparaissent l’autisme et chez ceux dont le diagnostic a été posé avant qu’ils soient vaccinés". Mais dans ce cas, comment expliquer l'apparition soudaine de la maladie chez des enfants de 9 à 12 ans ? Preuve de leur partialité et de leur manque de transparence, la question n'est même pas soulevée dans leur dossier !

Parmi les réfractaires à la théorie ROR, il y eut une étude du Centre universitaire de santé McGill à Montréal (CUSM) réalisée auprès de 28000 enfants québécois. Elle conclut comme la majorité des pédiatres : ''les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole ne sont pas responsables des troubles envahissants du développement comme l'autisme et le syndrome d'Asperger". Or les milliers d'enfants devenus autistes après avoir reçu une vaccination ROR tentent à démontrer que cette opinion est fausse voire mensongère. Alors qui ment et qui dit la vérité ?

 

 

 

 

 

Camouflage

Isolation avec la nature.

 

Du mercure dans les vaccins ROR.

 

Partout en occident, l'information à ce sujet passe très mal entre le ministère de la Santé et la population. Aux Etats-Unis par exemple, suite à la Loi sur la Liberté d'accès à l'information (FOIA), on apprit que les Centers for Disease Control (CDC), la Food and Drug Administration (FDA) et les principaux fabricants de vaccins avaient sciemment menti avec l'approbation des autorités et tenus des colloques où l'embargo avait été décrété sur toutes les informations discutées au cours des réunions !

Grâce au FOIA, on apprit que ces experts avaient oublié de dire que jusqu'en 2005, les vaccins contenaient du Thimerosal par exemple qui est un préservatif (antisceptique) contenant 49% de mercure ! Vous trouverez plus de détails dans cette longue page rédigée par l'écrivain environnementaliste Robert F. Kennedy.

En parallèle, on a démontré que le mercure présente 27 fois plus de chance de développer l'autisme. Le lien entre le vaccin à base de mercure et l'autisme est donc plus clair qu'entre le tabac et le cancer ! Qui oserait encore le nier ?

Donc, malgré l'avis négatif de certains chercheurs, on peut en déduire qu'il y aurait bien un lien de cause à effet entre l'absorption de Thimerosal et l'autisme contracté par les enfants ayant reçu le vaccin ROR. Sinon, comment allez-vous expliquer à ces parents l'autisme soudain dont fut victime leur enfant juste après avoir été vacciné ?

Même en Belgique, la plupart des médecins refutent violemment cette hypothèse, études scientifiques à l'appui. Toutefois, en cherchant bien on trouve quelques médecins dont le pédiatre belge Kris Glaubomme qui osent dénoncer la langue de bois de leurs collègues. Très engagé et expert de ces questions, le 5 avril 2002, le Dr Glaubomme tint une conférence sur la vaccination au Parlement européen.

 

 

 

 

Terre&désespoir

Tristesse.

 

Les juges décideront.

 

Les parents dont les enfants sont autistes auraient bien besoin d'une preuve formelle, scientifique, pour plaider leur cause. Or il faut se rappeler que les études épidémiologiques sont statistiques et tant que le lien de cause à effet n'est pas établi, il n'existe pas au yeux des scientifiques. Rappelez-vous les victimes de "soi-disant" irradiations nucléaires en Polynésie ou au Groenland dont la maladie n'a jamais été reconnue par les gouvernements : ils n'ont jamais été indemnisés. Entre-temps, des enfants continuent à contracter l'autisme !

C'est pour cette raison qu'un avocat voit le problème autrement. "Il y a une différence entre une preuve scientifique et une preuve légale", a déclaré Kevin Conway, l'avocat d'une famille américaine victime de l'autisme. Selon lui, la première est à 95% certaine tandis que pour la seconde il s'agit de convaincre le tribunal qu'un lien est suffisamment plausible.

Notons que c'est le même argument qui a été retenu par les parties civiles pour indemniser les personnes irradiées à l'époque des essais nucléaires français à Mururoa. Généralement, l'argument du lien plausible est reconnu.

En revanche, pour le CDC, une victoire des plaignants pourrait rendre malades, voire tuer des dizaines de milliers d'enfants puisqu'ils ne seront plus vaccinés contre la ROR.

L'un des trois juges, Gary Golkiewicz, a expliqué aux médias qu'il mesurait les implications de cette affaire. Mais, a-t-il dit, la mission de ce tribunal est seulement de décider si les plaignants établissent ou non un lien plausible entre les vaccins et l'autisme.

Pour sa part, l'Autism Society of America précisait sur son site Internet que même les CDC avaient des doutes puisqu'ils ont récemment décidé d'effectuer des recherches supplémentaires sur cette question. Voilà au moins une attitude scientifique plus responsable.

Si les familles obtiennent gain de cause, elles pourraient obtenir des dédommagements dans le cadre d'un fonds fédéral créé spécialement par le Congrès américain pour encourager la production de vaccins tout en protégeant les laboratoires pharmaceutiques contre d'éventuelles poursuites judiciaires qui pourraient ruiner leur société. Affaire à suivre comme l'on dit.

 

 

 

 

Siluetas

Sihouettes.

 

En guise de conclusion.

 

Tout médecin vous dira qu'il n'existe pas de vaccin sans effet secondaire comme d'autres vous diront qu'aucun autre que celui du Tétanos n'est indispensable dans nos sociétés modernes. Comme toujours, la vérité se trouve entre les deux avis. Bon nombre de vaccins ont des effets secondaires négatifs mais les vaccins sont toujours indispensables pour combattre des maladies qui tuent encore.

Si vous êtes sensibilisé par cette maladie, sachez que chaque année de nombreuses associations et communes font des campagnes de sensibilisation afin de récolter des fonds pour la recherche sur l'autisme.

Pour plus d'information sur l'autisme, consultez ces excellentes ressources en français ainsi que le site de l'Autism Society of America. Il existe également de nombreux livres de vulgarisation et des témoignages sur le sujet.

 

 

 

 

 

Libertad

Liberté.

 

Etes-vous autiste ?

 

Des chercheurs du centre de recherche sur l'autisme de l'Université de Cambridge (ARC) ont développé un questionnaire qui serait en mesure de dépister les tendances autistes chez les adultes.

Au terme des 50 questions, plus le score est élevé, plus votre tendance est forte. La moyenne pour un individu masculin "normal" est de 15 et de 17 pour un sujet féminin. A partir de 35, vous avez tous les symptômes de l'autiste (symptômes d'Asperger). Assez étonnement, certaines personnes tout ce qu'il y a de plus "normales" obtiennent un résultat entre 30 et 34. Où est la normalité ?

 

Les éclipses.

 
Les éclipses, phénomènes à grand spectacle.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Eclipse de Sol
Éclipse de Soleil.
 
Dans l'Antiquité, les mathématiciens et les astrologues (et oui !) ont mis en évidence la régularité des éclipses, solaires et lunaires. Tous les 18 ans et 11 jours en effet, le Soleil, la Terre et la Lune retrouvent une même position dans le plan de l'écliptique. Les Grecs ont nommé ce phénomène, le cycle du Saros. Il se divise en 223 lunaisons.
Les "savants" qui maîtrisaient les prévisions des éclipses jouissaient d'une grande ascendance sur le peuple; ils appartenaient à la cour des rois et des empereurs. Mais qu'ils viennent à commettre une erreur dans leurs prévisions, en Chine ils risquaient la peine de mort.
 
Travail ingrat, mais souvent de bonne augure comme en témoigne le journal de bord de Christophe Colomb. En 1504 il échoua avec son équipage sur la côte nord de la Jamaïque. Les Castillans étant connus pour leur sagacité et leurs pillages, les Jamaïcains refusèrent de leur vendre des vivres. Devant leur hostilité, pour les intimider Christophe Colomb les menaça de la vengeance divine. Il avait à sa disposition une table d’éphémérides de Regiomontanus mentionnant qu’une éclipse de Lune se produirait dans la soirée du 29 février 1504. Christophe Colomb prédit que la Lune prendrait une couleur rouge-sang avant de s'obscurcir. Les Jamaïcains ne furent pas impressionnés et se moquèrent même de sa prédiction. Mais quand arriva le moment de l'éclipse, les Jamaïcains furent tellement effrayés par le pouvoir surnaturel des Castillans qu'ils leur accordèrent tous ce qu'ils demandèrent. Quatre mois plus tard, un navire Espagnol retrouva Colomb et ses hommes et regagna l’Espagne.
 
Dans son ouvrage L'astronomie et son histoire, Jean-René Roy relate un signe du destin plus frappant encore : l'éclipse solaire totale de l'an 584 avant Jésus-Christ. Les Mèdes et les Lydiens s'affrontaient sur un champ de bataille quand la lumière du jour s'assombrit et disparu. Les deux armées furent si terrifiées et impressionnées par ce signe des dieux que les guerriers rompirent le combat!
 
 
 
 
Luz Ceniciente
Éclipse de Soleil.
 
Les éclipses solaires.
Dans l'Antiquité, au moment de l'éclipse on organisait de grands charivaris pour éloigner le monstre qui s'approchait du Soleil. Les Incas sacrifiaient des jeunes gens en pleine vitalité pour préserver la puissance du Roi Soleil. A cette époque tous reconnaissaient que le Soleil était la source de notre survie. Les éclipses solaires étaient dès lors considérées comme des événements catastrophiques. En ce 3eme millénaire, nous avons heureusement évolué sur ce plan. Tous les observateurs qui ont eu la chance d'assister à une éclipse totale vous diront qu'ils n'ont jamais rien vu de pareil. Le spectacle est réellement fascinant et relève presque du prodige! Sur le plan physique, c'est en fait une coïncidence extraordinaire qui est à l'origine du phénomène des éclipses solaires. Le Soleil est environ 400 fois plus grand que la Lune et la distance qui sépare la Lune du Soleil vaut justement à peu près 400 fois la distance de la Terre à la Lune. C'est le rapport de ces deux mesures qui explique pourquoi, de nos jours, le diamètre apparent du disque de la Lune épouse exactement celui du Soleil qui vaut 30'.
Malheureusement nos lointains descendants n'assisteront plus à ce phénomène. La Lune en effet s'écarte progressivement de la Terre à raison de 3.5 cm par an. Dans 600 millions d'années la Lune sera 21000 km plus loin et son ombre ne touchera plus la Terre.
 
 
Luna eclipse
Éclipse de Lune.
 
Configurations et terminologie.
Lorsque la Lune s'interpose et s'aligne progressivement entre la Terre et le Soleil, nous pouvons assister à trois types de phénomènes :
- L'éclipse totale où nous discernons les grains de Baily, la couronne solaire et les protubérances émanant de son limbe,
- L'éclipse annulaire qui se produit lorsque la Lune, sur son orbite elliptique, est au plus loin de la Terre. Un fin liseré lumineux apparaît autour de la Lune dont le relief se découpe dans toute sa netteté.
- L’éclipse partielle, quelquefois partie intégrante d’une éclipse annulaire ou totale. L’éclipse totale devient partielle lorsque seule la pénombre de la Lune touche la Terre.
 
La grandeur ou magnitude d’une éclipse partielle est définie comme le pourcentage du diamètre du Soleil obscurcit au moment du maximum. Pour les éclipses totales et annulaires, la magnitude correspond au rapport entre les diamètres apparents de la Lune et du Soleil. Il est évident que la magnitude d’une éclipse totale sera au moins égale à l’unité.
Mathématiquement, compte tenu des mouvements orbitaux du Soleil et de la Lune par rapport à la Terre, chaque année il y a entre 2 et 7 éclipses solaires, contre 3 éclipses de Lune. Compte tenu de l’inclinaison de l’orbite lunaire, égale à 5°08’, la Lune doit obligatoirement se situer en deçà de 1°34’13” dans l’axe Terre-Soleil pour qu’il n’y ait ne fut-ce qu’une éclipse partielle.
A ce propos, le soir près de l’équateur, l’échancrure entame le disque solaire par le bas, tandis qu’au nord du cercle polaire, lorsque l’éclipse a lieu pendant le jour solaire aux environs de minuit, l’ombre de la Lune peut se déplacer vers l’ouest sur la surface de la Terre. La largeur de la bande d’ombre sur le sol sera au maximum de 274 km et s’étendra sur près de 10000 km à travers continents et mers à la vitesse de 2850 km/h, une vitesse que seuls les avions supersoniques peuvent atteindre pour profiter du spectacle pendant une heure ou deux.
 
 
 
Planète Terre
Notre Terre.
 
Etant donné l'alignement Terre-Soleil à l'époque des éclipses totales, il y a également une éclipse de Lune deux semaines avant ou deux semaines après une éclipse totale de Soleil.
La ligne médiane est appelée ligne de centralité. La clarté du jour diminuera déjà sensiblement (5%) 10 minutes après le début de la phase partielle. Environ une heure après le premier contact, un instant avant la totalité et durant celle-ci, la lumière solaire passera à travers les vallées et les échancrures dispersées sur le bord lunaire, formant une sorte de collier de perles orangées et brillantes assez spectaculaire dénommé les grains de Baily. Un instant plus tard, vous serez au milieu de la phase totale. Si vous êtes seul il règnera un grand silence... et dame Nature se présentera sous vos yeux auréolée de tout son éclat; c’est l’étonnant spectacle du "Soleil noir" pour utiliser l’expression consacrée. L'émotion que l'on éprouve à cet instant est un mélange d'allégresse et d'excitation. On éprouve un bonheur intense et une nervosité sans commune mesure.
 
 
 
 
Transito de Venus
Transite de Vénus.
 
Parmi les effets que l'on observe au sol, citons les ombres volantes et les ombres du feuillage en forme de croissant sur lesquels nous reviendrons un peu plus loin. Il existe également un troisième phénomène que l'on mentionne peu souvent car les gens ont plutôt la tête en l'air à ce moment là... Lorsque le Soleil ne forme plus qu'un fin croissant quelques minutes avant et après la totalité, les ombres projetées au sol par les objects (télescope, etc) changent d'apparence. En pleine lumière leurs contours sont relativement estompés en raison du diamètre apparent du Soleil. Mais lorsque celui-ci prend une forme similaire à celle de l'étroite fente d'un spectroscope, l'ombre qu'il porte sur les objets devient excessivement nette, comme si elle était coupée au couteau. Cela vaut la peine d'être photographié et comparé avec une image prise dans des conditions normales.
 

Une autre vie?!

 

Une autre vie, est-ce possible?!...

 

 

 

Tierra recalentamiento
La Terre (Réchauffement climatique)

Sur Terre, la vie est basée sur la chimie du carbone, les réactions ayant lieu dans un solvant, l'eau. Carbone et eau présentent tous deux des propriétés remarquables, qui les prédestinaient à jouer un rôle majeur dans l'apparition du vivant...

 

 

callisto
Calisto.

Le carbone, brique fondamentale des molécules biologiques.

Toutes les molécules qui rentrent dans la composition de la matière vivante, que ce soit les protéines, les lipides, les sucres ou les acides nucléiques, sont architecturées autour de longues chaînes d'atomes de carbone. Du point de vue chimique, cet élément offre un excellent compromis, ce qui explique sans doute son choix par la nature : il est d'un côté capable de développer des liaisons solides avec d'autres éléments (quatre au maximum), mais ces dernières sont aussi suffisamment lâches pour permettre à un grand nombre de réactions chimiques d'avoir lieu dans des conditions compatibles avec la vie.

Si le carbone n'avait pas la possibilité de former plusieurs liaisons, ou si ces dernières étaient trop fragiles, il n'aurait pas pu servir à l'assemblage des briques du vivant, véritables cathédrales moléculaires. A l'opposé, si les édifices formés par la réunion d'atomes de carbone étaient impossibles à briser à des températures et des pressions relativement clémentes, accessibles à la vie, aucune réaction chimique ne serait possible, et aucune cellule n'existerait ...

 

 

cirros
La Terre, ses océans.

La molécule d'eau: un solvant idéal pour la vie.

Derrière son apparente simplicité, la molécule d'eau cache des propriétés physiques exceptionnelles, dont certaines continuent de stupéfier les scientifiques, et ce malgré des recherches très poussées en la matière. Composée d'un atome d'oxygène unis à deux atomes d'hydrogène (H2O), la molécule d'eau présente la particularité d'être polaire : l'atome d'oxygène central a en effet tendance à attirer vers lui les électrons impliqués dans la liaison entre l'oxygène et l'hydrogène (lorsque deux atomes se lient entre eux, ils apportent chacun un ou plusieurs électrons, qui n'appartiennent alors plus ni à l'un, ni à l'autre des deux protagonistes).

En tirant vers lui les électrons de la liaison O-H, l'atome d'oxygène acquière une charge négative, tandis que les deux atomes d'hydrogène deviennent positifs. La molécule d'eau est devenue polaire : comme un aimant, elle présente un pôle négatif et un pôle positif. Ainsi polarisé, l'eau va pouvoir réagir avec de nombreux composés : c'est cette polarité qui explique par exemple la grande facilité de l'eau à dissoudre des molécules ioniques (comme le sel de cuisine) ou des molécules polaires.

La molécule d'eau possède également la propriété de former des liaisons hydrogènes, qui résultent de l'union d'un atome d'hydrogène (appartenant à une molécule d'eau) avec un autre atome, comme l'oxygène ou l'azote. Si elles se brisent 10 fois plus facilement qu'une liaison chimique normale, les liaisons hydrogène jouent néanmoins un rôle considérable. Ainsi, l'eau doit une bonne partie de ses étonnantes propriétés physiques au fait que ses molécules soient liées les unes aux autres par une multitude de liaisons hydrogène. La molécule d'eau est également susceptible de former des liaisons hydrogène avec de nombreuses molécules présentant un intérêt biologique.

Intervenant directement dans d'innombrables réactions biochimiques, que ce soit des synthèses ou des destructions, capables de dissoudre puis de transporter de nombreux composés, l'eau est tellement indispensable à la vie que les biologistes ne peuvent pas se résoudre à la concevoir en son absence ...

 

 

Triton
Triton.

De l'ammoniaque comme solvant?

Pourtant, certains exobiologistes se sont interrogées sur le caractère universel du couple carbone/eau. Est-ce la seule combinaison possible pour former des êtres vivants, où la nature a-t-elle d'autres choix à sa disposition?

Une des alternatives possibles serait de remplacer l'eau par de l'ammoniaque. Cette molécule, constituée d'un atome d'azote relié à trois atomes d'hydrogène (NH3), possède effectivement des propriétés physiques proches de celle de l'eau. Contrairement à cette dernière, qui est liquide entre 0° et 100°C à la pression atmosphérique, l'ammoniaque n'est cependant liquide qu'à très basse température (entre -78°C et -33°C). Les réactions chimiques pouvant se dérouler dans ce solvant sont donc beaucoup plus lentes que celle prenant place dans l'eau (la vitesse des réactions diminuant effectivement avec la température).

Comme la molécule d'eau, la molécule d'ammoniaque est détruite par des rayonnements ultraviolets. Mais là ou l'eau libère de l'oxygène puis de l'ozone (qui absorbe les UV, protégeant ainsi la surface d'une planète d'une trop forte irradiation), la molécule d'ammoniaque se dissocie en azote moléculaire, qui n'a aucune capacité d'absorption des UV. Sur une planète ou l'ammoniaque remplacerait l'eau, les êtres vivants ne pourraient donc pas être protégés des ultraviolets solaires par de l'ozone (à moins que celui-ci ne soit produit par un autre mécanisme). Cet inconvénient n'en est peut-être cependant pas un : lors de la formation du système solaire, l'ammoniaque s'est effectivement accumulé dans les régions les plus externes et les plus froides, là ou les radiations solaires sont beaucoup moins agressives ...

Dans sa série X-Files, Chris Carter a exploité l'hypothèse d'une vie dans l'ammoniac, dans ce qui est vraisemblablement l'un des épisodes les plus marquants de la première saison. Dans "projet arctique", les agents du FBI Fox Mulder et Dana Scully doivent effectivement lutter contre un ver emprisonné dans les glaces de l'Alaska, et qui ne peut vivre qu'en présence d'une grande quantité de sels d'ammonium. Ce dernier, remonté à la surface lors de forages effectués par des glaciologues, semble avoir été apporté sur Terre par un météore.

 

 

atardecer lejano
Europe, vue satellite.

La revanche du silicium.

En suivant un raisonnement similaire, les exobiologistes ont spéculé sur l'existence de formes de vie bâties non plus sur du carbone, mais sur un atome aux propriétés analogues, le silicium. Situé juste en dessous du carbone dans la classification périodique des éléments de Mendeleïev, le silicium est lui aussi tétravalent (c'est à dire qu'il peut former quatre liaisons avec d'autres atomes, tout comme le carbone). Malheureusement, ces liaisons sont beaucoup trop solides et nécessitent beaucoup trop d'énergie pour être rompues pour autoriser les innombrables réactions indispensables au vivant. De plus, l'étude des nuages interstellaires montre que les molécules architecturées autour du carbone sont bien plus nombreuses que les molécules basées sur le silicium. Pour une centaine de molécules carbonées, on trouve seulement quelques molécules silicatées. L'Univers ne semble donc pas s'être beaucoup amusé avec le silicium.

Pour l'instant, seul la science-fiction donne vie à des organismes dont la biologie diffère radicalement de celle des êtres terrestres. L'exemple le plus marquant est sans nul doute les entités de la quadrilogie Alien. Dotées de deux bras et de deux jambes, ces créatures au look insectoïde possèdent une biochimie très guerrière : leur sang est un puissant acide, et elles sont enfermées dans une véritable armure de silicium et de métal. Féroces et intelligentes, se reproduisant selon un cycle très réaliste, les Aliens semblent bien plus à leur place dans les immensités froides, sales et glacées de l'espace que l'homme. La saison 2 de la célèbre série X-Files (épisode "intra-terrestres") met aussi en scène un organisme basé sur le silicium, certes moins spectaculaire que les monstres d'Alien. Dans le cratère d'un volcan de la chaîne des Cascades, Mulder et Scully découvrent un champignon qui parasite le système respiratoire des humains. Les poumons des malheureuses victimes se remplissent de sable, ce qui n'a rien d'incohérent, étant donné qu'un organisme basé sur le silicium et utilisant de l'oxygène rejetterait du dioxyde de silicium (SiO2, c'est à dire de la silice) plutôt que du dioxyde de carbone (CO2) !

Si des êtres de silicium pourraient bien ne jamais exister ailleurs que dans l'imagination de l'homme, cet élément est peut-être pourtant bel et bien destiné à supplanter un jour le carbone ... Sur Terre ! Cette hypothèse, aussi inquiétante que fascinante, a servi là aussi de prétexte à de nombreux films et romans de science-fiction, où des machines, créées de toutes pièces par l'homme, finissent par se retourner contre leur créateur. Ainsi, dans les deux Terminator de James Cameron, des robots terrifiants commandés par une intelligence artificielle, SkyNet, ravagent la Terre. Désespérés, les humains n'ont plus d'autres solutions que de remonter dans le temps pour tenter d'arrêter le système, avant que celui-ci ne commence à s'emballer pour échapper finalement à tout contrôle. Dans Matrix, une armée de robots asservit l'humanité en utilisant les corps humains comme de vulgaires piles bioélectriques, après que des humains, dans un ultime sursaut défensif, aient assombri le ciel pour couper les machines de leur seule source d'énergie, le soleil.

 

 

Niebla sobre Titan
Titan & nuages.

La réflexion la plus aboutie sur le sujet reste cependant le mythique Ghost in the Shell. Ce somptueux manga raconte l'histoire du major Motoko Kusanagi, femme athlétique au métabolisme contrôlée, au cerveau boosté et au corps bardé d'améliorations cybernétiques. Dans une scène mémorable, l'héroïne livre un combat contre un tank embusqué dans un muséum d'histoire naturelle à l'abandon, situé dans la vieille ville. En essayant d'atteindre leur cible, les balles du blindé mettent en pièce des fossiles de vertébrés, avant de laisser une myriade de cratères le long de l'arbre de l'évolution. Le symbole est on ne peut plus évident : l'aventure de l'homme est arrivée à son terme, et celui-ci doit désormais laisser la place à une nouvelle forme de vie, plus puissante et mieux adaptée aux défis d'un futur toujours plus complexe. Une vie née d'un autre océan, celui de l'information...

 

L'Amazonie.

 
L'Amazonie décimée, qui nous faut-il encore pour réagir?!...
 
 
 
 
 
 
 
 
Rivière Sunnamary Guyane F.
Rivière Sunnamary (Guyane)
 
 
Un grand bravo à Greenpeace.
 
Une surface équivalente à un terrain de football part en fumée toutes les deux secondes. L'équilibre du climat, le maintien de la biodiversité et le cadre de vie de millions d'habitants sont en jeu. Pour enrayer cette dramatique déforestation, Greenpeace se bat pour encadrer les activités destructrices (industrie du bois, agro-industrie) et pour la création de vastes zones d'aires protégées.
 
 
 
 

Caen, le 8 mars 2008. Au large de Caen, l’équipage de l’Arctic Sunrise, le navire de Greenpeace, vient d’intercepter un cargo, le Huatuo, en provenance de la République Démocratique du Congo (RDC). Sa coque est maintenant marquée de grosses lettres peintes en blanc : BOIS PILLE. Ce bateau transporte plusieurs centaines de grumes issues du pillage des forêts de RDC. Par cette action, Greenpeace pointe la responsabilité de la France et de l’Europe dans la destruction des forêts africaines. Le commerce de bois est l’un des moins régulés au monde. Greenpeace appelle la France à faire de l’adoption d’une loi qui rende impossible la vente de bois issu du pillage des forêts tropicales une des priorités de sa présidence de l’UE.

« En dépit des déclarations d’intention, la France continue d’accepter le bois issu du pillage des forêts tropicales. Le prix à payer pour le climat, la biodiversité et les hommes est considérable, explique Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêt à Greenpeace France. A cause de l’apathie des autorités françaises, tous les consommateurs européens sont ainsi rendus complices de crimes forestiers. C’est tout simplement inacceptable ! »

Le bateau intercepté par l’Arctic Sunrise transporte notamment du bois des sociétés forestières SIFORCO et SODEFOR qui font partie intégrante des multinationales européennes Danzer et Nordsüdtimber. En avril 2007, Greenpeace a publié un rapport accablant, détaillant la façon dont ces sociétés pillent les forêts africaines et dont les opérations forestières destructrices provoquent des conflits sociaux, des dommages environnementaux massifs et d’importantes pertes de revenus pour l’Etat congolais. La France est le 1er importateur européen de bois en provenance de RDC.

La déforestation et la dégradation de forêts contribuent à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que l’ensemble du secteur des transport au niveau mondial. Elles contribuent aussi à la perte de biodiversité et à l’appauvrissement des populations locales. D’après la Banque mondiale, 90% des 1,2 milliards de personnes vivant dans l’extrême pauvreté dépendent directement ou indirectement des forêts pour leur subsistance.

En octobre 2007, le Ministre d’Etat de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo a déclaré que la lutte contre la déforestation était sa priorité à l’international. Quelques mois auparavant, en voyage au Gabon, Nicolas Sarkozy avait déclaré publiquement qu’il ne voulait plus que l’« on pille les forêts du Congo ». Lors du Grenelle de l’environnement, le gouvernement français a fait de la lutte contre le commerce illégal du bois et le développement des alternatives à l’exploitation destructrice des forêts, l’une de ses conclusions. Il s’est aussi engagé à promouvoir lors de la présidence française de l’Union Européenne le sujet forêt/biodiversité comme un des piliers des dispositions post-Kyoto. Dans ce cadre, la France soutient activement la mise en place de mécanismes de financement innovants permettant d’éviter la déforestation.

« La Présidence de l’UE est une occasion unique pour la France de tenir les engagements pris lors du Grenelle de l’environnement » ajoute Grégoire Lejonc. La protection des forêts et la lutte contre la déforestation doivent être une priorité de la Présidence française. Il faut notamment que l’UE se dote au plus vite d’une législation pour contrôler la légalité du bois et réduire significativement l’empreinte écologique de ses états membres sur les forêts de la planète. »

560 millions de m3 de produits bois (équivalent bois rond) sont importés par l’UE tous les ans. Près de 23% des produits importés - y compris le papier – sont issus de zones où les activités forestières illégales sont largement répandues. Or, il n’existe aujourd’hui pas de législation qui permette à l’Europe d’empêcher la vente de bois issu de la destruction des forêts tropicales. Le commerce de bois est l’un des moins régulés du monde.

En mai 2003, la commission Européenne a lancé un plan d’action FLEGT (Forest Law Enforcment, Governance and Trade), pour lutter contre l’exploitation forestière illégale et non durable et le commerce de produits bois associés au sein de l’Union Européenne. La suite à donner à ce plan doit être décidé d’ici le mois de mai 2008. Greenpeace appelle les institutions européennes à mettre en place de toute urgence une législation forestière européenne contraignante.


 


Amazonie : le lion se réveille

Sao Paulo, le 6 mars 2008. Alors que le gouvernement brésilien vient d’annoncer sa volonté de durcissement des sanctions contre les déboisements illégaux en Amazonie, Greenpeace explique aujourd’hui dans un nouveau rapport « le Réveil du Lion » pourquoi le plan de gouvernement Lula a jusqu’alors échoué à enrayer la deforestation. Celle-ci s’est en effet gravement accrue ces derniers mois malgré les mesures de contrôle mises en place depuis trois ans. Pour Greenpeace, le gouvernement brésilien doit faire preuve d’une bien meilleure coordination et d’une plus grande volonté politique s’il veut sauver de la destruction annoncée la plus grande forêt tropicale de la planète.

Sur les 162 mesures prévues par le plan du gouvernement en 2004, plus de 60% n’ont pas été mises en oeuvre. Pour Greenpeace, un extraordinaire manque de coordination de la part de l’administration présidentielle est à deplorer. Celle-ci est pourtant essentielle. En effet, pas moins de 13 ministres sont responsables de la lutte contre la déforestation en Amazonie.
Ainsi, si le taux de deforestation a baissé significativement ces trois dernières années, permettant au gouvernement brésilien de crier victoire, Greenpeace rappelle que cette baisse était bien plutôt imputable aux fluctuations des prix du soja et du bétail. La hausse récente du prix des matières premières a ainsi relancé à la hausse la pression foncière et donc la deforestation. En quelques mois, d’août à décembre 2007, plus de 7000 km2 ont été rasés. « Une faible coordination du gouvernement, ainsi qu’une mise en oeuvre très partielle des mesures promises ont fait de la forêt une proie très sensible aux evolutions du marché » precise Marcelo Marquesini, de Greenpeace Brésil.

Pour Greenpeace, seuls des objectifs clairs et concrets pour mesurer l’évolution de la deforestation permettront aux gouvernements locaux, des états et au gouvernement fédéral de pouvoir ajuster leurs actions en fonction des resultats. « Afin que ces efforts soient efficaces, il faut également rendre effectif le décret presidentiel établissant que les propriétaires terriens en Amazonie ne peuvent déboiser plus de 20% de la superficie totale de leurs propriétés, déclare Paulo Adario, coordinateur de la campagne pour Greenpeace Amazone. Cette decision doit être approuvée par le Parlement pour être véritablement mise en oeuvre ! »

L’élaboration d’un cadastre précis de toutes les propriétés foncières en Amazonie doit par ailleurs être une priorité. Sans ce cadastre, il est impossible de savoir si la loi est respecté par les propriétaires. « Les propriétaires ne s’inscrivent pas au cadastre pour échapper aux contrôles environnementaux. Il est impossible d’avoir des politiques publiques environnementales sans ce cadastre » estime Paulo Adario.

Les mesures publiées dans le Journal officiel de l’Union brésilienne mercredi 5 mars prévoient la saisie automatique des terres récemment déboisées et doublent le montant des amendes. Elles vont dans le bon sens, mais ne seront efficacces que si le gouvernement a enfin la volonté ferme de les faire appliquer.

 

 http://www.greenpeace.org/canada/fr/rejoignez-nous/don-immediat

 

Terre & Pollution.

 
La planète Terre, une solution est-ce possible?!...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Combien cela coûtera-t-il de résoudre les problèmes d'environnement d'aujourd'hui ?
crédit : NASA
 
"Les solutions aux grands problèmes d'environnement existent, elles sont applicables et elles sont abordables, notamment si on les met en regard de la croissance économique prévue et des coûts et des conséquences de l'inaction", a déclaré Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, lors de la cérémonie organisée à Oslo sous les auspices du Premier ministre de Norvège, Jens Stoltenberg, à l'occasion de la sortie de l'édition 2008 de la publication Perspectives de l'environnement de l'OCDE.

"Les Perspectives sont un ouvrage remarquable. Elles transmettent un message d'espoir pour l'avenir et, en même temps, un appel urgent à l'action dès aujourd'hui. Elles fournissent des orientations importantes aux décideurs et conjuguent analyse économique et analyse environnementale", a souligné M. Stoltenberg.

Associant projections économiques et projections environnementales pour les décennies à venir,
cette édition 2008 des Perspectives de l'environnement de l'OCDE met en avant certaines mesures dans l'optique de relever les grands défis. Elle définit quatre domaines prioritaires dans lesquels il est urgent d'agir : le changement climatique, la diminution de la biodiversité, la rareté de l'eau et l'impact de la pollution et des produits chimiques toxiques sur la santé humaine.

Il ressort des projections économiques et environnementales que les émissions mondiales de gaz à effet de serre progresseront de 37 % d'ici à 2030 et de 52 % d'ici à 2050 si les pouvoirs publics n'adoptent pas de mesures nouvelles. Pour répondre à la demande croissante d'aliments et de biocarburants, les superficies agricoles mondiales devront augmenter, d'après les estimations, de 10% d'ici à 2030 ; un milliard de personnes de plus qu'aujourd'hui vivront dans des zones touchées par un stress hydrique prononcé en 2030 ; et les décès prématurés dûs à l'ozone troposphérique pourraient avoir quadruplé dans le monde à la même date.

 

 

Atardecer made in Spain
L'Europe.


"Les pays devront modifier la structure de leur économie de manière à s'assurer des lendemains plus écologiques et plus durables, et à émettre peu de carbone. Les coûts de cette restructuration sont abordables, mais la transition devra être conduite avec soin, en tenant compte des impacts sociaux et des répercussions sur la compétitivité et en tirant parti des opportunités nouvelles", a ajouté M. Gurría.

D'après les projections présentées dans cette publication, le PIB mondial devrait presque doubler d'ici à 2030. Or, la simulation de certaines actions opérées par l'OCDE montre que leur mise en œuvre n'amputerait cette croissance que d'un peu plus de 1 % et qu'elle permettrait de réduire les émissions des principaux polluants atmosphériques d'un tiers environ, par rapport au scénario de politiques inchangées, et de ramener la progression des émissions de gaz à effet de serre à quelque 12 % au lieu de 37 %.

L'OCDE recommande d'utiliser des panoplies de mesures et, pour maintenir leur coût à un faible niveau, de s'appuyer en grande partie sur des instruments économiques ou qui font appel aux règles du marché. La fiscalité environnementale, la tarification de l'eau, les échanges de permis d'émission, les systèmes pollueur-payeur, les redevances sur les déchets et l'élimination des subventions préjudiciables à l'environnement (en faveur des énergies fossiles et de l'agriculture, entre autres) en sont des exemples.
Sont également nécessaires des réglementations et des normes plus strictes (dans les secteurs des transports et du bâtiment, par exemple), ainsi que des investissements dans la recherche-développement, des approches sectorielles et volontaires, l'éco-étiquetage et l'information.

 

 

Tierra recalentamiento
La Terre (réchauffement climatique)


M. Gurría a indiqué que les évolutions technologiques apporteront elles aussi des solutions, mais que l'application généralisée des découvertes soulève de gros problèmes du point de vue des droits de propriété intellectuelle et qu'il faudra y faire face.

Les Perspectives décrivent des moyens permettant de partager les coûts de l'action publique à l'échelle mondiale. Les pays développés sont à ce jour responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre, mais du fait de la croissance économique rapide des économies émergentes, en particulier du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine, les émissions annuelles de ces quatre pays dépasseront en 2030 celles des 30 pays membres de l'OCDE réunis. Un partage équitable de la charge et les effets redistributifs seront aussi importants que le progrès technologique et que le choix des instruments d'action.

"Nous devons avoir à l'esprit que, pour bien faire dans le domaine de l'environnement, il ne suffit pas de savoir quoi faire et comment. Il nous faut aussi répondre à la question : qui paie quoi ? Le coût mondial de l'action sera beaucoup moins élevé si tous les pays œuvrent de concert", a souligné M. Gurría.
 
 
 

Baleines dans l'Antarctique.

 

L'Antarctique:
Réelment un santuaire pour les baleines?!

 

 

 

 

Baleine à bosse
Baleines à bosse.

En 1994, un sanctuaire pour les baleines a été créé dans l'océan Antarctique. Cependant, depuis 1987, le gouvernement japonais organise une chasse annuelle à la baleine dans l'Antarctique dénommée chasse " scientifique ". En fait, l'annonce de la création du sanctuaire a eu lieu en même temps qu'une augmentation des prises " scientifiques " en Antarctique, le nombre de baleines chassées étant en hausse de 100 cette année là. Lors de la conférence de la CBI de juin 2005, le gouvernement japonais a annoncé son intention d'ajouter les rorquals communs et les baleines à bosse de l'Antarctique en voie d'extinction à leur liste grandissante d'espèces de baleines chassées chaque année, ainsi que de doubler ses prises de baleines minke.

 

 

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Chasse à la baleine (Japon)


Science étrange.


Qu'y a-t-il de mal dans la chasse " scientifique " à la baleine ?

Le professeur Toshio Kasuya, de l'université des sciences et des technologies de Teikyo au Japon, a fait part de son analyse au journal Mainichi Shinbun en octobre 2005. " Les frais annuels du programme de recherche s'élèvent à environ 6 milliards de yens, soit plus de 50 millions de dollars US, dont 5 milliards de yens sont couverts par les ventes de viande de baleine produite grâce aux prises de la chasse scientifique. Des subventions gouvernementales et d'autres sources de financement compensent le milliard de yens restant. Sans les recettes provenant des ventes de viande de baleine, l'organisation de la chasse baleinière qui gère le programme de recherche commandé par le gouvernement ne pourrait continuer à fonctionner et l'armateur qui fournit la flotte pour le programme ne pourrait compenser les coûts de construction des navires baleiniers.

Ce n'est rien d'autre qu'une activité économique. Cela laisse la possibilité aux chercheurs de mener des recherches d'après leurs propres idées. En revanche, cela n'est en aucun cas conforme aux objectifs scientifiques autorisés par la Convention ".

Un problème de plus en plus important pour le secteur est le désintérêt des consommateurs pour la viande de baleine au Japon. Cela donne lieu à une campagne de communication offensive pour convaincre le public que la baleine est importante pour le Japon du point de vue économique et culturel. On explique également que les baleines mangent trop de poissons et qu'elles menacent la conservation des stocks de poisson, une affirmation non basée sur des faits scientifiques.

Le professeur Kasuya explique : " L'Institut de recherche sur les cétacés prétend que les recherches sur des cadavres sont le seul moyen adapté pour collecter les informations nécessaires. Néanmoins, l'examen d'échantillons de biopsie révèle la quantité de graisse ou le taux de reproduction et l'analyse des excréments apporte des informations sur ce que mangent les baleines. "
 
 
 
 
 
Baleine franche (saut)
Baleine franche.
 

Sondages.

En fait, la viande de baleine est un aliment de luxe au Japon depuis plusieurs décennies. Un sondage réalisée en 1999 a démontré que seuls 11 % des adultes japonais sont favorables à la chasse à la baleine et que 14 % y sont opposés, soit un pourcentage similaire.

Plus récemment, selon l'association japonaise de promotion du hamburger, les japonais mangent 40 fois plus de hamburger que de baleine. Ce n'est pas seulement lié à l'influence de Ronald McDonald. Le Washington Post a annoncé en 2005 que " l'année dernière, le secteur [de la chasse à la baleine] a congelé 20 % des 4000 tonnes de prises considéré comme un surplus. "

Les recherches menées par le Bureau de la statistique japonais ont montré que la consommation de bœuf, de porc et de poulet était en hausse alors que celle de viande de baleine était en baisse depuis le milieu des années 1960.


 


baleine-morte-sur-un-baleinier (Islande)

Chasse à la baleine (Islande)

 

Chasse baleinière en Norvège et en Islande.


Le Japon n'est pas le seul pays à pratiquer la chasse à la baleine, que ce soit pour des raisons scientifiques ou autres. La Norvège a repris la chasse commerciale à la baleine en 1993 et l'Islande a annoncé, après une pause de 14 années, qu'elle allait reprendre la chasse " scientifique " à la baleine en août 2003. (L'Islande avait auparavant mis fin à sa chasse commerciale illégale en 1989 à la suite de boycotts mondiaux et de pressions économiques.) Les deux pays veulent exporter de la viande de baleine au Japon.

Une reprise du commerce international des produits à base de baleine aurait des implications très importantes. Les chasseurs de baleine pirates ont d'autant plus de raisons de chasser clandestinement qu'il va être de plus en plus facile pour eux d'introduire illégalement de la viande de baleine au Japon. Même avec l'interdiction actuelle de commerce, des ventes illégales de viande de baleine sont régulièrement découvertes au Japon, aussi bien de baleines très répandues que de baleines en voie d'extinction.

 

Visite
Un sanctuaire vraiment...?!
 

Solutions: établir des sanctuaires pour les baleines et observer les baleines.
Les sanctuaires de baleines sont des zones ou des refuges où la chasse est interdite et où les baleines peuvent se reproduire, se nourrir et continuer à se remettre d'années d'exploitation. Ces sanctuaires offrent des possibilités essentielles pour promouvoir la conservation des baleines et une recherche scientifique réelle non léthale.

Les sanctuaires peuvent également offrir des avantages économiques intéressants. Ils favorisent le développement de l'observation des baleines, seule forme d'activité économique impliquant les baleines qui soit réellement durable. D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à aimer l'idée. L'observation des baleines est une industrie florissante, avec plus de 87 pays qui organisent ce type d'opérations, et elle génère 1 milliard de dollars US de chiffre d'affaires chaque année.

 

 

 

baleines

Whales.


La chasse baleinière a pourtant des effets négatifs sur l'observation des baleines. Lorsque l'Islande a repris la chasse à la baleine, les réservations pour venir les observer ont chuté de 90 %. L'Association islandaise d'observation des baleines a accusé l'industrie de la chasse baleinière islandaise et a demandé l'arrêt de leurs activités. Les plans d'exploitation commerciale à grande échelle ont été mis au placard et l'industrie de l'observation des baleines se remet.

De nombreux pays côtiers ont bénéficié du développement des opérations d'observation des baleines. Par exemple, la République dominicaine à elle seule perçoit un revenu net de 5,2 millions de dollars US provenant de son écotourisme, un secteur soutenu par la création du sanctuaire marin des baleines à bosse du Banc d'argent. En Australie, la dernière baleine a été capturée à Albany en 1978. Depuis cette date, Albany a transformé les anciennes stations baleinières de Cheynes Beach en un site d'observation des baleines très réputé qui attire plus de 1,3 million de visiteurs.


http://www.greenpeace.org/canada/fr/rejoignez-nous/don-immediat

Baleines.

 

Greenpeace,
à la rescousse des baleines.

 

 

 

 

Baleine franche (saut)
Baleine franche.

Surexploitation, tricherie, épuisement. La cupidité motivant l'industrie mondiale de la chasse baleinière a fait sombrer les diverses populations de baleines dans l'oubli les unes après les autres. Pour certaines espèces, on ne sait toujours pas si elles parviendront à subsister, même après des décennies de protection.

Les statistiques sont formelles. Les baleines bleues d'Antarctique représentent moins de 1 % de leur nombre d'origine, malgré 40 ans de complète protection. Certaines populations de baleines se remettent mais d'autres non. On estime que seule une espèce, la baleine grise du Pacifique Est revenue à son peuplement d'origine mais sa cousine, la baleine grise du Pacifique Ouest, est l'espèce la plus en danger au monde. Elle est au bord de l'extinction avec seulement 100 animaux vivants.

 


 

baleines
Baleines.

Faits et statistiques.


Des preuves ADN récentes indiquent que l'impact de la chasse baleinière commerciale a été encore pire que ce que l'on pensait. La plupart des estimations de nombre de baleines ont été extrapolées à partir d'anciens chiffres concernant les baleines. Cependant, cette méthode s'avère souvent très imprécise, indique Steve Palumbi, biologiste marin de la Hopkins Marine Station, à l'université de Stanford en Californie.

En 2003, M. Palumbi et ses collègues ont utilisé des échantillons d'ADN pour estimer que les baleines à bosse pouvaient avoir été 1,5 million avant le début de la chasse commerciale à la baleine dans les années 1800. Ce chiffre est totalement différent de celui de 100 000 précédemment accepté par la CBI et fondé sur les archives du XIXème siècle concernant les baleines. Les baleines à bosse ne sont aujourd'hui plus que 20 000.

Les délégués japonais auprès de la Commission baleinière internationale (CBI) se réfèrent constamment à des estimations de 1990 du nombre de baleines minke de l'Antarctique s'élevant à 760 000. Cependant, ce chiffre a été invalidé par la CBI en 2000 car de récentes études indiquaient que la population de baleines minke était bien inférieure. Dans chacune des zones étudiées, les nouvelles estimations ont été réduites de moitié. Les scientifiques de la CBI n'en comprennent pas les raisons et, jusqu'à présent, ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur une nouvelle estimation.
 
 
 
 
 

Baleine
Baleine franche.

Consommation, pollution, catastrophe.


La chasse à la baleine n'est plus seulement une menace pour les baleines. Les océans, ou plutôt l'impact des êtres humains sur les océans, ont radicalement changé au cours des cinquante dernières années, depuis que les baleines sont protégées. Les menaces environnementales connues pour les baleines comprennent les changements climatiques mondiaux, la pollution, la surexploitation, la raréfaction de l'ozone, les bruits tels que les sonars militaires et les chocs avec les bateaux. La pêche industrielle menace la chaîne alimentaire des baleines et leur fait courir le risque de rester piégées dans les filets.
 
 
 
 
 
baleine-morte-sur-un-baleinier (Islande)
Chasse à la Baleine (Islande)
 
Si vous envisagez de consommer de la baleine, réfléchissez-y à deux fois. Dans certaines régions, la graisse de baleine morte est contaminée par tellement de composés organochlorés tels que les pesticides et les BPC qu'elle pourrait être classée comme un produit toxique ! On sait que les composés organochlorés affectent le développement des enfants et les fonctions reproductrices.

Malgré l'accumulation de ces menaces, un nombre croissant de pays vote pour une reprise immédiate de la chasse commerciale à la baleine au sein de la Commission baleinière internationale (CBI). La CBI compte quelques nouveaux membres enthousiastes, tels que le Bénin, le Gabon, Tuvalu et Nauru. À l'évidence, ces nouvelles adhésions et ces nouveaux droits de vote ne reflètent pas un changement d'opinion mondiale. Ces pays ont tous été recrutés pour rejoindre la CBI et voter dans le cadre de ce que l'on appelle un " programme de consolidation des votes " créé par l'organisme chargé des pêcheries au Japon.


 
Baleine à bosse
Baleines à bosse.

Les grandes espérances.


Les espérances de reconstitution des populations de baleines ont été fondées sur l'hypothèse que, mise à part la chasse commerciale, elles étaient aussi en sécurité dans les océans qu'il y a cent ans. Malheureusement, cette hypothèse n'est plus valide. C'est pourquoi nous pensons qu'il faut mettre fin à la chasse à la baleine sous toutes ses formes.
 
 
 
 

Pollution...

 

Pollution & Océans...

 

 

 

 

Baleine à bosse
Baleines à bosse.

D'ici à 2050, on estime que la population mondiale atteindra environ 12 milliards. Environ 60 % des habitants de la planète vivront à moins de 60 km de la mer. Les activités agricoles et industrielles nécessaires pour subvenir aux besoins de cette population augmenteront les pressions déjà considérables sur les zones côtières fertiles.

 

 

Philippines dechets
Philippines. (Pollution océanique)

La pollution et la mer : comme l'eau et l'huile.

La pollution marine constitue également un impact significatif de l'activité humaine sur les océans. Ce n'est pas seulement la pollution par les hydrocarbures liée à des accidents et à des dégazages illégaux visant à se débarrasser de divers déchets. Malgré la forte visibilité des fuites de mazout sur les environnements marins, les quantités totales impliquées sont minimes par rapport aux polluants provenant d'autres sources (y compris les eaux usées domestiques, les rejets industriels, les fuites provenant de déversements de déchets, les écoulements urbains et industriels, les accidents, les déversements, les explosions, les opérations de dégazage sauvage, la production pétrolière, l'exploitation minière, les pesticides et les engrais agricoles, les sources de chaleur résiduelle et les décharges radioactives).

On estime que parmi les polluants retrouvés dans la mer ont pour environ 44 % des sources terrestres et pour 33 % une origine atmosphérique. En revanche, le transport maritime représente seulement aux alentours de 12 %.

 

 

Baleine
Baleine franche.

L'ombre de la mort : des zones qui meurent lentement.

Les impacts de la pollution varient. La pollution par les engrais provenant des eaux usées et de l'agriculture peut entraîner des " fleurs d'eau " qui poussent de manière peu esthétique et sont éventuellement dangereuses dans les eaux côtières. À mesure que ces algues meurent et pourrissent, elles consomment l'oxygène de l'eau. Dans certains endroits, ceci a conduit à des " zones qui meurent lentement " (CDZ), où le taux d'oxygène dans l'eau tombe à des niveaux incompatibles avec la vie marine. La pollution industrielle contribue également au développement de ces zones mortes en déversant des substances qui, à mesure qu'elles se dégradent, utilisent également tout l'oxygène dissout dans l'eau.



 

Nieve en Colombia

Neige en Colombie.

Noyés sous la fission.

La contamination radioactive de la mer est liée à de nombreuses causes. Par le passé, les essais d'armes nucléaires y ont contribué. Le fonctionnement normal des centrales nucléaires pollue également la mer mais les sources ponctuelles qui sont de loin les plus importantes en termes d'éléments radioactifs fabriqués par l'homme sont les usines de retraitement des déchets de La Hague (France) et de Sellafield (Royaume-Uni). Ces déversements ont entraîné une contamination généralisée des ressources marines vivantes dans une large zone ; des éléments radioactifs traçables devant être retraités peuvent être retrouvés dans les algues aussi loin que sur la côte ouest du Groenland et le long de la côte de Norvège.


 

 

Baleine franche (saut)

Baleine franche (saut)

Les métaux lourds.

Le rejet de produits chimiques produits par l'homme dans les océans implique potentiellement un nombre incommensurable de substances diverses. On considère que 63 000 produits chimiques différents sont utilisés dans le monde dont 3000 correspondant à 90 % du tonnage total fabriqué. Chaque année, jusqu'à 1000 nouveaux produits chimiques de synthèse peuvent être mis sur le marché.

Parmi tous ces produits, environ 4500 appartiennent à la catégorie la plus dangereuse. Ceux-ci sont connus sous le nom de polluants organiques persistants (POP). Ils sont résistants à la dégradation et peuvent s'accumuler dans les tissus des organismes vivants (toute la vie marine), entraînant des dérèglements hormonaux qui peuvent, à leur tour, provoquer des problèmes en termes de reproduction, causer le cancer, immunodéprimer le système immunitaire et interférer avec le développement normal des enfants.

Les POP peuvent également être transportés sur de longues distances dans l'atmosphère et déposés dans les régions froides. Par conséquent, les populations Inuit qui vivent dans l'Arctique, très loin des sources de ces polluants figurent parmi les peuples les plus contaminés de la planète car ils dépendent de sources d'alimentation marines riches en graisses comme les poissons et les phoques. Les POP incluent les dioxines hautement toxiques et les PCB (biphényles polychlorés), ainsi que divers pesticides comme le DDT et la dieldrine. On pense que ces produits chimiques sont également responsables de la difficulté à se reproduire de certaines populations d'ours polaires.

 

 

baleines

Baleines.

" Fish and POP " pour ce soir?

Il est effrayant de constater que les produits de la mer consommés par les peuples vivant dans les régions tempérées sont également affectés par les POP. Le corps des poissons gras a tendance à stocker les POP et ceux-ci peuvent être transmis aux consommateurs humains. Lorsque les poissons gras sont transformés en farines de poisson et en huiles de poisson et qu'ils sont ensuite utilisés dans l'alimentation d'autres animaux, ceux-ci peuvent également servir de vecteurs et transmettre les POP à l'homme. Les mollusques et crustacés et les poissons d'élevage, les vaches laitières, la volaille et les porcs sont nourris avec des farines de poisson dans certains pays ; de cette façon, la viande et les produits laitiers, ainsi que les poissons sauvages et d'élevage, peuvent constituer d'autres sources de produits chimiques pour l'homme.

 

 


Notre Amour à Gaïa

Notre amour pour Gaïa...

Exploitation minière.

La pollution par métaux-traces provenant de mines et des industries de production et de traitement des métaux peuvent nuire à la santé des plantes et des animaux marins et rendre certains produits de la mer impropres à la consommation humaine. La contribution des activités humaines peut varier de manière très significative : la quantité de mercure introduite dans l'environnement par les activités industrielles correspond à environ quatre fois la quantité rejetée par les processus naturels comme le vieillissement climatique et l'érosion.

 

 

Galiza-Coast Prestige

Prestige et mort...

Pétrole.

La forme de pollution la plus commune et la plus visible est la pollution pétrolière causée par les accidents de navires pétroliers et le nettoyage des soutes en mer et, outre les effets visibles à court terme, de graves problèmes peuvent survenir à long terme. Dans le cas d'Exxon Valdez qui s'est échoué en Alaska en 1989, l'impact biologique de la marée noire est encore tangible 15 ans après l'événement. Le Prestige, qui a coulé au large des côtes espagnoles fin 2002, a entraîné d'énormes pertes économiques lorsqu'il a pollué plus de 100 plages en France et en Espagne et qu'il a méthodiquement détruit le secteur de la pêche local.

 

 

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L'Or bleu II

L'eau, l'or bleu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saliente

Lèver de Soleil et mer. 

 

Le cycle de l'eau (II)

 

C. Ruissellement et écoulements.

Par ruissellement on entend les différentes formes d'écoulements de l'eau, qu'ils soient lents (rivière) ou rapides (crues), se manifestant en surface ou dans le sous-sol.

On peut également faire la distinction entre les écoulements naturels (cours d'eau) et artificiels (canaux) bien que cela fasse référence à une notion hydraulique.

Les écoulements peuvent également se définir par rapport à leur champ d'application. Ainsi dans le cadre de projets d'aménagement, le bilan du réseau hydrologique peut s'exprimer en litres/seconde quand on parle de drainage ou d'irrigation ou s'exprimer en mètre cube/mètre carré/seconde pour caractériser l'écoulement sur une surface.

Des mesures récentes indiquent que les solides arrachés aux masses continentales par les cours d'eau s'élèvent à 10 tonnes par km2 en Australie et à environ 193 tonnes par km2 en Europe. A l'échelle mondiale, les cours d'eau transportent quelque 4 milliards de tonnes de sels dissous vers les océans.

 

 

 

 

 

Alaska-Mountains

Paysage et eau. (Alaska) 

 

Quand cela concerne exclusivement des écoulements souterrains ou la quantité d'eau transportées par les cours d'eau, les ingénieurs parlent de débit, c'est-à-dire de volume d'eau s'écoulant par unité de temps. Ainsi, en période de crue le débit de l'Amazone atteint 300000 m3/sec, davantage que les débits du Nil et du Mississippi réunis.

On estime qu'en moyenne sur l’ensemble du globe terrestre, chaque année 65% des précipitations qui arrivent au sol s’évaporent, 24% ruissellent et 11% s’infiltrent sous terre.

 

 

 

 

 

Ribeira Sacra. Cañones del Sil. Lugo

Ribeira sacra, Cañones del Sil. (Lugo) 

 

2. Le cycle externe de l'eau.

L'hydrosphère de la Terre comprend quatre grands réservoirs d'eau que sont les océans et les mers, les eaux continentales (de surface et souterraines) et dans une moindre mesure l'atmosphère et la biosphère.

Les échange d'eau entre ces quatre réservoirs sont permanents et forment un cycle fermé constituant ce qu'on appelle le cycle externe de l'eau.

Ici également, le moteur de ce cycle est la chaleur du Soleil : plus il rayonne plus il active les interactions entre ces réservoirs et plus il entretient le mouvement des masses d'air et indirectement la distribution de chaleur dans les masses liquides.

Ce cycle se caractérise par deux composantes interdépendantes :

- une composante atmosphérique caractérisant la circulation de l'eau dans l'atmosphère

- une composante terrestre relative à l'écoulement de l'eau sur les continents, en surface ou souterrain.

Il faut y ajouter une composante moins visible mais tout aussi importante, celle des échanges d'eau qui se produisent entre l'hydrosphère et le manteau terrestre.

 

 

 

Mar y Teide

Teide et Océan Atlantique.

Concernant la première composante, on observe dans la haute atmosphère une décomposition accélérée des molécules d'eau sous l'effet du rayonnement ultraviolet solaire. Suite à cette photodissociation, l'hydrogène étant très léger, il échappe à l'attraction terrestre et s'échappe dans l'espace. Il en est de même pour l'oxygène mais dans des proportions nettement inférieures.

Toutefois, le bilan global tend à démontrer que ces pertes sont négligeables et que la quantité totale d'eau contenue dans l'hydrosphère reste constante.

On peut même démontrer sur base d'études des sédiments marins que le volume des océans a très peu varié depuis 1.5 milliards d'années, les pertes ou le déficit dans l'une ou l'autre composante étant compensé par un excès dans une autre composante.

 

 

 

 

Haute savoie

Neige. 

Non seulement cela démontre que la Terre est un système thermodynamique parfaitement régulé mais c'est une serre capable de contrôler son taux d'humidité et sa température avec une extrême précision au cours du temps malgré les écarts importants que l'on observe localement. La Terre est un système thermodynamique complexe dans lequel des variables sont en interactions et qui semble tout à fait capable de s'autoréguler naturellement.

 

Mais ce n'est pas une raison pour le pousser jusqu'à ses limites où, à l'image d'une machine, le système peut s'emballer, entrer dans un nouveau régime et produire des effets inattendus voire préjudiciables à l'homme. Car si les scientifiques comprennent le fonctionnement de la Terre dans ses grandes lignes, ils ignorent les détails de cette machinerie et les conséquences précises que peut entraîner la modification d'une ou plusieurs variables sur son régime.

Nous avons l'exemple des émissions de gaz à effet de serre. Nous savons qu'elles augmentent la température de l'air et par extension elles accélèrent la fonte des glaces et l'élévation du niveau des océans. Parmi les conséquences les plus visibles, on constate que le corail meurt à petit feu car les eaux sont trop chaudes, des mammifères comme des poissons perdent leurs territoires et leur population diminue, les eaux inondent des îles paradisiaques forçant des population à se réfugier sur de plus grandes îles ou sur le contient, etc. Ces dérèglements sont loin d'être innocents et nous n'en connaissons que quelques effets. On y reviendra en climatologie.

 

 

 

   

atmosfera

Atmosphère.

Le cycle externe de l'eau concerne, en résumé, les mécanismes relatifs aux différents réservoirs d'eau et leurs interactions. A l'inverse du cycle interne de l'eau qu'il est possible de résumer en quelques paragraphes, le cycle externe est un concept très complexe qu'il me paraît impossible de décrire en quelques phrases au risque de caricaturer le sujet et de donner une fausse image de ce qu'il représente.

Pour comprendre son fonctionnement il est nécessaire de le diviser en ses différentes composantes élémentaires. Nous verrons donc successivement :

- Les volumes des réservoirs d'eau.

- Les flux entre réservoirs d'eau.

- La répartition de l'eau sur la Terre.

- Les eaux souterraines.

- Les cours d'eau.

- Les lacs et mers intérieures.

- Les glaciers.

 

 

 

 

 

Relampagos

Foudre. 

 

A. Les volumes des réservoirs d'eau.

 

Il n'existe pas de chiffres officiel du volumes total d'eau disponible sur Terre. C'est à peine si on peut estimer la capacité des quatre grands réservoirs (océans, eaux continentales, atmosphère et biosphère) car on ne peut pas évaluer avec précision les quantités d'eau qui s'infiltre ou percole dans le sol car elles dépendent également de l'épaisseur de la croûte terrestre.

 

A défaut d'estimations fiables de chaque composante, on peut estimer les réserves d'eau à un instant donné pour un réservoir donné.

Ce travail de fourmi étant très complexe et fastidieux, les scientifiques sont contraints de se baser sur les études réalisées par leurs collègues pour obtenir des chiffres qu'il n'est pas facile de vérifier. Croyons-les donc sur parole. Selon Ghislain de Marsily, les différents réservoirs d'eau sont répartis comme suit:

 

 

 

Les réservoirs

Les stocks (km3)

Océans

1 350 000 000

Eaux continentales

35 976 700

Glaciers

27 500 000

Eaux souterraines

8 200 000

Mers intérieures

105 000

Lacs d’eau douce

100 000

Humidité des sols

70 000

Rivières

 

 

Au total, l'hydrosphère contient 1 385 990 800 km3 d'eau, sachant que 1 km3 d'eau représente un cube mesurant 1 km de côté et contient mille milliards de litres ! Nous disposons donc en théorie de suffisamment d'eau pour désaltérer toute la population mondiale, arroser nos cultures et alimenter nos industries durant des milliards d'années s'il le fallait.

Malheureusement 37% de cette eau est constituée d'eau de mer et est impropre à la consommation au risque de contracter des infections ou de tuer à petit feu nos cultures, brûlées par le sel.

 

 

 

 

 

 

sedimentos

Sédiments. 

 

En pratique 20% seulement des réserves d'eau sont exploitables. Sur ces 20%, seuls 3% des réserves sont constituées d'eau douce et la majeure partie est gelée soit emprisonnée aux pôles soit sous forme de glaciers.

Il n'est même pas question de remorquer des iceberg des pôles et notamment de l'Antarctique car ils seront fondus avant d'arriver à destination.

En fait les ressources d'eau douce sont très mal distribuées sur le globe et plus encore quand on considère les sources d'approvisionnement vis-à-vis des sites d'exploitation industriels.

Quant aux 43% d'eau restant, ils constituent des réserves virtuelles car inexploitables à grande et même à petite échelle. Elles n'intéressent que les micro-organismes et les végétaux. Finalement il reste à peine 9 millions de kilomètres cubes d'eau directement exploitables (9 milliards de milliards de litres) dont la plus grande partie est représentée par les eaux souterraines.

 

 

 

Le tableau suivant reprend les quantités d'eau douce disponible:

 

 

Volumes d'eau douce disponibles en millions de mètre cubes 

par habitant et par an

 

Europe

Afrique

Asie

Amérique

du Nord

Amérique

du Sud

Total

1950

5.9

9.6

20.6

37.2

105.0

178.3

2000

4.1

3.3

5.1

17.5

28.3

58.3

 Source : Sommet Mondial de l'Alimentation

 

 

 

 

 

Mediterranée

Mediterranée.

 

Ainsi qu'on le constate, en un-demi siècle nous avons plus que triplé nos besoins en eau, principalement dans les pays en voie de développement et nouvellement industrialisés. A n'en pas douter, la ressource se raréfie même si nous avons encore chacun plus d'un million de litres d'eau douce chaque année à notre disposition. On y reviendra.

Aussi, malgré les quantités impressionnantes d'eau présentes sur Terre, nous ne pouvons exploiter qu'une infime partie de ses ressources. Heureusement, à l'inverse des autres minéraux, les différents réservoirs sont perpétuellement alimentés dans un cycle continu et se renouvellent en permanence.

 

 

 

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L'Or bleu I

L'eau, l'or bleu.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Groenlandia
 Groenlande.
 
Le cycle de l'eau I
 
On entend par "cycle de l'eau" les mécanismes relatifs aux phénomènes hydrologiques concernant les mouvements et le renouvellement des eaux sur Terre. Il existe en fait différents cycles de l'eau. On parle de cycle car ils sont perpétuels à l'échelle des hommes, ne présentant ni commencement ni fin.
Le cycle de l'eau au sens large obéit à des mécanismes très complexes, à la fois internes et externes, qui sont influencés par de nombreuses variables d'ordre physique et parfois chimique touchant les phénomènes météorologiques, géologiques, hydrologiques, etc.
C'est un sujet passionnant mais qui peut rapidement s'étendre sur des considérations très précises qui n'intéressent que les experts. Comme toute les sciences, l'étude de l'hydrologie et en particulier du cycle de l'eau doit se faire par étape, allant du général au particulier.
Nous insisterons donc progressivement sur des notions de plus en plus précises et détaillées afin de ne pas noyer d'emblée le sujet dans un flot de données disparates.Nous reviendrons donc parfois sur certaines notions mais ce sera pour préciser le sujet et non pas pour répéter ce qui a déjà été décrit. D'expérience, nous savons que sous forme liquide l'eau s'évapore au Soleil, elle ruisselle sur la terre, érode les reliefs et façonne les vallées. Elle s'écoule vers la mer où elle s'évapore pour former des nuages qui à leur tour donneront des précipitations qui viendront lessiver les terres, alimenter les rivières et ainsi de suite. Ca c'est la version poétique et caricaturée du cycle de l'eau.
 
 
 
 
 
Baleine à bosse
Baleines à bosse.
 
L'eau est également bénéfique aux organismes vivants. Sans insister sur son action biologique, sous forme de vapeur elle forme un écran protecteur contre les rayons UV et empêche la chaleur de s'échapper dans l'espace. Elle joue également un important rôle thermorégulateur entre les océans, la terre et l'atmosphère et participe aux mouvements des marées.
L'eau peut être douce ou salée, provenir des profondeur de la terre, stagner à sa surface ou rester en suspension dans l'air.
Voyons tout ceci en détails en commençant par le cycle interne de l'eau, celui qui se développe en surface et que nous connaissons tous pour subir sa loi. Nous verrons ensuite le cycle externe de l'eau, celui caractérisant les interactions entre les différents réservoirs d'eau.
 
 
 
 
 
Cataratas Iguazú
Chutes de l'Iguazú.
 
 
1. Le cycle interne de l'eau.
 
Le cycle de l'eau est régis par trois mécanismes :
- l'évaporation
- la condensation
- la précipitation.
 
Puisqu'il s'agit d'un cycle sans fin, nous pourrions le prendre à n'importe quel étape du processus mais il est plus logique de l'expliquer à partir de l'étape où le rayonnement solaire déclenche l'évaporation.
 
 
 
 
 
cirros
Nuages et océan.
 
A. L'évaporation.
Il s'agit du passage de l'eau de l'état liquide à l'état gazeux (vapeur). Dans certaines circonstances on peut observer une sublimation, l'eau sous forme de glace passant directement à l'état de vapeur. L'évaporation est donc un phénomène physique régis par l'intensité du rayonnement solaire. Cette évaporation est d'autant plus élevé que le climat est chaud et sec, l'atmosphère jouant alors le rôle de véritable absorbeur d'humidité.
Ce phénomène est particulièrement frappant dans la mer Morte située à la frontière de la Jordanie, d'Israël et de la Cisjordanie dont une photographie est présentée ci-dessous.
Alimentée par le Jourdain, la mer Morte est située à 417 m sous le niveau moyen de la mer.
Depuis environ 40000 ans, le régime des pluies a diminué, provoquant une forte évaporation du lac. Aujourd'hui la mer Morte contient environ 25% de sel soit ~275 g/l ! L'eau est tellement dense qu'on y flotte sans effort ! La densité de l'eau atteint même 1.33 à 350 m de profondeur avec 325 g de sel par kilo d'eau, ce qui représente une salinité de 325, alors que la salinité de l'océan n'est que de 35 en moyenne.
 
L'étude de l'évaporation se base généralement sur l'analyse du bilan et de la gestion de l'eau par les plantes, sauf dans le cas de projets d'aménagement où l'eau est avant tout considérée sous son aspect de vecteur dynamique.
 
 
 
 
 
Australie
Australie.
 
B. La condensation.
Il s'agit du phénomène inverse de l'évaporation par lequel la vapeur passe à l'état liquide. Nous verrons en météorologie que poussées par des phénomènes d'instabilité, les particules d'air humide se refroidissent en s'élevant dans l'atmosphère. A une certaine altitude, fonction des paramètres météorologiques, elles arrivent à saturation et se condensent sur les noyaux de condensation (de fines particules de sel, de poussière, etc) pour former des gouttelettes d'eau ou de glace. Cette condensation est visible sous forme de nuages et est restituée aux sols et aux océans par le biais des précipitations.
 
 
 
 
 
Tormenta Tropical
Tempète tropicale.
 
C. Les précipitations.
Il s'agit de la chute d'un ensemble de particules solides ou liquides. Les précipitations sont des effet associés à un changement de température ou de pression et leur fréquence comme leur ampleur varient en fonction des conditions climatiques.
Les précipitations dépendent du phénomène de coalescence des gouttes d'eau qui leur confère une masse plus ou moins élevée favorisant leur chute par gravité. Nous y reviendrons en détail en météorologie.
On parle de virga lorsque les précipitations n'atteignent pas le sol, s'évaporant au cours de leur chute. Les précipitations sont exprimées en litres ou mm/h ou encore en mm/m2 quand on considère la quantité d'eau précipitée.
Les précipitations sous forme liquide sont partiellement interceptées par le couvert végétal qui les restituent à l'atmosphère sous forme de vapeur à travers l'évapotranspiration. Les précipitations résiduelles atteignent le sol (terres ou océans).
 
A lire : L'eau dans l'atmosphère (météorologie)
 
 
 
 
 
delfines
Dauphins.
 
Mécanismes annexes.
 
Plusieurs mécanismes annexes très complexes interviennent pour boucler le cycle de l'eau. Selon les conditions, l'eau parvenue jusqu'au sol peut s'évaporer à son contact, ruisseler sur la surface ou s'infiltrer sous terre.
L'eau qui ne stagne pas ou ne s'écoule pas en surface peut plonger dans les entrailles de la terre par percolation, formant localement des nappes souterraines. L'eau peut également être absorbée par certaines roches. Elle peut enfin s'accumuler dans le sous-sol, servant de source d'humidité aux végétaux et à la microfaune.
Si l'humidité est trop abondante, l'eau souterraine peut s'écouler à travers le sous-sol ou les cavernes et occasionnellement rejoindre la surface au niveau des sources ou des cours d'eau. L'évaporation de cette eau contenue dans le sol, les cours d'eau et le couvert végétal ainsi que celle rejoignant les océans terminent le cycle de l'eau.
 
 
 
 
 
Rivière Sunnamary Guyane F.
Rivière Sunnamary.
 
A. Interception et rétention de l'eau.
 
Une bonne partie des précipitations, qu'il s'agisse de pluie ou de neige, n'atteignent pas le sol. Mais ne s'évaporent pas non plus. Il s'agit de l'eau interceptée et stockée au-dessus du sol par les végétaux et les bassins de rétention et autre dépression On estime que jusqu'à 30% des précipitations sont absorbées par les forêts, 25% par les prairies et 15% par les zones agricoles. L'effet induit par l'accumulation des précipitations dans les dépressions est très variable et difficile à quantifier. On sait seulement qu'il participe à un effet retard sur le démarrage des phénomènes hydrologiques au départ des bassins de rétention. Cet effet est marginal sous nos latitudes tempérées mais il peut représenter une variable importante dans les pays tropicaux à la végétation et la pluviosité abondantes.
 
 
 
 
 
Nenufar d'amazonie
Nenufars dans l'Amazone.
 
B. Infiltration souterraine et percolation.
 
Nous avons évoqué précédemment qu'une fraction relative importante de l'eau de surface s'infiltre sous la terre et s'écoule bon gré mal gré dans le sous-sol sous l'effet de la gravité et de la pression.
Des études géologiques indiqueraient que de l'eau existerait encore entre 400 et 520 km de profondeur, où certaines roches pourraient se comporter comme de véritables éponges. Certains experts avancent même l'hypothèse que cette eau pourrait contenir des micro-organismes primitifs.
Selon les spécialistes, cette eau cachée dans les entrailles de la Terre renfermerait une quantité d'eau au moins équivalente à celle de tous les océans ! Toutefois aucun chiffre n'est avancé et s'agit d'une hypothèse gratuite. Dans tous les cas, cette eau est dispersée dans tout le manteau et sans doute de manière hétérogène. Son extraction est pour ainsi dire impossible vu les efforts et le coup financier que cela représenterait. Cette eau souterraine pourrait en revanche remonter en surface au cours des éruptions volcaniques. Inversement, sur le plancher océanique, au niveau des zones de subduction, les eaux pourraient disparaître sous les plaque tectoniques et alimenter ce réservoir dans un cycle ininterrompu.