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OGM, les dangers du futur?!

 
 
 
OGM, Mise en force...
 

Conseil de l’environnement de l’UE: avancée sur les OGM

 
Alors que les négociations sur le paquet climat énergie entament la dernière ligne droite, le conseil environnement de l’UE s’est réuni les 4 et 5 décembre derniers. Au programme des discussions : OGM, Mercure et lutte contre la déforestation.
Alors que les regards sont tournés vers les âpres négociations qui se déroulent actuellement sur le paquet climat énergie européen (un accord devrait être trouvé les 11 et 12 décembre prochains), le Conseil environnement réunissait les 4 et 5 décembre derniers à Bruxelles les ministres européens de l’environnement. Si le débat sur le paquet énergie climat a été transféré au niveau des chefs d’Etat, les ministres de l’environnement ont avancé sur d’autres sujets clés : la lutte contre la déforestation, les OGM et le Mercure.
A l’issue de la réunion, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, qui présidaient le Conseil, ont passé le témoin au ministre de l’environnement de la République tchèque, Martin Bursik, qui prendra à son tour la présidence au 1er janvier 2009.

OGM : un accord consensuel
Les ministres de l’environnement sont parvenus à un accord pour mieux encadrer les organismes génétiquement modifiés (OGM). Leurs conclusions appellent à un renforcement de l’évaluation des impacts environnementaux à moyen et long termes des OGM cultivés, au lancement en 2009 d’une réflexion communautaire pour définir et prendre en compte des facteurs d’appréciation socio-économiques relatifs aux OGM, à l’amélioration du fonctionnement de l’expertise en associant davantage les Etats membres au processus d’expertise confié à l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA), à la fixation de seuils communautaires de présence d’OGM dans les semences conventionnelles, à la protection de zones sensibles et/ou protégées telles que Natura 2000 et à la prise en compte des pratiques agricoles spécifiques.
Greenpeace France s’est félicité de cet accord : les Etats membres ont envoyé un signal clair à la Commission européenne en exigeant l’amélioration du processus d’évaluation des impacts à long terme des cultures d’OGM sur l’environnement, la santé et la vie de millions d’agriculteurs, a déclaré Arnaud Apoteker, chargé de la campagne OGM de Greenpeace France. Il revient maintenant à la Commission européenne et à l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) de mettre à exécution ces recommandations. Et tant que ce n’est pas fait, il est totalement illogique d’autoriser de nouveaux OGM en Europe.
Pour Nathalie Kosciusko Morizet et Jean-Louis Borloo qui présidaient le Conseil de l’environnement, l’adoption de ces conclusions est un démenti manifeste adressé à tous ceux qui prétendent que l’Union européenne serait sourde aux attentes de ses citoyens. Ce matin, les ministres de l’Environnement ont montré leur volonté commune de renforcer la responsabilité comme la transparence en matière d’OGM, signe que les opinions des différents Etats membres ont bien été prises en considération.


Mercure, déforestation, consommation et production durables…
Le Conseil de l’environnement a également abordé d’autres questions qu'officiellement la France souhaitait mettre au cœur des discussions lors de sa présidence de l’Union européenne.

En vue des négociations internationales sur le Mercure qui se dérouleront du 16 au 19 février 2009 dans le cadre du 25ème conseil d’administration du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les ministres de l’environnement ont adopté des conclusions appelant à réduire les risques que présente le mercure pour la santé humaine et l’environnement. Le conseil s’est prononcé pour la recherche d’un accord multilatéral sur ce sujet.

Les ministres ont également échangé sur la question de la mise en œuvre d’un plan d’action pour une consommation, une production et une politique industrielle durables.
Sur la question de la déforestation, Greenpeace France s’estime déçu du manque de volonté politique des Etats membres pour protéger les forêts tropicales. L’association dénonce également la proposition de la France, renvoyée devant la Commission européenne, d’introduire des crédits forêts dans le marché d’échange de quotas d’émissions de CO2, ce qui permettrait aux industries polluantes en Europe de se soustraire à une partie de leurs obligations en matière de réduction des émissions de carbone, a expliqué Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêt de Greenpeace France. Or, pour espérer lutter efficacement contre les changements climatiques, il faut à la fois réduire les émissions de gaz à effet de serre d’origine industrielle et celles issues de la déforestation. Il faut faire les deux, et non substituer l’une à l’autre.

Paquet énergie climat: un accord sur 90 % des points à négocier selon Borloo
En marge du Conseil environnement, Jean-Louis Borloo a fait un point sur l’avancée des négociations sur le paquet énergie climat, ensemble de mesures de lutte contre le changement climatique. Le ministre d’Etat a estimé que les Etats membres étaient d’accord sur 90 % des points à négocier et que les 10 % restants seraient résolus lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre prochains. On peut considérer que l’essentiel des points sont aujourd’hui déblayés sur à peu près tous les sujets, s’est félicité Jean-Louis Borloo. Energies renouvelables, agrocarburants sont des sujets sur lesquels les 27 semblent être parvenus à un consensus. Par contre, le système de quotas d’émissions de gaz à effet serre, selon lequel les industriels devraient payer pour chaque tonne de CO2 émise à partir de 2013, constitue l’un des points noirs des négociations. L’Allemagne, l’Italie et les pays d’Europe centrale freinent pour l’instant les négociations sur ce sujet.
Jean-Louis Borloo a rappelé que le Conseil européen décidera des solutions appropriées aux enjeux de la mise en œuvre de la politique communautaire climatique et énergétique. Tout le monde est dans l’idée que c’est par la compétitivité qu’on sauvera le climat, a-t-il ajouté.

 


S.FABREGAT 
Space d' AS  (Le Monde que j'ai tjr rêvé)   
 

 

Les impacts des OGM sur l’environnement et la santé.

Impacts sur la biodiversité (Greenpeace)

Les impacts sur l’environnement des plantes génétiquement modifiées créees pour résister à un insecte ravageur ou à un herbicide total ont été largement prouvés. Les cultures transgéniques, dites résistantes aux insectes, ont pour fonction de tuer les nuisibles spécifiques qui attaquent les cultures. Outre leur nocivité ciblée, elles sont aussi :

Toxiques pour des organismes non ciblés, comme les papillons. Il a été montré qu’une exposition prolongée au pollen de maïs Bt (maïs transgénique produisant la toxine du Bacillus thuringiensis) affectait le comportement et la survie du papillon monarque, le plus connu des papillons d’Amérique du nord. Quant aux conséquences sur les papillons européens, elles sont quasiment inconnues car il n’existe que peu d’études à ce sujet. Ces dernières soulèvent néanmoins des inquiétudes sur les conséquences des plantes résistantes aux insectes pour les papillons européens.

Toxiques pour des insectes bénéfiques.
Les plantes Bt génétiquement modifiées sont néfastes pour des insectes importants dans le contrôle naturel des ravageurs du maïs, comme les chrysopes vertes. Dans l’Union Européenne, comme ailleurs, l’évaluation des risques environnementaux des cultures Bt prend uniquement en compte la toxicité aiguë directe sans évaluer les effets sur les organismes situés plus haut dans la chaîne alimentaire. Les conséquences peuvent pourtant être importantes. Ainsi, les chrysopes vertes souffrent de la toxicité des cultures Bt à travers les proies dont elles se nourrissent. Le mode d’évaluation basé uniquement sur les risques directs a largement été critiqué, beaucoup de scientifiques estimant que les impacts des cultures Bt nécessitent une étude à tous les niveaux de la chaîne alimentaire.

Une menace pour les écosystèmes du sol. De nombreuses cultures Bt sécrètent leur toxine de la racine vers le sol. Les résidus restant dans le champ contiennent de la toxine Bt active. Les effets cumulés sur le long terme de la culture de maïs Bt n’ont pas été évalués dans le contexte européen, bien que cela soit requis par la législation Européenne (Directive 2001/18).
L’évaluation des risques environnementaux a jusqu’à présent ignoré complètement, au moins, deux autres impacts du maïs Bt : Les déchets agricoles provenant de maïs Bt infiltrent les cours d’eau, là où la toxine Bt pourrait s’avérer toxique envers certains insectes
. Ceci démontre la complexité des interactions qui interviennent dans l’environnement naturel et souligne les lacunes de l’évaluation des risques.
Le maïs Bt est plus sensible à un type de puceron (aphide) que le maïs conventionnel, en raison d’une altération des composants chimiques de sa sève. Cette altération n’a pas été décrite une seule fois lors des demandes de mise sur le marché de maïs Bt alors qu’elle a des implications écologiques importantes. Les interactions plantes-insectes sont trop complexes pour être mesurées par l’évaluation des risques. La culture de plantes tolérantes à un herbicide (TH) est associée aux effets toxiques des herbicides sur les écosystèmes. L’ herbicide Roundup, vendu par Monsanto conjointement à ses plantes génétiquement modifiées Roundup Ready, est un perturbateur endocrinien potentiel, c'est-à-dire qu’il pourrait interférer avec les hormones. Il est également toxique pour les têtards.

Note de synthèse – mai 2008 Greenpeace France - 22, rue des Rasselins, 75020 Paris - Tel. 01 44 64 02 02 - Fax : 01 44 64 02 00 - www.greenpeace.fr

A une tolérance accrue des mauvaises herbes aux herbicides.

L’évolution de la résistance des mauvaises herbes au Roundup est devenu un sérieux problème dans les pays qui cultivent les plantes Roundup Ready à grande échelle (comme les Etats-Unis) où les agriculteurs se retrouvent dans l’obligation d’augmenter les quantités de Roundup pour contrôler les mauvaises herbes ou d’utiliser d’autres herbicides en complément du Roundup. A la disparition de mauvaises herbes mais aussi à la diminution de la biodiversité.
Une étude du gouvernement britannique a observé une diminution de 24 % des papillons en bordure des champs de colza transgénique, car il y a moins de mauvaises fleurs de mauvaises herbes (donc moins de nectar) pour se nourrir. De plus, le colza et les betteraves à sucre fournissaient moins de graines pour les oiseaux
. Le maïs TH ne se compare favorablement (en terme d’impacts sur la biodiversité) qu’avec du maïs traité avec l’herbicide atrazine, qui est maintenant interdit dans l’Union Européenne.
A la réduction du nombre de bactéries du sol. L’utilisation d’herbicides sur les cultures de soja OGM conduit à la diminution de la quantité de bactéries bénéfiques fixant l’azote.

Impacts sur la santé.

Les études indépendantes démontrant l’innocuité des cultures OGM sur la santé humaine ou animale sont cruellement absentes de la littérature scientifique. Quasiment tous les OGM commercialisés dans le monde produisent ou sont tolérants à des pesticides. Pourtant, alors que les pesticides doivent être testés pendant une période minimale de deux ans avant d’être autorisés en Europe, les tests de sécurité effectués sur les OGM n’ont jamais duré plus de 90 jours même pour les plantes OGM pesticides. En fait, nous ignorons si les cultures OGM sont sans danger pour la consommation animale ou humaine car trop peu d’études à ce sujet ont été menées sur le long terme. Cela transparaît dans la controverse actuelle concernant l’évaluation de l’innocuité des OGM. Le débat sur le maïs pesticide Bt MON863 est né des inquiétudes exprimées par des scientifiques indépendants au sujet de différences lors de tests alimentaires. Au lieu d’admettre les incertitudes concernant la sécurité alimentaire du MON863 et d’approfondir les recherches, l’EFSA et l’industrie des biotechnologies se sont évertuées à nier l’importance de ces découvertes Il est infondé et trompeur de d’affirmer que consommer des OGM est sans danger pour la santé sous prétexte que les Américains en consomment depuis 10 ans sans qu’on ait observé des conséquences visibles. Il n’existe, tout simplement, aucune étude sur cette question spécifique.
En revanche, ce qui ne fait pas de doute, c’est que les cultures OGM peuvent potentiellement provoquer bien plus de réactions allergiques que les cultures issues de croisements conventionnels. Ainsi, lors d’une expérimentation à long terme menée en Australie, il a été constaté que des petits pois OGM causaient des réactions allergiques chez les souris. Cela les rendait également plus sensibles à d’autres allergies alimentaires.

Pour Greenpeace, cet ensemble d’impacts sur la biodiversité et sur la santé humaine devrait conduire à une application stricte du principe de précaution.

*
Moi j'ajuterais : et pour l'ensemble des humains vivant sur Terre se souciant de leur santé, de celle de ses fils et de celle de la Planète... (AS)

                                                      Grâce à vous, nous agissons ! Faites un don

 

 

On peut consommer des produits dérivés d’OGM sous la forme :


d'aliments :

- à base de maïs : farine et semoule de maïs, huile de maïs, chips de maïs salées, pétales de maïs pour petit déjeuner ;
- à base de soja : huile de soja, tonyu, tofu, crèmes desserts à base de soja, sauce de soja ;
- à base de colza : huile de colza.


d'ingrédients :

-

farine de maïs dans le pain, les céréales pour petit-déjeuner, les biscuits apéritifs...

- flocons de maïs dans les barres de céréales...
- semoule de maïs dans les biscuits apéritifs, la chapelure, la bière, les céréales pour petit déjeuner...
- amidon de maïs et liants amylacés (fécule) dans les plats cuisinés, les sauces, la charcuterie, les crèmes desserts, les préparations pour desserts déshydratées, les potages, les petits pots pour bébés, les pâtisseries...
- dérivés de l'amidon de maïs (sirop de glucose, dextrose, maltodextrines ...) dans les sauces, les biscottes, les barres céréales, les bières, les potages, les biscuits apéritifs, les préparations de fruits sur sucre incorporés dans les yaourts et divers desserts, les glaces...
- farines de soja dans le pain, le pain de mie, les pâtisseries...
- protéines de soja dans les plats cuisinés, la charcuterie, les préparations pour nourrissons...
- matières grasses végétales (maïs, soja, colza) dans les barres céréales, le pain de mie, les biscuits apéritifs, les pâtisseries, les matières grasses à tartiner, les potages...
- huile de coton dans les fritures pour aliments…


d'additifs :

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issus du maïs : amidon oxydé (E 1404), phosphates d'amidon (E 1410, E 1412 à E 1414), amidons acetylés (E 1420, E 1422), amidons hydroxypropylés (E 1440, E1442), succinate d'amidon (E 1450), amidon oxydé acetylé E1451), caramels (E 150a à E 150d), sorbitol (E 420), mannitol (E421), isomalt (E 953), maltitol (E 965), lactitol (E 966), xylitol (E 967), glucono-lactone (E 575), erythorbates (E 315 et E 316);

- issus du soja : lécithine (E 322), huile de soja oxydée (E 479b).


de supports d'arômes :

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produits dérivés du maïs tels que amidons, maltodextrines, beta cyclodextrine

Noter que ces informations sont donnés sur le site interministériel des OGM (F), mais que la liste pourrais être Bcp plus longue selon d'autres sites.

Trou Noir, un monstre?!

 

Une fontaine de lumière jaillie du fond de l'univers...

 

 

 

Sur cette image d'artiste, le trou noir est le point minuscule au centre du disque.
Plus les gaz et les poussières qu'il attire s'en approchent et plus ils deviennent lumineux. (NASA/JPL-Caltech)

Si un trou noir est par définition obscur, il rend la matière qu'il attire incroyablement lumineuse. Avec un télescope géant et plusieurs «loupes» naturelles, des astronomes suisses, allemands et américains ont ausculté un monstre tapi à l'autre bout de l'espace.

L'astrophysique est la science des superlatifs: le trou noir qu'ont observé pendant trois ans Frédéric Courbin, de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et ses collègues pèse environ un milliard de fois notre soleil et se trouve à 10 milliards d'années-lumière de la Terre. C'est loin, très loin: pratiquement aux deux-tiers des limites de l'univers observable.

Monstrueusement lourd, l'objet n'en est pas pour autant monstrueusement gros. Pas plus qu'une étoile. C'est donc sa densité extraordinairement élevée qui attire – par la seule force de gravité – tout ce qui passe à sa portée.

Mais avant d'être engloutie par le trou noir, cette matière - des gaz ionisés, soit des atomes qui ont perdu leurs électrons - se met à tourner en spirale, comme le siphon d'un lavabo. Elle forme ce que l'on nomme un disque d'accrétion, qui chauffe au point de devenir une vraie fontaine de lumière, plus brillante que des milliards d'étoiles. Et également nommée quasar.

Juste quelques millions d'années.
«C'est un des phénomènes les plus lumineux de l'espace, confirme Frédéric Courbin. A l'approche du trou noir, la conversion de la matière en énergie est tellement efficace qu'il suffit de relativement peu de matière pour rendre le disque visible depuis l'autre bout de l'univers».

Effectivement, le trou noir ne «mange» que peu de matière: à peine l'équivalent de notre soleil en une année. Logique: sa force d'attraction ne s'exerce que dans un rayon assez limité, et comme dans l'univers, les objets sont très loin les uns des autres, il va rapidement tomber à cours de «provisions».

Ainsi, quand il a fait le vide autour de lui, il perd son disque d'accrétion et devient invisible. Aucun risque donc de le voir «avaler» une galaxie entière. Les astrophysiciens pensent d'ailleurs que ces disques très lumineux autour des trous noirs sont des phénomènes «relativement éphémères».

Ce qui, à l'échelle de l'univers, veut quand même dire quelques millions d'années.

La croix d'Einstein.
Pour pouvoir regarder aussi loin dans l'espace, les astronomes se sont servis de «lentilles gravitationnelles» ou «mirages gravitationnels», un phénomène naturel prédit par Einstein au début du 20e siècle, mais observé seulement depuis la fin des années 70.
Les objets massifs, comme les étoiles (et plus encore les galaxies) ont la propriété de courber la lumière. Dans le cas précis, les observateurs ont la chance d'avoir une galaxie relativement proche dans l'alignement entre le trou noir et la Terre.

La lumière provenant du disque d'accrétion du trou noir est donc fractionnée, courbée et grossie par le noyau de la galaxie «loupe». Dans le télescope, elle apparaît sous la forme de quatre taches, avec une cinquième au centre, qui est justement le noyau de la galaxie «loupe».
«Cette image fractionnée en quatre nous apparaît déformée, étirée. Et comme la quantité de lumière par unité de surface reste la même, en augmentant la surface, on augmente la brillance», explique Frédéric Courbin.

Une pièce de 1 franc à 2 millions de km.
Et ce n'est pas tout: certaines étoiles de la galaxie ont aussi fait office de «loupes» secondaires. «A chaque fois que l'une d'elles passait devant une des quatre taches, c'est comme si elle zoomait sur une partie de l'image. Et comme les étoiles bougent, elles nous ont en quelque sorte 'scanné' le disque d'accrétion de notre trou noir», résume le scientifique.

Grâce à cet effet naturel, mais aussi grâce au VLT, le plus gros télescope du monde (8 mètres de diamètre) et aux conditions météo idéales du site de l'ESO, l'Observatoire européen austral, installé sur le haut plateau de La Silla, au Chili, Frédéric Courbin et les siens ont pu voir ce que nul n'avait encore jamais vu.

La précision de leurs observations est de l'ordre d'un millionième de seconde d'arc. Ce qui revient à être capable de voir une pièce de 1 franc à deux millions de kilomètres (plus de 5 fois la distance Terre-Lune).

«Sans les effets de lentille gravitationnelle de cette galaxie et de ses étoiles, il nous aurait fallu un télescope de plusieurs centaines de mètres de diamètre, placé en orbite autour de la Terre», note l'astrophysicien avec satisfaction. Autant dire un engin de science-fiction...

Le règne du chaos.
Finalement, à quoi vont servir ces résultats ? «Nous avons pu établir un profil de températures du disque d'accrétion d'un trou noir supermassif», explique Frédéric Courbin. Pour ce faire, les scientifiques ont analysé les spectres de la lumière, sachant que la couleur varie avec la température.

Le domaine est encore assez mal connu. Même si la physique de base est simple (un trou noir attire par la force de gravité), les conditions régnant aux abords de ces monstrueux dévoreurs de matière sont tellement extrêmes, que le comportement des éléments devient chaotique.

 

 


Trou Noir en action.

Cadavres d'étoiles.
Les trous noirs se forment après l'explosion de grosses étoiles (au moins six fois la masse de notre soleil). Ce sont des objets tellement denses que rien ne peut s'en échapper, pas même la lumière.
Leur nature reste passablement mystérieuse. Les physiciens pensent qu'ils pourraient être des «malaxeurs chaotiques», capables de séparer toutes les particules, donnant ainsi lieu à une bouillie de matière intense qui serait gouvernée par des lois physiques encore inconnues, alliage entre mécanique quantique et théorie de la relativité.
Du fait de l'aura qui les entoure, les trous noirs sont l'objet de toutes sortes de fantasmes, dont l'un voudrait en faire des portes d'entrée vers des univers parallèles.

 

swissinfo, Marc-André Miserez  (Space d'AS. Le Monde que j'ai tjr rêvé)

Poznan, parole de Ministre...

 
 
 
 
 
Ici grenelle sur l'environnement (France)
 
Conférence de Poznan: les négociations s'enlisent.
 
Malgré l'arrivée des ministres de l'environnement à Poznan (Pologne), la 14e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique peine à trouver un second souffle alors que le Protocole de Kyoto doit déboucher sur une perspective de long terme.
Alors que la conférence entre dans la phase de la décision politique, après dix jours de pourparlers techniques au sein des quatre principaux groupes de travail, rien n'est vraiment décidé dans les multiples enceintes de la négociation qui se déroule dans le palais des congrès de l'austère ville de Poznan. Comme souvent dans cette complexe rhétorique climatique, la stratégie des négociateurs consiste à gagner du temps pour reculer les échéances qui doivent mener aux futurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés. Cette échéance est pourtant de plus en plus imminente, puisque les parties prenantes à cette négociation n'ont plus qu'un an pour boucler la poursuite du protocole de Kyoto, au-delà de sa première période, qui s'achève en 2012. Les prochains scénarii d'émissions devront en effet tenir compte des préconisations formulées par le GIEC, selon lesquelles la hausse de la température globale doit être impérativement stabilisée à + 2 degrés Celcius. Même à ce niveau de stabilisation, les petits Etats insulaires, voix de la raison écologique dans ces négociations, rappellent que 85% des coraux vont disparaître. Les atolls du Pacifique et le continent africain vont endurer les impacts les plus violents du réchauffement global. Désertification rapide, érosion des côtes, crues violentes, impacts sur l'agriculture se font déjà sentir. Ils réclament une conduite exemplaire de la part des pays industrialisés, et l'abondement urgent du Fonds pour l'adaptation aux impacts du réchauffement, qui devrait recueillir 40 milliards de dollars par an pour réunir les fonds nécessaires au financement des plans nationaux d'adaptation requis dans les pays vulnérables.

 



Amazonie, voyez de vos propes yeux si vous vos y tenez à la Terre.
 
Le fonds de la survie.
Le premier ministre de Tuvalu, Etat du Pacifique sud, l'a rappelé dans son discours en plénière ce jeudi 11 décembre, le fonds pour l'adaptation est le fonds de la survie pour Tuvalu et beaucoup d'autres pays. Mais je dois vous dire que nous sommes particulièrement inquiets de la manière dont les négociations sur le fonds pour l'adaptation se déroulent (…). Les pays les plus vulnérables doivent pouvoir accéder à ces financements sans délai. Nous ne voulons pas que ce fonds finisse comme les autres fonds administrés par le Fonds pour l'environnement mondial, où ceux qui parviennent à obtenir des financements sont ceux qui peuvent se payer des consultants spécialisés.
Il est prévu que ce fonds soit abondé par le prélèvement d'une contribution sur les quotas de CO2 issus des mécanismes de développement propre, qui permettent aux pays industrialisés d'effectuer des investissements dans des technologies non polluantes au Sud. Et les pays en développement ont proposé à Poznan une extension de ce prélèvement à l'ensemble des mécanismes impliquant des quotas de CO2 supplémentaires, qui permettrait de dégager plus de recettes pour protéger les pays les plus fragiles et financer la réduction des émissions par la structuration de filières industrielles propres.
Mais aucune proposition décisive de financement pérenne n'est encore sortie de la négociation, alors que ce ne sont pas les idées qui manquent. La Norvège a ainsi proposé de mettre aux enchères une partie des allocations qui seront ouvertes par le marché carbone. C'est aussi l'idée de l'Union Européenne, soumise à une âpre négociation dans le cadre de son « paquet » climat-énergie, qui recule devant la pression de ses industries lourdes, déterminées à refuser de payer leur dîme pour accéder aux quotas de CO2 européens sous couvert de compétitivité économique. Cet affaiblissement prévisible du plan climat européen privera le système d'une partie de recettes qui auraient été les bienvenues en ces temps de crise financière. De même, le Mexique a proposé de mettre en place un fonds « vert » financé par des subventions publiques, et la Suisse a travaillé sur une proposition de taxe carbone.

 




L'amazonie! En toute illégalité et impunité. (C. Greenpeace)

 
 
En attendant les États-Unis.
On cherchera vainement à Poznan la synthèse de toutes ces propositions. Pourtant, cette conférence d'étape devait être centrée sur l'affirmation de l'architecture financière du Protocole de Kyoto, qui doit engager la planète sur la voie de la révolution verte et de sociétés à basses émissions de carbone. Un cadre de financement public pérenne et stable donnerait confiance aux pays du sud, qui attendent des signes forts de la part des pays industrialisés, au-delà du saupoudrage des investissements privés, plus aléatoires.
Pour l'heure, si la négociation piétine, le calendrier est fixé pour la suite, et plusieurs réunions d'étape se dérouleront, dès mars 2009, pour préparer la conférence de Copenhague, qui devrait être décisive. L'absence de la nouvelle administration américaine, qui entrera en fonction le 20 janvier, handicape les pourparlers de Poznan. Mais partout dans les couloirs, de side-events en conférences de presse, les ONG environnementales américaines annoncent que l'Amérique est prête (America is ready) à rejoindre le reste du monde dans la bataille du climat. Le président Obama a réitéré son engagement en faveur d'une réduction de 80% des émissions de GES américaines à l'horizon 2050. Tandis que l'Europe s'enlise sous le poids de son paquet climat, les Etats-Unis pourraient bientôt apporter un vent de créativité politique à ces négociations, qui souffrent aujourd'hui d'un excès de complexité et de l'absence d'un axe de détermination.
 
 
Agnès SINAI       (Le Monde que j'ai tjr rêvé)

Pollution des Océans.

 
Pollution sonore sous-marine:
Les cétacés menacés...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Baleine à bosse.
 
Un rapport de l'IFAW souligne l'intensification des nuisances anthropiques qui pèsent sur les baleines et les dauphins notamment. Outre la multiplication des sources directes de pollution, le changement climatique pourrait encore aggraver la menace.
A l'occasion de la 9ème Conférence des Parties de la Convention sur les Espèces migratoires (CMS) qui s'est tenue la semaine dernière à Rome, l'IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) a publié le 3 décembre un rapport qui souligne l’impact d’une pollution sonore croissante sur les mammifères marins qui utilisent les sons, parfois sur de grandes distances, pour communiquer, trouver de la nourriture et s’accoupler.



 

Dauphin.
 
Une pollution sonore anthropique toujours plus intense.
Selon l'IFAW et plusieurs associations environnementales, la hausse du trafic maritime, les études sismiques réalisées par l'industrie pétrolière et gazière, et la nouvelle génération de sonar militaire troublent le silence de la mer et menacent notamment les baleines, dauphins et marsouins.
L’augmentation de la pollution d’origine humaine peut provoquer des modifications du comportement des cétacés, par exemple l’abandon des zones de mise bas et de nourrissage, et dans certains cas extrêmes l’échouage, voire la mort, a prévenu l'IFAW.

En effet, selon le rapport, les sonars militaires pouvant émettre des sons supérieurs à 200 décibels, désorientent les baleines et les dauphins qui s'échouent sur les plages. Aussi, 300 systèmes sonar navals seraient capables de produire des ondes sonores de plus de 235 décibels tandis que de nouveaux types de sonars basse fréquence sont actuellement mis au point et déployés à travers le monde.
Par ailleurs, si les sons des navires dans l’Océan Pacifique ont doublé à chaque décennie au cours des 40 dernières années, la flotte commerciale globale devrait encore doubler d’ici 2025, a ajouté l'IFAW.

 
 
Baleine et coucher de Soleil.
 
Changement climatique et augmentation de l’acidité.
Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), l'augmentation des niveaux de dioxyde de carbone (CO2) due à la combustion d'énergies fossiles pourrait également aggraver les niveaux sonores des navires, de la prospection pétrolière et des sonars militaires.
Selon des chercheurs de l'Institut de recherche de l'aquarium de la Baie de Monterey aux États-Unis, l'augmentation de l'acidité des océans pourrait rendre l'environnement plus bruyant. Les changements dans la composition chimique de l'eau de mer auraient pour conséquence que son absorption des sons à basse fréquence serait 10% inférieure à celle d'avant la Révolution industrielle.

A moins d'une réduction des émissions de GES, les niveaux d'acidité des mers et des océans pourraient atteindre d'ici à 2050 un niveau tel que le bruit des navires et des canons sismiques voyagerait 70% plus loin qu'auparavant, ont souligné les scientifiques.
Dans le cadre de la Conférence du PNUE sur les espèces migratoires, plusieurs organisations environnementales ont appelé les gouvernements et le secteur privé à adopter des moteurs plus silencieux pour les navires, à appliquer des règles plus strictes sur l'usage des études sismiques dans l'exploration pétrolière et gazière et à adopter de nouvelles technologies moins envahissantes en matière de sonars.

De leur côté, la Communauté européenne et ses pays membres ont présenté un projet de résolution invitant les nations signataires du traité à examiner un éventail de mesures visant à réduire le bruit sous-marin. Les mesures proposées prévoient notamment des ''zones de protection contre le bruit'' dans les mers et les bassins fermés, un meilleur contrôle des niveaux de bruit et la création de bases de données du bruit indiquant la provenance des sons produits par l'homme.

Bougheriet (Le Monde que j'ai tjr rêvé)

Conference des Nations Unies.

 
 
 
Ours blanc, la première victime de la fonte du Pôle Nord.
 

 

14e Conférence des Nations Unies.

Le changement climatique à Poznan: au seuil d'une nouvelle ère de négociations.

Sur la voie de la décarbonisation des sociétés industrielles et du changement de paradigme énergétique, la conférence de Poznan (Pologne) sur le changement climatique clôt la première période du Protocole de Kyoto et prépare le bouclage ultime des prochains scénarios d'émissions pour le XXIème siècle, qui seront adoptés dans un an à Copenhague au Danemark.
Aux dernières nouvelles, la concentration mondiale de CO2 est désormais proche de 385 parties par million (ppm), niveau jamais atteint depuis 800.000 ans. L'atmosphère contient près de 800 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit deux fois plus de carbone qu'elle n'en comptait au cours de la dernière grande glaciation, et un tiers de plus que lors des précédentes ères interglaciaires. Cet excédent de CO2 ne provient pas des cycles naturels. Il résulte du fait que, en moins de deux siècles, les sociétés industrielles ont brûlé des stocks gigantesques de charbon et de pétrole, ces énergies fossiles qui ont mis 500 millions d'années à se constituer.

Selon le rapport de 2007 du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), si le réchauffement allait au-delà d'une hausse de 2,5 à 3 degrés, les puits de carbone végétaux deviendraient des sources nettes d'émissions de CO2 et l'Amazonie se transformerait en savane, ce qui entraînerait un réchauffement supplémentaire du climat de plus de 1°C. Cette situation ne serait plus maîtrisable. Comme l'a rappelé en ouverture de la conférence de Poznan, le 1er décembre, le ministre polonais de l'environnement, Maciej Nowicki, l'humanité a poussé le système de la planète Terre à ses limites, poursuivre ainsi provoquerait des menaces de très forte intensité : sécheresses, inondations, pandémie de maladies tropicales (…) et même conflits armés et migrations sans précédent .

En moyenne, d'ici à 2050, chaque habitant des pays industrialisés devrait donc raisonnablement émettre 20 fois moins de gaz à effet de serre (GES) qu'aujourd'hui pour éviter un réchauffement de plus de deux degrés. Plus vite chacun y parviendra, moins de carbone, principal gaz de réchauffement, s'accumulera dans l'atmosphère. Une course contre la montre est désormais engagée. En regard de tels enjeux, deux semaines de travaux difficiles attendent les négociateurs de Poznan.

Entériner une vision partagée de l'urgence.
Sur la voie de la décarbonisation des économies et du changement de paradigme énergétique, la conférence de Poznan est une étape décisive, même si la conférence ne porte pas tant sur des textes négociés, que sur des débats thématiques.
Dans le cadre du groupe de travail ad hoc sur les engagements futurs des pays développés au titre du Protocole de Kyoto (AWG-KP), l'Union européenne a maintenu la pression qu'elle avait exercée jusqu'alors, afin de faire apparaître de manière explicite des références aux chiffrages du GIEC concernant les intervalles de réduction des pays développés en 2020 (fourchette de -25% à -40% par rapport aux niveaux de 1990), les objectifs globaux à long terme (atteindre moins de la moitié des émissions de 2000 en 2050), et la nécessité d'un pic avant 10 à 15 ans. La conférence de Poznan devra ainsi entériner une « vision partagée » par la communauté internationale d'un projet commun concernant la coopération à long terme (2050), qui passe par la définition d'objectifs d'étape : une inflexion nette des émissions de GES des pays industrialisés dès 2015, afin d'intégrer au plus vite les préconisations du GIEC, sur la voie d'une réduction de 80% des émissions à l'horizon 2050. Le thème de la « vision partagée » fait aussi référence à la nécessité d'une définition commune, par la communauté internationale, d'un développement sobre en carbone. Il implique de faire évoluer la nature même du concept de développement économique.

Il s'agira, à Poznan, d'adopter un projet de texte pour ouvrir la voie au futur accord international, qui devra impérativement être adopté à la conférence des Nations Unies de Copenhague, en décembre 2009, soit trois ans, au plus tard, avant le début de la deuxième période du protocole de Kyoto, dont la première phase (Kyoto I) s'achève en 2012. A Copenhague, il faudra définir des objectifs chiffrés autrement plus ambitieux que ceux de Kyoto afin de stabiliser le climat à long terme. Pour mémoire, le Protocole de Kyoto engageait les pays du Nord à réduire de 5% leurs émissions sur la période 2008-2012 par rapport à 1990. Il est clair que le bilan actuel de Kyoto I est insuffisant, voire décalé par rapport à la gravité de la crise climatique. Selon une compilation statistique présentée le 17 novembre à la presse par le Secrétariat climat de l'ONU, les pays occidentaux ont globalement augmenté leurs émissions de GES de 9,9% entre 1990 et 2006. Parmi les grands pays occidentaux, seuls trois paraissaient bien partis en 2006 pour remplir leurs obligations sans avoir à acheter de droits d'émission : la Suède (-8,9% par rapport à l'année de base), le Royaume-Uni (-15,9%), et la France (-3,1%).

Nouvelle donne:
La crise financière entravera-t-elle les efforts de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre ? Selon Brice Lalonde, ambassadeur français du climat, la volonté d'aller de l'avant est sensible au sein de la communauté internationale. Mais les dissensions européennes autour du Paquet Climat Energie risquent d'affaiblir la position des Européens, qui en ont retardé l'adoption jusqu'au 12 décembre, dernier jour de la conférence de Poznan… La disparité des situations industrielles en Europe et leur déstabilisation récente reflète, à l'échelle des 27, la discordance des intérêts au sein de la communauté internationale : la Pologne défend son charbon, l'Allemagne son industrie automobile, l'Italie s'oppose à la mise aux enchères des quotas de CO2

Pour autant, la crise pourrait a contrario tenir lieu d'opportunité. La déconnexion entre la sphère financière et l'économie réelle a démontré l'absurdité du système, qui fonctionne hors sol, alors qu'il s'agit d'adosser la création de valeur à la rareté des biens communs et des ressources fournis par les écosystèmes. Le réchauffement est aussi un enjeu économique. D'après le rapport de Nicholas Stern, conseiller auprès du gouvernement britannique, le coût de l'inaction pourrait atteindre 5.000 milliards d'euros causés par les dégâts climatiques. Mais il faut alors mobiliser des investissements de l'ordre de plusieurs centaines de milliards de dollars par an d'ici à 2030 pour relever le défi de la réduction des émissions de GES et préparer l'adaptation des pays les plus vulnérables aux impacts du réchauffement global. Les besoins financiers additionnels au titre de l'atténuation sont estimés à 200 milliards de dollars annuels en 2030, avec une forte priorité à accorder aux secteurs de l'énergie et de l'industrie. Le secteur privé devrait en être le principal contributeur, le secteur public ayant pour vocation de stimuler la recherche-développement et de réguler le marché carbone en garantissant son efficacité environnementale. Côté adaptation, ces besoins sont estimés à 170 milliards de dollars à l'horizon 2030, et seront principalement assumés par le secteur public, au titre du remboursement de la dette écologique du Nord au Sud.


Irréaliste aux yeux de certains, compte tenu de l'insuffisance des fonds actuellement disponibles dans le cadre de la Convention climat (le Fonds spécial pour le changement climatique n'est pour le moment destinataire que de 67 millions de dollars d'annonces de contribution), cet investissement représente pourtant à peine 1% du PNB mondial et seulement 1% de l'investissement mondial annuel, et suppose principalement la réorientation des flux d'investissement privé. C'est donc l'ensemble des choix d'investissements actuels qu'il faut réorienter. À Poznan seront examinées diverses propositions d'actions pour financer la lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ses impacts. La Suisse propose une taxe de 2$ par tonne de CO2, qui permettrait de financer le Fonds multilatéral pour l'adaptation à hauteur de 48,5 milliards de dollars par an. La Norvège propose la mise aux enchères au niveau international des droits d'émission pour financer l'adaptation. Barack Obama, dans son programme de candidature à la présidence américaine, s'est engagé à taxer les compagnies pétrolières et à mettre la totalité des quotas de CO2 aux enchères sur le marché intérieur. Les marchés du carbone contribuent également au financement du changement climatique, et seront le principal véhicule de financement dans l'avenir : dans leur configuration actuelle, leur contribution, estimée à 20 milliards de dollars annuels environ vers 2010, n'est pas susceptible de répondre aux besoins estimés.

À Poznan, il s'agira aussi de revisiter le concept de différenciation entre pays du Nord et nouveaux pays industrialisés, dits émergents, Chine et Inde en tête, afin que tous s'impliquent, à hauteur de leurs capacités, dans une même communauté de destin. Cette unification des responsabilités sera sans doute une des conditions de l'entrée dans le jeu de la nouvelle administration américaine, qui doit s'assurer du soutien de la Chambre des Représentants et du Sénat, à majorité qualifiée, aux nouvelles orientations de la politique climatique proposée par Barack Obama : la réduction de 80% des émissions de GES américaines d'ici à 2050. L'élection, le 21 novembre, de Henry Waxman à la tête du Comité du Congrès pour l'énergie et le commerce, qualifié d' « ultra Vert » et de « cauchemar de l'industrie pétrolière » par ses adversaires, pourrait marquer un tournant dans la politique environnementale américaine, jusqu'à présent hostile aux négociations de Kyoto. Une nouvelle ère de consensus international s'ouvrirait alors, une nouvelle époque dans les négociations climatiques.

Space de (AS)        "Agnès Sinai."

(Le Monde que j'ai tjr rêvé)

CO2, toujour plus...

 
Les émissions en gaz à effet de serre
des pays industrialisés augmentent toujours.
 
 
 
 
 
 
 
 
Déforestation(Amazonie)
Forêt Amazonienne, et oui!!

A deux semaines de l'ouverture de la conférence annuelle sur le climat à Poznan (Pologne), le Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC) souligne que les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les pays industrialisés continuent d'augmenter...
"La hausse des émissions reste un sujet de préoccupation", a indiqué Yvo De Boer, le Secrétaire de la CNUCC, en présentant lundi 17 novembre à Bonn l'inventaire 2006 des émissions des pays industrialisés. Ces données seront exploitées pour la conférence des Nations Unies à Poznan où sera négocié la définition d'un nouvel accord destiné à lutter contre les causes des changements climatiques pour la période post Kyoto.
 
 
 

Wall Mart, consumisme.
Wall Mart, un tué en une course au consumisme.

Si l'on considère la période 1990-2006, les émissions en gaz à effet de serre des 41 pays industrialisés signataires de la convention (dits de l'Annexe 1) ont globalement baissé de 4,7% (sans compter les puits de carbone, les émissions liées au changement éventuel d'utilisation des terres et à la sylviculture). Cependant, entre 2000 et 2006, les émissions de ces mêmes pays ont augmenté de + 2,3 %.
Ces résultats mitigés s'expliquent en grande partie par le déclin, dans les années 90, des économies de transition en Europe de l'est et en Europe centrale (- 37,6% à elles seules) après la fermeture du nombreuses installations énergétiques et industrielles obsolètes (- 52% en Ukraine, - 56% en Lettonie, - 44% en Roumanie...) Il ne s'agit donc pas du résultat de mesures volontaires visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. En effet, depuis que les économies de l'Europe de l'est se relèvent, leurs émissions ont augmenté entre 2000 et 2006 ( + 7,4 %) et influent de nouveau les statistiques globales des pays industrialisés selon M. De Boer.

 


Central et vaches (Londres)
Vaches et pollution (Londres)

Au final, les émissions en GES sont davantage liées à la capacité de production et à la santé économique d'un pays qu'aux engagements parcimoniques et frileux des grands pays industrialisés sur la question du changement climatique. Et il en va ainsi pour l'infime régression - un "ralentissement de la hausse" - des émissions entre 2005 et 2006 (- 0,1 %) conséquence d'un "hiver relativement doux et des prix du pétrole relativement élevés" pour l'Europe et les Etats-Unis, a rappelé M. De Boer.
Dans les pays industrialisés, l'Australie (+ 28,8 % par rapport à 1990), le Canada (+ 21,7 %) et les Etats-Unis (+ 14,4 %) restent les mauvais élèves de la classe, tout comme l'Espagne (+ 50,6 %) et le Portugal (+ 40 %) en Europe.

Enfin, pour les pays industrialisés qui ont signé le Protocole de Kyoto (183 membres dont 37 soumis à des quotas obligatoires), les émissions de gaz à effet de serre pour l'année 2006 étaient de 17% en-dessous du niveau admis dans le cadre du Protocole, mais avec une reprise de la hausse depuis 2000, ce qui est à la fois louable mais inquiétant.
Rappelons que les 37 pays industrialisés engagés par le protocole de Kyoto devront réduire globalement leurs émissions de gaz à effet de serre d’environ 4% en 2008-2012 par rapport au niveau atteint l'année de référence (bien souvent 1990).

 

(Le monde que j'ai tjr rêvé)       F. R.sel