L'internaute érudit pardonnera la simplicité des propos contenus dans cette page, qu'il sache seulement qu'elle est destinée au plus grand nombre et se doit d'être accessible. La question pourra être approfondie sur le site Association de Science Créationniste du Québec.
L'Entropie: vers l'augmentation du désordre dans l'Univers.
Le deuxième principe de la thermodynamique est universellement reconnu et observé. Il révèle que l'énergie dans l'Univers décroît en intensité, c'est-à-dire travaille de moins en moins. Ce phénomène caractéristique de notre univers est appelé Entropie. Puisque c'est l'énergie qui maintient la cohésion des atomes ensemble pour former la matière et confère à l'Univers son équilibre, la conséquence de cette entropie est une augmentation du désordre dans l'Univers.
La théorie de l'évolution a pour philosophie une idée contraire: l'Univers irait en s'améliorant, en s'organisant mieux, des cellules primaires jusqu'à l'homme, dernier (?) degré de l'évolution. Cette philosophie est totalement démentie par le 2ème principe de la thermodynamique.
Qu'en est-il des organismes vivants qui semblent, eux, aller à l'encontre de cette loi ? Le professeur Harold BLUM, éminent biochimiste, a prouvé que le 2ème principe s'applique aussi à eux. En effet, même si l'embryon ou la graine connaissent une période d'organisation, les processus chimiques qui les animent s'amenuisent. Le vieillissement et l'usure en sont la preuve. De toute façon, la biologie montre que les gènes, dès le départ, communiquent aux cellules de l'embryon des informations très précises que la théorie de l'évolution, basée sur le hasard et la nécessité, ne parvient pas à expliquer.
Stanley MILLER, dans une expérience très médiatique, a voulu prouver qu'on pouvait recréer la vie dans une chambre à étincelles remplie de molécules. Ayant "bombardé" ces molécules, il a obtenu finalement des acides aminés, éléments essentiels à la vie que l'on retrouve dans l'ADN. Ce que les médias n'ont pas mentionné, c'est qu'il a obtenu des acides aminés qui se sont auto-détruits (certains acides sont en effet destructeurs pour les autres). Il a ainsi du trier les acides aminés pour en obtenir quelques-uns de stables. Cette expérience ne fait que confirmer que la vie n'est pas apparue par hasard, mais qu'une intervention extérieure intelligente et bonne en est la source créatrice. La Bible enseigne qu'il s'agit de Dieu, l'Eternel. Reproduction d'un article du pasteur Emmanuel Bozzi (site "Bibliste")
Quelques repères pour poursuivre cette réflexion.
La thermodynamique est doublement définie comme étant la science de la chaleur et des machines thermiques ET la science des grands systèmes en équilibre.
Les systèmes thermodynamiques ouverts échangent chaleur, lumière, ou matière avec leur environnements. Les systèmes fermés n'échangent aucun flux ; aucune énergie extérieure ne se déverse dans un système fermé. A titre d'exemple, la terre est un système ouvert ; elle reçoit l'énergie extérieure du soleil.
Le second principe de la thermodynamique fut énoncé par Lord Kelvin et Rudolf Clausius dans les termes techniques suivants : un cycle thermodynamique monotherme ne peut pas être moteur ; il faut pouvoir disposer de deux sources de chaleur dont la température (niveau d'énergie) est différente. Dans ce cas, la chaleur ne saurait spontanément être transférée d'une source froide vers une source chaude. En termes plus simple, au cours d'une transformation d'énergie, celle-ci s'écoule toujours de la haute intensité vers la basse intensité. Ce principe établit donc le caractère irréversible d'une transformation et introduit la notion d'entropie. Il s'agit d'une quantité physique, mesurable, associée au niveau d'énergie utilisable d'un système macroscopique, niveau caractérisé par le degré de désordre dudit système ; son unité est le joule par kelvin (J/K).
D'un point de vue macroscopique, tel que formulé par Ludwig Boltzmann, le second principe de la thermodynamique conduit à affirmer que le niveau d'énergie utilisable dans l'univers ne peut que s'affaiblir pour tendre vers zéro ; au terme de ce processus universel, il n'y aura plus aucune énergie utilisable. De ce fait, tout système naturel livré à lui-même dégénère inéluctablement vers le désordre, puisque c'est l'énergie qui maintient la cohésion des atomes ensemble pour former la matière et confère à l'Univers son équilibre. Le second principe énonce en effet que l'entropie d'un système isolé ne peut qu'augmenter ou rester constante lors d'une transformation. Il affirme ainsi l'impossibilité du passage du désordre à l'ordre sans intervention extérieure.
Le constat du vécu.
Nous constatons dans notre vie quotidienne les effets de cette loi universelle de la dégradation de toutes choses dont la finalité est le chaos. Les choses matérielles ne sont donc pas éternelles : les vêtements s'usent pour tomber in fine en poussière, un ensemble mécanique se détériorera inéluctablement sans un entretien approprié, ainsi en est-il pour tout organisme vivant qui tend vers son anéantissement.
Considérons un instant les sommes colossales dépensées chaque année pour entretenir nos habitations, les espaces verts, les véhicules, les installations industrielles, les appareils électroménagers… Tout cela pour tenter, autant que faire se peut, de lutter contre l'entropie universelle.
Il est notoire que tout composé chimique livré à lui-même tend à se décomposer dans le temps en éléments simples, en aucun cas il ne se transforme en un corps de structure plus complexe. Sans intervention extérieure sur ce corps ordonné, les forces de cohésion se libèrent progressivement pour conduire au désordre et l'énergie disponible en est diminuée. Tout système complexe affiche une tendance à la simplification et au désordre au fil du temps.
La théorie face à la science.
La théorie de l'évolution, quant à elle, prétend qu'au cours des milliards d'années qui nous ont précédés, toutes choses se sont développées vers un niveau d'ordre supérieur au précédent, de par la contrainte (ou l'effet) de leur environnement ?
Le second principe de la thermodynamique infirme très nettement cette théorie. L'univers entier, soumis à cette loi, évolue vers une dégradation progressive du niveau d'ordre qui le caractérise, dans un abaissement continu du niveau d'énergie globalement disponible, passant ainsi du chaud au froid (dit simplement). La limite de cette évolution peut être considérée comme un refroidissement absolu et un chaos généralisé. Toutes les observations expérimentales effectuées vérifient cette tendance affectant tous les processus scientifiquement observables.
La théorie de l'évolution prétend que les lois de la physiques et les atomes s'organisent progressivement et lentement (arrangement), devenant par là-même de plus en plus complexes. Mais cela s'avère purement et simplement impossible dans le monde normal.
Le point de vue de scientifiques.
Aucune évidence expérimentale ne réfute le second principe de la thermodynamique affirment les physiciens G.N. Hatspoulous et E.P. Gyftopoulos : " Il n'y a aucune expérience enregistrée dans l'histoire de la science qui contredit le second principe ou ses corollaires… "
Le physicien biochimiste créationniste Duane T. Gish fait à ce sujet le commentaire suivant : " De tous les constats établis en ce qui concerne les théories sur l'origine de la vie, celui affirmant que la deuxième loi de la thermodynamique ne pose aucun problème pour une origine évolutionniste de la vie est le plus absurde… L'opération des processus normaux sur lesquels la deuxième loi de la thermodynamique est fondée est à elle seule suffisante pour exclure l'évolutionnisme spontané vers l'immense ordre biologique exigé pour expliquer l'origine de la vie. "
Le physicien Emmett Williams ajoute : " Il n'est pas exagéré d'affirmer que les lois de la thermodynamique relèvent de la meilleure science acquise à ce jour. Alors que les affirmations formulées au sein de plusieurs domaines scientifiques (tel l'astronomie) changent quasiment au jour le jour, la science de la thermodynamique s'est révélée remarquable pour sa stabilité. Au cours de plusieurs décennies d'observations minutieuses, aucune remise en cause, même mineure, n'a jamais été notée quant à ses lois.
Si la théorie de l'évolution était vérifiée, cela signifierait qu'il existe une force ou un mécanisme puissamment à l'œuvre dans le cosmos pour endiguer et inverser la tendance universelle du " désarrangement " énoncé par le second principe. Mais dans ce cas, cette force ou ce mécanisme serait de facto connu de nombreux scientifiques oeuvrant dans des disciplines variées. Il n'en est rien ; aucun élément de cette nature n'a jamais été découvert. C'est à partir de cet état de fait que plusieurs évolutionnistes se sont ralliés au créationnisme.
L'énergie est-elle véritablement la clef du problème?
Dans un système fermé, créer une organisation supérieure complexe requiert de l'énergie et de l'information qui ne peut être fournie que par l'environnement extérieur au système. Les évolutionnistes maintiennent que le second principe de la thermodynamique n'obère en rien l'hypothèse d'une évolution sur la planète terre, considérée comme un système ouvert, puisque cette dernière reçoit de l'énergie en, provenance du soleil . Ils suggèrent que cette énergie a permis l'apparition de la vie sur terre. Mais l'apport extérieur d'énergie peut-il être suffisant pour réaliser cet exploit ?
Considérons une plante morte. Elle comporte les mêmes structures de base qu'une plante vivante. Au cours de sa vie passée, elle a utilisé l'énergie solaire pour s'organiser en un niveau d'ordre supérieur, partant d'une simple graine afin pour croître et produire tiges, feuilles, fleurs, racines… Mais lui fournir à nouveau de l'énergie ne saurait en aucun cas lui rendre la vie et permettre la reprise de sa croissance.
Le docteur A.E. Sauvage-Smith explique cette impossibilité : " Quelle différence y a- t-il entre un bâton, qui est mort, et une orchidée qui est vivante ? La différence est que l'orchidée détient en elle une téléonomie ".
Nota : le terme de téléonomie a été défini par Jacques Monod dans les années 1970 ; il désigne le concept scientifique de finalité. Des grecs "telos" ou "teleos" = fin, but et "nomos" = loi. La téléonomie concerne l'information stockée dans les gènes d'un organisme vivant et centrée vers un projet, un but, une finalité. Elle contient intrinsèquement les principes d'ordonnancement et le savoir-faire permettant à l'organisme de tendre vers cette finalité. Ce " programme " peut exploiter une forme donnée d'énergie et opérer son traitement en vue de produire une complexité ordonnée.
" L'orchidée est en fait une machine vivante qui capture l'énergie et lui fait subir un traitement spécial. Là où est la vie, est aussi la téléonomie ; c'est cette dernière qui rend possible le traitement de l'énergie pour assurer le développement de la vie et l'augmentation du niveau d'ordre du vivant."
La question qui surgit alors est la suivante : d'où provient cette téléonomie ? Il est certain que ce savoir-faire, ce principe d'ordonnancement ne provient pas de la matière elle-même. La considération chimique d'une cellule ne suffit pas à expliquer son fonctionnement, bien que ce fonctionnement soit de nature chimique. Mais les processus de fonctionnement interne de la cellule sont pilotés par de l'information qui ne réside pas dans les atomes ou les molécules la constituant.
Ce Dieu qui se révèle à l'homme dans la Bible, révélation qui culmine avec l'incarnation du Fils éternel véritable "empreinte" du Père, est Celui qui a conçu, planifié, créé et ordonné l'Univers matériel comme le vivant. Le récit de cette création est résumé dans le premier livre de la Bible: la Genèse.
"Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide (tohu bohu) : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme..." Genèse 1:1
Puis Dieu ordonna le tohu bohu, le chaos, dans un processus créationnel merveilleux. Nous découvrons qu'après avoir achevé son oeuvre, dont la pièce maîtresse est l'homme, Dieu "vit que cela était très bon." Tout fonctionnait et vivait en une parfaite harmonie ; l'Entropie et ses effets n'y étaient pas décelables. En témoignent le grand nombre d'années de vie des premiers hommes.
L'apparition du désordre dans l'Univers.
La Genèse nous apprend qu'a un certain moment, un principe destructeur intervint dans cette création. Satan, en la personne du serpent tenta l'homme et la femme pour transgresser la seule interdiction divine fixée au premier couple humain, pour sa sécurité et son bonheur. La transgression commise, la création entière fut affectée par un désordre nouveau, inconnu jusqu'alors. L'homme devint mortel, fut chassé du jardin d'Eden et privé de l'arbre de vie. Cet état de chose s'est dès lors transmis de génération en génération:
C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. Romains 5:12
L'Ecriture sainte nous enseigne également que ce désastre impacta la création dans son ensemble:
"Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise."Romains 8:19
L'Entropie venait-elle de faire son apparition dans l'univers ?
La re-création ou le rétablissement de l'ordre
Cependant, dans son Amour pour ses créatures, Dieu a conçu, planifié et mis en oeuvre une solution définitive au problème du désordre, du mal et de leur conséquence: la mort. Cette solution, le Salut, nous la devons à Jésus-Christ qui prit sur Lui le jugement réservé à l'homme pour cause de ses transgressions. Ainsi, encore une fois, Dieu établit l'ordre à partir du désordre ; Il redresse ce qui était tordu et vivifie ce qui était éphémère et voué à la mort.
Jésus-Christ, tout à la fois Fils de Dieu et Fils de l'Homme, est l'agent créateur et la source de vie par excellence:
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n 'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Jean 1:1
Nous, les hommes, sommes tous mortels selon les conséquences de La transgression. Nos vies éphémères ne sont que désordre ; elles subissent continuellement le second principe de la thermodynamique. Toutefois, si nous acceptons la solution, le Salut, offert gratuitement par Dieu par le sacrifice de Jésus-Christ, nous pouvons inverser cette funeste tendance: Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. 1 Corinthiens 15:21
La condition mortelle et désordonnée de l'homme naturelle peut, par l'acceptation du Salut en Jésus-Christ, être effacée et recréée pour faire place à une condition nouvelle ; c'est la régénération (re-création) :
Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ... Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses. 2 Corinthiens 5:17-19
Il est en notre pouvoir d'accepter ou de refuser ce Salut, cette re-création. Laisserez-vous passer cette chance inouïe ?
Préparatoire à un grenelle pour l'Énvironnement. (PAROLE DE MINISTRE...)
Fiche explicative sur l’effet de serre.
Créé le 28 juillet 1999. Actualisé le 15 avril 2004.
LE PHENOMENE DE L’EFFET DE SERRE:
La plus grande partie du rayonnement solaire traverse directement l’atmosphère pour réchauffer la surface du globe. La terre, à son tour, "renvoie" cette énergie dans l’espace sous forme de rayonnement infrarouge de grande longueur d’onde. La vapeur d’eau, le gaz carbonique, et d’autres gaz absorbent ce rayonnement renvoyé par la terre, empêchent l’énergie de passer directement de la surface du globe vers l’espace, et réchauffent ainsi l’atmosphère. L’augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre peut se comparer à la pose d’un double vitrage : si les apports de rayonnements solaires à l’intérieur de la serre restent constants, la température s’élèvera.
QUELS SONT LES GAZ CONTRIBUANT A L’EFFET DE SERRE ?
Contribuent à l’effet de serre la vapeur d’eau et les nuages, qui retiennent la chaleur.
Les principaux gaz à effet de serre émis par l’activité humaine sont :
- le gaz carbonique (CO2) - le méthane (CH4) - le protoxyde d’azote(ou N20).
Contribuent également à l’effet de serre:
- les chlorofluorocarbures(CFC), qui ont également pour effet d’appauvrir la couche d’ozone, - les substituts aux CFC (les HFC, PFC et le SF6).
On ajoute les gaz précurseurs de l’ozone troposphérique : composés organiques volatils(COV), les oxydes d’azote(NOX) et le monoxyde de carbone(CO).
Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son second rapport approuvé en décembre 1995 confirme l’opinion de la majorité des scientifiques selon laquelle les concentrations de gaz à effet de serre s’accroissent sous l’effet des activités humaines.
QUELLES SONT LES CONSEQUENCES DU RECHAUFFEMENT DE LA PLANETE ?
Les modèles utilisés par les climatologues prévoient une augmentation de la température moyenne du globe de 2°C entre 1990 et 2100 en cas de doublement de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Si rien n’était entrepris pour limiter l’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, un réchauffement beaucoup plus élevé pourrait être à prévoir. L’étude des climats du passé, ou "paléoclimatologie" montre qu’une variation de quelques degrés seulement de la température moyenne de la planète transforme profondément la physionomie de notre planète.
EXEMPLES D’INCIDENCES DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE.
Elévation du niveau des mers: La fonte d’une partie des glaces polaires et le réchauffement des océans pourraient entraîner une élévation du niveau des mers, que les hypothèses moyennes évaluent à 50 cm, menaçant 92 millions de personnes vivant dans les zones côtières . Selon certaines hypothèses, une perte de terres de 6 % pour les PAYS-BAS, de 17 % pour le BANGLADESCH serait à prévoir. En FRANCE, certaines régions côtières seraient affectées, notamment les espaces deltaïques(delta du Rhône).
Famines, santé des populations:
Les risques de disette alimentaire et de famine peuvent s’accroître dans certaines régions de la planète : Asie du Sud, de l’Est, et du sud-est, régions tropicales d’Amérique Latine. Les vagues de chaleur seront plus intenses et plus longues : on prévoit donc un accroissement consécutif des maladies cardio-vasculaires ; indirectement, un certain nombre de maladies se transmettront plus facilement (paludisme, dengue, fièvre jaune, encéphalites).
Crues et sécheresses, précipitations: Une augmentation est à prévoir de la fréquence et de la durée des grandes crues et des grandes sécheresses. En France, en cas d’augmentation de 2°C de la température moyenne, les précipitations d’hiver augmenteraient de 20 %, les précipitations d’été diminueraient de 15 %.
Modification des courants marins: Certains chercheurs envisagent la possibilité d’un ralentissement du " gulf stream " au niveau du nord de l’océan atlantique, ce qui aurait pour conséquence un fort refroidissement de la température moyenne en Europe occidentale alors que le niveau de cette température aurait tendance à s’élever sur le reste du globe.
L’ACTION INTERNATIONALE DE PREVENTION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE.
La convention de rio (9 mai 1992) Adoptée le 9 mai 1992 à New-York et signée à compter du 4 juin 1992 dans le cadre de la convention des nations unies sur le développement de Rio de Janeiro, la convention-cadre sur les changements climatiques est entrée en application le 21 mars 1994. Elle a été signée par 178 Etats, plus l’Union européenne.
Son objectif principal est défini dans l’article 2 : "stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique".
Elle assigne des obligations particulières à la charge des pays développés : ceux-ci doivent adopter des politiques et mesures dans le but de ramener individuellement ou conjointement à leurs niveaux de 1990 leurs émissions de gaz carbonique et d’autres gaz à effet de serre non réglementés par le protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone.
Mais cette convention n’est qu’une convention-cadre, elle prévoit que la conférence des parties examine si les engagements qu’elle a prévus sont adéquats eu égard à l’état des connaissances scientifiques et fixe par voie d’amendement ou de protocole des engagements nouveaux.
L’OBJET DE LA CONFERENCE DE KYOTO.
Lors d’une première conférence des parties à BERLIN en avril 1995, les Etats ont estimé que les engagements de Rio n’étaient pas "adéquats" et ont décidé que lors de sa troisième réunion à KYOTO, la conférence des parties adopterait un protocole par lequel les pays développés s’engageraient non plus sur une stabilisation des émissions, mais sur des objectifs quantifiés et calendriers de réduction d’émission de gaz à effet de serre, à des échéances telles que 2005, 2010 et 2020. La seconde conférence de GENEVE en juillet 1996 a prévu que ces objectifs seraient juridiquement contraignants.
LES RESULTATS DE LA CONFERENCE DE KYOTO (10 décembre 1997)
La conférence de Kyoto a abouti à l’adoption d’un protocole le 10 décembre 1997 qui prévoit de commencer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Le taux moyen de réduction consenti pour les principaux pays industrialisés est de -5,2% des émissions par rapport à leur niveau de 1990, ce qui, si l’on tient compte de l’augmentation observée depuis cette année, entraînera une réduction effective de près de 10% et, d’ici à 2010, de près de 30% par rapport à la croissance tendancielle des émissions observée aujourd’hui. Ce résultat assez positif a été rendu possible par l’attitude active de l’Union européenne, et sa volonté d’aboutir à des résultats significatifs. L’Union européenne avait proposé des objectifs quantifiés encore plus ambitieux pour l’ensemble des pays industrialisés et a fait pression sur ses partenaires pour qu’ils améliorent leurs propositions. Ainsi, par rapport aux propositions initiales, les objectifs quantifiés de réduction d’émissions sont-ils beaucoup plus élevés pour un certain nombre de pays, tels que le Japon (-6%) et les Etats-Unis (-7%). L’Europe a également contribué à rapprocher les positions antagonistes des Etats-Unis et des pays en voie de développement.
Le protocole a fixé un engagement de réduction de -8% des émissions pour chacun des pays de l’Union européenne (par rapport au niveau de 1990).
Toutefois, ces pays européens ont décidé de s’acquitter conjointement de cet engagement. Ainsi, le conseil des ministres de l’environnement du 17 juin 1998 a-t-il décidé que les Etats-membres se répartiraient cet effort en fonction de leur niveau d’émission de 1990, de leur démographie, ou de leur besoin de développement économique.
Cette répartition donne les objectifs suivants, pour les principaux pays :
Pays-Bas : -6%
France : 0%
Allemagne : -21%
Royaume-Uni : -12,5%
Italie : -6,5%
Grèce. : +25%
Espagne : +15%
L’accord de Kyoto porte sur les six principaux gaz à effet de serre (à l’exception de ceux rejetés par les avions et les navires) : gaz carbonique (CO2)le méthane (CH4)le protoxyde d’azote(ou N20) ainsi que trois nouveaux gaz (les HFC, PFC et le SF6).
LA CONFERENCE DE BUENOS-AIRES (2 au 13 novembre 1998)
Alors qu’un certain nombre de pays préparent les politiques et mesures domestiques qui leur permettront d’atteindre les objectifs de Kyoto, cette conférence a permis d’établir un programme de travail pour permettre de préciser par des règles et lignes directrices, les dispositions générales prévues dans le protocole de Kyoto : ces règles concernent les mécanismes d’échanges (mise en oeuvre conjointe, mécanisme de développement propre et permis négociables) pour lesquelles des décisions devront intervenir lors de la sixième conférence des parties (fin 2000).
Elles concernent également le dispositif de sanctions à mettre en place pour assurer le respect des engagements : un groupe de travail se réunira sur ce sujet en 1999, et des décisions devront être prises également lors de la sixième conférence des parties (fin 2000).
Est prévu également un atelier sur les " meilleures pratiques " en ce qui concerne les politiques et mesures, afin de permettre d’identifier les secteurs pour lesquels une coopération voire une coordination des politiques et mesures entre parties au protocole peut être renforcée.
L’ ACTION MENEE AU NIVEAU DE LA FRANCE.
La France est l’un des pays industrialisés dont la contribution à l’effet de serre est la moins forte (elle émettait en 1995 1,7 tonnes de carbone par an et par habitant). Cette situation résulte notamment de la politique d’économies d’énergie menée depuis le premier choc pétrolier. Notre pays a par ailleurs adopté un programme national de prévention du changement de climat, qui contient un certain nombre de mesures tendant à réduire les émissions de gaz carbonique, de méthane, de protoxyde d’azote et d’autres gaz à effet de serre, dans des secteurs tels que :
* le bâtiment, par le renforcement de la réglementation thermique dans l’habitat ;
* l’industrie, par des incitations fiscales aux économies d’énergie et des accords volontaires de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ;
* les transports, par des dispositions tendant à réduire la consommation énergétique des véhicules.
Ce programme, actualisé en mai 1997, est renforcé par la mise en oeuvre de la loi du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie, dont bon nombre de dispositions, tant en ce qui concerne le développement des transports moins polluants que dans son volet maîtrise de l’énergie, contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il a été complété par un plan de lutte contre l’effet de serre, présenté par Mme VOYNET au conseil des ministres du 26 novembre 1997.
Des réflexions seront menées, dans le courant de l’année 1999 sur le renforcement de ces mesures. Un nouveau programme sera adopté en fin d’année 1999 par la commission interministérielle de l’effet de serre.
Coup d’accélérateur pour la fonte des glaces du Groenland.
La quantité de glace recouvrant le Groenland se réduit de plus en plus, n’arrivant plus à être compensée par les chutes de neige. La fonte a augmenté de 10 % de 2005 à 2007.
Entre 1979 (date des premiers relevés par satellite) et 2006, la fonte s’est accrue d’environ 30% à l'ouest du Groenland, avec des pics atteints en 1987, 1991, 1998, 2002, 2005 et 2007. Pendant ce temps la température de la couche d’air en surface augmentait de près de 4°C, probablement sous l’effet du réchauffement climatique.
Bien que les glaces du Groenland se soient épaissies en certains endroits après des chutes de neige abondantes, ce gain ne compense plus les pertes estivales dues à la fonte des glaciers. Selon Steffen, le Groenland a perdu en une seule année le double de la quantité de glace contenue dans les Alpes.
A l’est du Groenland, le glacier Jacobshavn qui concentre environ 8% des glaces du plateau environnant a vu sa cadence de fonte doubler au cours de la dernière décennie. L'eau qui s’en échappe s’infiltre sous les glaciers situés en contrebas. Elle produit un effet de lubrification grâce auquel ces masses de glace glissent vers la côte à une vitesse qui ne cesse d’augmenter.
« A terme, les régions les plus sensibles au changement climatique sont les glaciers dits dynamiques comme le Jacobshavn, qui génèrent des canaux d’écoulement depuis les zones les plus éloignées », indique Steffen. Il ajoute que l’inclusion de ces glaciers dans le modèle de l'Intergovernmental 2007 Panel sur l'évaluation des conséquences du changement climatique démontrera probablement que les prévisions de l'élévation du niveau de la mer sont nettement sous-évaluées.
Dérive de la banquise, Groenland.
Des relevés effectués par hélicoptère indiquent un plus grand nombre de puits de glace, sorte de tunnels verticaux de forte section atteignant les couches de roche en sous-sol et qui permettent aux eaux de fonte de passer sous la couche de glace. « Ces véritables drains naturels permettent à la couche de glace de répondre plus rapidement que prévu aux pics de température en début de saison chaude, déclare Steffen. Cette année, la fonte a commencé beaucoup plus tôt que d’habitude».
Steffen et son équipe ont utilisé un laser rotatif et un système d’imagerie numérique à haute résolution fournis par le Jet Propulsion Laboratory de la Nasa pour relever le volume et la géométrie des puits de glace sur la carte du Groenland, jusqu’à une profondeur de plus de 300 mètres. « Nous savons que leur nombre augmente, déclare Steffen. Le tout est de savoir quelle quantité d’eau atteint le lit de glace et avec quelle rapidité elle y arrive».
Ce que nous détruisons...
La superficie du Groenland est d’environ un quart de celle des Etats-Unis, et 80% en sont recouverts par la glace, ce qui représente environ 3.100.000 kilomètres cubes. Sa fonte complète provoquerait une élévation du niveau des océans d’environ 8 mètres.
Dix ans après la conférence de Kyoto, qui s'était tenue le 10 décembre 1997, une nouvelle conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique a lieu à Bali du 3 au 14 décembre 2007. Depuis 1997, la donne a un peu changé : outre le fait que l'humanité tout entière a pris conscience que la Terre est en danger. De son côté, George Bush, au nom des Etats-Unis – gros pollueurs –, a toujours refusé de signer le protocole de Kyoto.
Selon les scientifiques, pour limiter le réchauffement à 2°C, il faudrait diviser par deux les émissions de GES d'ici 2050 (80% pour les pays industrialisés). Or, le protocole de Kyoto ne prévoit qu'une baisse de 5% des émissions de gaz à effet de serre dans les 38 pays les plus industrialisés pour 2008-2012. A titre d’exemple, Un Américain envoie 20 tonnes de C02 dans l’atmosphère contre 8 tonnes par un Européen et 2 tonnes pour un Chinois. Un rapport publié par le National Environmental Trust (NET) indique que de nombreux États américains émettent individuellement plus de gaz à effet de serre (GES) que des centaines de nations en développement réunis. Le rapport, intitulé "Taking Responsibility" ("Prendre ses responsabilités") , compare les émissions annuelles des États à celles des pays en développement et des pays développés. Les États-Unis émettent 29% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, contre 23% pour l'ensemble des pays en développement. De nombreux États américains rejettent plus de GES que plusieurs pays en développement. Par exemple : individuellement, 42 États américains émettent plus de C02 que 100 pays en développement. Même le Wyoming, l'État américain ayant la plus faible densité de population avec 510 000 habitants, émet plus de CO2 que 69 pays en développement où vivent 357 millions de personnes. Les 10 premiers États américains en termes d'émissions de GES, sont comparés à des ensembles de pays en développement et quelques pays développés. Ainsi, le rapport indique que l'État du Texas émet plus de CO2 que le Royaume-Uni, où vivent près de 3 fois plus de personnes. Le Texas rejette également plus de CO2 que l'Italie, que la France ou que 116 pays en développement. La Californie, le deuxième État américain le plus pollueur, émet plus de GES que le Brésil, qui compte presque 5 fois plus d'habitants, ou que 106 pays en développement (1).
Le réchauffement climatique pourrait provoquer une "guerre civile mondiale" en exacerbant des tensions latentes entre des populations, estiment des experts dans un rapport rendu public, lundi 10 décembre, à Bali, au cours de la conférence internationale sur le climat. L'étude du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) est diffusée – ce n'est pas un hasard – le jour de la remise à Oslo du prix Nobel de la paix à Al Gore et au Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (GIEC). La fonte des glaciers ou l'explosion du nombre de "réfugiés climatiques" due à la montée des océans est susceptible de déstabiliser des régions entières, expliquent les auteurs du rapport, selon lesquels "agir pour le climat est agir pour la paix". Les zones à risques identifiées sont nombreuses : l'Afrique australe, le Sahel, la Méditerranée, le sous-continent indien, la Chine, les Caraïbes et le golfe du Mexique, les Andes et l'Amazonie (2). Le rapport "trace un scénario crédible pour l'avenir", a mis en garde, lors une conférence de presse, Hans Schellnhuber, un des auteurs de l'étude, directeur de l'Institut de recherche sur l'impact du climat de Potsdam. "Si le réchauffement climatique n'est pas jugulé, des Etats fragiles et vulnérables, qui sont déjà aujourd'hui assez mal gérés, pourraient imploser sous la pression du réchauffement global, puis générer des ondes de choc vers d'autres pays", a-t-il estimé. Au sud du Bassin méditerranéen, par exemple, le rapport indique que le potentiel de crise politique et la pression migratoire vont s'intentifier, en conséquence de l'interaction entre manque d'eau, chute des rendements agricoles, forte hausse de la population et précarité des institutions politiques. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé, lundi 10 décembre , à Bangkok, les puissances émergentes à accentuer leur lutte contre le réchauffement climatique. "Les pays en voie de développement doivent cesser de considérer le réchauffement climatique uniquement comme un problème d'environnement mais commencer à l'appréhender sous l'angle du développement", a-t-il dit. "Le changement climatique à l'œuvre découle de pratiques de développement intenables. Et il constitue une menace sérieuse au progrès humain partout dans le monde et également ici en Asie", a déclaré M. Ban lors d'une conférence de presse à Bangkok. Un nouveau rapport des Nations Unies : « Le changement climatique et les conflits » révèle les risques et les points chauds probables . La lutte contre le changement climatique sera un thème principal de la politique de la paix au 21e siècle. Si le problème du changement climatique n'est pas contrôlé, il est susceptible d'aggraver d'anciennes tensions et d'en déclencher de nouvelles dans certaines parties du monde qui pourraient sombrer dans la violence, le conflit et la guerre. Les zones à risque d'insécurité accrues sont notamment le nord et le sud de l'Afrique, ainsi que la région Sahélienne et la Méditerranée.
Autrement dit le changement climatique, y compris des événements météorologiques extrêmes tels que les impacts de la fonte des glaces, l'assèchement de grands systèmes forestiers et la hausse du nombre de réfugiés climatiques, risque de dépasser la capacité de gouvernance de nombreux pays. "Sans moyens de lutter, le changement climatique détruira les capacités adaptatives de nombreuses sociétés dans les décennies à venir. Cela pourrait entraîner de la déstabilisation et de la violence compromettant la sécurité nationale et internationale à un nouveau niveau ". Parmi les points chauds régionaux En Afrique du Nord: Les risques de crise politique et de pression migratoire intensifieront à la suite de l'interaction croissante interaction entre la sécheresse et la pénurie d'eau, la forte croissance démographique, la baisse du potentiel agricole et la faible capacité politique pour résoudre les problèmes.
Pour Gilles Biassette (3) : "Conflits, famines, déplacements de population : partout dans le monde, la rencontre de phénomènes climatiques et de problèmes humanitaires menacent les équilibres régionaux." Au Brésil, les réfugiés du climat gagnent les bidonvilles. En 2004, les météorologues ont découvert un nouveau phénomène : pour la première fois, un cyclone se formait dans l’Atlantique sud, et s’en allait dévaster la côte sud du Brésil, dans la région du Rio Grande do Sul. Plus de 13 000 personnes se sont retrouvées sans toit après le passage de vents à 150 km/h, avec la conviction que Catarina n’était qu’une première, et que le Brésil devait se préparer à d’autres phénomènes de ce genre. Le sous-continent indien compte encore la moitié de sa population vivant de l’agriculture, soit près de 600 millions d’habitants, dont 60 % sont largement dépendants des conditions pluviométriques. Les modifications de la mousson provoquent déjà des précipitations diluviennes ou des épisodes de sécheresse caniculaire. Selon les prévisions, l’accroissement de la température de 1 °C ou 2 °C peut entraîner une diminution moyenne d’au moins 10 % de la production céréalière. En Chine, 300 millions d’habitants ont déjà rejoint les villes. Désertification au nord, inondations au sud, lacs et fleuves pollués, terres cultivables réduites, industrialisation à outrance et dévoreuse d’énergie, eaux usées et polluées, grands travaux d’infrastructures… ce cycle infernal, qui mêle phénomènes climatiques et croissance économique à deux chiffres, en Chine, menace ces dix dernières années l’équilibre globale de la société chinoise. Au Mexique, les ouragans poussent les pauvres au départ vers les Etats-Unis. En Indonésie, des îles vont disparaître à cause de la déforestation à outrance L’archipel indonésien compte près de 20 000 îles, dont 2 000 pourraient disparaître d’ici à 2030, selon les experts, du fait des dommages environnementaux et de l’exploitation humaine. Au Darfour, la désertification a préparé le terrain du conflit... « Le conflit au Darfour a commencé comme une crise écologique, résultant au moins en partie du changement climatique », écrivait en juin dernier le secrétaire général de l’ONU. Ban Ki-moon rappelait que la raréfaction de l’eau et des pâturages a rendu conflictuelle l’utilisation des terres entre cultivateurs sédentaires et éleveurs nomades. Et c’est ainsi qu’ont éclaté les premiers conflits armés. En Égypte, la montée des eaux entraînera des mouvements de population Les études sur la montée du niveau des eaux sur la côte égyptienne prévoient qu’une portion considérable du nord du delta du Nil sera perdue en raison des inondations et de l’érosion des sols. Au Bangladesh, l’exode massif de la population est inéluctable Le Bangladesh présente une vulnérabilité particulière au changement climatique. Ce pays de 147 millions d’habitants, à la démographie galopante, est menacé par la montée des eaux sur son littoral, phénomène qui contraindrait près de 15 millions de personnes à quitter la région pour trouver ailleurs de quoi subvenir à leurs besoins.
Le prix Nobel remis à Al Gore et au Giec, lundi 10 décembre, témoigne d'une prise de conscience : les changements climatiques peuvent aussi entraîner des mouvements de population et des guerres. Au cours de la conférence de Bali, l’Europe, qui s’est engagée à réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, va donc s’efforcer de rallier à cet objectif les pays développés qui n’ont pas ratifié Kyoto, en tête desquels les Etats-Unis. « La menace climatique qui pèse sur la survie de nos civilisations exige une mobilisation universelle, prompte et ambitieuse, a dit l'ancien vice-président américain Al Gore Prix Nobel de la paix. "L'issue sera influencée de manière décisive par deux nations qui n'en font pas assez aujourd'hui: les Etats-Unis et la Chine (...) Ce sont les deux principaux émetteurs de CO2, surtout mon propre pays, qui devront faire les gestes les plus audacieux sous peine d'être jugés par l'Histoire pour leur inaction", a déclaré M. Gore. "Les deux pays devraient cesser d'utiliser le comportement de l'autre comme une excuse pour bloquer" les efforts internationaux de réduction de gaz à effet de serre (GES) --au premier rang desquels le dioxyde de carbone (CO2)--, à l'origine de la montée du thermomètre, a-t-il affirmé. Il est temps de faire la paix avec notre planète", a dit Al Gore, Nous avons tout ce qu'il faut pour nous atteler à la tâche, sauf peut-être la volonté politique, mais la volonté politique est une énergie renouvelable", a conclu M. Gore (4).
Pour parler de l’après Kyoto, il faut savoir que très peu de pays ont respecté les contraintes à ne pas dépasser. Selon l'ONG allemande Germanwatch qui a publié le 7 décembre son classement annuel des performances climatiques des 56 pays les plus pollueurs de la planète, les deux pays qui font le moins d'efforts pour la protection de l'environnement sont l'Arabie saoudite et les Etats-Unis. Les conséquences des changements climatiques sont réelles. Pas question en définitive –ambitions revues à la baisse du fait que les Etats-Unis ne veulent entendre parler de chiffres-, à Bali d'arrêter de nouveaux objectifs chiffrés, a rappelé M. De Boer, mais bel et bien "d'affirmer une ambition" conforme aux mises en garde des scientifiques. Celle-ci viserait une réduction souhaitable des émissions mondiales autour de moins 25 à moins 40% de GES d'ici 2020, comme le prévoyait le projet d'accord depuis de précédents pourparlers en août à Vienne. Le projet de déclaration finale rédigé par l'Indonésie, l'Afrique du Sud et l'Australie, souligne, sur la base des preuves scientifiques réunies par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), que les pays riches devraient viser une réduction de 25 à 40 % de leurs émissions de GES d'ici à 2020 par rapport à 1990. D'autres pays comme le Japon ou la Chine sont également opposés à ce projet de déclaration finale, redoutant que des objectifs trop rigides n'altèrent la croissance économique
S’agissant de la position de l’Algérie concernant les changements climatiques c’est le flou artistique absolu. Le ministère de l’environnement rame tout seul sans aucun cap d’ensemble du pays et qui engagerait tout les départements ministériels. Chaque département a sa propre approche. Tout les ministères sont concernés à un degré ou à un autre. Il s’agit en fait de faire face aux changements climatiques en s’appuyant sur la science. On sait que l’Algérie consomme près de 33 millions de tonnes équivalent pétrole. C'est-à-dire qu’elle envoie dans l’atmosphère l’équivalent de 75millions de tonnes de CO2. On pense que des économies d’énergie peuvent réduire la consommation d’au moins 20 % soit l’équivalent de 7 millions de t.e.p ; soit encore 50 millions de barils qui représentent une manne de 5 milliards de dollars rien que par une gestion intelligente et des économies d’énergie. L’Aprue : l’Agence chargée de développer une stratégie énergétique est bien seule. L’idéal est qu’il y ait un cap directeur sur la stratégie énergétique de l’Algérie dans les 25 prochaines années. On ne doit pas perdre de temps , une fois le cap tracé des Etats généraux de l’environnement du style « Le Grenelle de l’environnement » en France qui associent tout les acteurs et la société civile déboucheraient sur une charte environnementale qui engage les consommateurs d’énergie à commencer par le citoyen lambda qui doit troquer son comportement de simple consommateur pour un comportement d’éco-citoyen.
On l’aura compris ce n’est pas Nicolas Hulot avec tout son charisme qui fera le travail à notre place. Il vient que dans ce domaine comme dans tant d’autres tant que les compétences in situ sont démonétisées au profit d’une expertise totalement étrangère, on n’avancera pas et nous n’avons que les problèmes que nous méritons...
Les origines de l'ours blanc font l'objet de plusieurs théories. Les dernières études génétiques ouvrent de nouvelles perspectives mais sans apporter de solutions définitives. Communément, on peut lire que l'Hémicyon serait l'ancêtre commun des ours. Il a fait son apparition il y a environ 20 millions d'années. Originaire d'Asie, cet animal a progressivement peuplé l'ensemble de l'Eurasie. Environ 12 millions d'années plus tard, entre en scène l'ours étrusque. De la lignée de ce dernier serait issu le premier ours brun. Celui-ci, dans la physionomie que nous lui connaissons aujourd'hui, apparaît en Chine, il y a 600 000 ans.
L'ours blanc serait arrivé en Arctique il y a environ 100 000 ans. Quand l'ours est arrivé sur la banquise, il a du s'adapter à de nouvelles contraintes. Les plantes étant absentes, il redevint exclusivement carnivore.
Il semblerait, d'après une comparaison de l'ADN effectuée il y a une dizaine d'années, que certaines populations d'ours bruns d'Alaska, auraient un ancêtre commun plus récent avec l'ours polaire qu'avec les autres populations d'ours bruns.Les origines exactes de l'ours polaire seraient donc bien plus complexes qu'on ne l'imaginait.
En captivité, plusieurs tentatives d'hybridation ont eu lieu et ont abouti à la naissance d'oursons hybrides. En 1936 et 1939, au zoo de Washington, les petits d'une ourse blanche et d'un ours brun ont vu le jour. D'une taille exceptionnelle, ces oursons avaient un pelage jaunâtre. Cette hybridation atteste la parenté des deux espèces. Les petits étaient fertiles.
Toujours est-il que l'ours polaire a dû s'adaper à son nouvel environnement. Peu à peu, ses pattes se sont légèrement palmées afin de se mouvoir avec aisance dans l'eau. Elles se sont également recouvertes de poils drus pour mieux adhérer à la glace.
Sa tête est plus allongée que celle de l'ours brun. Cela lui permet de mieux se glisser dans les trous de glace pour attraper les phoques.
L'ours polaire s'est tellement armé contre le froid qu'un mâle qui marche à 7 km/h voit sa température interne monter à 39°C alors que la température ambiance ne dépasse pas - 25°C.
Le long sommeil de l'ours blanc. Les ours polaires choisissent un endroit protégé du vent, face au sud, dissimulé par une congère épaisse. Les fonctions corporelles de l’ours sont en fait simplement ralenties. Le rythme cardiaque ainsi que le rythme respiratoire chutent. Cependant, il ne s'agit pas d'une vraie hibernation. La température du corps ne s'abaisse pas et l'ours peut se réveiller très rapidement en cas de nécessité.
L'ours polaire vit entièrement sur ses réserves de graisse pendant ce long sommeil. Des grottes de neige sont creusées dans de profondes congères, au bout de longs tunnels. Une tanière peut maintenir une température de O°C alors qu'il fait - 34°C à l'extérieur.
Qu’est ce qui permet à un animal aussi gros de survivre pendant plusieurs mois, sans boire ni se nourrir, et sans jamais déféquer, ni uriner ? Si nous pouvions répondre à ces questions, peut-être pourrions nous prolonger la durée de vie de l’homme.
Famille d'ours.
La reproduction.
Les femelles ont un cycle reproducteur unique appelé « implantation différée ». Fécondée par le mâle en juin, elles portent l’embryon pendant 5 mois. Si la femelle a emmagasiné suffisamment de graisse pendant la période « chaude », l’embryon pourra se développer en novembre et les oursons naîtront en hiver.
Aveugles, sourds, édentés, les bébés (1 à 4 tous les 3 ans) sont sans défense. Comparés à leur mère, ils semblent minuscules : 20 cm pour 600 g Les oursons n’hibernent pas. Aux premiers cris des nouveau-nés, la mère se réveille, les attire dans sa fourrure et les blottit contre ses tétines. Durant les 4 mois suivants, elle ne s’éveillera que pour examiner l’état de santé de ses petits et ingurgiter leurs excréments afin que la tanière reste propre.
L’enfance. Au début, les oursons, bien à l’abri dans la tanière, ne font que manger et dormir. 12 semaines plus tard, ils sont déjà très exubérants. Au mois de mars, leur mère se réveille et sort de son abri. C’est le moment le plus dangereux pour les oursons. Loups affamés, ours adultes agressifs, maladies, le taux de mortalité atteint 50% dans les six premiers mois.
Les oursons suivent leur mère pour apprendre à survivre. Leur mère leur enseigne les techniques de chasse et leur montre les zones d’hibernation. Les oursons jouent beaucoup par goût et pour l’apprentissage de leur future vie d’adulte.Ils se bagarrent entre eux et dévalent les pentes enneigées sur le ventre. Les liens affectifs entre la mère et ses petits sont très forts. A 3 ans, les jeunes quittent leur mère pour une longue vie solitaire.
De bons nageurs. Les premiers explorateurs de l’Arctique surnommaient l’ours polaire « Ursus maritimus » à cause de ses talents de nageur. La vitesse de pointe dans l’eau est de 8 Km/h et il peut plonger à plusieurs mètres. Sa couche de graisse de 5 à 10 cm d’épaisseur l’aide à flotter et le protège des eaux glacées. On a déjà repéré des ours à plus de 100 Km des côtes.
Techniques de chasse. L’ours polaire erre 12h par jour, la truffe au vent, en quête de nourriture. Son flair exceptionnel lui permet de détecter l’odeur d’un phoque à 32 Km de là. Il passe rarement une semaine ou deux sans avoir tué une grosse proie.
Il peut traquer sa proie et la capturer en surface au moment où le phoque émerge de l’eau. Posté au bord du trou de respiration, l’ours assomme d’un coup de patte le phoque qui remonte. Là, il peut l’attraper grâce à ses griffes et le hisser. Il l’achève d’une morsure au cou. Un ours polaire affamé peut dévorer en une seule fois un phoque de 70 kg, nageoires et os compris. Les chercheurs ont remarqué que les ours polaires pouvaient tuer pour se divertir ou pour l’apprentissage des oursons.
Les phoques constituent 90% de son alimentation. Cependant, il n'hésite pas à s'attaquer à d'autres mammifères marins encore bien plus imposants. Il lui arrive de chasser le béluga (ou bélouga), qui a parfois l'imprudence de se faire emprisonner dans les glaces d'une baie lors de l'embâcle. Piégé, le béluga doit remonter régulièrement à la surface pour respirer. L'ours polaire attend tranquillement le moment propice pour le tuer.
Les migrations saisonnières. On distingue la banquise permanente, des banquises saisonnières. La première, située au milieu de l'océan Arctique, ne fond jamais. Elle est entourée de la banquise saisonnière, qui fond partiellement l'été; on l'appelle le pack.Les vents soufflent en permanence sur la banquise, provoquant un gigantesque mouvement des glaces. Les blocs de glace qui dérivent sont entrecoupés de chenaux d'eau libre. Le paysage est en permanence modifié sous l'effet des courants et des vents. Pourtant, l'ours se repère parfaitement bien dans ces chenaux. Le pack est le lieu de prédilection du phoque et donc de l'ours. Dans la mer du Groenland et la mer de Bering, l'ours devra parcourir plusieurs milliers de kilomètres chaque année pour suivre les icebergs. Plus au sud, dans la baie d'Hudson et la baie James au Canada, la glace fond complètement en été. L'ours polaire se réfugie sur la terre ferme et fait de nombreuses incursions dans les décharges publiques.
Les chercheurs s'expliquent encore difficilement comment l'ours polaire parvient à se repérer dans cette immensité glacée. A la fin de l'hiver, au moment du dégel, les proies se font rares. L'ours blanc doit modifier son régime alimentaire. Oiseaux, lièvres, poissons ou rongeurs sont insuffisants pour apaiser sa faim. Il plonge pour ramener de grandes algues et se nourrit d'herbe et de baies. C'est à ce moment là qu'il peut dévaster des habitations isolées pour trouver de la nourriture.
Situé sur la côte ouest de la baie d'Hudson, le village canadien de Churchill accueille chaque année, à la mi-novembre, des ours blancs qui attendent la formation de la banquise.
Protection. Depuis 300 ans, des millions d’ours ont été massacrés à travers le monde. Les pêcheurs de baleines tuèrent les ours polaires dès le 19ème siècle, soit pour leur chair ou leur peau, soit pour se divertir. La population des ours polaires chuta dangereusement.
Heureusement, depuis 1976, l'ours blanc est un animal protégé par une convention de sauvegarde internationale. Les Inuits ont le droit de le chasser mais selon des règles et des quotas très stricts.
Malheureusement, depuis 10 ans, le réchauffement climatique met en danger les populations. La banquise se forme avec du retard. Les ours doivent écourter la période de chasse et ne parviennent plus à stocker assez de graisse jusqu'à l'hiver suivant.
Si les femelles n’emmagasinent pas suffisamment de graisse pour l’hiver, elles ne pourront mettre bas. Ce réchauffement pourrait donc rapidement mener à l’extinction de l’espèce, du moins en liberté.
On estime le nombre d'ours blancs dans le monde entre 16 000 et 35 000 individus. (données pour 2005)
Ours blanc.
Menaces: Les tests que l'on a effectué sur les carottes glaciaires prélevées dans la banquise arctique indiquent que les gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère ont atteint leur plus haut niveau en 420 000 ans. Il en résulte une augmentation rapide de la température du globe, qui entraîne des bouleversements. La masse de la banquise de la mer Arctique a diminué de 14 % par rapport à ce qu'elle était il y a tout juste 20 ans, une situation désastreuse pour les ours blancs qui dépendent de la glace pour accéder à leurs sources de nourriture.
Son ancetre estimé, l'ourse brun.
Les vents, les précipitations et les courants marins présentent également un danger pour l'ours blanc, car ils transportent vers l'Arctique des substances chimiques polluantes produites plus au sud. Parmi ces substances, certaines sont des polluants organiques persistants (POP) qui ne se dégradent pas. Ils se concentrent au long de la chaîne alimentaire par bioaccumulation, si bien que lorsqu'ils atteignent le prédateur au sommet de la chaîne, soit l'ours blanc, la concentration en composés toxiques atteint un taux alarmant. Malheureusement, l'ours blanc ne possède aucun moyen naturel pour se défendre contre la dégradation de son environnement. Sa force, sa taille et son ingéniosité ne lui sont d'aucune utilité en pareille situation.
Ours blancs et sous-marin.
Les Inuits qui peuplent le même territoire, ainsi que les espèces sauvages, subissent les contrecoups de ces transformations de leur environnement. Le WWF joue un rôle prépondérant de soutien à la recherche et il mène partout sur la planète des actions visant à contrer les graves menaces que représentent les POP et les changements climatiques. Les efforts doivent se poursuivre en vue de cerner les causes des changements climatiques et de la pollution chimique afin d'en renverser les effets sur le plus vaste territoire sauvage de la planète.
Pour maintenir l'augmentation globale des températures en deçà de deux degrés, nous savons ce qu'il faut faire : réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment de dioxyde de carbone (CO2), d'ici à 2050. Pour Greenpeace, nous pouvons relever ce défi, à condition de mettre en œuvre une politique énergétique nouvelle, fondée sur l'efficacité énergétique et un développement massif des renouvelables.
Greenpeace estime que les mesures présentées le 19 décembre 2007 par la Commission européenne pour limiter les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des véhicules particuliers, privilégient les intérêts de l’industrie automobile européenne au lieu de relever le défi des changements climatiques.
La Commission européenne propose de limiter les émissions à une moyenne de 130g de CO2/km pour les véhicules neufs d’ici à 2012 (contre 160g en 2006). Un objectif revu à la baisse par rapport à l’ambition initiale de 120g CO2/km. Pire, le texte ne propose aucune réduction supplémentaire à plus long terme, alors que les ONG demandaient un engagement sur 80g à horizon 2020.
Côté sanctions financières à l’encontre des constructeurs qui ne respecteraient pas ces limitations, la Commission opterait pour une amende de 20 € par gramme de C02 en trop en 2012, et de 95 € en 2015 seulement. Des pénalités trop légères pour avoir un effet dissuasif et qui ne seront intégralement appliquées qu’en 2015.
Enfin, ultime cadeau aux industriels : le taux d’émissions de CO2 des véhicules neufs serait calculé en fonction du poids des voitures. Rien pour les inciter à produire des véhicules plus légers, donc moins gourmands en carburant.
« Voilà plus de quinze ans que la norme des 120g/km est évoquée en Europe comme l’une des solutions pour limiter l’impact du secteur des transports sur le climat, déclare Karine Gavand, chargée de la campagne Climat de Greenpeace France. Au lieu de relever le défi, la Commission cède au lobby automobile. Dans ces conditions, on ne voit pas comment l’Union européenne va pouvoir respecter son engagement, réaffirmé à Bali, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre 20 à 30 % d’ici à 2020. »
Greenpeace exhorte le Parlement et les ministres européens de l’Environnement à résister à la pression de l’industrie automobile et à renforcer la législation proposée. Greenpeace s’adresse en particulier à la France, restée trop discrète alors que les conclusions du Grenelle de l’environnement indiquaient que le seuil des 120g était un préalable à toute négociation. « Il faut la norme la plus exigeante pour tous », avait même déclaré le président Sarkozy. « Depuis la France ne s’est exprimée que pour défendre, sans succès, les intérêts des industriels français face à leurs concurrents allemands », reprend Karine Gavand.
Feux de forêt
Pour cela, la France doit pousser la Commission européenne à : - restituer l’objectif de 120g de CO2/km d’ici à 2012 et l’assortir d’un objectif de 80g de CO2/km à horizon 2020 ; - prendre comme critère pour les standards d’émissions, l’utilité du véhicule (calculée à partir de l’empreinte au sol) et non son poids ; - imposer des sanctions fortes : 150 €/g de CO2 dépassant la limite légale, quel que soit le véhicule.
« Les technologies existent, l’urgence climatique est là. La Commission doit prendre ses responsabilités. La France qui présidera l’Union en 2008 a un rôle majeur à jouer. Nous lui demandons d’être ambitieuse et exigeante ! », conclut Karine Gavand.
Terre et réchauffement climatique. (notez la couleur)
1. Interactions en chaîne.
Communément nous avons tous entendu parlé du lien entre les forêts et le climat. Tout d'abord leur rôle sur les précipitations, l'évaporation générée, leur captage des eaux de pluie, dans un cycle perpétuel local, mais aussi planétaire et global. A une aire où l'eau est déjà considérée comme l'or blanc dans nombreuses régions du globe, alors que les nations sont prêtes à perpétrer des conflits armés pour s’assurer l'approvisionnement en eau, où les prévisions insistent sur l'accentuation de cette problématique dans les prochaines décennies, l'impact de la déforestation sur le cycle de l'eau planétaire semble encore ne pas faire le poids face aux problématiques politiques et économiques de court terme.
Les pays riches du Nord sont-ils protégés des incidences générées par la déforestation fulgurante du Sud ? S'il n'y a pas d'équation simple, des études ont démontré que le déboisement en Amérique Centrale affecte directement la pluviométrie et le climat de l'ensemble du Golfe du Mexique, et même du Texas (notamment les études réalisées avec le GPCP, Projet climatologique de précipitation mondiale). Plus surprenant, la déforestation africaine influe sur les précipitations du centre-ouest des Etats-Unis, alors que la Chine et les Balkans sont perturbés par l'abattage de bois en Asie du Sud-Est. Les fortes variations des niveaux de précipitations génèrent inondations et sécheresses, selon les régions. Ainsi l'économie du bois réchauffe le climat de la planète (émissions de CO2) tout en pillant les ressources naturelles et financières d'autres secteurs sinistrés par les effets secondaires de la déforestation.
Les forêts tropicales sont au premier plan de cet effet pernicieux. Elles bénéficient des deux tiers des précipitations planétaires. L'eau s'y transforme en gaz puis inversement, dans un cycle qui libère et accumule alternativement de la chaleur, constituant ainsi le premier régulateur thermique du globe. En capturant moins la chaleur et en la libérant pour la planète entière, la pression atmosphérique s'en trouve à son tour modifiée, tout comme le système de circulation des masses d’air sur le globe, entraînant les tempêtes bien au-delà de leurs circuits courants, sur des trajectoires nouvelles. Le bassin amazonien se situe ainsi sur la ligne du front climatique, proche voisin des cyclones centre-américains ou des inondations du Rhône.... Ce qui n'empêche pas l'intensive coupe de bois tant au Brésil, qu'en Equateur.
Rivière Sunnamary, Guyanne F.
2. Aggravation de l’effet de serre :
Les émissions de gaz à effet de serre ont été particulièrement étudiées et ont fait l'objet d'une grande communication auprès du grand public comme des décideurs politiques, particulièrement depuis le protocole de Kyoto en 1997. Depuis la fin du XVIIIe siècle, le phénomène d'effet de serre est physiquement démontré sous sa forme naturelle et variable : il génère une augmentation de la température moyenne sur Terre sous l'effet du rayonnement infrarouge en partie piégé par plusieurs gaz présents dans l'atmosphère en quantité accrue. Ainsi les rayons émis par la Terre, qui réverbère une partie de la lumière solaire, sont partiellement bloqués et contribuent au réchauffement climatique terrestre, pourtant au départ nécessaire à notre survie.
L'augmentation des émissions de gaz à effet de serre due aux activités humaines est en fait connue depuis 1896. Pourtant durant la majeure partie du XXe siècle, on n’imagine même pas que cela puisse entraîner un changement sur la température et le climat mondial. C'est en 1988 que le GEIC (Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) voit finalement le jour avec l'aide des Nations Unies. Une étude réalisée en 2005 démontre que la teneur en gaz à effet de serre n'a jamais été aussi élevée qu'aujourd'hui depuis les 650.000 dernières années.
La vapeur d'eau, le méthane, le dioxyde de carbone, le protoxyde d'azote et l'ozone sont les principaux GES (gaz à effet de serre). Ce sont des gaz polyatomique, c'est-à-dire comportant au moins 3 atomes, qui agissent de la sorte sur les rayons infrarouges, tandis que les gaz de molécules diatomiques qui composent 99 % de l'atmosphère terrestre n'ont aucun impact sur ces rayons. Les nuages sont ainsi à la fois une barrière aux rayons solaires directs et une barrière après réverbération sur le sol.
Depuis près d'une décennie, des scientifiques de par le monde affirment que l'aggravation de l'effet de serre est principalement à l'origine du changement climatique amorcé. Et ce bouleversement climatique a des répercussions économiques, politiques et sociales. Certains effets restent discrets ou indirects. D'autres sont plus flagrants, comme le réchauffement prolongé de l'eau dans l’Océan Indien entraînant le blanchiment des coraux en 1997, puis sa mort l’année suivante. Est-il besoin de rappeler les 16.000 Français décédés des conséquences de la canicule d'août 2003, ou encore les deux tempêtes de 1999 qui ont refaçonnés le paysage forestier de l'hexagone ? Depuis 1979, la banquise arctique a déjà perdu 40 % de son épaisseur. A ce rythme, et prévoyant une hausse de la consommation d'énergies fossiles dans les pays en voie de développement, la probabilité est forte que la température atteigne dans un siècle celle connue lors du Crétacé supérieur, c'est-à-dire il y a 80 millions d'années. Non seulement certaines conséquences seront catastrophiques à l’échelle humaine, mais il est envisagé que prochainement la dynamique engagée ne puisse plus être renversée, ni par l'homme, ni par la nature elle-même.
Reserve "Serra da Bocaina". (Brésil)
La bio-séquestration du carbone, c'est-à-dire la fixation du gaz carbonique par les forêts, est devenu un nouveau thème de discussion au niveau mondial, sachant notamment que les Etats peinent à légiférer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans leurs économies. Le protocole de Kyoto a introduit la notion d'argent dans la lutte contre l'émission de gaz à effet de serre, créditant les Etats de quota d'émission à terme et permettant le rachat et la vente de ces quotas entre les pays (droits à polluer !). Parce que la déforestation représente 15 à 20 % des émissions de GES, le protocole a imaginé une alternative pour les industries émettrices de CO2 : elles peuvent se voir adjuger davantage de crédits de CO2 en finançant des projets de reboisement ou de prévention de la déforestation. Mais cette option reste marginale, pour le moment. Natarajan Ishwaran, directeur de la division des sciences écologiques de l'UNESCO, affirme qu'il faudra combiner les objectifs afin de rendre la bio-séquestration du carbone plus attractive (Source : Le Monde, édition du 20/03/2006, page 7). La protection de la biodiversité, ainsi que la production de biocarburant ou le développement local, pourraient être ajoutés à ce dispositif pour le rendre plus attrayant. Fin 2005, les pays forestiers ont réagi positivement lors de la conférence de Montréal, et des projets pilotes pourraient être lancés prochainement par l'UNESCO, dans le bassin amazonien notamment.
Finalement, il nous apparaît essentiel de rappeler : qu'il n'y aura pas de changement de cap suffisant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, comme pour la sauvegarde de la biodiversité, sans prise de conscience et des changements des comportements de consommation, en plus des actions gouvernementales. Or cette responsabilité commune est encore très peu perçue…
Changement climatique: Dans dix ans il sera trop tard...
Terre et Lune.
Dans un rapport du 25 janvier 2005, le Groupe de travail international sur le changement climatique a préconisé une réponse rapide et radicale au changement climatique en cours.
Une hausse qui doit se limiter de 2°C, un point de non retour dans moins de 10 ans En effet, la température moyenne sur Terre s'est élevée de 0,8°C depuis le début de l'ère industrielle avec des conséquences visibles comme notamment l'élévation du niveau des océans de 15 cm, la modification des écosystèmes, le déplacement d'espèces, une retraite généralisée des glaciers de montagne et la fonte des glaces en Arctique...
Ce groupe de travail a indiqué qu'il est indispensable de ne pas dépasser un réchauffement de 2°C par rapport à 1750 afin d'éviter une catastrophe pour l'humanité. L'inertie de nos sociétés fait qu'un point de non-retour pourrait être atteint d'ici 10 ans seulement, si des actions concertées et sérieuses ne sont pas prises par les gouvernements. Rappelons que cette limite de 2°C représente la fourchette basse des prévisions du GIEC qui table sur une augmentation possible des températures de près de 6°C !
10 recommandations pour éviter la catastrophe Pour faire face à l'urgence du problème, le Groupe a formulé 10 recommandations, coordonnées par l'ancien ministre (travailliste) britannique Stephen Byers et la sénatrice américaine (républicaine) Olympia Snowe.
1. Le G8 et les autres économies majeures y compris les pays en développement devraient former un groupe sur le climat "G8-Plus" pour favoriser les partenariats technologiques et les initiatives qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre 2. Le groupe sur le climat G8-Plus accepterait de déplacer ses subventions agricoles vers les biocarburants tout en encourageant les méthodes de production agricoles durables qui préservent les paysages et la biodiversité 3. Les gouvernements du G8 devraient produire au moins 25% de leur énergie à partir de sources renouvelables en 2025 4. Les gouvernements du G8 devraient augmenter leurs efforts de recherche et développement dans des technologies plus respectueuses de l'environnement qui visent des émissions nulles ou faibles de CO2 5. Tous les pays industrialisés devraient développer un marché national de permis d'émissions de CO2 6. Un cadre global s'appuyant sur la convention-cadre des Nations Unies sur le climat et le protocole de Kyoto permettrait à toutes les parties de participer à l'action commune de réduction des émissions de gaz à effet de serre 7. Un objectif à long terme devrait être d'empêcher une hausse de température de plus de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle 8. Les gouvernements devraient faciliter la mise en place de projets et investissements dans les énergies renouvelables et les technologies plus propres 9. Les pays développés aideraient davantage les régions les plus vulnérables aux changements climatiques à la fois financièrement et techniquement 10. Les gouvernements impliqués dans la réduction de leurs émissions en gaz à effet de serre devraient soutenir les politiques de communication et alerter davantage le public sur ces thèmes.
Soulignant le rôle que pourrait jouer le G8, qui regroupe les sept pays les plus industrialisés et la Russie, les chercheurs préconisent l'adoption d'un "cadre de travail" qui permettrait d'intégrer à l'effort collectif les Etats-Unis, qui avaient refusé de signer le Protocole de Kyoto de 1997, mais aussi l'Inde et la Chine qui jouent un rôle de plus en plus important dans le changement climatique.
L'inertie des politiques reste l'obstacle majeur Pour l'économiste britannique Adair Turner, un membre du Groupe, "les pays en développement pensent que les pays développés doivent agir en premier parce qu'ils polluent plus, sont plus riches et ont une certaine responsabilité historique". Face à eux, a poursuivi Adair Turner, les Etats-Unis, "poussés par la frange la plus irresponsable de leur communauté économique", affirment qu'ils ne peuvent rien signer tant que la Chine et l'Inde ne signent pas non plus.
Jonathon Porritt, membre du Groupe de travail et de la Commission pour le Développement Durable a déclaré que "toutes les nouvelles concernant le changement climatique s'aggravent, l'inertie des politiques demeurant l'obstacle le plus important à une réponse appropriée"
En savoir plus Le Groupe International sur le climat a été fondé en mars 2004 par l'Institut pour une Politique Publique de Recherche (IPPR), le Centre pour le progrès américain et l'Institut d'Australie. Le rapport "Meeting the climate challenge: recommendations of the International Climate Change Taskforce" est disponible sur cette page (en anglais) Notre dossier sur le changement climatique
Une surface équivalente à un terrain de football part en fumée toutes les deux secondes. L'équilibre du climat, le maintien de la biodiversité et le cadre de vie de millions d'habitants sont en jeu. Pour enrayer cette dramatique déforestation, Greenpeace se bat pour encadrer les activités destructrices (industrie du bois, agro-industrie) et pour la création de vastes zones d'aires protégées.
Le 07/12/07 - La veille de la journée mondiale du climat, lors de l’ouverture du sommet Union Européenne - Afrique de Lisbonne, des militants de Greenpeace sont entrain d’accrocher une grande banderole sur la tour qui surplombe le lieu de la conférence : « Sauvez le climat ! Sauvez les forêts africaines ! ».
Par cette action, Greenpeace demande aux nombreux Chefs d’état présents à ce sommet des engagements forts et immédiats quant à la protection des forêts. Au même moment, à Bali, en Indonésie, les ministres sont réunis pour s’accorder sur la seconde phase du protocole de Kyoto. Or, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales sont à l’origine de 20% du total des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde, ce qui représente plus que l’ensemble du secteur des transports. Afin de limiter les effets des changements climatiques, Greenpeace appelle à l’arrêt complet de la déforestation d’ici 10 ans.
Rio de Janeiro, Brésil, 23 nov 2007 (avec AFP) - Greenpeace expose sur la célèbre plage de Copacabana un camion chargé de deux énormes morceaux de troncs d’arbres calcinés provenant d’Amazonie, pour témoigner de la déforestation et réclamer la fin immédiate du déboisement de la forêt amazonienne.
« Nous voulons faire prendre conscience aux millions de Brésiliens des grandes villes du sud-est, qui vivent loin de l’Amazonie et qui forment l’opinion, de la nécessité de mettre fin immédiatement aux déboisements illégaux », déclare Paulo Adario, responsable de la campagne pour l’Amazonie de Greenpeace. « L’un des deux arbres est un chêne brésilien de plus de 200 ans que nous avons retrouvé à moitié brûlé dans le sud de l’Etat d’Amazonas (nord) », déplore Paulo Adario, précisant qu’un « fermier avait dévasté une zone de forêt par brûlis pour faire des pâturages ».
Ces troncs d’arbres sont un échantillon témoin de la destruction rapide de l’Amazonie. Pour Greenpeace, les Brésiliens doivent réclamer des mesures urgentes et efficaces au gouvernement pour mettre un terme à la dévastation.
A la veille de la conférence mondiale de Bali sur les changements climatiques, le Brésil - 4e plus gros émetteur de GES au monde en raison notamment des déboisements - doit contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement mondial.
Le camion de Greenpeace va parcourir d’autres villes du pays. Il passera par Sao Paulo et Brasilia. Par ailleurs, une lettre ouverte aux Brésiliens les alerte que si le gouvernement vient d’annoncer le taux le plus bas de déforestation de ces trois dernières années en Amazonie –17.000 km 2–, il n’y a pas de quoi se réjouir car cela correspond encore à la moitié de la superficie des Pays-Bas.
Rotterdam, le 23 novembre 2007. Depuis ce matin, les activistes de Greenpeace empêchent le déchargement du Dorussa, un tanker chargé de plus 10 000 tonnes d’huile de palme en provenance d’Indonésie. La destruction des forêts indonésiennes au profit de vastes cultures de palmiers à huile est à l’origine de très importantes émissions de gaz à effet de serre.
« La production d’huile de palme échappe à tout contrôle, précise Suzanne Kröger de Greenpeace Pays-Bas. La planète paie le prix de l’utilisation croissante de cette huile bon marché dans la margarine, les chips, les détergents ou les agrocarburants. Gouvernements et industriels doivent s’engager à faire cesser cette destruction ! »
Dans 10 jours à Bali, tous les dirigeants du monde vont se réunir pour décider de l’avenir du protocole de Kyoto et de mesures à adopter pour lutter contre les changements climatiques. Or, mettre fin à la destruction des forêts est l’un des leviers les plus économiques et les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Dans le monde, un cinquième d’entre elles sont imputables à la destruction des forêts tropicales… En Indonésie, la disparition des forêts marécageuses à elle seule responsable de 4% du total des émissions mondiales de GES.
L’huile importée provient de la province de Riau, sur l’île de Sumatra, où Greenpeace a ouvert début octobre un camp pour empêcher le drainage illégal de ces forêts, étape préalable à leur mise à feu puis à leur conversion en plantations. A Dumai, le plus grand port d’exportation d’huile de palme d’Indonésie, Greenpeace avait bloqué la semaine dernière le départ d’un autre bateau.
Dumai, Indonesie — le 15 novembre 2007. Le navire emblématique de Greenpeace, le Rainbow Warrior, s’est amarré aux côtés du MT Westama, un tanker chargé de 33 000 tonnes d’huile de palme afin de l’empêcher de quitte de port de Dumai, dans la province de Riau en Indonésie.
« Nous nous interposons pour étaler au grand jour les désastres provoqués par la culture des palmiers à huile en Indonésie. Utilisée à bon marché de façon croissante pour les agrocarburants, l’alimentation et les cosmétiques, cette huile alimente la déforestation des tourbières et des forêts tropicales, et fait peser une grave menace sur l’équilibre du climat » déclare Sue Connor, de Greenpeace International.
L’huile de palme chargée à bord provient directement de compagnies impliquées dans la destruction par le feu des forêts et des tourbières dans la province de Riau, où, en septembre, Greenpeace a établi en partenariat avec les communautés locales un camp d’étude et documentation. Les pratiques destructrices des industriels de la palme à huile sont exposées dans un rapport rendu public la semaine dernière : La palme du réchauffement.
Paris, France — Le 08/11/07 - Un mois avant la conférence des Nations Unies à Bali qui décidera des suites à donner au protocole de Kyoto, un nouveau rapport de Greenpeace «Cooking the Climate» révèle comment en Indonésie, de grands groupes industriels, Unilever, Nestlé ou Procter & Gamble, se rendent complices du réchauffement climatique en participant à la destruction des espaces forestiers tropicaux au profit d’immenses cultures de palmiers à huile. Pourtant, protéger les forêts anciennes encore préservées est un moyen économique et efficace pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).
La destruction des forêts est responsable de 20% du total des émissions de GES dans le monde. En raison de la très rapide et très importante destruction de ses forêts, l’Indonésie est le troisième plus gros émetteur de GES au monde après la Chine et les Etats-Unis et juste devant le Brésil. Le pays a perdu en 50 ans 72 % de ses forêts anciennes. Celles-ci sont notamment remplacées par d’immenses cultures de palmiers à huile. Très bon marché, l’huile de palme est utilisée de façon croissante dans l’alimentation, les cosmétiques et pour la production d’agrocarburants.
La survie des derniers orangs-outans nécesite une action internationale...
Orang-outan femelle de la Kinabatangan, Sabah - Malaisie
Malgré les récentes mesures positives prises par le gouvernement indonésien, la survie des orangs-outans et des forêts tropicales de l'Asie du sud-est dans leur ensemble dépend en dernier lieu du soutien international et de la coopération régionale, en particulier de la part des pays importateurs de bois, a prévenu le 11 juin le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE)
"L'Indonésie ne peut pas et ne devrait pas affronter seule le problème du trafic illégal de bois", a souligné le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner dans un communiqué publié à La Haye et à Nairobi.
"C'est une question qui nécessite des ressources de la part de la communauté internationale afin de soutenir les efforts des autorités, y compris les gardes sur le terrain", a-t-il ajouté.
La saisie récente de 70 000 mètres cube de bois illégal a été saluée par le PNUE mais le Programme souligne que 2,1 millions d'hectare par an sont rasés par les coupes sauvages, pour un total de 4 milliards de dollars. "Mis l'un après l'autre, cela représente une ligne ininterrompue de camions de Paris à Bangkok", a dénoncé Achim Steiner.
Une pression supplémentaire sur les forêts vient de l'exploitation de l'huile de palme et des bioénergies qui entraîne là-aussi un recul de la forêt. Cette question a récemment été soulevée à l'ONU par des représentants de populations autochtones.
Des centaines d'orangs-outans sont recueillis dans des camps alors que leur habitat naturel est brûlé ou détruit par les tronçonneuses, jusque dans les parcs nationaux indonésiens, en violation totale du droit. Selon des images satellite et des données du gouvernement, le trafic de bois aurait lieu à partir de 37 des 41 parcs nationaux dans le pays. Ces images laissent suggérer que l'habitat forestier des orangs-outans aura disparu dans une petite décennie.
En outre, les animaux eux-mêmes sont victimes de trafic. Le nombre d'animaux vendus et exportés n'est pas précisément connu mais pourrait s'élever à plusieurs centaines. A Bornéo, les centres de réhabilitation accueillent environ 1 000 orangs-outans. "Il est clair qu'ils existe des structures très organisées de commerce illégal d'orangs-outans", a souligné Willem Wijnstekers, Secrétaire général de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction). De jeunes singes obtenus illégalement ont été récemment découverts dans des zoos en Thaïlande et au Cambodge.
Coup de projecteur sur 10 espèces menacées d'extinction...
Restes d'un éléphant victime du braconnage dans le parc de Tsavo au Kenya
Quelques jours avant la plus grande conférence internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction, la CITES, le WWF publie le palmarès des 10 espèces les plus menacées par le commerce et pour lesquelles il faut agir sans plus attendre. La conférence regroupera 171 pays et se tiendra du 3 au 15 juin à la Haye aux Pays-Bas.
Le palmarès du WWF reprend les espèces suivantes :
Le requin-taupe. Le requin taupe est un requin puissant, de taille moyenne et grand migrateur. Sa viande et ses nageoires sont très prisées sur le marché international. Le WWF demande aux gouvernements de l’inscrire à l’Annexe II de la Convention.
L’aiguillat commun. L’aiguillat commun est un requin plus mince et plus petit, portant de petites taches blanches. Il peut atteindre un mètre de long et voyage en groupe. On le trouve dans les eaux froides et côtières des quatre coins du globe. Plus connu sous le nom de saumonette, il est utilisé dans les fish and chips anglais. En Allemagne, sa chair est fumée et très prisée. Le WWF demande aux gouvernements de l’inscrire à l’Annexe II de la Convention.
Le poisson-scie. Les populations des sept espèces de poissons-scies ont toutes drastiquement diminué. Ces poissons sont vendus vivants aux aquariums publics. La viande et leurs nageoires sont également consommées et leur museau en forme de scie est souvent vendu comme souvenir ou comme arme décorative. Cette espèce est également utilisée en médecine traditionnelle. Le WWF demande aux gouvernements de l’inscrire à l’Annexe I de la Convention.
Le Tigre. En plus des menaces constantes qui pèsent sur son habitat, une ancienne menace risque de ressurgir de Chine. Le pays risque en effet de ré-autoriser le commerce de tigres nés en captivité. Le WWF demande aux gouvernements de prendre des mesures communes pour stopper toute forme de commerce de tigres, particulièrement en Chine, et d’augmenter ses efforts de surveillance partout en Asie.
Les rhinocéros d’Asie. Chassées depuis toujours pour sa corne, ingrédient fortement prisé dans la médecine traditionnelle asiatique, les populations de rhinocéros sont aujourd’hui décimées par la destruction de leur habitat forestier. Le WWF demande aux gouvernements de faire des efforts pour faire appliquer la loi et d’aider des pays comme le Népal à faire cesser le braconnage.
Le corail rouge et rose. Un joyau provenant des récifs des atolls, cette espèce est la plus chère parmi les coraux précieux. Le corail rose est pêché depuis 5000 ans pour la bijouterie et la décoration. La surexploitation et la destruction de colonies entières suite à l’utilisation de méthodes de pêche destructrices et au dragage des sols ont entraîné une diminution sévère des populations de coraux. Le WWF demande aux gouvernements d’inscrire toutes les espèces de corail rouge et rose à l’Annexe II de la CITES.
L’anguille européenne. L’anguille européenne vit dans les écosystèmes côtiers et les eaux douces à travers toute l’Europe, et ce y compris dans les pays méditerranéens. Les stocks ont dramatiquement diminué dus à la perte d’habitats en eaux côtières et intérieures, à la pollution des eaux, aux barrages, au transfert de parasites et de maladie, mais aussi à la surpêche et au braconnage. La demande sur le marché international est énorme, aussi bien pour les anguilles juvéniles vivantes, élevées en aquaculture en Asie, que pour la viande très prisée des anguilles « adultes ». Le WWF demande aux gouvernements de lutter contre tous les facteurs de mortalité et d’inscrire cette espèce à l’Annexe II de la Convention .
Les éléphants. Le braconnage continu et le commerce illégal de l’ivoire à l’échelle internationale sont stimulés par un trafic effréné, particulièrement entre l’Afrique et l’Asie. Malgré les accords de la CITES et les efforts de certains pays, les marchés domestiques sont toujours florissants. Il est temps de montrer une volonté politique pour fermer les marchés domestiques d’ivoire non réglementés et illégaux, qui ne font qu’encourager le braconnage des éléphants.
Les grands singes. Les populations sauvages de grands singes (gorilles, chimpanzés, bonobos et orangs-outangs), continuent de décliner de façon dramatique. Elles sont notamment menacées par les effets combinés du commerce illégal d’animaux vivants, principalement comme animaux de compagnie, du braconnage pour la viande, de la destruction et de la fragmentation de leur habitat. Le WWF demande aux gouvernements et à la CITES de mettre un terme à ce commerce illégal, en commençant par garantir l’application effective des lois existantes et de peines adéquates.
L’acajou à grande feuille. Le commerce international de cette précieuse essence d’arbre présente dans les forêts tropicales d’Amérique centrale est réglementé depuis 2002. L’inscription à l’Annexe II de cette espèce fait suite au déclin des populations ainsi qu’à l’abattage et au commerce illégaux. Seul un pays exporte toujours de grandes quantités d’acajou : le Pérou. Cinq ans après, la situation est toujours la même. Une action conjointe est nécessaire.
“Les menaces engendrées par le commerce de certaines espèces ont été signalées à la CITES depuis plus de 30 ans. ” explique Stéphane Ringuet, chargé de programme TRAFFIC au WWF-France. “Si ces menaces n’ont pas disparu, d’autres ont vu le jour liées aux changements dans la dynamique de l’économie mondiale. Quel que soit le problème, rien ne changera tant que les gouvernements ne prendront pas au sérieux ce commerce et ses conséquences néfastes pour la conservation de la biodiversité et les populations locales.”
Notes: Les espèces sont répertoriées dans trois annexes suivant le niveau de menace qui pèse sur elles : - l’annexe I comprend des espèces menacées d’extinction, qui sont ou pourraient être affectées par le commerce international. Ce commerce est le plus souvent interdit ; - l’annexe II comprend des espèces qui ne sont pas actuellement menacées d’extinction mais qui risqueraient de le devenir si leur commerce international n’était pas réglementé, ainsi que les espèces qui leur ressemblent. Leur commerce international est réglementé par un système de permis ; - l’annexe III comprend des espèces ou des populations qu’un pays réglemente sur son territoire et pour lesquelles il demande l’assistance de la communauté internationale afin de contrôler ses exportations. La conférence des Parties de la CITES se tient pour la première fois dans un pays membre de l’Union européenne. Elle représentera le plus grand rassemblement jamais dédié au commerce d’espèces protégées en Europe.
Plus de 15 600 espèces menacées sur la liste rouge 2004.
Et à nouveau la chasse àux baleines... (Balenes à bosse)
Du puissant requin à l'humble grenouille, force est de constater que la diversité biologique de la planète s'appauvrit à un rythme sans précédent. Il incombera aux mille et quelque organisations membres de l'UICN participant au 3 ème Congrès mondial de la nature de l’UICN , qui débute aujourd'hui à Bangkok, de rechercher des moyens pour mettre un terme à cette crise grandissante de l'extinction.
L'état de la diversité biologique mondiale s'aggrave nettement et les 4000 à 5000 participants, représentant notamment le secteur privé et des organisations gouvernementales et non gouvernementales, chercheront des moyens de renverser cette tendance. Ils attireront notamment l’attention de la communauté internationale sur le fait que la disparition des espèces a des implications cruciales pour le bien-être de l’homme et que la préservation de la diversité biologique est indispensable pour gérer les risques que cela peut engendrer pour le développement durable.
Il y a de bonnes nouvelles. Les mesures de conservation ont déjà donné des résultats positifs et un quart des espèces d'oiseaux menacés de la planète en ont bénéficié. Mais il faut les multiplier et mieux les cibler grâce aux informations toujours plus précises dont nous pouvons disposer. Il faut donc davantage de ressources, les utiliser de façon plus efficace, et créer de nouvelles coalitions à travers tous les secteurs de la société.
Voici quelques uns des principaux messages que l'on peut retirer de l’ouvrage intitulé A Global Species Assessment, basé sur la version 2004 de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées et publié conjointement avec celle-ci. Il s'agit de la plus importante évaluation jamais entreprise de l'état de la diversité biologique mondiale. Cette évaluation est le fruit du travail du Consortium de la Liste rouge, composé de l'UICN et de sa Commission de la sauvegarde des espèces, de Conservation International et de son Center for Applied Biodiversity Science, de BirdLife International et de NatureServe.
Ce document met en évidence les tendances en matière de diversité biologique sur les quatre dernières années depuis la dernière analyse d'envergure, réalisée en 2000, et comprend, pour la première fois, une évaluation complète des amphibiens, des cycadées (un ancien groupe de végétaux) et des conifères, ainsi que des études de cas régionales. Elle met également en évidence les espèces dont le risque d'extinction est majeur, en précisant leur aire de répartition et les menaces auxquelles elles sont confrontées .
"Les gouvernements commencent à apprécier la valeur de la diversité biologique et son rôle essentiel pour le bien-être des populations. Les espèces fournissent des aliments, des médicaments, des combustibles et des matériaux de construction; elles contribuent à filtrer l'eau, à décomposer les déchets, à produire les sols et à féconder les plantes cultivées. Cette réalité est de plus en plus admise mais les gouvernements doivent mobiliser beaucoup plus de ressources. Le secteur privé a également un rôle central à jouer en veillant à rechercher et en promouvant une utilisation durable des ressources naturelles vivantes de la planète," a déclaré M. David Brackett, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN.
Le Congrès de l'UICN, le plus important forum environnemental démocratique au monde, joue un rôle essentiel puisqu'il permet d'apporter au processus décisionnaire en matière de développement les connaissances relatives à la diversité biologique. Il établira les priorités de conservation pour les quatre prochaines années.
En 1996 il avait été indiqué qu'une espèce d'oiseaux sur huit (12%) et une espèce de mammifères sur quatre (23%) étaient menacées d'extinction (entrant dans les catégories En danger critique d'extinction, En danger ou Vulnérable). A cette sinistre énumération s’ajoute maintenant une espèce d'amphibiens sur trois (32%) et près de la moitié (42%) des espèces de tortues, qu'elles soient terrestres ou aquatiques.
Les amphibiens dépendant de l'eau douce, leur déclin catastrophique doit être interprété comme un signal d'alarme pour ce qui est de l'état des ressources en eau de la planète. On connaît moins l'état des habitats d'eau douce que celui des habitats terrestres mais les données disponibles montrent qu'il est tout aussi dégradé. Plus de la moitié (53%) des poissons d'eau douce endémiques de Madagascar sont menacés d'extinction.
Les profondeurs océaniques n'offrent qu'un refuge limité aux nombreuses espèces marines proches de l'extinction du fait d'une surexploitation. Parmi les espèces de requins et de raies qui ont fait l'objet d'une évaluation, près d'une sur cinq (18%) est menacée.
De nombreuses espèces végétales ont également été évaluées, mais seuls les conifères et les cycadées l'ont été de façon exhaustive, avec 25% et 52% d'espèces menacées respectivement.
Pour la première fois, l'évaluation comprend l'Indice liste rouge, un nouvel outil permettant de mesurer les tendances en matière de risque d'extinction. Il met en effet en évidence, pour un groupe particulier, l'évolution globale de la menace dans le temps (risque d'extinction projeté) . Cet indice deviendra un outil majeur pour mesurer les modifications de la diversité biologique. Un indice liste rouge est actuellement disponible pour les oiseaux et les amphibiens et montre que leur état s'est constamment dégradé depuis les années 1980.
«On sait déjà que 15.589 espèces sont menacées d'extinction mais il s'agit là d'une sous-estimation importante de leur nombre véritable car seule une petite partie des espèces connues ont fait l'objet d'une évaluation. Beaucoup reste à faire pour mieux connaître des habitats particulièrement riches en espèces, tels que les forêts tropicales ou les écosystèmes d'eau douce ou marine, ainsi que certains groupes revêtant une importance majeure pour la diversité biologique, comme les invertébrés, les végétaux et les champignons » a déclaré Craig Hilton-Taylor, Chargé de Programme pour la Liste rouge.
Que ce soit directement ou indirectement, le déclin des espèces est essentiellement dû à l'homme. La destruction et la dégradation des habitats constituent les principales menaces mais il faut y ajouter la surexploitation aux fins de production alimentaire ou pour le commerce des animaux de compagnie ou des produits médicamenteux, l'introduction d'espèces, la pollution et les maladies. Le changement climatique est également de plus en plus incriminé.
"Il est évident que les menaces pesant sur nos espèces sont sérieuses et s'aggravent. Nous pouvons continuer à évaluer et à déplorer la perte de la biodiversité mondiale ou nous pouvons agir ! Nous devons redéfinir et repenser la manière dont la société doit réagir à cette menace mondiale" estime Achim Steiner, le Directeur général de l'UICN.
"L’Homme est responsable de la plupart des menaces qui pèsent sur la biodiversité et l’Homme seul pourra permettre d'éviter que de nombreuses espèces ne s'éteignent. Il y a de nombreux exemples d'espèces sauvées alors qu'elles étaient au bord de l'extinction comme le rhinocéros blanc du Sud et le putois à pieds noirs et, tout autour de la planète, des milliers de personnes totalement dévouées font de leur mieux pour renverser la tendance actuelle. Mais cela ne peut pas continuer à être la responsabilité de la communauté environnementale uniquement. Les gouvernements et les entreprises doivent également s’investir" a-t-il ajouté.
Depuis la publication de la Liste rouge 2003, 15.633 entrées ont été ajoutées et 3.579 espèces ont fait l'objet d'une nouvelle évaluation. La Liste des espèces menacées compte maintenant 7.266 espèces animales et 8.323 espèces de végétaux et de lichens. Au total, 784 espèces animales et végétales sont aujourd'hui considérées comme éteintes et 60 espèces supplémentaires ne survivent qu'en captivité ou en culture.
Depuis 2003, la Liste a connu quelques changements significatifs, notamment quelques sérieuses aggravations, comme pour l'olivier de St Hélène (passant d'Eteint à l'état sauvage à Eteint), la corneille d'Hawaï (de En danger critique d'extinction à Eteint à l'état sauvage), le puffin des Baléares (de Quasi menacé à En danger critique d'extinction), un grand lézard de l’île d’Hispaniola, Celestus warreni (de Quasi menacé à En danger critique d'extinction), et un bégonia africain, Begonia oxyanthera (de Quasi menacé à Vulnérable).
Mais il y a également eu des cas d'amélioration, comme pour la loutre d'Europe (de Vulnérable à Quasi menacé) et le pigeon impérial de l’île Christmas (de En danger critique d’extinction à Vulnérable).
L’analyse de 2004 montre que les espèces menacées sont souvent concentrées dans les zones à forte densité démographique, et notamment dans une grande partie de l'Asie et dans certaines zones d'Afrique. L'un des principaux défis de la conservation consistera donc à concilier la pression exercée sur l’environnement par de grandes populations humaines et la protection de la diversité biologique dont tant de gens dépendent.
L'analyse souligne également l'importance du soutien international en matière de sauvegarde de la diversité biologique. De nombreux pays présentant une forte concentration d'espèces menacées ont un faible revenu national brut (RNB) par personne et sont incapables de mettre en œuvre les mesures de conservation requises sans aide internationale.
Principaux résultats figurant dans l’ouvrage 2004 IUCN Red List of Threatened Species™ - A Global Species Assessment
Le nombre d'espèces menacées progresse dans presque tous les grands groupes taxonomiques.
L'environnement marin n'est pas aussi bien connu que l'environnement terrestre mais les premiers résultats montrent que les espèces marines sont tout aussi vulnérables que les espèces terrestres.
On connaît également mal les habitats d'eau douce mais de récentes études ont montré que de nombreuses espèces aquatiques sont menacées d'extinction.
La plupart des oiseaux, mammifères et amphibiens menacés peuplent des zones tropicales – Amérique centrale et du Sud, Afrique subsaharienne et Asie du Sud et du Sud-Est. C'est dans ces régions que l'on trouve les forêts de feuillus tropicales dont on estime qu'elles abritent la majorité des espèces terrestres et d'eau douce de la planète.
L'Australie, le Brésil, la Chine, l'Indonésie et le Mexique abritent des nombres particulièrement élevés d'espèces menacées.
Le Brésil, le Cameroun, la Chine, la Colombie, l'Equateur, l'Inde, l'Indonésie, Madagascar, le Pérou et les Philippines sont des pays abritant beaucoup d'espèces menacées et ayant un RNB relativement faible.
La liste des extinctions documentées depuis l'an 1500 augmente, passant de 766 en 2000 à 784.
Bien que les estimations en la matière soient très variables, les taux d'extinction actuels sont entre 100 et 1 000 fois supérieurs aux taux pouvant être qualifiés de "naturels".
Au cours des 20 dernières années, on a pu documenter 27 extinctions ou extinctions à l'état sauvage, mais il s'agit probablement d'une sous-estimation du véritable nombre de cas.
Si la vaste majorité des extinctions depuis l'an 1500 ont eu lieu sur des îles océaniques, les extinctions continentales sont devenues tout aussi courantes que les extinctions insulaires au cours des 20 dernières années.
Les hommes ont été les principaux responsables des extinctions et ce sont eux qui continuent à faire peser les principales menaces sur les espèces en danger d'extinction.
La perte d'habitat, l'introduction d'espèces et la surexploitation constituent les principales menaces, le changement climatique dû à l'homme posant des problèmes de plus en plus graves.
Notes Les gouvernements se sont engagés à lutter contre l’appauvrissement de la diversité biologique lors du Sommet mondial sur le développement durable de 2002 en se fixant l'objectif de parvenir à une réduction significative du taux de perte de diversité biologique d'ici 2010, faisant ainsi écho à un objectif similaire adopté un peu plus tôt la même année par les Parties à la Convention sur la diversité biologique. Entre-temps, l'Union européenne a adopté l'objectif plus ambitieux de mettre un terme à l’érosion de la diversité biologique d'ici 2010.
L'établissement de ces objectifs a attiré l'attention sur les besoins en informations pour lutter contre la perte de diversité biologique. Quel est l'état général de la diversité biologique, à quel rythme s'appauvrit-elle, où constate-t-on les pertes et quelles en sont les causes? Ces informations sont nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies de conservation efficaces et la Liste rouge UICN des espèces menacées en est une des principales sources. C'est un outil majeur pour évaluer les progrès accomplis en matière de réalisation des objectifs et les dernières informations disponibles montrent que nous sommes encore loin du but.
La Liste rouge de l'Union mondiale pour la nature (UICN) des espèces menacées dresse régulièrement le bilan de l’état des plantes et des animaux de la planète. Cette Liste fait autorité dans le monde. L’édition 2007 renouvelle l’appel à la mobilisation face à la crise mondiale de l'extinction des espèces sauvages : la vie sur Terre disparaît rapidement et continuera de disparaître si des mesures ne sont pas prises de toute urgence.
La Liste rouge de l'UICN répertorie désormais 41 415 espèces dont 16 306 sont menacées d'extinction (contre 16 118 l'an dernier). Le nombre total d'espèces éteintes a atteint le chiffre de 785 et 65 autres n'existent qu'en captivité ou en culture.
Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70% de toutes les plantes évaluées dans la Liste rouge de l'UICN 2007 sont en péril.
Julia Marton-Lefèvre, Directrice Générale de l'Union mondiale pour la nature (UICN), déclare : « La Liste rouge de l'UICN de cette année démontre que les efforts inappréciables déployés à ce jour pour protéger les espèces sont insuffisants. Le rythme de l'érosion de la biodiversité s'accélère et nous devons agir sans plus attendre pour le réduire de manière significative et pour mettre un terme à cette crise mondiale de l'extinction. Nous pouvons le faire mais uniquement dans le cadre d'un effort concerté à tous les niveaux de la société. »
La Liste rouge de l'UICN des espèces menacées est largement reconnue comme l'évaluation la plus fiable du statut des espèces de la planète. Elles y sont classées selon le risque d'extinction et la Liste met clairement en lumière le déclin continu de la diversité biologique mondiale et les impacts de l'humanité sur la vie sur Terre. Jane Smart, Chef du Programme de l'UICN pour les espèces, explique : « Nous devons connaître l'état précis des espèces pour pouvoir prendre les mesures qui s'imposent. C'est ce que fait la Liste rouge de l'UICN en mesurant l'état de la diversité biologique à l'échelon mondial, le rythme auquel elle disparaît et les causes du déclin. « Nos vies sont intimement liées au sort de la diversité biologique et, au bout du compte, sa protection est essentielle à notre propre survie. Le monde commence à réagir à la crise actuelle de perte de la diversité biologique et a besoin de l'information donnée par la Liste rouge de l'UICN pour concevoir et appliquer des stratégies de conservation efficaces – dans l'intérêt de l'homme et de la nature. »
Quelques instantanés de la Liste rouge de l'UICN de cette année:
Le déclin des grands singes.
Une nouvelle évaluation de nos parents les plus proches, les grands singes, révèle un tableau plutôt sombre. Le gorille de l’ouest (Gorilla gorilla) est passé de la catégorie 'En danger' à 'En danger critique d'extinction'. On a, en effet, découvert que la principale sous-espèce, le gorille de plaine occidental (Gorilla gorilla gorilla), a été décimée par le commerce de la viande de brousse et le virus Ebola. Depuis 20 à 25 ans, la population a diminué de plus de 60 % et environ un tiers de la population totale présente dans les aires protégées a succombé au virus Ebola depuis 15 ans.
L'orang-outan de Sumatra (Pongo abelii) reste dans la catégorie 'En danger critique d'extinction' et l'orang-outan de Bornéo (Pongo pygmaeus) dans la catégorie 'En danger'. Tous deux sont menacés par la perte d'habitat due à l'exploitation licite et illicite du bois et au défrichage des forêts pour faire place à des plantations de palmiers à huile. À Bornéo, la superficie des plantations de palmiers à huile est passée de 2000 km² à 27 000 km² entre 1984 et 2003 ce qui ne laisse que 86 000 km² d'habitat disponible pour l'espèce dans toute l'île.
Première apparition des coraux sur la Liste rouge de l'UICN. Pour la première fois, des coraux ont été évalués et inscrits sur la Liste rouge de l'UICN. Dix espèces des Galápagos ont fait leur entrée sur la Liste dont deux dans la catégorie 'En danger critique d'extinction' et une dans la catégorie 'Vulnérable'. Rhizopsammia wellingtoni a été classé 'En danger critique d'extinction' (Peut-être éteint). Pour ces espèces, les menaces principales sont les effets du phénomène El Niño et des changements climatiques. Par ailleurs, 74 algues des îles Galápagos ont été inscrites sur la Liste rouge de l'UICN. Dix sont jugées 'En danger critique d'extinction' et six d'entre elles 'Peut-être éteintes'. Les espèces d'eau froide sont menacées par les changements climatiques et l'augmentation de la température des mers qui caractérise El Niño. Les algues sont aussi indirectement affectées par la surpêche qui élimine les prédateurs de la chaîne alimentaire et favorise ainsi la prolifération des oursins et d'autres herbivores consommateurs d'algues.
Le dauphin d'eau douce du Yangtze En danger critique d'extinction (Peut-être éteint). Après une recherche intensive, mais infructueuse, en novembre et décembre de l'année dernière, le dauphin d'eau douce du Yangtze, ou Baiji (Lipotes vexillifer) a été inscrit dans la catégorie 'En danger critique d'extinction' (Peut-être éteint). Si le dauphin n'a pas été placé dans la catégorie supérieure, c'est qu'il faudra mener d'autres études avant de le classer définitivement 'Éteint'. Une observation possible, signalée fin août 2007, est en train d’être vérifiée par des experts scientifiques chinois. Pour cette espèce, les principales menaces sont la pêche, le transport fluvial, la pollution et la dégradation de l'habitat.
Le gavial (Gavialis gangeticus), crocodile de l'Inde et du Népal, est aussi confronté aux menaces de la dégradation de son habitat et a été déplacé de la catégorie 'En danger' à 'En danger critique d'extinction'. Récemment, sa population a chuté de 58 % – de 436 adultes reproducteurs en 1997 à 182 en 2006. Les barrages, les projets d'irrigation, l'exploitation du sable et les digues artificielles ont envahi son habitat, le réduisant à 2 % de l'aire de répartition d'origine.
Les vautours en crise.
Cette année, le nombre total d'oiseaux répertoriés dans la Liste rouge de l'UICN s'élève à 9956 dont 1217 sont menacés. En Afrique et en Asie, les vautours sont sur le déclin et le classement de cinq espèces dans la Liste rouge a été modifié. En Asie, le vautour royal (Sarcogyps calvus) est passé de 'Quasi menacé' à 'En danger critique d'extinction' tandis que le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) est passé de 'Préoccupation mineure' à 'En danger'. Depuis huit ans, le déclin rapide des oiseaux est poussé par l'utilisation d'un médicament, le diclofenac, pour traiter le bétail.
En Afrique, trois espèces de vautours ont fait l'objet d'une nouvelle classification, notamment le vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis), passé de 'Préoccupation mineure' à 'Vulnérable', le vautour africain (Gyps africanus) et le vautour de Rüppell (Gyps rueppellii), tous deux passés de 'Préoccupation mineure' à 'Quasi menacé'. Le déclin des oiseaux est dû au manque de nourriture, avec la réduction du nombre de mammifères sauvages herbivores, à la perte d'habitat et à la collision avec les lignes à haute tension. Ils ont également été empoisonnés par des carcasses délibérément aspergées d'insecticide pour éliminer les prédateurs du bétail tels que les hyènes, les chacals et les grands félins. Malheureusement ces carcasses tuent aussi les vautours.
Des reptiles nord-américains ajoutés à la Liste rouge de l'UICN.
Suite à une vaste évaluation, 723 reptiles mexicains et nord-américains ont été ajoutés à la Liste rouge de l'UICN ce qui porte le total à 738 reptiles inscrits pour la région. Parmi eux, 90 sont menacés d'extinction. Deux tortues d'eau douce mexicaines, Trachemys taylori et Trachemys ornata, sont inscrites dans les catégories 'En danger' et 'Vulnérable', respectivement. Toutes deux sont menacées par la perte d'habitat. Le crotale mexicain Crotalus catalinensis, persécuté par les collectionneurs qui le chassent illégalement, a également rejoint la Liste dans la catégorie 'En danger critique d'extinction'.
Plantes en péril.
Sur la Liste rouge de l'UICN, il y a maintenant 12 043 plantes dont 8447 sont menacées. Le bégonia Begonia eiromischa est la seule espèce à avoir été déclarée 'Éteinte' cette année. Cette plante de Malaisie n'est connue que par des prélèvements réalisés en 1886 et 1898 sur l'île de Penang. Des activités de recherche intenses, dans les forêts voisines, n'ont permis de trouver aucun spécimen depuis 100 ans.
L'abricot sauvage Armeniaca vulgaris d'Asie centrale a été évalué et fait son entrée dans la Liste rouge de l'UICN pour la première fois dans la catégorie 'En danger'. L'espèce est l'ancêtre direct de plantes largement cultivées dans de nombreux pays dans le monde mais sa population diminue à mesure que son habitat fait place à des infrastructures touristiques et à l'exploitation pour le bois, l'alimentation et le matériel génétique.
Le poisson-cardinal de l’île de Banggai victime du commerce pour les aquariums.
La surpêche maintient la pression sur de nombreuses espèces de poissons, tout comme la demande du commerce pour les aquariums. Le poisson-cardinal de l’île de Banggai ou apogon de Kaudern (Pterapogon kauderni), très recherché par les amateurs d'aquariums, est inscrit pour la première fois sur la Liste rouge de l'UICN, dans la catégorie 'En danger'. Ce poisson que l'on ne trouve que dans l'archipel de Banggai, près des Célèbes, en Indonésie, est très lourdement exploité : on en prélève environ 900 000 par an. Les spécialistes de la conservation prônent l'élevage de ce poisson en captivité pour les aquariums afin que les populations sauvages aient une chance de se reconstituer.
Ces instantanés de la Liste rouge de l'UICN 2007 ne sont que quelques exemples illustrant la disparition rapide de la diversité biologique à l'échelle du Globe. La disparition des espèces a une incidence directe sur notre vie. La diminution du nombre de poissons d’eau douce, par exemple, prive les communautés rurales pauvres non seulement de leur principale source alimentaire mais aussi de leurs moyens d'existence.
La perte des espèces est notre propre perte.
Il arrive que les mesures de conservation puissent ralentir la perte de diversité biologique mais il reste de nombreuses espèces auxquelles il faudrait consacrer plus d'attention. Cette année, une seule espèce a été transférée vers une catégorie de menace inférieure. La perruche de Maurice (Psittacula eques) qui, il y a 15 ans, était un des perroquets les plus rares au monde, est passée de la catégorie 'En danger critique d’extinction' à 'En danger'. Cette amélioration est le résultat de bonnes mesures de conservation, notamment la surveillance étroite des sites de nidification et l'apport de nourriture supplémentaire, associées à un programme d’élevage en captivité et de lâcher. Jean-Christophe Vié, Chef adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces, déclare : « Notre expérience nous montre que les programmes de conservation peuvent donner de bons résultats mais, malheureusement, cette année, nous n'annonçons d'amélioration que pour une seule espèce. C'est très inquiétant compte tenu des engagements pris par les gouvernements, par exemple l'objectif 2010 de réduction du taux de perte de la biodiversité. Cela montre, à l'évidence, que nous devons redoubler d'efforts pour soutenir les travaux des milliers de personnes enthousiastes qui luttent, chaque jour, dans le monde entier, pour préserver la diversité de la vie sur cette planète.»
Holly Dublin, Présidente de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN, ajoute : « les réseaux de la conservation qui consacrent leurs efforts à la lutte contre la crise de l'extinction, comme la Commission de la sauvegarde des espèces, sont efficaces. Ils ont cependant besoin qu'on les aide et qu'on les appuie financièrement bien davantage car tous seuls, ils sont impuissants. Le défi que représente la crise de l'extinction doit aussi retenir l'attention du grand public, du secteur privé, des gouvernements et des décideurs politiques si l'on veut que la diversité biologique mondiale soit transmise intacte aux générations à venir. »
Les principales conclusions.
- Dans presque tous les grands groupes taxonomiques, le nombre d'espèces menacées augmente. - Les indices Liste rouge, un nouvel outil de mesure des tendances du risque d'extinction sont importants pour le suivi des progrès vers l'objectif 2010 de réduction de la perte de biodiversité. Ils sont disponibles pour les oiseaux et les amphibiens et montrent que leur état s'est constamment détérioré depuis les années 1980. Un indice Liste rouge de l’UICN peut être calculé pour tout groupe ayant été évalué au moins deux fois. - La plupart des oiseaux, mammifères et amphibiens menacés se trouvent dans les régions tropicales continentales – là où l'on trouve des forêts tropicales caducifoliées qui abriteraient la majorité des espèces terrestres et d'eau douce de la planète. - Parmi les pays évalués, l’Australie, le Brésil, la Chine et le Mexique possèdent un nombre d'espèces menacées particulièrement élevé. - Les estimations varient fortement mais le taux d'extinction actuel est au moins 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel. - Depuis 1500 de notre ère, la vaste majorité des extinctions s'est produite sur les îles océaniques mais depuis 20 ans, les extinctions continentales sont devenues aussi communes que les extinctions insulaires.
La disparition d'une simple plante ou d'un seul animal peut entraîner inévitablement l'extinction en chaîne d'autres espèces. Au bout de cette chaîne, l'homme. Nos destins sont ainsi liés. Le premier objectif de cette nouvelle campagne de la Fondation Nicolas Hulot est de faire changer notre regard sur le vivant. Nous devons apprendre à retrouver notre place au cœur de la nature, nous qui avons trop longtemps cru en occuper le centre.
A l'échelle terrestre, l'époque récente a été dramatique pour la biodiversité. Pollutions, réductions ou privations de territoires, exploitations aveugles des ressources naturelles ajoutées à mille petites agressions, ont mis l'univers du vivant au seuil d'une nouvelle grande extinction des espèces, la première d'origine anthropique. Son rythme est de 100 à 1 000 fois supérieur à celui qu'il serait sans notre tragique contribution. On estime que 50 000 à 100 000 espèces vivantes sont détruites chaque année sur les 5 à 50 millions existantes.
L'ampleur de la catastrophe est telle que le mécanisme de destruction gagne en vitesse sur le mécanisme de connaissance, puisque les chercheurs n'ont actuellement identifié qu'un peu moins de 2 millions d'espèces animales ou végétales vivantes.
L'homme peut être crédité d'une alchimie inversée. Alors que la nature a réussi, en quelques milliards d'années, à transformer le chaos en vivant élaboré et prodigieux – la biodiversité – il s'octroie le luxe de générer le phénomène inverse.
Quels sont les enjeux ? Rien de moins que le destin du vivant, l'avenir de la biodiversité et, accessoirement et conjointement, celui de la communauté des hommes sur cette fragile planète. Penser que l'espèce humaine puisse tirer seule son épingle du jeu de ce désordre écologique annoncé serait une monstrueuse erreur d'appréciation. Réduire la biodiversité, c'est en effet se priver d'autant de chances de succès pour l'avenir. Les clés du futur sont dissimulées dans cet immense réservoir. La médecine, l'agronomie, la science en général se nourrissent de la biodiversité, de ses principes et de son génie.
Protéger la biodiversité, ce n'est pas seulement protéger les petites bêtes, c'est aussi et surtout sauvegarder les systèmes naturels de la Terre qui forment le support de la vie humaine, l'eau, le sol, l'air… Il existe des outils collectifs de protection de la nature, mais ce sont d'abord nos gestes et nos choix quotidiens qui contribuent à la sauvegarde de la planète. Ce combat, nul ne peut le déléguer aux autres, chacun doit s'y engager. C'est le deuxième objectif de cette campagne que de pousser chacun à agir, à son échelle.
LA BIODIVERSITÉ EN DANGER !
Nous vivons tous de la nature : elle nous procure la totalité de notre alimentation, plus de la moitié de nos médicaments et beaucoup d'autres biens et services indispensables que nous ne saurions pas reproduire. La biodiversité contribue ainsi fortement à la régulation de la plupart des phénomènes naturels et services écologiques, parmi lesquels :
> La régulation des climats et de l'effet de serre > L'épuration de l'air > La production d'eau de source > Le réapprovisionnement des nappes phréatiques >La décomposition et le recyclage des déchets > La formation des sols arables, la protection des sols contre l'érosion et le maintien de leur fertilité > Le maintien des cycles biogéochimiques (fixation du carbone de l'atmosphère et la production de l'oxygène) > L'équilibre de la biosphère > La fourniture d'agents de pollinisations et d'agents anti-parasitaires…
Plus un écosystème est diversifié, plus il est productif, plus il est stable et plus vite il se reconstitue après une catastrophe naturelle, sécheresse ou tempête, par exemple. Les écosystèmes trop dégradés finissent donc par ne plus assurer leurs fonctions et les services qu'ils rendent aux sociétés humaines. Depuis toujours, l'homme modifie l'environnement à son profit en le considérant comme une ressource inépuisable. A tort.
Fragilisée, la nature n'est pas en mesure d'adapter son rythme aux changements brutaux que lui impose l'homme. Si les choses restent en l'état, nous risquons de diminuer la biodiversité sur la planète pour des millions d'années à venir, entraînant inévitablement une réduction des choix possibles de développement pour les générations futures.
Selon une étude internationale publiée par le magazine “Nature” début 2004, 25 % des espèces animales et végétales pourraient disparaître avant 2050 à cause du réchauffement climatique. L'impact des activités humaines est tel que le rythme d'extinction des espèces s'est accéléré de 100 à 1 000 fois, entraînant un appauvrissement du vivant qui préfigure la 6ème vague d'extinction comparable à la dernière connue, il y a 65 millions d'années, qui causa la disparition des dinosaures, mais à une vitesse sans précédent.
Qu'est-ce que la biodiversité ?
La biodiversité, c'est l'ensemble du vivant, des plantes, des animaux, des organismes microscopiques et de leurs gènes, mais aussi les différents paysages naturels. Ces derniers sont constitués d'une infinité d'écosystèmes de taille variable, de la flaque d'eau à la forêt. Chaque écosystème comprend les êtres vivants qui le peuplent et le milieu où ils vivent, dont ils dépendent (nature du sol, relief, climat, etc.) et sur lequel ils exercent en retour une influence (ils se mangent, sont en compétition pour l'utilisation des ressources, s'entraident, etc.). La biodiversité est souvent représentée par la diversité des espèces : celle-ci correspond à la liste des espèces peuplant un espace donné et reflète l'état de santé des écosystèmes.
L'homme, une espèce parmi les autres, fait partie de la biodiversité...
L'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères...
Le Grand Chef de Washington nous a fait part de son désir d'acheter notre terre.
Le Grand Chef nous a fait part de son amitié et de ses sentiments bienveillants. Il est très généreux, car nous savons bien qu'il n'a pas grand besoin de notre amitié en retour.
Cependant, nous allons considérer votre offre, car nous savons que si nous ne vendons pas, l'homme blanc va venir avec ses fusils et va prendre notre terre.
Mais peut-on acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? Etrange idée pour nous !
Si nous ne sommes pas propriétaire de la fraîcheur de l'air, ni du miroitement de l'eau, comment pouvez-vous nous l'acheter ?
Le moindre recoin de cette terre est sacré pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque grève sablonneuse, chaque écharpe de brume dans le bois noir, chaque clairière, le bourdonnement des insectes, tout cela est sacré dans la mémoire et la vie de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres porte les souvenirs de l'homme rouge. Les morts des hommes blancs, lorsqu'ils se promènent au milieu des étoiles, oublient leur terre natale. Nos morts n'oublient jamais la beautée de cette terre, car elle est la mère de l'homme rouge; nous faisons partie de cette terre comme elle fait partie de nous.
Les fleurs parfumées sont nos soeurs, le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères; les crêtes des montagnes, les sucs des prairies, le corps chaud du poney, et l'homme lui-même, tous appartiennent à la même famille.
Ainsi, lorsqu'il nous demande d'acheter notre terre, le Grand Chef de Washington exige beaucoup de nous. Le Grand Chef nous a assuré qu'il nous réserverait un coin, où nous pourrions vivre confortablement, nous et nos enfants, et qu'il serait notre père, et nous ses enfants.
Nous allons donc considérer votre offre d'acheter notre terre, mais cela ne sera pas facile, car cette terre pour nous, est sacrée.
L'eau étincelante des ruisseaux et des fleuves n'est pas de l'eau seulement; elle est le sang de nos ancêtres. Si nous vendonc notre terre, vous devez vous souvenir qu'elle est sacrée, et vous devrez l'enseigner à vos enfants, et leur apprendre que chaque reflet spectral de l'eau claire des lacs raconte le passé et les souvenirs de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père.
Les fleuves sont nos frères: ils étanchent notre soif. Les fleuves portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir que les fleuves sont nos frères et les vôtres, et l'enseigner à vos enfants, et vous devrez dorénavant leur témoigner la bonté que vous auriez pour un frère.
L'homme rouge a toujours reculé devant l'homme blanc, comme la brume des montagnes s'enfuit devant le soleil levant. Mais les cendres de nos pères sont sacrées. Leurs tombes sont une terre sainte, ainsi, ces collines, ces arbres, ce coin de terre sont sacrés à nos yeux. Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos pensées. Pour lui un lopin de terre en vaut un autre, car il est l'étranger qui vient de nuit piller la terre selon ses besoins. Le sol n'est pas son frère, mais son ennemi, et quand il l'a conquis, il poursuit sa route. Il laisse derrière lui les tombes de ses pères et ne s'en soucie pas. Les tombes de ses pères et le patrimoine de ses enfants sont oubliés. Il traite la terre, sa mère, et le ciel, son frère, comme des objets qu'on achète, qu'on pille, qu'on vend, comme des moutons ou des perles brillantes. Son appétit va engloutir la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.
Je ne sais. Nos voies diffèrent de vos voies. La vue de vos villes blessent les yeux de l'homme rouge. Peut-être parce que l'homme rouge est un sauvage qui ne comprends pas.
Il n'y a pas de lieu calme dans les villes de l'homme blanc, pas de place où entendre les feuilles qui se déroulent, au printemps, ou le bruissement des ailes d'insectes. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage qui ne comprend pas. Le fracas qui règne seul insulte l'oreille. Et à quoi bon vivre, si l'homme ne peut écouter le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour de la mare ? Je suis un homme rouge, et je ne comprends pas. L'Indien préfère le doux bruit du vent effleurant la surface d'un étang, et le parfum du vent, lavé par la pluie de midi ou chargé de la senteur des pins.
L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle; les bêtes, les arbres, l'homme, tous participent au même souffle. L'homme blanc paraît indifférent à l'air qu'il respire. Comme un homme à l'agonie depuis des jours, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vendons notre terre, vous devez vous souvenir que l'air nous est précieux, qu'à tous les êtres qu'il fait vivre il fait partager son esprit. Le vent qui a donné son premier souffle à notre aïeul reçoit aussi son dernier soupir. Et le vent doit aussi donner à nos enfants l'esprit de la vie. Si nous vendons notre terre, vous devez la conserver comme un lieu à part et sacré, où l'homme blanc lui-même puisse goûter la douceur du vent parfumé par les fleurs des prairies.
Nous allons donc considérer votre offre d'acheter notre terre. Si nous décidons de l'accepter, ce sera à une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.
Je suis un sauvage et ne comprends pas les autres usages. J'ai vu mille buffles pourrir sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train en marche. Je suis un sauvage qui ne comprends pas que le cheval de fer fumant puisse être plus important que le buffle, lui que nous tuons que pour rester en vie.
Qu'est l'homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait de grande solitude de l'esprit. Car tout ce qui arrive aux bêtes ne tarde pas à arriver à l'homme. Toutes choses sont liées. Vous devez enseigner à vos enfants sur la terre, sous leurs pieds, est faite des cendres de nos grands-parents. Afin qu'ils la respectent, dites à vos enfant que la terre est riche de la vie de notre peuple. Apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes.
Nous le savons: la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées comme par le sang qui unit une même famille.
Toutes choses sont liées.
Tout ce qui arrive à la terre arrive au fils de la terre. L'homme n'a pas tissé la toile de la vie. Il n'est qu'un fil du tissu. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même.
Mais nous allons considérer votre offre d'aller dans la réserve que vous destinez à mon peuple. Nous vivrons à l'écart et en paix. Qu'importe où nous passerons le restant de nos jours. Nos enfants ont vu leurs pères humiliés dans la défaite. Nos guerriers ont connu la honte; après la défaite, ils coulent des jours oisifs et souillent leurs corps de nourritures douces et de boissons fortes.
Qu'importe où nous passerons le reste de nos jours ? Ils ne sont plus nombreux. Encore quelques heures, quelques hivers, et il ne restera plus aucun enfants des grandes tribus qui vivaient autrefois sur cette terre, ou qui errent encore dans les bois, par petits groupes; aucun ne sera là pour pleurer sur les tombes d'un peuple autrefois aussi puissant, aussi plein d'espérance que le vôtre. Mais pourquoi pleurer sur la fin de mon peuple ? Les tribus sont faites d'hommes pas davantage. Les hommes viennent et s'en vont, comme les vagues de la mer.
Même l'homme blanc, dont Dieu marche avec lui et lui parle comme un ami avec son ami, ne peut échapper à la destinée commune. Peut-être sommes-nous frères malgré tout; nous verrons. Mais nous savons une chose que l'homme blanc découvrira peut-être un jour: notre Dieu est le même Dieu. Vous avez beau penser aujourd'hui que vous le possédez comme vous aimeriez posséder notre terre, vous ne le pouvez pas. Il est le Dieu des hommes, et sa compassion est la même pour l'homme rouge et pour l'homme blanc.
La terre est précieuse à ses yeux, et qui porte atteinte à la terre couvre son créateur de mépris. Les Blancs passeront, eux aussi, et peut-être avant les autres tribus. Continuez à souiller votre lit, et une belle nuit, vous étoufferez dans vos propres déchets.
Mais dans votre perte, vous brillerez de feux éclatants, allumés par la puissance de Dieu qui vous a amenés dans ce pays, et qui, dans un dessein connu de lui, vous a donné pouvoir sur cette terre et sur l'homme rouge. Cette destinée est pour nous un mystère; nous ne comprenons pas, lorsque tous les buffles sont massacrés, les chevaux sauvages domptés, lorsque les recoins secrets des forêts sont lourds de l'odeur d'hommes nombreux, l'aspect des collines mûres pour la moisson est abîmé par les câbles parlants.
Où est le fourré . Disparu. Où est l'aigle ? Il n'est plus. Qu'est-ce que dire adieu au poney agile et à la chasse ? C'est finir de vivre et se mettre à survivre.
Gardez en mémoire le souvenir de ce pays, tel qu'il est au moment où vous le prenez. Et de toute vos forces, de toute votre pensée, de tout votre coeur, préservez-le pour vos enfants, et aimez-le comme Dieu nous aime tous.
Ainsi donc, nous allons considérer votre offre d'acheter notre terre. Et si nous acceptons, ce sera pour être bien sûrs de recevoir la réserve que vous nous avez promise. Là peut-être, nous pourrons finir les brèves journées qui nous restent à vivre selon nos désirs. Et lorsque le dernier homme rouge aura disparu de cette terre, et que son souvenir ne sera plus que l'ombre d'un nuage glissant sur la prairie, ces rives et ces forêts abriteront encore les esprits de mon peuple. Car ils aiment cette terre comme le nouveau-né aime le battement du coeur de sa mère. Ainsi, si nous vous vendons notre terre, aimez-la comme nous l'avons aimée. Prenez soin d'elle comme nous en avons pris soin.
Nous savons une choses: notre Dieu est le même Dieu. Il aime cette terre. L'homme blanc lui-même ne peut pas échapper à la destinée commune. Peut-être somme-nous tous frères.
Nous verrons...
Notre amour à Gaïa.
("Discours de 1854" - Chef Sealth dit Seattle in Vers un développement solidaire, Lausanne, 1976)